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EAN : 9782363081407
271 pages
Éditeur : Arléa (04/05/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Elle s’efforce de vider son esprit. D’oublier ce qu’elle sait. Ce qu’elle a vécu ces derniers jours, ces derniers mois. Elle doit tout effacer. Tout sauf l’enfance, la jeunesse, l’amour, les défis, la folie, ce qui, d’elle, leur sera toujours inaccessible. Ce qui la rend invulnérable.
Arrêtée par la Gestapo en mars 1944, une femme tente, dans la solitude de sa cellule, de surmonter sa peur pour affronter l’épreuve de la détention et des interrogatoires. Aviat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  05 décembre 2017
Héroïne, héroïsme, héroïque !
Ces mots s'adressent à Maryse Bastié, cette fantastique aviatrice tellement bien croquée par Agnès Clancier. le livre s'ouvre sur le 21 mars 1944 lorsque la Gestapo vient arrêter Maryse. Elle est terrorisée tant elle craint d'être torturée puis tuée. Pour chasser ses peurs, elle fait défiler sa vie.
Née en février 1898 à Limoges, Maryse sort déjà du lot. Mariée à 16 ans, mère à 17, divorcée peu de temps après, elle n'a d'yeux que pour les pionniers de l'aviation, telle Adrienne Bolland, cette autre pilote flamboyante. Remariée à un pilote, Louis Bastié, elle veut obtenir son brevet (1925) et quitte définitivement le monde de la chaussure dans lequel elle s'étiolait depuis l'adolescence. Et voilà cette petite femme de 154 cm prête à en remontrer aux hommes. La seule manière d'être crédible c'est de battre des records. Pour battre des records, il faut de l'argent, beaucoup d'argent et pour convaincre les constructeurs, il faut du culot, beaucoup de culot et de faire-valoir. Voler coûte cher, l'entretien et l'entreposage de l'appareil aussi, Elle se bat férocement, obstinément, multiplie les baptêmes de l'air et les vols publicitaires, vend des heures de vol. Elle finit même par acheter son propre avion, un Caudron C 109 de 40 ch.
Ses records sont impressionnants : vitesse et durée de vol, traversée de l'Atlantique Nord, puis de l'Atlantique Sud en solitaire et, surtout, celui inégalé à ce jour, d'endurance avec 38h de vol ininterrompu (1930). Et dans quelles conditions ! Serrée comme une sardine dans la carlingue, elle ne peut détendre ses articulations, les vapeurs d'huile et d'essence ainsi que le bruit assourdissant du moteur occasionnent des maux de tête violents, le froid d'altitude écorche visage et mains, elle a le dos en compote. Après tous ses succès, où dans chaque pays, à chaque atterrissage, elle est reçue comme une rock-star, couverte de fleurs, de décorations prestigieuses et d'articles élogieux dans la presse, elle doit continuer à trouver de l'argent, problème récurrent pour tous les pilotes. Sa jeune collègue, Léna Bernstein, tellement poursuivie par les huissiers et épuisée nerveusement, se suicide en plein désert. A 26 ans.
La mort rôde invariablement autour de ces pionniers : Louis Bastié meurt lors d'un vol d'entraînement tout comme Hélène Boucher qui se crashe à 26 ans, comme Jean Mermoz et son équipage en 1936 en faisant un énième vol pour l'Aéropostale, comme Henri Guillaumet et Marcel Reine abattus en 1940, comme St-Ex qui s'abîme au large de Marseille en 1944 et comme tant d'autres fauchés dans la fleur de l'âge.
Mais la vie mouvementée d'aviatrice exceptionnelle n'est pas le seul fleuron de Maryse Bastié. En 1940, elle s'engage dans la Croix-Rouge et au cours de ses multiples missions sanitaires, principalement entre Paris et la caserne de Drancy, elle sert d'agent de liaison pour la Résistance. Lorsque Drancy est vidé de ses militaires pour faire place aux prisonniers politiques et aux Juifs, Maryse transmet des colis, des plans, des faux papiers, des messages aux familles. A la fin de la guerre, elle reçoit la Croix de guerre avec palme mais ne peut plus voler suite à une fracture du coude. Elle meurt en 1952 dans un avion de transport militaire après un meeting aérien.
