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Claude Bonnafont (Traducteur)
EAN : 9782867461927
224 pages
Éditeur : Liana Lévi (30/11/-1)
4.18/5   145 notes
Résumé :

En 1936, dans le sud de l'Allemagne, Eva mène une dure existence dans la ferme familiale. Un jour, elle découvre un jeune étudiant caché dans son poulailler. Quel danger court-il ? Avec son solide bon sens, Eva pose les vraies questions qui l'amèneront à se mesurer au nazisme.

"Le roman de Linda D. Cirino est de ceux qui font du bien. Parce qu'il est simple et beau. A l'image de son héroïne."
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
4,18

sur 145 notes
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sandrine57
  09 mars 2017
Eva a quitté la ferme de son père pour celle de son mari, une petite exploitation du sud-ouest de l'Allemagne. Sans se poser de questions, sans espérer autre chose qu'une vie de dur labeur. le jardin, les poules, les cochons sont son seul univers. Avec Hans et leurs deux enfants, elle vit au rythme des saisons, du travail des champs, de la nature. du monde extérieur elle ne sait presque rien, toute occupée qu'elle est à faire tourner la ferme quand Hans est mobilisé et les enfants toujours plus pris par les jeunesses hitlériennes. Mais cet ailleurs a faire une entrée aussi discrète que fracassante dans sa vie avec Nathanael qu'elle découvre un jour caché dans son poulailler. Discrète car le jeune étudiant se cache, fracassante parce qu'il apporte avec lui le bruit, la fureur, la peur, les questions mais aussi le désir et le plaisir. Nathanael est juif. Pour Eva cela ne signifie rien, pour lui c'est synonyme de mort. Alors elle se tait, elle garde le secret de cette présence, cachant à sa famille qu'elle héberge et nourrit un étranger dont elle est de plus en plus proche.
Le roman d'une femme qui s'émancipe secrètement. Habituée à vivre tête basse, Eva la paysanne s'affranchit des préjugés, des convictions acceptées et revendiquées par sa famille endoctrinée pour se découvrir dans les bras d'un étudiant juif. Elle qui ne savait rien, apprend, tente de comprendre le monde qui l'entoure et décide d'aller à contre-courant, de braver le danger pour sauver celui dont la seule faute est d'être juif. Taiseuse, froide en apparence, Eva cache des trésors de bonté, de tendresse, de courage et de sensibilité. Loin d'elle l'idée de chambouler sa vie, elle ne rêve pas de révolutionner le monde, elle apporte juste sa petite pierre à l'Humanité. Cet épisode qui la révèle à elle-même demeurera à jamais un secret bien gardé. Eva sera toujours la même aux yeux des autres mais elle elle aura su exercer sa liberté de penser, de choisir, d'être juste.
Une histoire sobre mais bouleversante où Linda Cirino dresse le magnifique portrait d'une femme forte, simple et moins naïve qu'il n'y paraît. La coquetière est de ces héroïnes qui s'enracinent dans la mémoire pour se souvenir que partout il existe des êtres capables de s'élever contre la barbarie. Un coup de coeur.
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Mimeko
  01 mai 2021
Une petite ferme dans un village du sud de l'Allemagne, non loin de la frontière suisse, en 1936. C'est là que vit Eva avec Hans, son mari et leurs deux enfants adolescents Karl et Olga. La vie est difficile à la ferme mais les travaux sont partagés entre les époux tandis que les enfants sont inscrits dan les jeunesses hitlériennes et y sont particulièrement motivés. Un matin Eva, se rendant au poulailler y prendre les oeufs, est agrippée par un homme qui lui demande son aide. D'abord hésitante, elle pense dans un premier temps informer son mari mais s'abstient, ne sachant pas comment celui-ci pourrait réagir. le jeune homme, Nathanaël, est étudiant, et à été chassé de l'université parce que juif. Eva, qui jusqu'à présent s'était abstraite de la politique, va malgré elle y être  confrontée quand elle décide de le protéger. Quand Hans est mobilisé, Eva, ne pouvant plus compter sur ses enfants - de plus en plus impliqués dans leur mouvement de jeunesse - développe le commerce des oeufs, sous la surveillance du représentant de l'Office de l'agriculture, au risque d'être découverte comme abritant un juif.
