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Jacques Goimard (Préfacier, etc.)
EAN : 9782258055599
1056 pages
Éditeur : Omnibus (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Arthur Clarke, un jour, reçut une proposition proprement insensée : « Faisons ensemble le bon film de science-fiction — celui dont tout le monde parle et que nul n'a jamais vu. » La lettre était signée Stanley Kubrick. L'écrivain accepta ; il sortit de là un film, puis deux, trois et finalement quatre romans.
C'était la grande époque des fusées, de la NASA, de la Nouvelle Frontière et de la course à la Lune. Le président Kennedy avait raison : mieux val... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
odin062
  24 décembre 2014
Après l'anthologie Wells que j'ai acheté il y a quelques années, après l'anthologie Barjavel reçue via une édition de masse critique, voici venu l'anthologie des Odysées de l'Espace de Arthur C. Clarke ! On peut dire que les éditions Omnibus nous gâtent en rééditant, sous un format pratique et élégant, les romans cultes de science-fiction ! Je les remercie de m'avoir fait parvenir ce livre, de même que je remercie Babelio pour cette nouvelle édition de masse critique.
L'objet, comparé aux deux autres éditions citées plus haut, date de 2001. Ainsi, la couverture n'est pas aussi réussie que pour les autres livres. C'est ce qui m'a frappé en ouvrant le colis. En revanche, une fois la première page tournée, on oublie vite l'enveloppe du livre !
Soixante-dix pages d'introduction passionnantes nous accueillent. Derrière cette anthologie, il y a bien sur le film de Kubrick et c'est ainsi qu'en sortant de cette introduction, nous devenons incollable sur le projet et sur la saga des Odyssées ! Pour un fan de littérature et de cinéma, connaitre les dessous d'une telle « adaptation » est un must ! Premier point positif !
Puis le livre nous offre ainsi l'intégral de l'avant et l'après « 2001 : L'odyssée de l'espace ». On y retrouve les nouvelles « Rencontre à l'aube » et « La sentinelle » ayant persuadé Kubrick de faire appel à Clarke. Elles sont suivis par le « scénario » du film tel que l'a imaginé Clarke et enfin la suite du film (et non du roman) avec « 2010, Odyssée deux », « le 20 juillet 2019 », « 2061, Odyssée trois » et enfin « 3001, Odyssée finale ». Au final, pas moins de 1000 pages de SF. On se met à table ?
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« 2001, l'odyssée de l'espace » fait partie de ces films que je n'ai jamais regardés (mon secret d'inculture en somme) alors que je m'y suis toujours engagé. J'ai donc compensé ce manque par la lecture du bouquin « scénario » du film et ce grâce aux éditions omnibus et babelio dans le cadre de masse critique.
C'est donc en ayant encore les belles images du voyage d' « Interstellar » dans la tête que j'ai ouvert le bouquin. On se voit transporté directement 3 millions d'années avant notre ère. du temps des hommes-singes vouant un culte à un monolithe. Drôle d'idée !
Vous l'aurez compris, beaucoup de mystère autour de ces pierres à angles parfaits. On conçoit vite l'idée de Clarke selon laquelle notre évolution . A l'instar de la lecture d'un King ou d'un Lovecraft, on se sent tout petit dans l'univers. D'insignifiants êtres se croyant maitre de tout alors que nous sommes maitres de rien.
Le livre est vraiment bien écrit, fluide, avec des chapitres courts qui facilitent la lecture. Les personnages sont très intéressants, qu'ils soient humains ou robotisés. On sent que la guerre froide est bien installée et on se replace facilement dans la course à l'espace de l'époque. Mon seul regret repose surement sur un manque de détails sur la vie sur Terre, on se focalise sur les vaisseaux sans aller plus loin. du moins, ce n'est pas le but du livre.
Avec parfois quelques longueurs, Clarke nous mène efficacement vers l'apogée de son roman. La fin est à couper le souffle et je dois dire que sa vision de l'évolution est une vision qui m'a toujours passionné. Quelle est la prochaine étape de la conscience ? Quels sont les différents étages de conscience ? Ici on est plus dans le domaine philosophique et biologique que dans le domaine de la physique quantique ou non. Et c'est bien cela aussi qui m'a beaucoup plus.
