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EAN : 9782070706105
224 pages
Éditeur : Gallimard (23/01/1986)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 22 notes)
Résumé :
« De Maistre et Edgar Poe m'ont appris à raisonner. » Cet aveu de Baudelaire m'a incité à lire Les Soirées de Saint-Pétersbourg et les autres ouvrages du plus passionné et du plus intolérant des penseurs. Ses vérités et, plus encore, ses insanités ont un indéniable charme. Un monstre séduisant. Tout à l'opposé, Valéry séduit par la retenue. Aucun dogme, aucun excès n'est lié à son nom. Il n'a péché que par élégance. Les jugements inéquitables que j'ai portés sur lui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Fx1
  10 septembre 2014
Il est intéressant de découvrir les auteurs qu'un étre aussi singulier que Cioran appréciait . L'on à du mal quand l'on connait son oeuvre à le voir positif , méme à l'imaginer positif . Et pourtant dans cet opus il sidère son monde en étant dans une démarche positive . du coup , surpris , l'on découvre un autre visage du personnage , ce qui fait que l'on remet en question la vision méme de ce trublion des lettres .
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Bruno_Cm
  10 avril 2017
Par moments trop brillant, je me suis perdu.
Mais Cioran c'était un mec vraiment intéressant et qui exprime ici ses goûts avec finesse, intelligence et de façon positive. Ne pas réduire quelqu'un à des clichés...
Mais, par moments trop brillants, il peut vous perdre.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   22 janvier 2017
« Je ne l’ai rencontrée que deux fois. C’est peu. Mais l’extraordinaire ne se mesure pas en termes de temps. Je fus conquis d’emblée par son air d’absence et de dépaysement, ses chuchotements (elle ne parlait pas), ses gestes mal assurés, ses regards, qui n’adhéraient aux êtres ni aux choses, son allure de spectre adorable. « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? » était la question qu’on avait envie de lui poser à brûle-pourpoint. Elle n’eût pu y répondre, tant elle se confondait avec son mystère ou répugnait à le trahir. Personne ne saura jamais comment elle s’arrangeait pour respirer, par quel égarement elle cédait aux prestiges du souffle, ni ce qu’elle cherchait parmi nous. Ce qui est certain c’est qu’elle n’était pas d’ici, et qu’elle ne partageait notre déchéance que par politesse ou par quelque curiosité morbide. Seuls les anges et les incurables peuvent respirer un sentiment analogue à celui qu’on éprouvait en sa présence. Fascination, malaise surnaturel !

A l’instant même où je la vis, je devins amoureux de sa timidité, une timidité unique, inoubliable, qui lui prêtait l’apparence d’une vestale épuisée au service d’un dieu clandestin ou alors d’une mystique ravagée par la nostalgie ou l’abus de l’extase, à jamais inapte à réintégrer les évidences !

Accablée de biens, comblée selon le monde, elle paraissait néanmoins destituée de tout, au seuil d’une mendicité idéale, vouée à murmurer son dénuement au sein de l’imperceptible. Au reste, que pouvait-elle posséder et proférer, quand le silence lui tenait lieu d’âme et la perplexité d’univers ? Et n’évoquait-elle pas ces créatures de la lumière lunaire dont parle Rozanov ? Plus on songeait à elle, moins on était enclin à la considérer selon les goûts et les vues du temps. Un genre inactuel de malédiction pesait sur elle. Par bonheur, son charme même s’inscrivait dans le révolu. Elle aurait dû naître ailleurs, et à une autre époque, au milieu des landes de Haworth, dans le brouillard et la désolation, aux côtés des sœurs Brontë…

Qui sait déchiffrer les visages lisait aisément dans le sien qu’elle n’était pas condamnée à durer, que le cauchemar des années lui serait épargné. Vivante, elle semblait si peu complice de la vie, qu’on ne pouvait la regarder sans penser qu’on ne la reverrait jamais. L’adieu était le signe et la loi de sa nature, l’éclat de sa prédestination, la marque de son passage sur terre ; aussi le portait-elle comme un nimbe, non point par indiscrétion, mais par solidarité avec l’invisible. »
(Exercice d'admiration à propos de Susanna Soca, poétesse uruguayenne)
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Bruno_CmBruno_Cm   28 mars 2017
Produire est un extraordinaire soulagement. Et publier non moins. Un livre qui paraît, c'est votre vie ou une partie de votre vie qui vous devient extérieure, qui ne vous appartient plus, qui a cessé de vous harasser. L'expression vous diminue, vous appauvrit, vous décharge du poids de vous-même, l'expression est perte de substance et libération. Elle vous vide, donc elle vous sauve, elle vous démunit d'un trop-plein encombrant. Quand on exècre quelqu'un au point de vouloir le liquider, le mieux est de prendre une feuille de papier et d'y marquer un nombre de fois que X. est un salaud, une crapule, un monstre, et on s'apercevra tout de suite qu'on le hait moins et qu'on ne pense presque plus à la vengeance. C'est à peu près ce que j'ai fait à l'égard de moi-même et du monde. Le Précis, je l'ai extrait de mes bas-fonds pour injurier la vie et pour m'injurier. Le résultat ? Je me suis mieux supporté, comme j'ai mieux supporté la vie. On se soigne comme on peut.
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Bruno_CmBruno_Cm   28 mars 2017
Lorsque nous agissons, nos états intérieurs ne comptent que par leur relation au monde extérieur ; ils n'ont point de valeur intrinsèque ; aussi nous est-il loisible de les maîtriser. S'il nous arrive d'être tristes, nous le sommes à cause d'une situation déterminée, d'un incident ou d'une réalité nette.
Le malade, lui, procède tout autrement. Il vit ses états en eux-mêmes, sa tristesse tristement, sa mélancolie mélancoliquement, et toute tragédie, il l'épouse, l'expérimente tragiquement. Il n'est que sujet, et rien d'autre. S'il s'identifie aux objets de son horreur ou de sa compassion, ces objets ne constituent pour lui que des modalités diverses de lui-même. Être malade, c'est coïncider totalement avec soi.
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Bruno_CmBruno_Cm   28 mars 2017

Ainsi les admirateurs de Fitzgerald déplorent qu'il se soit appesanti sur son échec, et qu'il ait, à force de s'y pencher et de le ruminer, gâché sa carrière littéraire. Nous déplorons, au contraire, qu'il ne lui ait pas voué assez de fidélité, qu'il ne l'ait pas suffisamment approfondi ni exploité. C'est d'un esprit de second ordre que de ne pouvoir choisir entre la littérature et la "vraie nuit de l'âme".
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Bruno_CmBruno_Cm   28 mars 2017

... il faut bien le dire : le laconisme doit se résigner au silence s'il ne veut pas tomber dans la profondeur faussement énigmatique. N'empêche que lorsqu'on aime cette forme d'expression quintessenciée ou, si l'on préfère, sclérosée, il est difficile de s'en détacher et d'en aimer vraiment une autre.
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Videos de Emil Cioran (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emil Cioran
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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