AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9780785929345
(30/11/-1)
4.25/5   83 notes
Résumé :
Il existe un savoir mortel à la vie, destructeur par essence, dont ces essais se réclament et se détournent tout ensemble. Autant dire qu'ils se présentent comme une série de perpléxités, comme l'illustration d'un tiraillement. Si, entre l'être et le connaître, l'auteur opte en fin de compte pour le premier, c'est qu'il s'est exercé à penser contre soi, contre ses certitudes : tiraillement encore, qu'il a instauré cette fois au plus intime de lui-même.
Dans s... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
tristantristan
  03 décembre 2017
Si d'aventure, vous ou quelqu'un de votre connaissance étiez tenté par le suicide retenez bien ce que nous dit le grand pessimiste déprimé qu'est CIORAN:
Il ne sert à rien de se tuer car c'est toujours trop tard. IL ne fallait pas naître. Maintenant que le mal est fait, toute résistance est inutile.
Commenter  J’apprécie          160
GuillaumeTM
  29 mars 2013
Il est difficile de décrire toute l'étendue des idées contenues dans ce livre tant elles sont divergentes aux premiers abords bien qu'elles convergent toutes vers le même point d'ancrage : le scepticisme, l'idiosyncrasie de sont auteur.
Penser contre soi revient à presque s'oublier derrière les anfractuosités desquelles nous sommes fait, c'est ce que Cioran, emprunt de mysticisme taoïste et bouddhiste, tente de nous expliquer, qu'une vie sans cesse animée par l'agitation et le stress est néfaste. Ensuite il passe à la prophétie d'une civilisation essoufflée qui est la notre, en passant par la critique de la littérature jusqu'à une éloge, un peu longue à mon goût , du peuple juif. Ce qui est agréable avec Cioran, c'est que tout du long de son livre, il n'oublie jamais d'essaimer ici ou là un brin d'ironie, si caractéristique de son style inspiré en partie des cynique tels que Diogène et Antisthène.
Commenter  J’apprécie          40
JulienDjeuks
  09 juin 2021
Au travers d'une langue insupportablement pompeuse, on devine l'expression désormais évidente de l'artiste moderne en homme romantique, hors-normes, le thème d'époque de la décadence de la langue… Pour appuyer sa thèse, Cioran multiplie les références dans la littérature, la philo, l'art ou la théologie… mais n'en approfondie aucune. Sa manière demeure péremptoire au possible, et c'est par le ronflement de l'expression qu'il caresse doucement l'oeil auditif de ses lecteurs en leur susurrant violemment ce qu'ils aiment, ce à quoi ils aspirent : leur appartenance à une élite d'êtres originaux dans une société en déperdition. L'humanité serait divisée en deux groupes : les bienheureux stupides qui vivent comme des bêtes et les hommes qui vivent les yeux cruellement ouverts. Ainsi les lecteurs "intelligents", ceux qui peuvent bien lire l'écriture richement élaborée de Cioran se sentiront légitimée dans leur habitude de considérer les masses et les autres, ceux qui pensent ou font différemment, comme des idiots, quand bien même ils mènent une mauvaise vie.
Cioran reprend les formes courtes, elliptiques - ce qui lui permet de ne rien justifier -, et le ton d'écriture de Nietzsche (ou d'Héraclite) - son élitisme surtout -, mais la pertinence en moins. Là où Nietzsche détruit dans les largeurs la pensée européenne dans le but de se dégager d'habitudes de pensées et de langage héritées de siècles d'enseignement universitaire, dans le but de redécouvrir et de replacer des pensées négligées (comme celle d'Héraclite...) et de s'attaquer au sacré qui pollue et empêche la réflexion (Art, Dieu, Démocratie, Platon), et de faire advenir une pensée moderne et décomplexée, Cioran semble seulement s'être trouvé une posture de destructeur sans cause qui se sent génial de trouver le bon mot, la pointe qui exprime idéalement sa mauvaise humeur et la renvoie sur un autre (comme il l'a apparemment pratiqué dans sa carrière de professeur sur ses élèves). Plus que Nietzsche, l'alter égo de Cioran serait plutôt la voix bavarde et cynique de la Chute de Camus, qui explique avoir voulu y exprimer toutes ses mauvaises pensées pour les expulser. Comme ce personnage, Cioran semble vouloir résumer l'homme à un animal condamné à l'égoïsme et à la domination, emballant ses actions d'une illusion d'altruisme, forcé de faire le mal pour se sentir bien et oublier son mal-être. Mais comme lui, il est sous son air malin, fortement pitoyable.