L'écriture d'Agnès Clancier fait exploser la vie de Maryse Bastié avec autant de panache qu'en manifeste son héroïne. Tantôt haletante, oppressante et tantôt plus déterminée et toujours vibrante, elle tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre de cette passionnante biographie. « Les records de vitesse sont, aujourd'hui, dépassés depuis longtemps. Mais la durée… La durée, ils ne risquent pas. Presque trente-huit heures, seule, dans un avion. La plupart n'atteindraient même pas la moitié. Ils font semblant d'oublier. C'est vieux, tout ça, ça n'a plus de sens, aujourd'hui. Il n'y a plus que la vitesse… La durée, c'est autre chose. C'est l'humain. Ce n'est pas infini, l'humain. C'est fragile, c'est limité. Il fallait la connaître, cette limite de l'humain. Il fallait y aller. Aller au bout. Atteindre la frontière ultime. Celle que personne, jamais, ne pourra dépasser ».
Une simple trace dans le ciel.
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arthur05
  07 octobre 2017
Voilà j'ai travaillé quelques temps dans une rue qui portait le nom de Maryse B Bastié , je savais que cette personne était une grande aviatrice et grâce à ce livre j'ai découvert la vie de Maryse Bastié .
J'ai beaucoup aimé la construction de ce récit que Agnès Clancier appelle d'ailleurs un roman ; elle part d'un épisode de la résistance auprès de laquelle Maryse Bastié a joué un grand rôle pour revoir comme en mémoire le déroulement de la vie de cette femme courageuse à l'extrême , pleine de passion et lumineuse pour son siècle .
J'y vois aussi au travers de son auteur féminin un grand hommage au courage des femmes . le panneau des rues Maryse Bastié pour moi prendra une autre signification , celle d'une grande dame qui mérite tout notre respect .
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PartageTesPages
  09 juillet 2018
C'est le 7ème livre de l'auteure.
Genre : Roman historique.
Avis :
Roman inspiré de la vie de Marie-Louise Bastié, dite Maryse. Arrêtée, entre les interrogatoires et la cellule, Maryse se remémore ses souvenirs d'enfance pendant la Première Guerre Mondiale, sa bataille pour faire reconnaître son divorce au tribunal, son combat pour se faire accepter comme aviatrice, ses exploits et ses records dans l'aviation, son engagement dans la résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale. Fin de la guerre, libérée, elle rejoint la lutte pour le droit de vote des femmes. L'héroïne n'a pas laissé qu'une trace dans le ciel, également sur la terre.
J'ai apprécié ce roman écrit d'une façon où j'ai oublié que c'était un roman. Je ne sais pas ce qui a été réellement vécu par cette femme déterminée et ce qui relève de la fiction. le livre me donne envie de découvrir la biographie de Marie-Louise Bastié, femme libre et courageuse qui mérite d'être connue.
A lire si vous aimez les romans uchroniques.
Pour l'anecdote, livre dédicacé et échanges intéressants avec l'auteure lors d'un salon du livre à Paris 7ème.
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Ptitmousse
  14 juin 2020
Un début de livre tout de suite poignant et percutant avec l'arrestation de Maryse par la Gestapo et la certitude de mourir dans les heures, les jours suivants. Pourtant, pour les pages suivantes, je n'étais pas dans une bonne période je crois et donc, hormis les toutes premières lignes, le début fut poussif. Mais ensuite, la vie exceptionnelle de Maryse Bastié et de ceux qu'elle croise m'ont rapidement passionnées.
Il semble que les grands destins ne s'accomplissent que lorsque l'enfance est âpre ! Normal, quand on a tout étant petit, on a moins besoin de se battre...
Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas replongée dans cette période (1914-1945). J'ai appris beaucoup, sur l'aviation bien sûr, mais pas que : les autres inventions de l'époque, la vie quotidienne. Il y a un petit peu de technique liée à l'aviation mais pas trop, rien qu'on ne comprenne pas et qui apporte même une certaine culture. Si les records sont très, très impressionnants (Quelle folie ! Jusqu'à 36 h seule en avion!), je n'ai que peu admiré en revanche cette course aux records. Un côté : mais pourquoi vouloir toujours plus long, plus loin... ?
C'est également éminemment un livre sur la place des femmes, dans l'aviation, dans la résistance. Que ce fut difficile ! Même pendant la guerre, voulant aider à tout prix, on ne voulait pas d'elle parce que femme.
Un livre sur l'aviation, un livre féministe, un livre sur les autres qui partent et laissent les vivants seuls, un livre sur la résistance, un livre très intéressant, et émouvant !
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Terraque
  10 septembre 2019
Le roman débute par l'arrestation de Maryse Bastié. Un incipit saisissant où émerge le talent de narration d'Agnès Clancier. Comme cette phrase qui fait ressentir la froide menace incarnée du lieutenant SS : « D'un geste lent et précieux, le lieutenant ôte le gant de sa main droite et, concentré, se met à effleurer du bout des doigts les meubles et les murs, en les scrutant d'un regard si acéré qu'il semble en traverser la surface ».