La coquetière est un récit à la fois intimiste et universel, dans lequel Eva, avec sa rencontre avec Nathanaël, va découvrir la sensualité et la sexualité que son mari Hans ne lui a jamais offerte dans un mariage, plus utilitaire que passionnel. Mais la rencontre avec le jeune homme va également l'ouvrir sur la situation politique, l'obligeant à faire des choix, protéger un juif au péril de sa vie et de celle de sa famille, aller à l'encontre les idéaux nationalistes de ses enfants et de son mari, dissimuler la production de la ferme à l'officier dont le pouvoir peut aller jusqu'à forcer à vendre la ferme mais c'est aussi, une femme qui reste  consciente de sa place, qui refuse de se lancer dans une fuite chimérique.
Un roman sensible, humain qui soulève des questions à la fois personnelles et universelles. Linda Cirino offre avec la coquetière un très beau portrait de femme, une héroïne ordinaire.
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le_Bison
  26 avril 2014
Quelque part au Sud-Ouest de l'Allemagne en 1936.
L'histoire d'une passion amoureuse dans un contexte politique de plus en plus chargé.
Eva mène une vie bien paisible dans sa ferme, s'occupant du jardin, des poules et des cochons. Une vie avec un mari, tout aussi occupé par ses tâches agricoles, et deux enfants. Une vie à la campagne avec ses fatigues, son labeur, une vie heureuse mais sans passion.
Son mari est enrôlé dans l'armée, ses enfants seront embrigadés dans les jeunesses hitlériennes. le travail à la ferme sera encore plus prenant.
Jusqu'au jour où elle découvre Nathanael dans son poulailler. Que fait-il caché, le corps affaibli, les vêtements en loque, l'esprit apeuré ?
Et pourquoi le cache-t-elle de son mari et de ses enfants ? Pourquoi ce secret ? Eva ne comprend pas encore ce qu'elle voit dans les yeux de cet évadé…
Nathanael va prendre une place de plus en plus importante dans la vie d'Eva. Une intimité va lier ces deux êtres, l'un reclus dans cet espace ridiculement petit au milieu des poules, l'autre laissée par ses proches écartée par la politique. Eva se confrontera progressivement à la montée du nazisme, mouvement qu'elle ne comprend absolument pas. Juif ne signifie rien, juste un mot tout comme chinois. Elle qui ne vivait que pour sa ferme et ses travaux agricoles, elle apprendra aux côtés de Nathanael ce qu'implique ce lien du sang et ses injustices.
Mais malgré ces temps douloureux, et sans le recul des années postérieures à cette époque, Eva va aussi découvrir l'amour passionné. Un amour fait d'envie, de désir et de plaisir, chose qu'elle n'avait jamais ressenti avec son mari, trop occupé à faire « tourner » la ferme. J'ai aimé cette histoire de Linda D. Cirino, écrivaine américaine, qui même aux heures sombres de l'humanité et de la montée en puissance du nazisme arrive à faire parler une femme d'amour et de désir. La passion d'une femme préférant son intuition aux préjugés. Magnifiquement beau, remarquablement humain.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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nadejda
  22 janvier 2011
«J'appartiens à une longue lignée de paysans. Et de femmes de paysans. Sur les sacs de maïs pour le bétail, on peut voir l'image d'une femme qui représente exactement les agricultrices telles que je les ai toujours vues -- les yeux baissés».
Avec cette première phrase, on sait dès le prime abord quelle est la situation d'Eva mariée à Hans avec lequel elle participe à l'exploitation d'une petite ferme dans le sud-ouest de l'Allemagne proche de la Forêt Noire. Ni Eva, ni Hans ne se posent de questions. Les travaux de la ferme qui se succèdent et ne peuvent attendre ne leur en laissent pas le loisir. Ils vivent au rythme des saisons, élèvent leur deux enfants.
«De notre vie commune, je dirais qu'elle est occupée. le temps manque pour penser aux sentiments, à supposer qu'il y en ait. Mon mari et moi vivons selon les traditions d'une race de cultivateurs qui n'en connaît pas d'autres. Chaque jour reproduit le jour précédent, et ça ne varie que selon les saisons. On trouve un certain réconfort à répéter les travaux quotidiens.»

