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Jorge Miranda Alfama (Autre)Michel Laban (Traducteur)
EAN : 9782367322155
183 pages
Editions Chandeigne (25/03/2021)
3.78/5   9 notes
Résumé :
Grâce à Récits & nouvelles du Cap-Vert nous découvrons la réalité du pays sous le joug de l’empire colonial portugais. Les auteurs, précurseurs du premier mouvement littéraire indépendantiste explorent l’identité de leur peuple résistant à tous les égards. Loin de l’image d’épinal d’un Cap-Vert paradisiaque, on lit l’archipel tel qu’il est, beau mais terriblement dur avec ses habitants. Îles désertes au large du Sénégal, balayées par les vents du Sahara où rien ne p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
gonewiththegreen
  04 février 2022
Si certains titres de livres laissent planer le suspens quand à leur contenu, rien de tout cela ici. On est bien en présence de nouvelles , écrites par des auteurs Capverdiens .
Ces nouvelles ont été publiées dans une revue , Claridade, fondée en 1936 et destinée à affirmer l'émergence et l'indépendance de la littérature capverdienne.
Si la mer sans surprise tient une place non négligeable , ainsi que la ruralité, si les coutumes et us locales comme les morna sont omniprésentes , ces nouvelles font la part belle aux êtres humains et ici comme ailleurs , on retrouve des existences confrontées aux questionnements, à la faim, à la jalousie.
"Vouloir rester et devoir partir " ou " devoir rester et vouloir partir". Écartelés entre le Brésil et l'Afrique , attachés au Portugal, les habitants errent à la recherche de leur destinée, entre débrouilles , contrebandes et pauvreté.
les textes m'ont semblé très poétiques , fort bien écrits.Et si les histoires ne sont pas d'un suspense haletant, on se laisse porter par une langue raffinée et lécher par des vents tropicaux et émerveiller par des couleurs qui nous font tant défaut l'hiver!
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bilodoh
  10 août 2022
J'aime bien ces livres qui permettent d'aller ailleurs, des lectures géographiques…
Le Cap-Vert est un petit pays, un peu plus d'un demi-million d'habitants, une ancienne colonie portugaise, petit archipel au large du Sénégal. Un recueil de nouvelles qui date des années 1930, amenant un dépaysement historique aussi.
Comme il s'agit de nouvelles, on n'y trouve pas de longues descriptions des paysages ou de la société. Presque des instantanés…
Par exemple, ce douanier-poète qui compose des « mornas », mais qui traque les contrebandiers sans états d'âme, parce que c'est son métier.
Ou ce garçon qui subit du harcèlement à l'école (malgré la distance dans l'espace et dans le temps, un sujet encore d'actualité).
Ou encore, l'extrême misère lorsque la sécheresse tue les récoltes.
Un recueil intéressant, un tout petit pays insulaire à ajouter dans ma carte mentale.
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Acerola13
  13 février 2022
J'étais très heureuse d'avoir trouvé ce recueil de récits et nouvelles du Cap-Vert, qui est en tant que tel un joli petit livre à la couverture colorée et aux pages qui glissent sous les doigts (comme quoi, la lecture débute parfois par le sens du toucher !).
Malheureusement, son contenu ne m'a absolument pas convaincue ni emportée : j'ai apprécié le premier récit et ses personnages mélancoliques qui s'attablent autour d'un rhum pour écouter les dernières morna du poète douanier, qui révèle l'équilibre précaire entre un monde où les habitants n'ont parfois que la contrebande pour survivre, et un idéal qui voudrait qu'un fonctionnaire fasse correctement son travail. Entre mers et plages, flots et galets, j'ai souri face à ces personnages lunatiques et comme prisonniers d'une temporalité hors du monde.
En ce qui concerne les autres récits et nouvelles, je n'ai absolument pas accroché et je me suis ennuyée à mourir...On capte bien sûr la pauvreté du Cap-Vert, les violences qui en découlent, l'envie irrépressible de quitter ces îles au beau milieu de l'Atlantique, la contrebande entre les îles, l'attraction des lointains Portugal et Brésil...Mais tout cela demeure comme suspendu, et je ne suis pas du tout parvenue à m'attacher aux personnages ou à m'émouvoir des descriptions des auteurs.
Une grosse déception, qui m'aura tout de même fait découvrir le collectif Claridade dont le manifeste pour la littérature cap-verdienne est intéressant du point de vue de l'histoire littéraire du Cap-Vert.
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EvlyneLeraut
  08 mai 2021
Une référence ! Récits & nouvelles du Cap-Vert est un hymne pour Claridade (clarté en portugais). Une revue littéraire crée en 1936 à Mundelo sur l'île de Sâo Vicente. Les fondateurs Manuel Lopes, Baltasar Lopes da Silva et Jorge Barbosa ont mis en lumière un mouvement : « Claridoso » qui s'inspire de clarté : livre d'Henri Barbusse. Épiphanie langagière, la littérature cap-verdienne est propulsée, s'inspirant de ses grandes soeurs brésiliennes, portugaises et françaises. Les majeures Éditions Chandeigne érudites, perfectionnistes, spécialistes d'une littérature de renom, certifiée, viennent de mettre au monde un recueil : sept récits ou nouvelles de Manuel Lopes, Baltasar Lopes, António Aurélio Gonçalves et Henrique Teixeira de Sousa. L'idiosyncrasie du Cap-Vert lève le voile. Les habitus et coutumes, couleurs et croyances incitatives, aux découvertes exaltées sont primés dans ce recueil. Quasi classique de par sa puissance et sa maturité les récits et nouvelles sont aussi cette âme palpitante, voluptueuse, sage. « le sorcier Bachenche » de Manuel Lopes est symbolique, riche de messages, de nuances.
« Même si ce n'est pas correct, je n'ai pas à me mêler de la vie, des affaires de chacun, d'autant plus que je sais, comme tout le monde, qu'il y a du mal qui tourne bien et du bien qui tourne mal, pas vrai ? »
« Celui, qui revient oublie comment il est parti, pour être comme il revient. »
« Nhô Bachenche savait aussi amener vers la lumière du bonheur toutes les pauvres petites âmes qui sur terre subissaient les flammes de l'enfer. Alors… »
L'intrinsèque d'une littérature qui enlève son paravent. Une grenade à mille pépins, juteuse, sucrée, gorgée de fraternité et de simplicité. La part belle aux saveurs et à cette chance Babel de lire le symbole Claridade. Ce recueil est un salut. le Cap-Vert en lumière et la somme des transmissions langagières. Comme le démontre la quatrième de couverture, (une petite merveille) : « Dichotomie du vouloir rester et du devoir partir ou du vouloir partir et du devoir rester. »
Lire avec attention la postface de Jorge Miranda Alfama. Traduit du portugais par Michel Laban.
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bobfutur
  04 décembre 2020
L'âge d'Or de la littérature capverdienne, du mouvement Claridade par ses représentants les plus connus, de belles histoires, dont le tragi-comique décrit bien l'âme du Petit Pays, et dont les rares livres traduits en français sont plutôt difficiles à trouver (à part le 1er volet de la trilogie de Henrique Teixeira de Sousa). A consommer avant de venir nous visiter.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   10 août 2022
Le bourg se remplissait de gens qui abandonnaient les champs à la sécheresse. Ils étaient couverts de loques, maigres, avaient d’énormes plaies puant la pourriture. Les mères portaient leurs enfants sur la tête, dans de grands paniers. Elles s’arrêtaient aux portes des maisons et montraient leur corbeille en rotin d’où émergeaient des yeux gloutons sur de petits visages flétris par la faim. Tous déambulaient dans les rues en un cortège de tristesse et de désespoir.

(Chandeigne, p.169)
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MimekoMimeko   23 août 2019
La porte donnait sur une petite véranda garnie de plantes grimpantes et de tulipes poussant dans des caisses, laquelle véranda communiquait avec un petit salon s'ouvrant, lui, sur une courette où le soleil arrivait ponctuellement, comme ces visiteurs intimes qui chaque jour arrivent, s'installent et papotent ou écoutent sans jamais faire mine de se retirer.
L'enterrement de Nha Candinha Sena.
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bilodohbilodoh   09 août 2022
— Cet homme est un véritable fauve, Monsieur le Juge. Il aurait tué ma fille si les voisins ne s’étaient pas interposés. Un fauve, Monsieur le Juge, vous pouvez me croire…

— Voyons, ne vous emballez pas, calmez-vous. Ne serait-ce pas qu’il battait sa fille parce qu’il l’aimait? Pour la corriger? L’éduquer?

(Chandeigne, p.72)
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MimekoMimeko   22 août 2019
Une brise entrait par les vitres baissées, traversait la voiture, délicieuse, inespérée, comme si, après avoir parcouru des couches d'air chaud, elle avait conservé l’ineffable fraîcheur des altitudes.
L'enterrement de Nhâ Candinha Sena.
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MimekoMimeko   22 août 2019
On ne condamne pas le couteau qui tranche dans la chair vive. Criminelle est la main qui tient le couteau.
Telle était la philosophie du sorcier Bachenche
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