L'emprisonnement qui suit sert de prétexte pour dérouler les souvenirs de cette femme qui voulait voler comme les hommes. Féministe avant l'heure. Audacieuse. Battante. Malgré l'adversité. Une force de vie. Elle s'impose dans un monde d'hommes, elle relève les défis d'un microcosme, celui des pionniers de l'aviation, trompant la mort plus que de raison, battant record sur record : celui de 38 h aux commandes d'un avion, la traversée de l'Atlantique Sud,...
« Les aviateurs forment une grande famille, si souvent frappée par la mort que la vie de ses membres ne peut être guidée par les principes qui entravent l'existence des autres mortels ». C'est le sens de sa vie. Elle a besoin de cette liberté que provoque la conduite d'un avion.
« Les records ne sont pas battus par des individus raisonnables redoutant la mort ». La mort n'épargnera pas ses proches. Ce sont les autres qui meurent à sa place, pense-t-elle certainement : son mari, son fils, ses ami(e)s. Elle ne se retourne pas. Agnès Clancier cite ce proverbe russe : "regretter le passé, c'est courir après le vent".
Toute sa vie, Maryse Bastié sera couverte d'honneurs. Agent de liaison dans la Résistance, Maryse Bastié est la première femme à être nommée commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire. Elle aura passé sa vie à briser ce qu'on appelle aujourd'hui le plafond de verre, à revendiquer sa liberté et à l'assumer pleinement.
Agnès Clancier propose ici un ouvrage subtil, plaisant et intelligent, parfois un peu trop classique dans son déroulé et dans sa manière de créer l'émotion (tel le souvenir de son fils qu'elle cherche au crépuscule de sa vie).
Les dernières lignes sont empreintes de poésie, à la fin, que reste-t-il de nous ? Pour Maryse Bastié, des « traces dans le ciel ».
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critiques presse (2)
LaCroix   09 juin 2017
Agnès Clancier fait revivre dans un très beau récit la figure oubliée d’une femme libre, pionnière de l’aviation et grande résistante sous l’Occupation.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   05 mai 2017
Le destin héroïque de Maryse Bastié, l'une des plus grandes aviatrices du XXe siècle.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   08 décembre 2017
Ils savent tous deux ce qui l’attend. D’abord décoller avec le vent sous l’aile. Avec l’énorme charge emportée, plus de seize heures d’essence, une sacrée acrobatie. Huit cents mètres aussi longs que des siècles. Ensuite, il faudra prendre la vitesse de croisière : 290 km/h, ou peut-être, si elle suit la recommandation de Lendroit [son mécanicien], seulement 270, ce qui allongera la durée de la traversée, mais assurera une plus grande sécurité à l’appareil. Quand le soleil va monter, Maryse sera enfermée dans un four. Quatre bonnes heures de vol, soudée à la machine, avant que n’apparaissent les premiers nuages, quand l’horizon perd de sa netteté et que s’approche le Pot au noir.

p. 181
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ClaireGClaireG   06 décembre 2017
Dakar, enfin. Soulagement fugace d’avoir atteint la porte de l’Atlantique, où elle [Maryse Bastié] doit affronter les réticences des équipages d’Air France, qui tentent de la dissuader de poursuivre, et l’opposition acharnée des veuves de la Croix-du-Sud [l’avion de Jean Mermoz qui vient de s’enfoncer dans l’océan lors de sa vingt-quatrième traversée] qui, pour l’empêcher de partir, menacent de mettre le feu à son avion ! Personne ne pourra m’arrêter, dit-elle.

p. 179
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ClaireGClaireG   05 décembre 2017
Dans la salle d’attente du médecin, traînait ce magazine qu’elle n’avait pas eu la curiosité d’acheter. Les femmes les plus célèbres. Sur plusieurs pages, liste et photos. Maryse Bastié arrive en tête, devant la générale de l’Armée du salut Evelyne Booth, l’écrivain Colette, Greta Garbo, Irène Joliot-Curie, la duchesse de Windsor et Eleanor Roosevelt.

p. 267
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PartageTesPagesPartageTesPages   09 juillet 2018
Le pays des droits de l'homme n'est pas le pays des droits de la femme, (p.260)
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PtitmoussePtitmousse   13 juin 2020
Les records ne sont pas battus par des individus raisonnables redoutant la mort.
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Vidéo de Agnès Clancier
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Code 93 de Olivier Norek aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21264-divers-polar-code-93.html
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