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EAN : 9782330054939
228 pages
Actes Sud (19/08/2015)
3.08/5   26 notes
Résumé :
Un employé affecté aux ?crash-tests? chez un constructeur automobile, une strip-teaseuse se jouant de ses voyeurs mâles, un adolescent qui échappe à la cellule familiale en découvrant l'auto-érotisme dans des BD pour adultes : trois personnages en quête d'un point de rupture, d'une forme d'accident, et qui tous dansent sur le fil du rasoir au centre du sanctuaire que Claro édifie ici à Eros et Thanatos.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Renatan
  14 mars 2016
Embarquement immédiat pour le crash, aucune issue de secours, premier accident de parcours.

« Au commencement était l'accident »

« Adieu le repos et adieu la lecture du journal au café, la serveuse aux talons qui cliquent ne viendra plus, le café dans la tasse jamais ne tiédira, il n'y aura pas de jour de marché, pas de baiser sous les lampions, vous avez choisi la route, or la mort fait de l'auto-stop, et son pouce est le pieu sur lequel s'empaler. »

Il travaille pour un fabricant de voitures au département des crash-tests- appelons-le Robert pour faciliter les choses - il teste la résistance des habitacles en se servant de cadavres. Ses journées se résument à mettre en scène des collisions, reproduire les conditions du crash et anticiper le désastre. Quelques secondes à peine et c'est le choc, la seconde immobile où tout bascule, quand le corps absorbe la vitesse de l'impact. Un verre de trop, un moment d'inattention, l'endormissement, une erreur de jugement, une distraction. le pressentiment n'est pas venu à bout de l'inévitable ni à stopper l'impossible. Mais à force de voir chaque jour des crânes en bouillie passer à travers les pare-brises, Robert finit par déraper sur l'autoroute de la folie, il parle aux cadavres comme d'autres se parlent à eux-mêmes. Il est le témoin premier de son propre crash…

**********

Nuit de sexe sous projecteurs, strip-tease et dérapage, deuxième accident de parcours.

« Au commencement était l'accident »

« Appelons-la Melody Bubbles et n'en parlons plus. Ou plutôt ne parlons plus que d'elle, de ses dehors et dessous, du faux ciel qu'elle suscitait d'une arabesque de la main, une corde nouée en travers de ses seins dont elle mordillait le noeud intensément gordien, mimant l'Ève hésitante puis la dompteuse inassouvie, changeant de rôles avec la lumière. »

Elle travaille dans une boîte de nuit, de celles qui affichent les couleurs du sexe dans la souillure de néons rouges clignotants. Melody Bubbles entre en scène, les projecteurs s'allument. Elle se déhanche au rythme d'une musique érotique, l'évangile tatoué sur l'omoplate gauche, pulpeuse, les seins qui pointent vers le ciel et la jambe allongée sur son tabouret. Langoureuse… Une meute de loups affamés de chair fraîche vient se distraire d'un trop plein de monotonie à travers une érection aussi éphémère que leur couple qui bat de l'aile. Mais ce soir, Melody joue la grande prestation, le rôle de la femme-objet dans un corps de femme blessée. Elle s'est créé une fausse identité pour donner un sens à sa vie, se sentir exister, désirée. le crash a eu lieu à l'été 69, à New York. C'est là que tout a commencé, que le sexe est né. Il est né du choc, d'une mâchoire brisée contre un pare-brise. Puis de Chuck, une brute à pendre par les couilles, un bourreau, une bête, un sale violeur. Au commencement était l'accident. Et ensuite la luxure, la révolte, la colère…

**********

Porn story, branlette, fumette et liberté, troisième accident de parcours.

« Au commencement était l'accident »

« La verge mobile, l'oeil plissé tel un brigand d'autrefois, il marmonne les incantations qui font vagir les croupes et saillir les mamelons, marmonne et chante à fond de gorge la rengaine du foutre qu'expulsent rythmiquement glottes et glands voraces, distillant aux hétaïres de son harem mental les sésames du plaisir »

Il a 13 ans et demi et ne manque aucune occasion de se masturber – appelons-le Bob pour faciliter les choses. Dans l'intimité de sa chambre, seul sous les draps poisseux, ils tripotent les femmes qui s'offrent à lui sur le papier glacé des revues pornos. Il éjacule son besoin d'exister. Bob découvre les possibilités du plaisir en même temps que la honte. Mais le prix à payer pour jouir est nettement aussi satisfaisant que son besoin d'échapper à ses parents. Il recherche l'amour dans le buzz de ses premiers joints. Il vomit son trop plein d'alcool et ses amours de passage. Ce jeune en mal de vivre crache un liquide libérateur dans les entrailles d'un kleenex qui finira au fond d'une poubelle. Il s'en est fallu de peu pour que ce soit sa vie qui tombe dans le dernier caniveau. Au commencement il y a eu le crash, le crash familial…

Pour un premier rendez-vous avec Claro, j'ai été complètement charmée par sa manière de rendre compte d'une société malade et laissée à elle-même, solitaire, affamée d'illusions, où personne n'est à l'abri d'un certain dérapage. Crash-test, porn story et strip-tease, des histoires de corps fragilisés, meurtris par les accidents plus ou moins grands de la vie.
Un grand merci au Bison qui m'a fait découvrir Claro le jour de mes 25 printemps :D

Se délectant de sa Delirium Tremens extra mousse, « Tous les diamants du ciel » l'ont amené aussi loin que le regard 5 étoiles de Lucy…

