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EAN : 9782330010119
247 pages
Éditeur : Actes Sud (22/08/2012)
3.42/5   63 notes
Résumé :
Propulsé dans le siècle du LSD et de la guerre froide après avoir mangé un morceau de “pain maudit” pendant l’été 1951 à Pont-Saint-Esprit, le jeune Antoine va découvrir un monde où l’improbable est réel et le réel improbable, et entamer un chaotique chemin de croix, qui le mènera des mirages du désert algérien aux sex-shops du Paris de l’après 1968.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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le_Bison
  29 octobre 2015
Un vent souffle à Pont-Saint-Esprit en cette année 1951. Non pas une brise lourde de ses poussières radioactives mais tout aussi nocif, un air chargé en LSD. A rendre fou un fou, et un moins fou dans un fournil. Toute la population est atteinte. Mal et mal-être, qui prit son origine dans le pétris du pauvre Antoine. le boulanger dans le pétrin et le seigle du boulanger. Souffle divin, Seigneur ô Seigneur, aie pitié de nous et de nos âmes. Protège-nous de ce mal qui emplit nos poumons du Satan. Rompez ce pain et distillez les effluves boulangères de ce pain entre malin et divin.
New-York, Lucy regarde les étoiles dans le ciel. Dix-neuf ans, accroc à sa dose et pute à l'occasion. Elle balance son cul sur le rythme de la ville, sombre et déchargée de ses illusions. Son cul une illusion d'ailleurs. Lève la tête, ma belle et vois tes illusions se perdre dans ces nuits étoilées de Manhanttan. Elle rajuste sa culotte, tire sur sa jupe en skaï, et regarde ces diamants étincelant dans la noirceur du ciel. D'ailleurs ça pourrait faire une bonne chanson, Paul ça t'inspire ?
Entre ces deux mal-êtres, l'ombre de la CIA plane. Et avec elle, l'expérimentation. L'acide lysergique et ses effets. Dans la famille des psychotropes hallucinogènes, l'institution innove, propose et s'essaie aux mépris des règles et des bonnes manières. La paranoïa me guette, depuis que les spoutniks volent dans ma tête, comme des étoiles filantes zébrant le ciel, de son sillage strié se déverse une poudre magique, à rendre fou ou euphorique, question de dosage.
Notre pauvre Antoine qu'est-il devenu après cet épisode malencontreux de la panification artisanale. Sera-t-il finaliste du meilleur boulanger de France ou de Navarre avec son pain aux céréales et à la farine de seigle ? Sortira-t-il un jour de sa torpeur ou de son asile de fou, à en perdre l'esprit saint, surtout ne pas sauter du pont. A quel sein se vouer même, alors qu'il croise des années plus tard le cul de Lucy, ou plutôt son regard son sourire ses étoiles qui brillent dans le ciel, ses seins qu'une poupée gonflable n'oserait revendiquer, même dans un sex-shop.
Les mots s'enchaînent dans son esprit, ils fusent, volent s'envolent, planent même au-dessus de la page blanche. La prose est jubilatoire, comme prise sous acide, alors que l'homme marche sur la lune, Claro et Antoine s'éprennent de Lucy alors que la face cachée de la lune ou de la CIA délivre ses instants psychédéliques, cette lune si petite, si inaccessible et qui pourtant ne ressemble pas moins à une boule de flipper frappant les esprits sains même si à Pont-Saint-Esprit, les seins sont enfermés. Sortez-moi cette poupée gonflable, alors, disent de concerts les pervers de la rue Saint-Denis, même en 1969. Amen ou Hallelujah, le Créateur veille sur sa brebis égarée et ce rossignol désenchanté. le sex-shop montre portes closes.
« Tous les Diamants du Ciel », et dire que ça pourrait faire une chanson des Beatles.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Nowowak
  26 juin 2021
Auteur étrange. Livre étrange. Goût étrange. Je n'en dirai ni du bien ni du mal. Je suis entré par effraction. Par un bout. Puis un autre. Par petites saveurs. Admirant le style mais ne comprenant rien à l'histoire. Aimant l'alchimie des mots mais hermétique à l'histoire. Hérissé par des facettes psychédéliques, des longueurs insanes, noyé par des cortèges de bizarreries mais en même temps amoureux de vertiges propres aux vrais auteurs.
Claro à une plume mais son organisation manque d'air et quand il s'envole les passagers étouffent. C'est souvent violent, proche de la décapitation, cannibale, à grands coups de décharges oniriques les mots guillotinent et l'auteur du très bizarre « Chair électrique » emporte le lecteur sur des landes exilées entre la terreur et la pitié. Une chorégraphie particulière qui peut égarer mais qui est un plaisir fort quand on se permet de commencer par n'importe quelle page, d'émietter le plaisir et de réinventer le voyage que l'on aurait aimé suivre.
Ce livre absorbe, suce, chasse et aspire toutes les âmes en suspens dans la pièce. Aucun détail ne lui échappe et une chose par sa plume n'est plus une chose. Elle devient un désert jaune, un mirage qui va exploser, une onde de sang qui coule à travers le regard, une neige d'étoiles qui fabrique du décollement des sens. Perturbant. Pas recommandé aux esprits cartésiens. Envie d'écouter « Lucy in the sky with diamonds » ? Je vous en prie. Probablement que sur une scène de théâtre pareille oeuvre ne tiendrait pas trois rounds. Quasiment zéro dialogue ou alors perdu, retranché dans des descriptions dithyrambiques qui n'arrêtent pas de courir dans tous les sens. Où est l'interrupteur ?
Le paquet n'est pas si mal ficelé mais bordel ! J'y crois pas ! le truc n'a ni portes ni fenêtres. Un blockhaus. Une écriture alambiquée comme on n'en fait plus. R'eusement diraient les ravis de la crèche. Aux antipodes des produits actuels mais ce qui ne garantit pas la constance dans la saveur. Je recommande aux esprits curieux, aux lyriques non cholériques, aux amateurs de peau éthique, aux trous dans la serrure, aux vierges collées à l'embrasure, aux elfes de liaisons, aux ferrailleurs du ciel, aux porteurs sains d'idées malsaines.
Nowowak

Lien : https://pasplushautquelebord..
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zellereb
  13 octobre 2015
Je remercie Babelio ainsi que les éditions Actes-Sud pour l'envoi de ce livre dans le cadre de masse critique. Je ne connaissais pas l'auteur, et je suis heureuse d'avoir fait sa découverte, car cette oeuvre est très belle. L'écriture est libre, inventive, riche, poétique, intense. Elle fusionne avec ses thèmes. Les sensations sont décrites de manière très profonde. J'ai pensé au psychédélisme bien des fois. Par exemple, dans les premières lignes : « l'herbe devint provisoirement fourrure ». « de l'air il espérait l'électrique santé… ». Et ainsi de suite, au cours des événements, pour devenir ensuite lyrique, passionnelle, fusion avec son personnage.
C'est un drame céleste que l'auteur nous conte, en faisant un magnifique survol de l'actualité sociale et politique des décennies 50 et 60. Nous rencontrons deux personnages : Antoine et Lucy.
Antoine est mitron. Au début du livre, il est encore un adolescent qui se rend à son lieu de travail dans le Paris de l'aube. La voûte du ciel est pour lui un refuge. Elle ressemble à la voûte du pain qui lève, craque et sous laquelle tout est amalgamé. Antoine est poétique et rêveur, il aime se réfugier dans le ciel de Pont Saint-Esprit. Il aime aussi aller à l'église, qui représente pour lui un refuge sûr. Mais un jour, le pain sera empoisonné, et par du LSD. 200 personnes en décéderont. Antoine sera hospitalisé, et gardera de sérieuses traces de cette intoxication.
Lucy, quant à elle, est une prostituée droguée de 19 ans errant dans les rues de New York. Abusée par son père, elle s'est échappée de son foyer familial. Les passages décrivant la déchéance de Lucy serrent le coeur et sont très beaux, ainsi que tragiques. Ils m'ont vraiment beaucoup touchée. Ici, même si l'écriture n'est pas d'un accès forcément facile, elle est fluide, et fait un peu planer, de mélancolie.
Ensuite, Lucy rencontre Wen Kroy, un agent du CIA qui la tire de sa situation en lui offrant un boulot. Il s'agit de participer à « Midnight Climax », l'un des nombreux projets que la CIA expérimentait à l'époque, grâce à des méthodes discutables.
Je ne vous dirai rien de plus sur l'histoire (ce serait dommage), sinon que ce livre est superbe et qu'il vous fait vivre une aventure sensible, extraordinaire, au travers d'une écriture qui mérite le détour, tout en vous instruisant sur la réalité de l'actualité, des agissements de la CIA, des mouvements sociaux, des effets précis de quelques drogues telles que le LSD. Certaines inventions sont décrites telles que la poupée (voir Descartes, histoire magnifique). Nous suivons aussi quelques détails de la mission Apollo 11, nous en savons un peu plus sur les nombreux gadgets des sex shops, enfin…. des tas de choses curieuses et qu'on n'aurait jamais soupçonné exister, ayant participé de l'évolution de notre histoire contemporaine, de près ou de loin. Tout cela ne nous donne pas le temps de nous ennuyer une seule seconde en compagnie d'Antoine et de Lucy, ces deux beaux personnages.
Un livre qui me donne envie de continuer à lire Christophe Claro.