Lien : https://leluronum.art.blog/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
gaillard1
  25 septembre 2010
Excellent, notre bon vieux Cioran, déglingue tout ce qui bouge. Avec une une plume acérée... A tel point que c'est souvent drôle. Profond en tout cas.
Par exemple celle ci : Il n'est pas diffice d'être profond, il suffit de se faire submerger par ses propres tares. (je ns ais plus d'où elle sort...
La réflexion humaine pessimiste poussée à son extrémité.
Ca fait du bien.
Commenter  J’apprécie          51
Pirouette0001
  13 janvier 2013
J'ai trouvé cette pensée extrêmement pessimiste et dérangeante. Ne me convient pas, moi qui recherche toujours le rayon de soleil que cache le nuage noir.
Commenter  J’apprécie          12

Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
leogreenleogreen   07 février 2014
Il est des fantômes diurnes qui, en proie à leur absence, vivent à l'écart, marchent à pas feutrés le long des rues, sans regarder personne. Nulle inquiétude dans leurs yeux ni dans leurs gestes. Le monde extérieur ayant cessé d'exister pour eux, ils se plient à toutes les solitudes. Attentifs à leur distraction, à leur détachement, ils appartiennent à un univers non déclaré, situé entre le souvenir de l'inouï et l'imminence d'une certitude. Leur sourire fait songer à mille effrois vaincus, à la grâce qui triomphe du terrible ; ils passent à travers les choses, ils transpercent la matière. Ont-ils atteint leur propres origines ? ou découvert en eux les sources de la clarté ? Aucune défaite, aucune victoire ne les ébranle. Indépendants du soleil, ils se suffisent à eux-mêmes. Ils sont illuminés par la Mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          191
lesfleursdumal1212lesfleursdumal1212   15 janvier 2017
Ils forment un type d’homme à part que j’essaierai de vous décrire au risque de le simplifier. Voluptueux de l’échec il cherche en tout sa propre diminution, ne dépasse jamais les préliminaires de son avenir, ni ne franchit le seuil d’aucune entreprise. Rivalisant d’aboulie avec les anges, il médite sur le secret de l’acte, et ne prend qu’une seule initiative: celle de l’abandon. Sa foi, s’il en a, lui sert de prétexte à de nouvelles capitulations, à une dégradation entrevue et souhaitée. […] Réfléchit-il au “mystère”? C’est pour faire voir aux autres jusqu’où il pousse son indignité. Il habite ses convictions comme le ver le fruit; il tombe avec elles, et ne se ressaisit que pour ameuter contre soi les tristesses qui lui restent. S’il étouffe ses dons c’est que, de toutes ses forces, il aime sa lassitude; il avance vers son passé, il rebrousse chemin au nom de ses talents.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
gaillard1gaillard1   25 septembre 2010
N'est contemporain que le professionnel de l'hérésie, le rejeté par vocation, à la fois vomissure et panique des orthodoxies. [...] Le sage, lui, est hostile au nouveau. Désabusé, il abdique : c'est sa forme de protestation. Orgueilleux qui s'isole dans la norme, il s'affirme en reculant. A quoi tend-il ? A surmonter ou à neutraliser ses contradictions. S'il y réussit, il prouve que les siennes manquaient de vigueur, qu'il les avait dépassées avant de les braver. L'instinct lui faisant défaut, il lui est facile d'être maître de soi, de pontifier dans l'anémie de sa sérénité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
gaillard1gaillard1   25 septembre 2010
N'importe qui se sauve par le sommeil, n'importe qui a du génie en dormant: point de différence entre les rêves d'un boucher et ceux d'un poète. Mais notre clairvoyance ne saurait tolérer qu'une telle merveille dure, ni que l'inspiration soit mise à la portée de tous: le jour nous retire les dons que la nuit nous dispense.