Crash-test, ou comment foutre sa vie en l'air
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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mediathequeguebwiller
  18 novembre 2015
« Au commencement était l'accident ». Cet homme travaille depuis août 1972 pour un fabricant d'automobiles. « Il teste la résistance des habitacles, au gré des heures, à l'aide de cadavres ». Il dirige le département crash-test, « une saleté de danse ». Il a fallu se faire à ce drôle de job. Puis sont venus « l'accoutumance, l'acceptation, et sans doute la résignation ». Jusqu'à ce que la discipline intérieure de l'ouvrier se fissure. « Il arrive en retard, accumule les retards, s'enfonce dans l'approximation ». Il prend un congé, atterrit dans une ville dont il ne comprend pas la langue, entre dans un cabaret. Et la voit. Elle est strip-teaseuse, elle était sûrement « autre chose » avant, on ignore son vrai nom et d'où elle vient. Mais elle sait « des tours, et ses gestes formaient dans l'air enfumé des phrases que l'oeil suivait tel un doigt mouillé parcourant des nervures de braille ». Elle s'exhibe face à ces hommes, « elle est là pour leur enseigner qu'ils ne sauront jamais rien d'elle ». Ils s'en fichent, ces hommes, « ils ont appris, très tôt, à réduire leurs partenaires à de lascives silhouettes d'encre, à des filles d'encre […] ces filles de papier dont ils peuplent leur verte puberté ». Et en voici un, de ces adolescents reclus dans sa chambre, si fiévreux, feuilletant ses bandes dessinées pour adultes, c'est le personnage du vertigineux nouveau roman de Claro, « Crash-test ».
Pour le garçon, « le monde se fait bacchanale, et son coeur réinventé devient un pouls noueux et violet qui pulse, expire et transpire à chaque page tournée ». L'ouvrier, la femme fatale, l'adolescent. Trilogie de la solitude et d'existences vissées dans le silence. Entre l'humiliation et la colère rentrée, ces trois-là sont empêchés d'aimer, de donner, de grandir. L'histoire éternelle, aussi, de la domination par la violence et le pouvoir. Une nouvelle fois, Claro donne une forme inattendue à son récit. Ses trois héros interviennent par vagues fragmentées, façon de rendre compte du chaos de leurs désirs, de leurs aspirations. Une mise en pièces détachées formidablement maîtrisée, recomposant au final le paysage de
la société soi-disant libérée des années 70, toujours terriblement d'actualité.
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lilicrapota
  02 décembre 2015
alors là, c'est bizarre!!!!
Tout est bizarre : le choix des personnages, ou plutôt du personnage, le style, la mise en page/en forme... J'avoue, j'ai craqué à la page 70 -) Pas que je ne l'ai pas trouvé intéressant, hein, mais je ne suis pas du tout, du tout, rentrée dedans!
Les mots sont une chanson qui grince ; ils imitent (et dans la mise en page aussi) le décor extérieur, le bruit des machines, voire même, par différentes typographies, l'état d'esprit du personnage. C'est assez impressionnant. Et en même temps c'est assez hermétique, parce que c'est un univers très entier, très construit.
A réessayer plus tard, peut être...
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Livrepoche
  26 février 2022
Lorsque j'ai ouvert les pages de Crash-test et que j'ai vu cette mise en page unique, je me suis dit que c'était l'occasion de lire Claro, cet auteur français que je croyais espagnol.
Le style formel s'appuie sur une prose inventive et inspirée qui nous raconte 3 histoires qui ont pour point commun, le corps. 3 histoires séparées, c'est aussi et forcement un manque d'unité romanesque dans la lecture. J'ai une tendance à considérer un livre (objet comme une entité indivisible). du coup, pour Crash-test, il me manque un peu plus de liant. C'est dommage car pour le reste, un régal.
Ce roman de Claro mérite qu'on se pose dessus tant il y a de l'audace littéraire. Il bouscule la littérature blanche que l'on connait. Dans Crash-test, Claro donne à lire une vision de la littérature qui vaut le coup d'être découvert et entendu. Une forme de poésie en prose jalonnée intervention graphique. C'est quand on lit un roman comme celui-là (il y en a-t-il d'autre ?), qu'on se rend compte de tout le potentiel créatif des mots, potentiel trop exploré.
Ces 3 histoires m'ont bien plu, fond et forme, mais c'est à chaque page que j'ai pris du plaisir et pas dans son ensemble. C'est dur à expliquer. En tous cas, 2 des 3 histoires sont plus marquantes et c'est peut-être justement cette 3e qui dilue mon souvenir général. Je crois que définitivement, je préfère la forme du roman à celle de la nouvelle (mais ce ne sont pas des nouvelles).
