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ISBN : 2330010117
Éditeur : Actes Sud (22/08/2012)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Propulsé dans le siècle du LSD et de la guerre froide après avoir mangé un morceau de “pain maudit” pendant l’été 1951 à Pont-Saint-Esprit, le jeune Antoine va découvrir un monde où l’improbable est réel et le réel improbable, et entamer un chaotique chemin de croix, qui le mènera des mirages du désert algérien aux sex-shops du Paris de l’après 1968.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  29 octobre 2015
Un vent souffle à Pont-Saint-Esprit en cette année 1951. Non pas une brise lourde de ses poussières radioactives mais tout aussi nocif, un air chargé en LSD. A rendre fou un fou, et un moins fou dans un fournil. Toute la population est atteinte. Mal et mal-être, qui prit son origine dans le pétris du pauvre Antoine. le boulanger dans le pétrin et le seigle du boulanger. Souffle divin, Seigneur ô Seigneur, aie pitié de nous et de nos âmes. Protège-nous de ce mal qui emplit nos poumons du Satan. Rompez ce pain et distillez les effluves boulangères de ce pain entre malin et divin.
New-York, Lucy regarde les étoiles dans le ciel. Dix-neuf ans, accroc à sa dose et pute à l'occasion. Elle balance son cul sur le rythme de la ville, sombre et déchargée de ses illusions. Son cul une illusion d'ailleurs. Lève la tête, ma belle et vois tes illusions se perdre dans ces nuits étoilées de Manhanttan. Elle rajuste sa culotte, tire sur sa jupe en skaï, et regarde ces diamants étincelant dans la noirceur du ciel. D'ailleurs ça pourrait faire une bonne chanson, Paul ça t'inspire ?
Entre ces deux mal-êtres, l'ombre de la CIA plane. Et avec elle, l'expérimentation. L'acide lysergique et ses effets. Dans la famille des psychotropes hallucinogènes, l'institution innove, propose et s'essaie aux mépris des règles et des bonnes manières. La paranoïa me guette, depuis que les spoutniks volent dans ma tête, comme des étoiles filantes zébrant le ciel, de son sillage strié se déverse une poudre magique, à rendre fou ou euphorique, question de dosage.
Notre pauvre Antoine qu'est-il devenu après cet épisode malencontreux de la panification artisanale. Sera-t-il finaliste du meilleur boulanger de France ou de Navarre avec son pain aux céréales et à la farine de seigle ? Sortira-t-il un jour de sa torpeur ou de son asile de fou, à en perdre l'esprit saint, surtout ne pas sauter du pont. A quel sein se vouer même, alors qu'il croise des années plus tard le cul de Lucy, ou plutôt son regard son sourire ses étoiles qui brillent dans le ciel, ses seins qu'une poupée gonflable n'oserait revendiquer, même dans un sex-shop.
Les mots s'enchaînent dans son esprit, ils fusent, volent s'envolent, planent même au-dessus de la page blanche. La prose est jubilatoire, comme prise sous acide, alors que l'homme marche sur la lune, Claro et Antoine s'éprennent de Lucy alors que la face cachée de la lune ou de la CIA délivre ses instants psychédéliques, cette lune si petite, si inaccessible et qui pourtant ne ressemble pas moins à une boule de flipper frappant les esprits sains même si à Pont-Saint-Esprit, les seins sont enfermés. Sortez-moi cette poupée gonflable, alors, disent de concerts les pervers de la rue Saint-Denis, même en 1969. Amen ou Hallelujah, le Créateur veille sur sa brebis égarée et ce rossignol désenchanté. le sex-shop montre portes closes.
« Tous les Diamants du Ciel », et dire que ça pourrait faire une chanson des Beatles.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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jostein
  03 septembre 2012
Si vous aimez les romans un peu psychédéliques, Claro est fait pour vous. D'ailleurs, dans ce roman, le fil conducteur est le LSD puisque même les initiales des titres des trois paragraphes de chaque partie écrivent ce mot.
Et dans ce domaine, tout le récit est onirique, parfois étrange mais parfaitement construit. le tout est de savoir voyager dans cet univers ce qui n'est pas facile pour un esprit cartésien.
Tout commence par ce petit village de Pont Saint Esprit, où les habitants deviennent un peu fous après avoir mangé le pain cuit par Antoine.
En alternance, l'auteur nous fait découvrir Lucy ( Lucy in the sky with diamonds), une jeune fille américaine perturbée par un drame de jeunesse. Elle quitte son domicile et se retrouve à la rue confrontée à la drogue et la prostitution.
Dans ces deux histoires se glisse une sombre affaire de la CIA, en la personne de Wen Kroy.