Commenter  J’apprécie          60
krzysvancokrzysvanco   29 août 2014
Les théologiens l'ont constaté depuis longtemps : l'espoir est le fruit de la patience. On devrait ajouter : et de la modestie. L'orgueilleux n'a pas le temps d'espérer ... Sans vouloir ni pouvoir attendre, il force les événements, comme il force sa nature ; amer, corrompu, quand il épuise ses révoltes, il abdique : pour lui, nulle formule intermédiaire. Qu'il soit lucide, c'est indéniable ; mais la lucidité, ne l'oublions pas, est le propre de ceux qui, par incapacité d'aimer, se désolidarisent aussi bien des autres que d'eux-mêmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Emil Cioran (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emil Cioran
« […] Chestov (1866-1938) de son côté, tout le long d'une oeuvre à l'admirable monotonie, tendu sans cesse vers les mêmes vérités, démontre sans trêve que le système le plus serré, le rationalisme le plus universel finit toujours par buter sur l'irrationnel de la pensée humaine. Aucune des évidences ironiques, des contradictions dérisoires qui déprécient la raison ne lui échappe. Une seule chose l'intéresse et c'est l'exception, qu'elle soit de l'histoire du coeur ou de l'esprit. […] il dépiste, éclaire et magnifie la révolte humaine contre l'irrémédiable. Il refuse ses raisons à la raison et ne commence à diriger ses pas avec quelque décision qu'au milieu de ce désert sans couleurs où toutes les certitudes sont devenues pierres. […] »  […] pour Chestov l'acceptation de l'absurde est contemporaine de l'absurde lui-même. le constater, c'est l'accepter et tout l'effort logique de sa pensée est de le mettre à jour pour faire jaillir du même coup l'espoir immense qu'il entraîne. […] » (Albert Camus, le mythe de Sisyphe, Editions Gallimard, 1985)
« […] On trouve ainsi dans sa [Emil Cioran] correspondance : « Léon Chestov m'a rendu un service considérable : il m'a délivré de l'idolâtrie de la “philosophie”. Je devrais ajouter : de toutes les idolâtries. » (Lettre du 2 avril 1989 à Mme Alice L., in Les cahiers de l'Herne, Emil Cioran, Champs classiques, Éditions Flammartion, 2015)
« Les philosophes aspirent à expliquer le monde, de façon à ce que tout devienne clair et transparent et que la vie ne recèle plus rien (ou le moins possible) de problématique, de mystérieux. Ne faudrait-il pas au contraire s'attacher à montrer que cela même qui paraît aux hommes clair et compréhensible est étrange, énigmatique et mystérieux ? Ne faudrait-il pas s'efforcer de se délivrer et de délivrer les autres du pouvoir des concepts dont la netteté tue le mystère ? Les sources de l'être sont en effet dans ce qui est caché et non dans ce qui est découvert. » (Léon Chestov, Athènes et Jérusalem, in Marc-Alain Ouaknin, Les Mystères de la kabbale, Assouline, 2003)
0:00 - VII 1:41 - X 5:53 - Générique
Référence bibliographique : Léon Chestov, Les grandes veilles, préface : 10 aphorismes, traduction anonyme, texte établi par la Bibliothèque russe et slave, 2012.
https://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Chestov%20-%2010%20aphorismes.htm
Image d'illustration : https://www.amazon.com/Le%CC%81on-Chestov-philosophe-Cultures-socie%CC%81te%CC%81s/dp/2720403229
Bande sonore originale : The OO-Ray - The Warm Before The Storm The Warm Before the Storm by The OO-Ray is licensed under an Attribution-NonCommercial 3.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/The_OO-Ray/The_Force_of_Water/The_OO-Ray_-_The_Force_of_Water_-_05_The_Warm_Before_the_Storm
#LéonChestov #LesGrandesVeilles #PhilosophieRusse
+ Lire la suite
Dans la catégorie : FranceVoir plus
>Philosophie et disciplines connexes>Philosophie occidentale moderne>France (324)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
386 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre