AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330026994
Éditeur : Actes Sud (08/01/2014)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Ouvrage paru initialement sous le titre "Éloge de la vache folle" en 1996 aux éditions Fleuve noir ; réédité sous le titre " Les souffrances du jeune ver de terre" en 2014 aux éditions Actes sud.

Frédéric Léger, correcteur pour une boîte d'édition spécialisée dans les ouvrages défendant un libéralisme sauvage, se trouve filé, puis passé à tabac, par deux types patibulaires qui veulent récupérer un jeu d'épreuves lui ayant été confié... Un vrai polar p... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Kittiwake
  25 février 2014
Voilà un petit polar bien sympa, qui se fait remarquer plus par le sens de la formule que par l'intrigue. le titre annonce le style.
Le narrateur est un anti-héros qui brille par sa propension à tomber tout cru dans le moindre piège, même s'il ne lui est pas destiné. Il est correcteur dans une maison d'édition branchée, où tout n'est pas clean. le boss est un clown qui s'ignore, se gargarisant de formules néo-high tech, imité à la puissance moins dix, par une secrétaire qui vaut le détour (un grand détour, si possible, non mais allo, quoi!)). Ajoutons à cela des manuscrits tendancieux qui ont la manie de disparaître quand on en a besoin et inversement, et l'auteur a de quoi tricoter au point fantaisie, un scénario qui tient à peu près debout.
De Goethe pas le moindre vestige, mais le ver de terre est incarné et connaît les affres de la douleur,
L'ensemble ne restera pas éternellement gravé dans mon souvenir, mais j'ai passé un bon moment, et c'est ça qui est important

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
Commenter  J’apprécie          342
MarianneL
  08 février 2014
Virtuose de l'assemblage des mots, Claro invente un genre nouveau, le comique dépressif et hilarant. Pas la peine d'en parler beaucoup ici, le verbe de Claro est juste irrésistible, le mieux c'est de le citer…
Juste quelques mots de contexte sur le personnage central, une sorte d'antihéros passé au laminoir : Frédéric Léger occupe la fonction indigne de correcteur pour les pathétiques éditions en livres de management fumeux CTI (de la Convivialité Transactionnelle Interpreneriale).
«11h05… Il me reste encore quatre-vingt-neuf pages à écoper et, ostensiblement, l'auteur, l'éditeur et l'imprimeur ont du fêter ensemble quelque réforme de l'orthographe inconnue de nous autres, les travailleurs de l'ombre, les fossoyeurs d'alinéa, les bourreaux de la virgule, les sodomiseurs de muscidés, les… les payés-au-signe.»
Il est aussi "négociant en pathos", ayant le crâne encombré d'un "noir compost mental", affligé, tout comme le jeune Werther, d'un attachement aussi douloureux qu'inutile pour son ex-femme Agnès.
«Il faut dire que je suis fait d'un alliage particulier, à base de boue, de gravier, de coeurs d'artichaut et de ficelles de rôti. Un vrai arcimboldo de pacotille.»
Dans ce contexte minable, notre antihéros (parce que vite, on s'attache à ce ver de terre parisien perclus de doutes) se retrouve, à cause d'un jeu d'épreuves qu'il devait corriger et à son corps défendant, brutalement molesté et impliqué jusqu'au cou dans une intrigue politique puante aux relents néo-nazis.
«Coups de bottes, gifles exécutées avec le poing fermé, quolibets vexatoires. Bref, l'atteinte aux droits de l'homme dans tout ce qu'elle a d'irréversible. L'espace d'une mandale, je faillis protester, mais il m'aurait fallu pour cela recouvrer l'usage de la parole, lequel est largement tributaire d'un bon fonctionnement des maxillaires et des cavités respiratoires. Or j'avais tout d'un aspirateur Hoover à la Von Stroheim. Esthétique mais inopérant.»
Claro sait donc tout faire ! Je n'ai rien de plus à dire, si ce n'est, lisez-le : vous rirez.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
encoredunoir
  13 février 2014
Correcteur déprimé pour les éditions de la Convivialité Transactionnelle Interpreneriale, Frédéric Léger n'en finit pas d'être écoeuré. Plus encore que les corrections de Manager dans la joie et son langage jargonnant néolibéral (« c'est en gérant sa posture que le décideur parviendra à optimiser le rendement humain au niveau présalarial et faire en sorte que le paradigme opérateur du non-faire soit contré par l'impact décisionnel du savoir-obéir »), c'est sa vie entière que Frédéric Léger ne peut plus digérer. La mort d'un enfant, le départ de la femme aimée, la descente dans l'alcoolisme… tout cela contribue à faire de lui – pour lui – moins qu'un humain, un ver de terre.
Un jour, par malentendu, Frédéric se retrouve avec un jeu d'épreuves à corriger qui semble intéresser beaucoup de monde et en particulier une bande de gros bras au service d'un politicien d'extrême-droite. Un événement propre à enfoncer encore un peu la tête du correcteur sous l'eau ou, qui sait, à l'aider à l'en sortir.