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jostein
  03 septembre 2012
Si vous aimez les romans un peu psychédéliques, Claro est fait pour vous. D'ailleurs, dans ce roman, le fil conducteur est le LSD puisque même les initiales des titres des trois paragraphes de chaque partie écrivent ce mot.
Et dans ce domaine, tout le récit est onirique, parfois étrange mais parfaitement construit. le tout est de savoir voyager dans cet univers ce qui n'est pas facile pour un esprit cartésien.
Tout commence par ce petit village de Pont Saint Esprit, où les habitants deviennent un peu fous après avoir mangé le pain cuit par Antoine.
En alternance, l'auteur nous fait découvrir Lucy ( Lucy in the sky with diamonds), une jeune fille américaine perturbée par un drame de jeunesse. Elle quitte son domicile et se retrouve à la rue confrontée à la drogue et la prostitution.
Dans ces deux histoires se glisse une sombre affaire de la CIA, en la personne de Wen Kroy.
Antoine et Lucy finissent par se rencontrer à Paris, alors que Lucy tient un Sex shop et poursuit ses activités secrètes avec Wen Kroy. Chacun raconte son histoire et l'on voyage ainsi des années 50 aux années 70 avec les grands évènements mondiaux (guerre d'Algérie, premier pas sur la lune, libération des moeurs). Ils sont bien différents et pourtant des points communs se retrouvent dans leur histoire. Ainsi, ils se complètent et deviennent amis.
J'avais déjà eu une impression mitigée après la lecture de CosmoZ. J'avais traduit mon malaise par le fait que je connaissais peu l'histoire du magicien d'Oz. Mais, en fait, c'est l'univers de l'auteur qui est légèrement impénétrable.
Le roman est très bien écrit avec un rythme cadencé, de l'humour et de la poésie.
Tous les diamants du ciel est un livre qui peut séduire à condition de savoir voyager au niveau des délires de l'auteur.
Lien : http://surlaroutedejostein.o..
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zazy
  31 août 2012
J'ai commencé ce livre, je suis allée aussi loin que je le pouvais, puis je l'ai arrêté car je ne peux lire de livres où des gens se droguent. Par ailleurs, je n'aime pas ce genre littéraire désolée pour l'auteur. Peut-être oserai-je franchir les autres pages plus tard
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critiques presse (1)
Lhumanite   01 octobre 2012
L’art de Claro, en un texte dont la virtuosité n’est jamais gratuite, est de maintenir une cohérence dans ce chaos, de le mettre en ordre en tenant tendus les fils des motifs que l’on retrouve, se répondant en écho de chapitre en chapitre.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 novembre 2015
L’époque t’interpelle ? Profite. Egare-toi, et en crabe avance, pince à pince, pas à pas, acquis à tous les heurts, toutes les vitrines, ton cœur rebelle à quelques baisers des nichons au sillon si étroit qu’y glisser l’imagination c’est déjà jouir sans entraves, alors laisse-toi éblouir par ce déluge de hasards que promet ce café, celui-là, oui !, si banal pourtant en sa bakélite inanité, avec ses pieds de chaises chromés, son zinc sale et ses œufs morts sur un carrousel d’alu, avec aussi son formidable flipper – oui, encore un ! -, ce flipper qui est un cercueil sonore au fronton duquel s’affrontent des divinités que tu donnerais éternellement gagnantes, mais qui vont perdre, oh n’en doute pas, et ce sous l’impulsion de tes deux index, soudain rusés, tel Ulysse dédoublé, vite, gagne Ithaque, empoche le spécial bonus qui claque, et reprends une bière, même tiède, même fade, ta paume toujours à l’exacte température du désir, car la nuit, la nuit qui aime à balbutier, s’entrouvre à peine à tes dépendances.
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le_Bisonle_Bison   03 octobre 2015
Lucy aurait voulu voir des expositions, explorer d'autres quartiers, rencontrer la vie ailleurs que dans sa vérité déchue, prendre le ferry, aussi, aller au cinéma, et contempler, sur la toile tendue, les visages impatients des héros, comprendre la psychologie des gorilles au cœur tendre et des extraterrestres humiliés, mais la rue, la rue trouble et lâche avec sa haine inédite et sans cesse réinventée, exigeait d'elle d'autres dévotions. Son homme n'aimait pas qu'elle rentre les poches vides et le regard fier. Et toujours, dans le musée de ses cauchemars, des touristes aux yeux globuleux commentaient son vagin promis à la noyade avant de lui concéder un quarter ou deux - elle était devenue, même en rêve, le guide de sa défunte anatomie. Quand elle rentrait au bercail, du foutre séché sur les joues, elle savait que le macaque du manque l'attendait, tapi dans l'ombre, ses crocs semblables à deux clés qui luisent mais n'ouvrent rien.
