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ISBN : 2070324079
Éditeur : Gallimard (03/03/1987)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Seul un monstre peut se permettre le luxe de voir les choses telles qu'elles sont. Mais une collectivité ne subsiste que dans la mesure où elle se crée des fictions, les entretient et s'y attache. S'emploie-t-elle à cultiver la lucidité et le sarcasme, à considérer le vrai sans mélange, le réel à l'état pur ? Elle se désagrège, elle s'effondre. D'où pour elle ce besoin métaphysique de fraude, cette nécessité de concevoir, d'inventer, à l'intérieur du temps, une duré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
FredMartineau
  20 juillet 2019
Histoire et utopie ne décevra pas les amateurs de Cioran. Pessimiste, désabusement, mise en lumière de la laideur humaine, plus proche de la vérité que tous les bons sentiments, l'empathie, le pardon, la quête d'un âge d'or et d'une société idéale qui ne sont que les revers naïfs d'une médaille noire, rarement grise foncée... j'ai trouvé certaines de ses analyses d'une lucidité froide et d'un modernisme historique étonnant...je me suis noté de le relire pour approfondir certains passages.
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ericbo
  11 février 2018
Alors que dans "La chute dans le temps", Cioran se recentrait sur l'individu, il se place ici au niveau du collectif, du temps historique. Pour cet ouvrage aussi, il s'agit de plusieurs feuillets rassemblés par l'éditeur, ce qui donne une succession de plusieurs textes centrés sur des thèmes particuliers. On commence par une comparaison entre la société capitaliste et communiste sous la forme d'une lettre adressée à un ami roumain pour en arriver à des réflexions sur le pouvoir et la marche de l'Histoire. L'Histoire, qui d'ailleurs, ne mène à rien et n'a aucun sens, selon Cioran. Pour résumer très grossièrement, c'est toujours le plus fort de la meute qui prend le pouvoir.
On retrouve toute la misanthropie de Cioran dans un style toujours très lyrique, mais précis. Cependant, j'ai eu parfois bien du mal à comprendre où il voulait en venir. Ses idées sont tellement contraires à la pensée dominante, qu'on reste souvent bouche bée, les yeux écarquillés devant ses assertions. C'est d'ailleurs ce qui me plait dans ses livres. Il n'hésite pas à dénigrer l'homme, l'humanité et lui-même, mais son nihilisme est parfois déroutant, presqu'inquiétant. Attention à ne pas se laisser submerger !
Pour amateurs éclairés.
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Fx1
  10 septembre 2014
Cioran c'est définitivement un esprit trés particulier. La découverte fait parfois trés mal , mais il est vrai qu'une cure de Cioran fait parfois du bien . Attention pour lecteurs avertis . Comme l'intégralité de l'oeuvre de Cioran . Ce qui en fait tout l'intéret .
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vincentf
  29 avril 2018
Lire Cioran, c'est savourer cru les plaisirs du dégoût.

L'homme est naturellement mauvais et tout ce qu'il fait contre cet état de fait ne peut que se retourner contre lui. L'utopie, la perfection imaginaire d'un monde où les hommes deviendraient libres et égaux, ne peut que tourner à l'enfer, parce que ni la liberté ni l'égalité ne nous sont naturelles. Rien ne nous enchante plus que la vengeance, c'est-à-dire la vue du cadavre de celui qui nous a fait mal, et rien ne nous effraie plus que la liberté, parce qu'elle signifie le vide, l'ennui, la possibilité de ne pas faire ce qu'on nous dit de faire.
La tyrannie, au fond, prétend Cioran, est plus humaine – elle correspond plus à l'humain – que la démocratie, qui présuppose une bonté dont l'histoire prouve à foison l'inexistence.
Bref, Cioran ne sauve rien en l'homme et prend du plaisir à en souligner les immondices afin que nous, lecteurs qui gardons à l'esprit par lâcheté ou par artifice des restes d'utopie, nous puissions nous délecter, en lisant ces horreurs, de nos penchants méchants. A dose homéopathique, ça fait un bien fou.
Lien : http://www.lie-tes-ratures.c..
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nrisovics
  16 juin 2016
Analyse de Cioran de la démocratie et de la marche de l'Histoire. C'est assez original, allant vers le fait d'assumer les haines, l'envie des aspirations humaines. Il déplore le côté très consensuel, cet homme privé de colère, peut-être trop passé, sans passion qui se trouve dans les démocraties. Son analyse des utopies est au vitriol mais pas dénué de fondements, centrée sur un idéalisme de Paradis plus ou moins ridicule ou surfait.Lui part que le Paradis est en nous. Intéressant donc mais parfois manquant d'approfondissements et il a ses limites dans ses formes de lubies.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
ericboericbo   06 février 2018
Chaque civilisation croit que son mode de vie est le seul bon et le seul concevable, qu'elle doit y convertir le monde ou le lui infliger. On ne fonde pas un empire seulement par caprice. On assujettit les autres pour qu'ils vous imitent, pour qu'ils se modèlent sur vous, sur vos croyances et vos habitudes ; vient ensuite l'impératif pervers d'en faire des esclaves pour contempler en eux l'ébauche flatteuse ou caricaturale de soi-même.
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FredMartineauFredMartineau   20 juillet 2019
Nous n'agissons que sous la fascination de l'impossible ; autant dire qu'une société incapable d'enfanter une utopie et de s'y vouer est menacée de sclérose et de ruine.
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hasdrubal43hasdrubal43   07 juin 2019
A prôner les avantages du travail, les utopies devaient prendre le contre-pied de la Genèse. Sur ce point tout particulièrement, elles sont l’expression d’une humanité engloutie dans le labeur, fière de se complaire aux conséquences de la chute, dont la plus grave demeure l’obsession du rendement. Les stigmates d’une race qui chérit la « sueur du front », qui en fait un signe de noblesse, qui s’agite et peine en exultant, nous les portons avec orgueil et ostentations ; d’où l’horreur que nous inspire, à nous autres réprouvés, l’élu qui refuse de besogner, ou d’exceller dans quelque domaine que ce soit. Le refus dont nous lui faisons grief, en est capable celui-là seul qui conserve le souvenir d’un bonheur immémorial. Dépaysé au milieu de ses semblables, il est comme eux et pourtant il ne peut communier avec eux ; de quelque côté qu’il regarde, il ne se sent pas d’ici ; tout ce qu’il y discerne lui semble usurpation : le fait même de porter un nom…
Ses entreprises échouent, il s’y lance sans y croire : des simulacres dont le détourne l’image précise d’un autre monde. L’Homme, une fois évincé du Paradis, pour qu’il n’y songe plus ni n’en souffre, obtint en compensation la faculté de vouloir de tendre vers l’acte, de s’y abîmer avec enthousiaste, avec brio. Mais pour l’aboulique, dans son détachement, dans son marasme surnaturel, quel effort produire, à quel objet se livrer ? Rien ne l’engage à sortir de son absence. Et cependant lui-même n’échappe pas entièrement
à la malédiction commune : il s’épuise dans un regret, et y dépense plus d’énergie que nous n’en fournissons dans tous nos exploits
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okkaokka   03 mars 2017
p.119.

Aujourd’hui, réconciliés avec le terrible, nous assistons à une contamination de l’utopie par l’apocalypse : la « nouvelle terre » qu’on nous annonce affecte de plus en plus la figure d’un nouvel enfer. Mais, cet enfer, nous l’attendons, nous nous faisons même un devoir d’en précipiter la venue. Les deux genres, l’utopique et l’apocalyptique, qui nous apparaissaient si dissemblables, s’interpénètrent, déteignent maintenant l’un sur l’autre, pour en former un troisième, merveilleusement apte à refléter la sorte de réalité qui nous menace et à laquelle nous dirons néanmoins oui, un oui correct et sans illusion. Ce sera notre manière d’être irrépprochables devant la fatalité.
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okkaokka   03 mars 2017
p.59.

Ce qu’ils souhaitent en secret c’est notre affaissement, notre humiliation et notre ruine. Assimilant notre réussite à une usurpation, ils réservent toute leur clairvoyance à l’examen de nos pensées et de nos gestes pour en publier le vide, et ne deviennent cléments que lorsque nous commençons à descendre la pente. Si vif est leur empressement au spectacle de notre dégringolade, qu’ils nous aiment alors tout de bon, s’attendrissent sur nos misères, fuient les leurs pour partager les nôtres et s’en repaître. Pendant notre élévation, ils nous scrutaient sans pitié, ils étaient objectifs ; maintenant, ils peuvent se permettre l’élégance de nous voir autres que nous ne sommes et de nous pardonner nos anciens succès, persuadés qu’ils sont que nous nous n’en aurons pas de nouveaux. Et telle est leur faiblesse pour nous qu’ils dépensent le plus clair de leur temps à se pencher sur nos difformités et à s’extasier sur nos carences.
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Videos de Emil Cioran (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emil Cioran
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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>Sciences sociales>Science politique>Types d'Etats et de gouvernements (94)
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