Il me reste maintenant, pour finir cette lecture, à regarder le film de Kubrick et combler mon inculture.
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Et on enchaine tout de suite avec « 2010, Odyssée deux » après un saut temporel de seulement 9 ans. Ici, pas de suite au livre mais bien une suite au film. C'est assez déconcertant dans une anthologie, surtout quand vous n'avez pas vu le film, mais heureusement Clarke fait des rappels habiles, voire parfois reprend des chapitres entier du précédent bouquin (parfois lourd pour un lecteur qui vient de le lire). Suite réussie ?
On retrouve dans ce roman, le personnage qui m'avait le plus accroché dans le précédent ouvrage, à savoir Floyd. J'en étais ravi ! Quel est le spitch ? Et bien nous reprenons l'histoire où nous l'avons laissé. Il est grand temps de rejoindre Discovery qui est en perdition sur l'orbite de Jupiter. Et pour cela, rien de mieux qu'un vaisseau URSS ! On se voit plongé dans un climat guerre froide apaisée entre les russes et les américains en mission. Qu'est devenu Hal ? Et David Bowman ? Y a-t-il de la vie ailleurs ? Et qu'est-ce que ce maudit monolithe ?
Clarke est ici beaucoup plus détendu que dans le premier roman. Je dois dire que l'humour ne manque pas, les personnages sont très charismatiques et c'est un plaisir de partager ce voyage avec eux ! Il faut toutefois dire que ce voyage est assez redondant. Une fois qu'on a fait le voyage Terre – Saturne, le voyage Terre – Jupiter nous semble monotone et ce n'est pas les incroyables découvertes sur les satellites de Jupiter qui relève la sauce…
Mais le plus ennuyeux dans ce bouquin sont bien les passages avec David Bowman. L'écriture est parfois lourde, parfois trop explicative. On avait très bien compris l'idée de 2001 alors pourquoi repartir dans de lourdes explications ? A côté de cela, l'aspect « IA » est bâclé et il ne se passe rien sur Terre, du moins nous ne savons rien de ce qui s'y passe.
Vous l'aurez compris, ce deuxième opus m'a beaucoup moins convaincu que le premier opus et il parait que le troisième est encore pire. C'est à se demander s'il faut continuer…
En tout cas une pause s'impose. Je reprendrais surement le troisième tome après avoir digéré celui-ci et m'être penché sur son adaptation au cinéma.
En attendant, cette anthologie est à mettre dans toutes les mains des fans de SF, tout comme l'ensemble des rééditions OMNIBUS !
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CDemassieux
  21 décembre 2014
Premier commandement : « le film éponyme de Stanley Kubrick tu oublieras. En lisant la préface de Jacques Goimard – “Une odyssée formelle” – tu comprendras. »
2001, l'odyssée de l'espace de Kubrick est en effet essentiellement visuel, voire impressionniste, pour filer la métaphore picturale. Il n'explique rien : il nous laisse le soin de le faire ou, plus intelligemment, de ne pas le faire. le roman de Clarke et ses suites, c'est le contraire. Il donne à voir, certes, mais surtout : il invite à se représenter mentalement le futur qu'il propose.
Ceci étant dit, la présente édition de cette odyssée, aussi spatiale que spirituelle, se lit comme une naissance. D'abord avec deux nouvelles en forme de genèse du projet Odyssée : Rencontre à l'aube…(dont le dénouement a des allures de planète des singes, vous comprendrez !) et La Sentinelle (qui en dit long sur la délicatesse humaine, façon éléphant dans un magasin de porcelaine, vous comprendrez aussi !).
Ce qui frappe dans 2001, c'est son caractère tellement plausible, sauf quelques détails devenus obsolètes – telle la présence de l'URSS, disparue depuis plus de vingt ans. Si le film était une songerie, le roman est une réflexion approfondie sur l'évolution, à la fois organique et artificielle, à travers Hal, cet ordinateur (sur)doué d'une âme. Roman mystique lorsque l'on voit plus loin, 2001 est une ode à l'infini, dont nous ne sommes qu'une part négligeable.
Direction 2010, maintenant…
Premier écueil, et pas des moindres : on reprend l'histoire à partir du film. Ce n'est plus un satellite de Saturne mais de Jupiter qui occupe cette nouvelle expédition. Idem pour certains événements rétrospectifs : il est ainsi relaté que Bowman a tenté de sauver Poole. Dans le film, oui : pas dans le roman. Ceci rend la frontière entre le texte et l'image poreuse, et l'on s'en trouve un peu dérouté. 2010 est aussi un voyage qui dévoile le mystère, c'est-à-dire qu'il limite les débordements de notre imaginaire. Comme si l'auteur, en ayant parcouru précédemment l'au-delà de notre système et de notre entendement limité, avait besoin de retrouver des dimensions plus acceptables et d'expliquer l'inexplicable. Il reste des descriptions éminemment visuelles qui nous font toucher du bout des doigts ce que – à moins de faire connaissance avec un monolithe ! – nous ne connaîtrons pas…Notre lointaine descendance, quant à elle, apercevra peut-être la renaissance de « l'archange déchu », qui sait ?
Mais avant de partir en 2061– clin d'oeil à Kubrick ( ?), qui inséra lui aussi un intermède dans son film –, la présente édition nous offre une pause : le 20 juillet 2019 (Une journée dans la vie de la planète Terre). Bien sûr, pour nous qui entrons dans l'année 2015, cette vision n'est plus possible en l'état puisqu'il est question d'un futur immédiat qui, nous le savons, n'adviendra pas en ces termes. Cependant, des similitudes avec notre actuel monde sont indéniables, notamment pour ce qui concerne des avancées technologiques. Il s'agit là d'un texte collaboratif, écrit avec des spécialistes de divers domaines d'étude, ce qui explique son caractère très didactique.
On avait quitté 2010, qui s'achevait par une naissance astrale, et en entrant dans 2061, nous assistons à celle de la vie, plus viable que celles rencontrées par Bowman lors de ses précédents « voyages ». C'est une autre odyssée de l'évolution qui commence, en quête de ce que les semeurs de l'espace, responsables de cette gigantesque expérience, considèrent comme la plus importante valeur : l'esprit, autrement dit la conscience. A noter dans ce troisième volet la pénétration de l'espace par les puissances privées : les Etats n'en n'ont plus l'exclusivité, ce qui va dans le sens de notre présente évolution. Mais peut-on parler d'évolution ? C'est une autre histoire…On retrouve le professeur Floyd, régénéré grâce aux prodigieuses avancées de la médecine et qui connaîtra à son tour l'accomplissement de sa vie d'astronaute.
Enfin, 3001, dernière étape, raconte d'abord la résurrection de Poole, première victime de Hal, dont le corps dérivait depuis mille ans dans l'espace. Mais 3001 évoque quelque part l'immortalité de la conscience humaine, quels que soient ses balbutiements à l'échelle universelle. On peut aussi comprendre cette ultime étape comme une histoire de l'autodétermination humaine.
Conclusion : nous avons là une odyssée majeure de la S.F., avec toutefois une petite réserve s'agissant du titre. Il eût fallu, en effet, écrire : « 2001 et autres odyssées », car si les romans suivants forment un ensemble cohérent, le premier, né d'une rencontre entre deux imaginaires foisonnants, est, selon moi, une comète insaisissable et solitaire.
Plus généralement, il y a de l'utopie chez Clarke, mais une utopie à échelle astronomique. En sera-t-il ainsi ? La vie trouvera-t-elle toujours son chemin ? Oui, si les espèces ne se laissent pas dominer par une intelligence obscurantiste et/ou essentiellement mercantile, ne mesurant l'avenir qu'à l'aune d'idéologies et d'intérêts limités, sans réelle vision. Attendons de voir…
Il n'empêche, cette aventure spatiale en même temps qu'originelle est un testament positif adressé au futur et l'affirmation d'une réalité pas encore vérifiée : il est impossible que la vie n'ait essaimé que sur notre planète bleue !
Enfin, ces forces créatrices, que sont-elles vraiment ? Des extraterrestres ? D'accord, en apparence. Au-delà, qui organise cet universel programme ? Dieu, pourquoi pas ? Même si l'on peut chrétiennement objecter qu'Il n'intègre pas dans ses calculs créateurs la dimension darwiniste…à moins que ?
(Remerciements aux éditions Omnibus et à Babelio, via Masse critique)
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GabySensei
  15 janvier 2012
Si vous n'avez rien compris au film, lisez le livre! Il est beaucoup plus clair et comme souvent plus intéressant.