Mais les événements extérieurs dont Eva ne soupçonne pas l'existence vont faire irruption dans sa vie par l'intermédiaire de Nathanaël, un étudiant juif, qui a fui le camp dans lequel il avait été interné et qu'elle découvre réfugié dans le poulailler dont elle est seule à s'occuper.
Nous sommes en 1936, les nazis sont au pouvoir, Hans va être mobilisé et les deux enfants vont rejoindre les Hitler Jugend.
Et Eva va accueillir Nathanaël, naturellement, sans se poser de questions. Ce sera son secret qu'elle préservera.
«Je ne pourrais pas préciser pourquoi mais cela me plaisait d'avoir un secret bien à moi, comme si, grâce à cette affaire privée, j'étais en contact avec ce qui se passait ailleurs. C'était accueillir et faire mien un monde dont je ne savais rien,...» 

Et toute les difficultés qu'elle rencontrera seront à chaque fois acceptées simplement par cette femme qui se découvre au fur et à mesure des évènements. Elle ne sera plus la femme aux yeux baissés. Elle sera pleinement femme, va diriger sa vie, aimer et sauver celle des autres avec un courage et une perspicacité étonnante.
Le ton de ce livre est calme, simple correspondant au caractère d'Eva, à sa voix. Les souffrances, les contraintes de plus en plus grandes imposées par la mise en place progressive du nazisme sont rapportées mais il semble que la force d'Eva garde à l'abri, qu'il ne peut rien arriver de terrible tant qu'elle est là.
La belle figure de femme qu'est cette coquetière ne se laissera pas oublier.
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sarahdu91
  07 mai 2017
"J'appartiens à une longue lignée de paysans. Et de femmes de paysans. Sur les sacs de maïs pour le bétail, on peut voir l'image d'une femme qui représente exactement les agricultrices telles que je les ai toujours vues - les yeux baissés."
Le début de ce roman est prometteur, on apprend donc que si Eva notre héroïne allemande suit la lignée de sa famille, cette paysanne sera elle aussi condamnée à se plier aux décisions de la Gestapo qui sévit en Allemagne dans les années qui précèdent la seconde guerre mondiale. Telle est sa mission: rester les yeux baissés ou suivre sa mission de vie, c'est à dire, donner de l'amour, s'armer de force et de courage en cachant cet homme juif qui se réfugie dans son poulailler et lui faire comprendre qu'il doit fuir pour vivre sa vie.
Une histoire très bien construite, une écriture simple mais bouleversante, des personnages courageux et remplis d'Amour, qui ont su échapper à la manipulation gouvernementale qui opprimait le peuple à cette époque.
Un pur moment de plaisir avec cette lecture et encore merci à Sylvaine pour la découverte de ce roman.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
robertkonigrobertkonig   22 octobre 2021
- Les couvents abritent des enfants juifs? - Cela fait quelques années que ça dure. Les parents estiment que le climat est devenu irrespirable, ou ils craignent une arrestation imminente, ou ils ont décidé de se lancer dans des activités dangereuses et ils envoient leurs enfants au loin. Ils envisagent seule ment une séparation temporaire mais veulent protéger leurs enfants de cette façon.
- Crois-tu qu'on prodigue à ces enfants l'enseigne ment de l'Église?
- Qui sait? L'Église est dans un tel chaos en ce moment qu'elle ne peut assurer l'enseignement de ses fidèles. Dans les écoles publiques, on apprend aux élèves à prier le Führer, les écoles religieuses ont été dissoutes et les églises seront bientôt fermées. Même si elles restent ouvertes, plus personne ne peut y aller. Ils ont collé des photographies du Führer sur les peintures de Jésus. C'est une nouvelle religion.
P. 148
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le_Bisonle_Bison   23 avril 2014
Nathanael posa doucement sa main sur mon épaule et me tourna vers lui. Je le regardai bien en face et, voyant en lui de la tendresse, je m’avançai jusqu’à ce que nos lèvres se rejoignent. Ce fut un baiser timide, doux et chaste. Un baiser qui marqua le début d’une passion mais fut en soi un échange d’une autre sorte. Ce baiser, auquel j’ai songé maintes fois, était pur et interrogateur. C’était Nathanael qui me demandait si j’accepterais son baiser, s’il pouvait exprimer son affection pour moi, si j’étais prête. C’était moi qui demandais à Nathanael s’il me témoignerait de la tendresse, si une émotion comparable à celle que je ressentais cheminait en lui ; c’était moi qui demandais à Nathanael s’il désirait ce que je désirais. Nos lèvres quand elles se frôlèrent de la façon légère dont elles le firent, nous portèrent en un lieu où nous pourrions nous rencontrer sans plus être la protectrice et l’évadé. Notre baiser, irrévocable, était l’aveu que l’attraction que j’avais senti flotter entre nous, que la force qui m’avait aveuglément incitée à la cacher étaient mutuelles et réelles. Nous échangeâmes notre baiser les yeux ouverts mais nos sourcils étaient froncés sous l’effet des questions en suspens.
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le_Bisonle_Bison   03 avril 2014
Quelque fois, j’allais au poulailler sans culotte pour lui faire la surprise. Quand il glissait la main sous ma jupe pour l’ôter et découvrait que je n’en avais pas, il était si ravi qu’il m’attirait à lui sans prendre le temps de m’enlever le reste. Cet été-là, je portais rarement une culotte car, même si je n’espérais pas que nous aurions l’occasion de faire l’amour, c’était pour moi un rappel intime pendant que je préparais le dîner à la cuisine ou que j’étendais la lessive. L’air qui coulait entre mes jambes pendant que je vaquais à mes occupations m’excitait.
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MimekoMimeko   29 avril 2021
- Je t'assure maman, ce sont des choses qu'on ne peut pas te raconter, protesta Karl.
- Surement pas si choquantes que je ne puisse les entendre. Donnez-moi ma chance ! Que je sache moi aussi ce qui arrive chez nous.
- Ils vont stériliser Elizabeth, murmura Olga, parce qu'elle a eu des relations avec un garçon qui a un grand-père juif.
- La stériliser ? murmurai-je à mon tour.
- Oui, maman, confirma mon fils. Comme ça, ils seront sûrs qu'elle n'aura jamais d'enfant. En fait qu'elle ne se mariera jamais. Une fille qui a eu des relations avec ce genre de gens, on ne peut pas lui faire confiance pour assurer la reproduction de notre peuple.
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PiatkaPiatka   08 juin 2014
Quand je pense à ces années, je vois quelles étaient mes limites. J'étais encore en train d'apprendre la tendresse. J'étais une femme ployée sur son travail et sur sa vie, qui ne s'apitoyait jamais sur elle-même. Qui ne rêvait pas d'avoir davantage, ni de connaître un sort différent. Cette femme était étrangère à elle-même autant qu'à son entourage.
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