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ISBN : 2070532631
Éditeur : Gallimard (06/11/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Fritz Lang est, avec Griffith, Chaplin, Feuillade, Dreyer et von Stroheim, l'un des pionniers qui ont fondé le cinéma comme art. Il est aussi le premier des modernes, influençant directement ses contemporains Eisenstein qui admire le montage des Mabuse, Buñuel qui trouve sa vocation en voyant Les Trois Lumières, Hitchcock qui découvre dans ses films les règles du suspense. De l'Allemagne de Weimar à la montée du nazisme, de la Dépression en Amérique à la Deuxième Gu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Musardise
  16 juin 2015
Pendant longtemps, Fritz Lang est resté pour moi - comme, j'imagine, pour beaucoup d'autres - presque exclusivement le réalisateur de "Metropolis" et de "M le Maudit". Or, lors d'une émission de "Mauvais genres" lui étant consacrée, je me suis rendue compte qu'il était un cinéaste beaucoup plus hétéroclite que je ne le croyais.
Michel Ciment rend très bien, dans "Fritz Lang : le meurtre et la loi", à la fois cette diversité de l'oeuvre, tant dans la forme que dans les sujets, et sa cohérence dans la durée. Fritz Lang, qu'il ait abordé le genre de la science-fiction, du film noir, ou du western (entre autres), c'est le cinéaste par excellence du pessimisme et de l'angoisse existentielle. Difficile de faire plus noire que sa vision du monde, qu'il a tenté toute sa vie de mettre en images, malgré les compromis parfois inévitables que tout réalisateur rencontrera un jour ou l'autre dans l'industrie du cinéma.
"Fritz Lang : le meurtre et la loi" nous expose donc la vie du réalisateur depuis sa jeunesse à Vienne, qui influera sur tout son œuvre, ainsi que l'évolution de son travail de manière chronologique, mais en utilisant parfois, à l'intérieur de chaque chapitre, une approche thématique des films qui donne plus de cohérence à leur présentation et à leur analyse. Les rapports parfois difficiles de Fritz Lang à l'industrie cinématographique sont également abordés, et l'auteur ne fait pas de concessions sur certains points noirs concernant le réalisateur: sa prise de conscience politique tardive relative à la montée du nazisme, son attitude autoritaire sur les plateaux et, le plus étrange peut-être, sa propension à verser dans le mythe et le mensonge lorsqu'il a - rarement - raconté sa vie à des tiers. Enfin, Michel Ciment termine son essai par la redécouverte de Fritz Lang par les cinéastes de la Nouvelle Vague.
Le tout est passionnant, les documents présentés en fin d'ouvrage très bien choisis. En refermant le livre, on a très envie de voir ou de revoir les films de Fritz Lang (peut-être d'un nouvel oeil) et d'en apprendre encore davantage sur ce personnage complexe et son oeuvre. Le but de cet opus de la collection "Découvertes Gallimard" est donc parfaitement atteint.
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ileana
  11 mars 2016
Une étude qui reste factuelle et parfois un peu aride. Mes pages préférées sont à la fin du bouquin, où l'auteur nous propose des extraits : par exemple le témoignage de Lang sur la genèse de M le Maudit – il parle d'un récit documentaire. Toujours à la fin de l'ouvrage, une belle réflexion de Truffaut sur l'univers de son confrère. Une pépite : « Tout se joue et se noue chez Lang au coeur d'un univers hautement moral. »p115
Sur l'ensemble, j'aurais souhaité un texte plus aéré et, pourquoi pas, avec une touche subjective.
Extraits du sommaire où il est question de grandes étapes dans la carrière de Lang
« L'oeuvre muette :
Les films portent déjà sa marque – pessimisme, force du destin, inquiétude et fascination face à la modernité, éclairages « expressionnistes »
De la montée du nazisme à l'Amérique en crise :
[ ] Lang aborde le cinéma parlant avec des films claustrophobiques, où le danger est omniprésent, la pression des masses toute-puissante – comme un écho de l'Allemagne hitlérienne.
American director :
[ ] Lang a du mal à n'être qu'un pion dans l'industrie hollywoodienne. Westerns, films antinazis, films noirs, sa carrière américaine oscille entre succès et échecs, entre indépendance artistique et contrats alimentaires [ ] et prend fin dans l'ambiance étouffante du maccarthysme (1956).
Le dinosaure et les bébés :
Retour en Allemagne sans grand succès. Oublié, Lang est réhabilité dans les années 50 par les futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague []. »
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MusardiseMusardise   13 juin 2015
Lang a toujours été très discret sur sa vie privée, déclarant à plusieurs reprises n'avoir jamais donné d'entretien à ce sujet, ajoutant même : "Tout ce que j'ai eu à dire je l'ai dit dans mes films et ils parlent pour eux-mêmes." Il a volontiers relié son œuvre aux contextes politiques et sociaux qui l'ont vu naître pour mieux, sans doute, élucider des rapports plus personnels. Il est pourtant évident que les problèmes d'identité, la bâtardise, les rivalités entre frères ont joué un rôle notable dans ses fictions.
Au fil de ses déclarations publiques, le cinéaste a mis en scène sa vie et sa personnalité, rendant difficile de mesurer la part de légende et celle de vérité que contiennent ses rares propos autobiographiques.

