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Grazyna Klewek (Traducteur)Thomas Bazin (Traducteur)
EAN : 9782070728015
266 pages
Éditeur : Gallimard (09/10/1992)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 15 notes)
Résumé :
De la musique et de la mystique, comme "excuses de l'homme". Second des quatre ouvrages écrits en roumain, par l'auteur, alors âgé de 24 ans. Le ton est enflammé et, comme les signalent les traducteurs, "le problème de l'extase" traverse tout ce texte qui utilise "l'aphorisme et l'italique" comme "les meilleures expressions de la vérité"
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
colimasson
  28 avril 2014
Mi-Fa-Mi-Fa. « Miseria-Famina, Miseria-Famina » -telle est la rengaine terrestre qui émane des travaux harmoniques des Harmonices Mundi de Johannes Kepler. Reprise par Emil Cioran, la lamentation musicale est poussée de la mortification jusqu'à l'extase, poursuivant les intuitions cosmiques de ses prédécesseurs et imaginant modestement l'origine sonore de notre univers, comme jailli d'un puissant martèlement asséné sur le voile d'un tambour.

Saura-t-on si la musique est le leurre par excellence ? oui si, au contraire, tout ce qui n'est pas musical s'organise en un immense leurre nous empêchant de communier avec les sommets de la mélodie et du rythme ? Emil Cioran ne cherche à convaincre personne des émotions qui le submergent lors de ces transports musicaux. Alignant ses phrases littéraires sur le modèle des phrases musicales les plus célestes, il transportera jusqu'à l'extase ceux qui sont déjà prêts pour la grande ascension des sphères –ceux qui comprendront qu'« il n'y a pas un tableau au monde devant lequel tu peux sentir que le monde aurait pu commencer avec toi ; mais il existe des finales de symphonies qui t'ont souvent poussé à te demander si tu n'étais pas le commencement et la fin ».

Le déchirement et l'immense colère d'Emil Cioran relèvent du vertige des échelles. Transporté jusqu'aux sommets de l'univers via ce transport contre-naturel de la musique terrestre, le microscopique et le macroscopique communient sans obstacle et vrillent le voyageur imprudent. Trop petit ou trop grand ? grisé quelques minutes par des visions éternelles qui ne lui laissent plus que le souvenir d'un immense hurlement lorsque la Terre se souvient de lui à nouveau.

« N'as-tu jamais été une mélodie issue d'ailleurs et se dirigeant vers la terre ? Ou ne sais-tu pas ce que sont la chute, le regret et la perte ? »

La musique n'est qu'un prétexte, rien de plus qu'un symbole, et même si Emil Cioran s'émeut de Mozart ou de Bach, il ne parle de ceux-ci qu'à titre exceptionnel, prodiges de musique terrestre capables de rivaliser avec la musique céleste. le Livre des Leurres ne se revendique pas comme une glorification globale de l'événement musical mais propose aux univers locaux de nos âmes le dénominateur commun qui nous retrouvera tous, flottants et frémissants dans l'univers global de l'éternité.

« Nous sommes sur la voie de la divinité chaque fois qu'en nous la dialectique n'a plus cours, et que les antinomies s'arrondissent dans la voûte de notre être, imitant la courbe de l'azur céleste. »

La chute est violente: « Miseria-Famina, Miseria-Famina » chantait Johannes Kepler. Mais cette chute est aussi une modalité en mode mineur de la musique céleste. Que la pitié ou la sainteté viennent à notre recours !

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   11 mai 2015
La liberté est un joug trop lourd pour la nuque de l'homme. Même pris d'une terreur sauvage, il est plus assuré que sur les chemins de la liberté. Bien qu'il la considère comme la valeur positive par excellence, la liberté n'a jamais cessé de lui présenté son revers négatif. La route infaillible de la débâcle est la liberté. L'homme est trop faible et trop petit pour l'infini de la liberté, de sorte qu'elle devient un infini négatif. Face à l'absence de borne, l'homme perd les siennes. La liberté est un principe éthique d'essence démoniaque. Le paradoxe est insoluble.
La liberté est trop grande et nous sommes trop petit. Qui, parmi les hommes, l'a méritée ? L'homme aime la liberté, mais il la craint.
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blanchenoirblanchenoir   05 septembre 2013
SERMENT DEVANT LA VIE : Jamais je ne te trahirait complètement ; bien que je t'ai trahie et que je te trahirai à chaque pas ;
quand je t'ai haïe, je ne pouvais t'oublier ;
je t'ai maudite pour te supporter ;
je t'ai repoussée pour que tu changes ;
je t'ai appelée et tu n'es pas venue ; j'ai hurlé et tu ne m'as pas souri ; j'étais triste et tu ne m'as pas consolé.
(...)
Mais mon âme t'est reconnaissante pour le sourire qu'elle a vue, elle seule et personne d'autre ; reconnaissante pour cette rencontre ignorée de tous ; cette rencontre qui ne s'oublie pas ; la confiance retrouvée, elle résonne dans le silence, reverdit les déserts, adoucit les larmes et rassérène les solitudes.
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colimassoncolimasson   28 janvier 2015
Mieux on connaît un homme, plus on risque de s’en séparer. La connaissance détache un être de l’autre et annule les grains de mystère présents dans chaque existence, aussi plate soit-elle. Les hommes résistent si peu à la connaissance que leur présence leur devient vite fatigante et pénible. Toute connaissance suscite la lassitude, le dégoût d’être, le détachement, car toute connaissance est une perte, une perte d’être, d’existence.
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colimassoncolimasson   20 janvier 2015
Frères en désespoir, en tristesse secrète et en larmes retenues, nous sommes tous unis par notre désir fou de fuir la vie, par notre angoisse de vivre et la timidité de notre folie. Nous avons perdu courage par trop de solitude et nous avons oublié de vivre à trop ressasser la vie.
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colimassoncolimasson   02 janvier 2015
Les hommes n’ont pas compris qu’il n’y a pas de meilleure arme contre la médiocrité que la souffrance. On ne change pas grand-chose par la culture ou par l’esprit ; en revanche, on transforme un nombre incalculable de choses par la douleur.
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Videos de Emil Cioran (29) Voir plusAjouter une vidéo
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Dumitru Tsepeneag Un Roumain à Paris - éditions P.O.L : où Dumitru Tsepeneag tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre, "Un Roumain à Paris", traduit du roumain par Virgil Tanase, son journal des années 1970 à Paris, et où l'on croise notamment Roland Barthes, Eugène Ionesco, Emil Cioran, Paul Goma, Nicolae Breban, Michel Deguy, Gabriel Marcel, Leonid Dimov, Paul Otchakovsky-Laurens, Alain Robbe-Grillet, Robert Pinget, où il est aussi question de la parution de ses premiers livres dans la collection Textes chez Flammarion, de sa déchéance de nationalité roumaine, de la revue "Les Cahiers de l'est", de Chine et de Roumanie, de jeux d'échecs et de courses de chevaux, de l'onirisme et du surréalisme, à l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L, à Paris le 4 février 2021. Dumitru Tspeneag - Dumitru Tepeneag - Ed Pastenague "un român la Paris"
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