Réédition sous un nouveau titre d'Éloge de la vache folle, paru en 1996 au Fleuve Noir, Les souffrances du jeune ver de terre est un roman singulier prenant prétexte d'une intrigue politique un peu floue mais qui lui donne un cadre noir pour parler, par le biais de Frédéric Léger, d'un monde où l'individualisme prime et dans lequel il ne fait pas bon être faible. Écrit en pleine période de madelinisme triomphant, il représente un bel instantané au trait un peu grossi de l'époque tout en – et c'est certainement ce qui est le plus inquiétant – collant malgré tout aujourd'hui à l'actualité.
Les atermoiements amoureux du héros, son dégoût de soi, son cynisme face au monde dans lequel il vit font de lui le chien idéal pour renverser le jeu de quilles dans lequel il se trouve balancé par Claro. Maintenant une ironie constante appuyée par une écriture jubilatoire pour le lecteur mais aussi sans doute pour lui, l'auteur offre ce faisant un livre noir, certes, mais aussi terriblement amusant. Un régal de lecture renouvelé à chaque paragraphe par la découverte d'une nouvelle trouvaille stylistique, parodique, une nouvelle métaphore pleine de nonsense ou une comparaison volontairement ridicule.
Honnête roman noir Les souffrances du jeune ver de terre constitue surtout une intéressante expérience de lecture, un moment amusant et parfois même jouissif par le plaisir que procurent les phrases d'un Claro qui réussit à allier avec bonheur humour et dépression.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
chevalierortega33
  21 juillet 2014
Alors c'est assez rare mais je n'ai pas aimé du tout ! Par respect pour l'auteur je suis allée au bout de ses 133 pages. L'originalité du style poussée à l'extrême et l'histoire bien mince qui veut s'afficher dans le genre « polar », ne m'ont pas convaincue !
Commenter  J’apprécie          60
zinemartin
  21 janvier 2015
Un anti-héros qui tombe dans tous les pièges, un patron d'une maison d'édition qui pense que l'érudition passe par un vocabulaire néo-high tech, une secrétaire qui ne pense pas, des manuscrits disparus et recherchés par des mafieux : de quoi faire un polar sympa.
Drôle et sombre à la fois. Vous passerez un bon moment.
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
chevalierortega33chevalierortega33   29 septembre 2014
Quand vous n’existez pas vraiment, vos gestes vous échappent comme des asticots pressés de s’empaler sur l’hameçon de la réalité. Faut les laisser faire, ça soulage.
Commenter  J’apprécie          160
KittiwakeKittiwake   27 février 2014
Frédéric, regarde en bas. Tu vois quoi? La planète Terre. C'est normal, ne t'affole pas. Et tu as remarqué ces petits trucs sombres qui s'agitent en tout sens? Et bien ça s'appelle des êtres humains, ça souffre et ça vote, ça boit du muscadet et ça écoute Purcell, ça jouit, ça éternue, ça enfante même. Tu ne crois pas que tu devrais sortir ton train d'atterrissage?
Commenter  J’apprécie          40
encoredunoirencoredunoir   13 février 2014
Trois longueurs et demie suffirent à revigorer mon corps de microbe affolé. Je n’avais jamais été très bon nageur, mais je possédais l’art d’avancer diagonalement et sans respirer, un art qui faisait l’admiration des garçonnets engoncés dans leur bouée-canard. On ne choisit pas toujours ses admirateurs.
Commenter  J’apprécie          30
chevalierortega33chevalierortega33   29 septembre 2014
Arnaud disait souvent : “L’amour est fils de pute, pas enfant de bohème. Apprends ça par cœur et tu éviteras les tuiles.”
Commenter  J’apprécie          70
benlebbenleb   31 janvier 2014
Puis j'optai, non sans malice, pour l'andouilette-purée, couple instable à la manière d'Hitler et de Staline, fait de brouilles passagères et d'entente profonde.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Christophe Claro (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christophe Claro
"L'écrivain et l'histoire" par Claro, Dialogue avec Alexandre Gefen.
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Compléter les titres

Orgueil et ..., de Jane Austen ?

Modestie
Vantardise
Innocence
Préjugé

10 questions
15173 lecteurs ont répondu
Thèmes : humourCréer un quiz sur ce livre