Ce cycle de SF est un grand classique du genre. Les propositions de l'auteur se basent sur les connaissances scientifiques de l'époque et sont très réalistes.
Il nous raconte l'évolution de l'intelligence sur terre qui poussera les hommes à créer des outils toujours plus performants et plus complexes. L'humanité part alors à la conquête de l'espace et le premier livre nous raconte la vie des hommes dans l'espace proche de Jupiter. Ils sont confrontés à la prise de conscience de leur ordinateur de bord, HAL, qui va décimer l'équipage car il se sent menacé.
Dans les tomes suivants l'auteur confronte l'humanité à une intelligence extraterrestre qui a évolué au-delà de notre compréhension. Peut-être sont-ils à la source de notre intelligence et de notre évolution.
L'auteur pose des questions en fin de compte métaphysiques et il n'est pas étonnant qu'il ait finit sa vie comme une espèce de gourou.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec ses théories mais l'ensemble de l'oeuvre reste une très bonne lecture.
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chocoladdict
  01 décembre 2014
Arthur C. Clarke est un écrivain anglais de SF qui écrivit en 1948 une nouvelle qu'il baptise La Sentinelle et c'est cette histoire qui servira de point de départ en 1964 au roman 2001: l'Odyssée de l'Espace. La Sentinelle raconte la découverte sur la Lune par une équipe d'exploration d'un étrange objet inconnu et totalement étranger à la Terre. En 1964,Clarke encontre à New York Stanley Kubrick, et tous deux deux décident pour l'un de transformer La Sentinelle en roman (L'Odyssée de l'Espace), et pour l'autre de réaliser le film qui porte le même titre et qui deviendra le film de science fiction le plus célèbre et le plus célèbré de tous les temps.
Grace à Bableio et l'opération masse critique ( merci à eux) , j'ai pu découvrir une édition assez exceptionnelle qui est l'oeuvre d'Omnibus éditions, qui rassemble l'intégralité des 4 romans de l'odysée de l'espace, ainsi que la nouvelle "la sentinelle" et une autre nouvelle, antérieure à tous les autres, "rencontre à l'aube" qui pose les prémisses du film de Kubrick.
De ce long ouvrage ( + de 1000 pages), j'ai surtout été passionné par la longue préface de Jacques Goimard , grand spécialiste français de la science-fiction et du fantastique, qui retrace avec précision les relations entre Clarke et Stanley Kubrick au moment de la réalisation du film retraçant 2001 et qui raconte pas mal d'élèments déterminants des différentes odysées...bref une préface indispensable pour ceux qui n'ont pas tout compris aux histoires de Clarke.
Certes, la thématique adoptée par Stanley Kubrick et Artur C. Clarke
dans ce long travail de collaboration. est de prime abord plutot simple à saisir : Et si l'humanité était devenue telle qu'elle est aujourd'hui par l'intervention d'Extraterrestres?.
Autrement dit,, nous ne sommes pas dans un scénario à la Star wars ou Star Trek, mais bien dans une approche bien plus métaphysique de l'espace et du monde extraterrestre. Pas de petits bonhommes verts, mais .d' étranges monolithes qui représentent les hommes venus d'ailleurs.
Pour qui comme moi n'est pas forcément passionnée du genre et rompue au jargon de SF j'avoue que la lecture de ces 6 écrits d'Arthur Clarke m'a semblé quelque peu complexe et abscons. Mais pour les passionnés du genre, et surtout ceux qui ont vu le film sans tout comprendre, le livre permettra à coup sur de rendre plus intelligible le film de Kubrik.
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jerome.jeandeau
  21 juillet 2011
J'en ai beaucoup entendu parlé de ces odyssées de l'espace et j'ai finalement été un peu déçu. Dans l'ensemble c'est quand même intéressant mais le problème c'est je trouve l'histoire molle et parfois ennuyante. Néanmoins, pour tout fan de SF qui se respecte, c'est un incontournable. L'avenir décrit par Arthur C Clarke est remarquablement réaliste. Par contre, je ne comprends pas pourquoi la deuxième odyssée est la suite du film et non la suite du premier livre, ça m'a complètement perturbé pour attaquer le deuxième roman, surtout que je n'avais pas vu le film.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   12 juillet 2011
Les Premiers-nés.