Dans Crash-test, chaque page est une jouissance littéraire et çà me pousse à lire d'autres romans de Claro, comme celui que j'ai en PAL, Cosmoz par exemple.
Lien : http://livrepoche.fr/crash-t..
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Esorlecram
  29 janvier 2018
Je ne suis pas arrivé au bout de ce roman (ça m'arrive rarement), mais cela ne veut pas dire que je ne lui trouve pas certaines qualités. le problème c'est que l'auteur fait part de ses réflexions (très noires!) sur notre société au travers d'un style tellement personnel à tout point de vue (langue, place des mots sur la page, police de caractères), qu'il faut être sur la même longueur d'onde que lui pour pouvoir apprécier. Ce n'était vraiment pas mon cas!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   17 août 2015
Elle était autre chose, n’en doutons pas, et sa légende la précédait afin qu’elle n’en soit que l’insolente confirmation. Ceux qui l’admiraient de près, cravate dénouée, poches retournées, se sentaient plus seuls qu’un sexe d’homme dans la poigne d’une femme qui vous sent favorable à l’idée de viol et cache une lame de rasoir entre ses dents. Ceux qui l’avaient aimée de leurs phalanges crispées, de leurs gros doigts bourgeois, ceux qui avaient mouillé du gland et des yeux quand, aux accents du saxo qui pourtant n’avaient rien de salace, elle s’avançait du pas de celle qui piétine, à chaque baiser-semelle, la main du mâle, ceux-là sentaient bien qu’elle ne les aimait pas, pas comme ils l’auraient voulu. Et ils comprenaient à l’instant t de sa disparition, quand les ronds de couleur cessaient de batifoler sur sa silhouette telle de la sonnaille, qu’elle venait en ces lieux pour détruire ce secret qu’ils croyaient si bien gardé – à savoir que leur désir n’était que frousse. Et s’ils avaient eu l’ouïe fine, ils auraient entendu le claquement de son G-string en coulisse, sa manière à elle de leur dire adieu, le son d’une fronde venu parapher leur éviction hors du monde – ce monde que pendant onze minutes elle avait fait semblant de respecter, de magnifier. Elle crevait leurs nuits comme si ces dernières étaient des cerceaux de foutre, dont ils recueillaient, tard le soir, les débris scintillants dans leur mouchoir, tandis que leur épouse souriait en feignant de feuilleter un catalogue de mode. Ils se sentaient alors complices de cette jouissance nauséabonde qui rappelle au maître que, parfois, la trique est boomerang.
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WithnailWithnail   01 octobre 2015
Des femmes aux yeux coquillages trébuchent dans les ruelles, leur nudité confiée à des fourrures dont il n'ose solliciter la voracité. Adossés aux lampadaires, des marins fument en tapant du pied, comme s'ils pompaient la terre pour qu'elle gonfle et décolle et les emporte. Régulièrement, des marches délaissent le trottoir, et leur velours coule jusque sous terre, vers des seuils dissimulés aux regards, attirés par la palpitation de rideaux qui, chaque fois qu'ils s'écartent, laisse échapper des miaulement qu'on espère humains. Il finit par descendre, lui aussi, car plus rien en lui n'a la force d'hésiter.
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Charybde2Charybde2   17 août 2015
IL TRAVAILLE DEPUIS AOÛT 72 pour un fabricant d’automobiles. Il teste la résistance des habitacles, au gré des heurts, à l’aide de cadavres. Il dirige le département crash-test et touche un smic et demi.
Les crash-tests, c’est l’enfer à la merci du millimètre.
Le temps ? l’espace ? les échappées belles ? l’ivresse de la vitesse ?
Oublie. Tes chances de survie sont désormais très très faibles, car tu es né à même l’accident, et dans l’accident tu disparaîtras, tel un Spartiate à l’heure thermopyles.
Son travail : recréer artificiellement les conditions du désastre. Emboutir, broyer, déformer, puis détacher, détailler, analyser et, autant que possible : remédier. Mesurer tout ce qui rompt, gicle, s’embosse, cède. Recommencer, des dizaines, des centaines de fois, en modifiant systématiquement les paramètres du choc. De la chorégraphie, ou presque. Éprouver les variables. Contrarier les élans. Bref.
Le crash-test, c’est :
• l’étude du comportement de l’habitacle et de ses spectres.
Autrement dit :
• l’étude du monde et de ses particules.
Une physique de l’enfermement, quand le corps tressaute et absorbe la vitesse au cours d’un bing bang de métal, d’isorel et de chair.
Il convient d’ausculter la destruction et ses lois, pour mieux les saisir, les dompter. L’accident est un défi, la mort un malus. Les plaies diront qui a eu tort.
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Charybde2Charybde2   17 août 2015