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le_Bisonle_Bison   22 octobre 2015
Lucy s’effritait lentement au soleil de la rue, à l’ombre des allées, partout où s’égarer était monnayable. Ses rares amis l’avaient lâchée une fois l’argent du père dissous, noirci, injecté. Six mois vécus à force d’illusions dans un presque monde aux lumières irritables, un monde si savamment, si bêtement, si lâchement, effréné que la peau, une fois la rencontre consommée, n’était plus qu’une navrante panoplie d’ecchymoses. Six mois d’escales et d’écroulements, sous les porches, sur des matelas, dans des bars où chaque verre de bourbon cliquetait tel un reliquat de squelette mal fondu. Six mois à explorer les arcanes de la crasse et l’absence de joie, poches trouées, jupe déchirée, cheveux gras, tête lourde, pensées lourdes, cœur lourd, les yeux pareils à deux perles privées de nacre, seule ô si seule.
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le_Bisonle_Bison   03 novembre 2015
Elle n’avait qu’une seule gloire, celle de n’être pas devenue une pom-pom pute au cul diplômé, fatalement enculée le 15 du mois par un gentil quarterback dans ce Connecticut auquel elle avait dit adieu – adieu à sa chambre aux draps vomis par Disney, adieu à ses copines manucurées et vite déflorées, adieu au monde gras des barbecues, adieu à son frère, de trois ans son esclave, pulvérisé par un bus, son frère qu’elle avait giflé une heure avant sa mort parce que ce chérubin avait osé lire – lui qui ne lisait pas – une ou deux pages de son journal intime où fleurissaient plus de désirs que de pavots dans la vallée de Badakhchan. Et surtout : adieu aux adieux, à tous les adieux.
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le_Bisonle_Bison   06 novembre 2016
Seule dans la rue où les passants hésitaient encore entre se hâter et s'attarder, Lucy posa sa langue sur le bout du mot sexe, puis suçota les contours du mot orgasme, faute de pouvoir savourer le relâchement majeur. Lucy en aurait pleuré, parce que trois mois sans baiser, hein, reconnaissons qu'aucune poésie n'y aurait survécu.
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Videos de Christophe Claro (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christophe Claro
En partenariat avec le festival Paris en toutes lettres, la BnF accueille chaque année deux écrivains en résidence littéraire. Cette année, Emmanuelle Bayamack-Tam et Arno Bertina proposent une restitution publique de leurs travaux respectifs.
Née en 1966, Emmanuelle Bayamack-Tam a publié aux éditions P.O.L. une douzaine de romans, ainsi qu'une pièce de théâtre, Mon père m'a donné un mari (2013). Elle a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 pour Si tout n'a pas péri avec mon innocence et le prix du Livre Inter 2019 pour Arcadie (2018), une fable politique et écologique. Sous le pseudonyme de Rebecca Lighieri, elle écrit également des romans plus « noirs », tels Les Garçons de l'été (2017) et Il est des hommes qui se perdront toujours (2020). En 2019, elle publie éden, son premier roman pour la jeunesse.
Pour Emmanuelle Bayamack-Tam, la fonction de la littérature est de déstabiliser. Sa langue volontairement violente et organique aborde des sujets souvent provocants. « J'écris pour déranger. À commencer par moi-même. […] La littérature qui m'intéresse est celle qui fait bouger les lignes, qui déstabilise. Je n'attends pas qu'un livre me conforte dans mes idées reçues, ni qu'il me procure une sérénité factice. Quand j'écris, dès que je sens que le lecteur s'est tranquillement installé dans l'histoire, je le malmène. Je débusque toute position confortable, et je la détruis. », déclarait-elle en 2018.
Né en 1975, Arno Bertina a publié des romans et récits très variés, mais qui ont en commun la forme de l'enquête sur sa propre « identité mobile ». Je suis une aventure (2012) est une sorte de roman picaresque dont un des protagonistes est le tennisman « Rodgeur Fédérère ». Des Châteaux qui brûlent (2017) met en scène un huis clos d'une semaine entre des salariés d'un abattoir breton en grève et le ministre de l'Industrie qu'ils séquestrent. En mars 2020, L'Âge de la première passe, récit documentaire, relate le travail mené durant trois ans auprès de prostituées congolaises mineures.
Arno Bertina se dit également « passionné par les aventures collectives » depuis son année de résidence à la Villa Médicis en 2004-2005, durant laquelle il a coécrit la « farce archéologique » Anastylose (2006). Il a ainsi participé à toutes les aventures de la constellation d'écrivains à géométrie variable (Bruce Bégout, Mathias Énard, Claro, Maylis de Kerangal, Hélène Gaudy, Oliver Rohe…) qui s'est constituée en 2004 autour de la revue et des éditions Inculte.
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