Chapitre 1, "Une jeunesse viennoise, guerrière et cosmopolite"
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MusardiseMusardise   23 juin 2015
Après une scène apocalyptique, chère à Lang - la destruction est au cœur de son œuvre, comme la construction -, où périssent nombre de travailleurs et le robot, la vraie Maria propose un pacte où le cœur sert d'intermédiaire entre la main du prolétaire et le cerveau du patron.
Cette idéologie de l’alliance du capital et du travail, où les exploités sont montrés passifs et soumis, annonçait le fondement de l’État nazi et ne manquera pas d'être critiquée. L'amie de Fritz Lang et sa première biographe, Lotte Eisner, tentera de disculper le cinéaste et de faire porter la responsabilité exclusive du message par Thea von Harbou. En réponse, il lui écrira : "Tu ne peux m'acquitter de rien dans le film. C'est moi qui l'ai réalisé... et c'est moi qu'il faut critiquer en premier."

Chapitre 2, "L’œuvre muette" [A propos de "Metropolis"]
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MusardiseMusardise   23 juin 2015
Depuis la disparition de Lang, son statut n'a fait que grandir. Son parcours artistique (1920-1960) se confond avec l'ère du cinéma classique. Il n'a cessé de pratiquer un cinéma populaire dont l'émergence coïncide avec l'arrivée d'une civilisation des loisirs et d'un public de masse. Ce XXème siècle, il l'a exprimé par des images fortes et des récits captivants, sans cesser de s'interroger sur la nature de cette représentation. Il a su aussi relier les problèmes de l'homme moderne aux mythes qui nourrissent son inconscient, ce qu'a compris Godard en le faisant incarner un artiste de culture classique donnant une nouvelle version de 'L'Odyssée". Il n'y a pourtant chez lui aucune nostalgie du passé mais une angoisse profonde devant le présent.

Chapitre 5, "Le dinosaure et les bébés"
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MusardiseMusardise   16 juin 2015
D'autre part, son importance de cinéaste n'est pas reconnue à sa juste valeur. Ainsi, de tous ses films, seul "Furie" a reçu une nomination à l'Oscar pour le meilleur scénario original. Une certaine lassitude se manifeste chez le cinéaste, qui n'a plus la superbe qu'il affichait au temps de "J'ai le droit de vivre" et des "Bourreaux meurent aussi". Il cherche à rassurer, déclarant à la presse que le public a raison, que l'échec d'un film ne peut qu'être imputé à ses auteurs, que la mise en scène doit être invisible et que les producteurs cherchent, à juste titre, la réduction de leur budget.

Chapitre 4, "American director, 1940-1956"
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MusardiseMusardise   14 juin 2015
Réalisé à l'aube du parlant - l'UFA essaie en vain de convaincre Lang d'ajouter des effets sonores -, "La femme sur la Lune" confirme l'ambition d'un artiste qui cherche à donner à penser tout en divertissant et qui refuse la tentation de l'élitisme tout comme celle de la facilité. Il partageait en cela les vues de son compatriote et contemporain l'historien d'art Erwin Panofsky, qui écrivait en 1934 : "Il est certain que l'art commercial court toujours le risque de finir putain mais il est tout aussi certain que l'art non commercial court celui de finir vieille fille."

Chapitre 2, "L’œuvre muette"
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