AU COMMENCEMENT ÉTAIT L’ACCIDENT. Il le sait, l’a toujours su, et ce depuis sa naissance dans les entrailles d’une clinique d’abattage où, à toute heure du jour et de la nuit, sous des traînées de néons, les ventres béaient et se contractaient au rythme du sang pulsé, les matrices saturant l’air d’ondes et de cris qu’aussitôt recrachés les avortons aspiraient goulûment, leurs yeux d’agoutis brûlés par l’incandescence des lampes, avant d’être secoués, rincés, palpés, intubés pour certains, cajolés pour d’autres, carambolés de salle en salle dans l’urgence de leur salvation ou bien chrysalidés dans du linge empestant le dakin, la scène se répétant inexorablement tandis qu’au-dehors, là où vivre était devenu coutume et châtiment, hurlaient les sirènes, celles des ambulances piaffant au seuil des urgences, et celles de la ville célébrant une fois par mois la possibilité du chaos.
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Charybde2Charybde2   17 août 2015
Vous aviez des projets ? Vous rêviez d’instants qui soient comme des privilèges, d’omoplates que laque et dore la claque du soleil ?
Tirez un trait ————————— et sur ce trait n’essayez même pas de marcher. Le monde envahit votre viande, débusque les os, les libère. Sud Radio vous annonce un remaniement, ça tombe bien. Vous êtes remanié. Adieu le repos et adieu la lecture du journal au café, la serveuse aux talons qui cliquent ne viendra plus, le café dans la tasse jamais ne tiédira, il n’y aura pas de jour de marché, pas de baiser sous les lampions, vous avez choisi la route, or la mort fait de l’auto-stop, et son pouce est un pieu sur lequel s’empaler. N’espérez pas survivre, prenez le temps de mourir, pensez à tout et à rien, laissez flétrir vos devenirs dans ce tambour de machine à laver qu’est devenue votre Peugeot ou votre Simca, regardez ! le ciel se dérobe ! les champs s’interposent ! et voilà qu’un arbre, dans sa générosité de bois, désigne déjà du bout de sa branche le nid de votre crâne. Comment rester immobile quand on est en feu ?
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Videos de Christophe Claro (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christophe Claro
En partenariat avec le festival Paris en toutes lettres, la BnF accueille chaque année deux écrivains en résidence littéraire. Cette année, Emmanuelle Bayamack-Tam et Arno Bertina proposent une restitution publique de leurs travaux respectifs.
Née en 1966, Emmanuelle Bayamack-Tam a publié aux éditions P.O.L. une douzaine de romans, ainsi qu'une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari (2013). Elle a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 pour Si tout n'a pas péri avec mon innocence et le prix du Livre Inter 2019 pour Arcadie (2018), une fable politique et écologique. Sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, elle écrit également des romans plus « noirs », tels Les Garçons de l'été (2017) et Il est des hommes qui se perdront toujours (2020). En 2019, elle publie éden, son premier roman pour la jeunesse.
Pour Emmanuelle Bayamack-Tam, la fonction de la littérature est de déstabiliser. Sa langue volontairement violente et organique aborde des sujets souvent provocants. « J'écris pour déranger. À commencer par moi-même. […] La littérature qui m'intéresse est celle qui fait bouger les lignes, qui déstabilise. Je n'attends pas qu'un livre me conforte dans mes idées reçues, ni qu'il me procure une sérénité factice. Quand j'écris, dès que je sens que le lecteur s'est tranquillement installé dans l'histoire, je le malmène. Je débusque toute position confortable, et je la détruis. », déclarait-elle en 2018.
Né en 1975, Arno Bertina a publié des romans et récits très variés, mais qui ont en commun la forme de l'enquête sur sa propre « identité mobile ». Je suis une aventure (2012) est une sorte de roman picaresque dont un des protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Des Châteaux qui brûlent (2017) met en scène un huis clos d'une semaine entre des salariés d'un abattoir breton en grève et le ministre de l'Industrie qu'ils séquestrent. En mars 2020, L'Âge de la première passe, récit documentaire, relate le travail mené durant trois ans auprès de prostituées congolaises mineures.
Arno Bertina se dit également « passionné par les aventures collectives » depuis son année de résidence à la Villa Médicis en 2004-2005, durant laquelle il a coécrit la « farce archéologique » Anastylose (2006). Il a ainsi participé à toutes les aventures de la constellation d'écrivains à géométrie variable (Bruce Bégout, Mathias Énard, Claro, Maylis de Kerangal, Hélène Gaudy, Oliver Rohe…) qui s'est constituée en 2004 autour de la revue et des éditions Inculte.
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