Appelons-les les Premiers-nés. Ils n'étaient en rien humains, mais fait pourtant de chair et de sang, et lorsqu'ils contemplaient les immensités de l'espace, ils éprouvaient émerveillement, crainte, et...solitude. Dès qu'ils en eurent le pouvoir, ils s'élancèrent vers les étoiles.

Dans leur quête, ils rencontrèrent la vie sous bien des formes, et ils observèrent son évolution sur un millier de mondes. Ils constatèrent que, souvent, les premières lueurs de l'intelligence jetaient de brefs éclats avant de mourir et de retourner à la nuit du cosmos.

Et comme dans toute la Galaxie ils n'avaient rien découverts de plus précieux que l'esprit, ils favorisèrent en tout lieu son apparition. Ils devinrent les fermiers des prairies étoilées. Ils semèrent, et parfois ils récoltèrent. Et de temps en temps, sans passion, ils devaient arracher les mauvaises herbes.

Les grands dinosaures avaient depuis longtemps disparus, anéantis par un cataclysme venu de l'espace, lorsque le vaisseau de surveillance pénétra dans le système solaire après un voyage de près d'un millier d'années. Il survola les planètes extérieures glacées, s'attarda quelques peu au-dessus des déserts de Mars à l'agonie, puis se dirigea vers la terre.

Les explorateurs découvrirent un monde grouillant de vie. Pendant des années, ils étudièrent, rassemblèrent, cataloguèrent. Lorsqu'ils eurent appris tout ce qu'ils pouvaient apprendre, ils entreprirent de modifier. Ils guidèrent le destin de nombreuses espèces, tant sur terre que dans les mers. Mais il leur faudrait attendre au moins un million d'années pour savoir si l'une de leurs multiples expériences avait abouti.

Ils étaient patients, mais point encore immortels. Il y avait tant à faire dans cet univers aux centaines de milliard de soleils, et d'autres mondes les appelaient. Alors une fois de plus ils s'enfoncèrent dans les abysses, avec la certitude que jamais plus ils ne reviendraient dans cette région de la Galaxie. D'ailleurs il n'y en avait nul besoin: les serviteurs qu'ils laissaient derrière eux achèveraient l’œuvre entreprise.

Sur Terre, les glaciers avancèrent, reculèrent, tandis que passait et repassait dans le ciel la Lune impassible, gardienne des secrets. Et plus lentement que les glaces des pôles, des civilisations naissaient et se répandaient entre les étoiles. D'étranges, de magnifiques, de terribles empires s'érigeaient puis s'effondraient, et leur descendants se transmettaient la connaissance.

A présent, dans les étoiles, l'évolution poursuivait de nouveaux buts. Depuis longtemps, les premiers explorateurs de la terre avaient atteint les limites de la chair; dès que leurs machines furent supérieures à leurs corps, ils émigrèrent. Ils transférèrent d'abord leur cerveau, puis leurs pensées seules, dans de nouveaux abris de métal et de gemme dans lesquels ils parcoururent la Galaxie. Ils ne construisirent plus de vaisseaux spatiaux. Ils étaient eux-mêmes des vaisseaux spatiaux. Pourtant l'âge des Entités-Machines fut bref. Au cours de leurs incessantes expériences, ils avaient appris à emmagasiner le savoir dans la structure de l'espace et à préserver leur pensée pour l'éternité dans des treillages gelés de lumière. Et donc ils se transformèrent en pure énergie, tandis que sur des milliers de mondes les coquilles vides qu'ils avaient abandonnées exécutaient une brève danse d'agonie avant de tomber en poussière.

Désormais seigneurs de la Galaxie, ils pouvaient errer à leur guise parmi les étoiles, ou s'insinuer comme brouillard subtil dans les interstices de l'espace. Bien que libérés, enfin, de la tyrannie de la matière, ils n'avaient pas oubliés leur origine, dans le chaud limon d'une mer évanouie. Et leurs merveilleux instruments continuaient de fonctionner, observant les expériences commencées si longtemps auparavant. Mais ils n'obéissaient plus toujours aux ordres de leurs créateurs; comme tous les objets matériels, ils n'échappaient pas à la corruption du temps et à sa servante patiente et vigilante, l'entropie.

Et parfois ils découvraient et poursuivaient des buts qui leurs étaient propres.

(3001 l'odyssée finale P7-9)
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CarlJosephCarlJoseph   20 janvier 2011
Plus les moyens de diffusion se font merveilleux, plus barbare, atterrant et choquant est leur contenu.
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CarlJosephCarlJoseph   20 janvier 2011
En dépit des perfectionnements électroniques, il advient parfois que la bonne vieille feuille imprimée soit le moyen d'information le plus pratique.
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CarlJosephCarlJoseph   20 janvier 2011
C'est le propre du barbare de détruire ce qu'il ne peut comprendre.
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CarlJosephCarlJoseph   20 janvier 2011
En apesanteur, un lit sans matelat est encore plus confortable que la plus moelleuse des couches sur Terre.

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