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EAN : 9782070760947
176 pages
Éditeur : Gallimard (14/02/2001)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :

Plutarque raconte que, des sept mille, Athéniens faits prisonniers durant les guerres de Sicile, échappèrent aux travaux forcés dans les latomies, et donc à la mort, ceux qui surent réciter à leurs vainqueurs, Grecs comme eux, quelques vers d'Euripide. Les nazis n'appliquèrent pas ce trait de clémence antique aux déportés des camps. Citer Goethe ou Schiller ne fut à ces derniers d'aucun secour... >Voir plus
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
nadejdanadejda   09 décembre 2014
p 102 103 Cet homme qui confiait, il y a dix ans : « Il faudrait pouvoir travailler les yeux fermés », se tient aujourd’hui, frappé de cécité, dans un éloignement qui est aussi la plus éclatante des proximités.
(…) peindre les yeux fermés, c’est alléger encore ce corps trop lourd, le mettre en balance, de façon à trouver le juste équilibre entre le petit peu de terre que porte le pinceau et le grain de lumière dont on aspire à retrouver l’éclat. Peindre les yeux fermés, c’est peindre par coeur, comme un musicien exécute un morceau qu’il aime sans regarder sa partition. C’est la musique qui habite le corps tout entier, du creux de l’oreille au bout des doigts, et il suffit de la laisser jaillir de soi sans plus se référer à l’écriture qui la conserve au dehors. Ainsi est-il des visages, le sien et ceux qu’on a aimés, imprimés si fort en soi que c’est en aveugle que la main en trace fidèlement le contour sur la toile.

Tel est cet homme, redivivus et vir clarissimus, qui se dessine, dans la solitude de sa chambre, et l’abandon d’une époque anonyme et massive, songeant aux milliers de visages qui l’ont annoncé, aux yeux brûlés de fièvre, comme à ceux qui lui succéderont.
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nadejdanadejda   08 décembre 2014
Devant cette épouvante, Music se souvenait d’avoir été un peintre. Interdit, effrayé, privé de mots devant les cadavres, le vieux besoin de figurer remontait en lui. Si témoignage il y avait, il passait par le regard. Le peintre avait en charge ces corps dont personne ne s’occupait, à qui nul ne rendrait le devoir de les ensevelir. Il les portait dans ses yeux comme on porte un corps dans ses bras. Les regardant, il leur témoignait les derniers égards. Les dessinant, il les voyait. Les découvrant, il posait sur leur nudité scandaleuse le voile miséricordieux du regard.
(…) C’était aussi, cette « grâce » que l’art nous donne, un moyen de vivre en paix avec soi, de survivre en paix. On pouvait se sentir coupable d’avoir survécu, non d’avoir témoigné. « Je suis en paix avec moi-même parce que j’ai témoigné », devait dire Primo Levi. p 39-40
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Videos de Jean Clair (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Clair
Intervention de l'écrivain Jean Clair lors du colloque "Que vaut le corps humain?" le 6 décembre 2019. #bernardins#colloque#corps
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