Antoine et Lucy finissent par se rencontrer à Paris, alors que Lucy tient un Sex shop et poursuit ses activités secrètes avec Wen Kroy. Chacun raconte son histoire et l'on voyage ainsi des années 50 aux années 70 avec les grands évènements mondiaux (guerre d'Algérie, premier pas sur la lune, libération des moeurs). Ils sont bien différents et pourtant des points communs se retrouvent dans leur histoire. Ainsi, ils se complètent et deviennent amis.
J'avais déjà eu une impression mitigée après la lecture de CosmoZ. J'avais traduit mon malaise par le fait que je connaissais peu l'histoire du magicien d'Oz. Mais, en fait, c'est l'univers de l'auteur qui est légèrement impénétrable.
Le roman est très bien écrit avec un rythme cadencé, de l'humour et de la poésie.
Tous les diamants du ciel est un livre qui peut séduire à condition de savoir voyager au niveau des délires de l'auteur.
Lien : http://surlaroutedejostein.o..
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zazy
  31 août 2012
J'ai commencé ce livre, je suis allée aussi loin que je le pouvais, puis je l'ai arrêté car je ne peux lire de livres où des gens se droguent. Par ailleurs, je n'aime pas ce genre littéraire désolée pour l'auteur. Peut-être oserai-je franchir les autres pages plus tard
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blandine5674
  02 juillet 2018
Le premier chapitre fait état d'une intoxication d'un village du Gard. le coupable ? le pain. Antoine, jeune boulanger, est lui-aussi atteint de folie. Une prose pas toujours facile à suivre. Je m'accroche quand même au vu des éloges de le_Bison. Nous voici maintenant en Amérique avec Lucy, 19 ans, junky. Troisième personnage, Wen de la CIA. Tous se retrouveront à Paris dans un sexe-shop. Problèmes familiaux, paumés, pornographie, LSD, rock'n'roll, politique. L'auteur écrit à demi-mot, donc lecteur n'est pas trop toujours sûr de comprendre ce qu'il veut dire.
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Charybde2
  17 mars 2013
Roman éblouissant où LSD et idiot de village révèlent entre autres la nature de la guerre froide...
Ce nouveau roman de Claro, publié fin août 2012, poursuit de plus d'une manière le travail magistral de "CosmoZ" (2010). Là où il s'appuyait sur des icônes mythiques nées avec le XXème siècle ("Le magicien d'Oz", 1900) pour construire une étonnante "grille de décryptage" de la période 1910-1950, il utilise cette fois la fameuse "affaire du pain maudit" de Pont-Saint-Esprit (1951) pour réussir un furieux assemblage, dont le LSD constitue le fil rouge, de la guerre froide et de la contre-culture des années 60-70, et proposer ainsi une lecture acide de l'autre demi-vingtième-siècle, le plus récent.
Comme souvent avec Claro, "raconter l'histoire" tiendrait à la fois de la gageure et de l'horrible gâchis, tant il y a merveille à la voir surgir au fur et à mesure de son bain révélateur. Notons qu'il parvient en 250 pages à créer trois personnages majeurs, dignes des plus grandes figures de la littérature : un extraordinaire "idiot du village" (qu'il y ait ou non hommage à Flaubert), une belle rescapée des années psychédéliques, et enfin un manipulateur d'agents secrets, que ne renieraient certainement ni Deighton ni le Carré.
Notons surtout que l'auteur atteint ici un niveau de maîtrise de la langue, de ses respirations intimes, qui a de quoi vous laisser les yeux brillants et le souffle court sans l'aide d'aucune substance additionnelle. Les résonances entre rythme et vocabulaire parviennent à convoyer des sensations authentiquement polyphoniques au sein d'un même paragraphe, parfois d'une même phrase, que ce soit pour décrire la f!èvre saisissant Pont-Saint-Esprit ou le cynisme des opérations secrètes, en leur conférant de multiples autres dimensions, en continu - dont une étonnante construction en filigrane d'une figure christique... Rare talent.
"Ils s'égarent dans leurs propres gestes, prêts à saisir l'ombre d'un fruit oublié sur la table de la cuisine ou le cercle laissé dans l'air par la bouche ; ils courent le long du fleuve en cherchant dans leurs souvenirs un caillou qu'ils ont lancé dans une autre vie et qui, nécessairement, ne va pas tarder à retomber, moins lourd, plus précieux ; ils allument le poste et laissent les récits d'explorations et de couronnements ne former qu'un seul et scintillant poème où des hommes assoiffés d'hymens et de glaciers gravissent des cathédrales de chairs et de dentelles. Ils voient le tracé des os dans le bras replié que le fils dresse entre sa joue et le coup qu'ils hésitent à donner, maintenant que les conséquences défient les causes. Un mille-pattes, parfois, les instruit, complice de picotements qu'ils supposent prémonitoires d'un membre jamais arraché. Les draps sentent le marbre, et dans les cimetières des lueurs étonnantes chantent à tue-tête. Personne, jamais, n'ira sur la Lune, ils le savent, là où les cratères sont pourtant attente, attente pure."
"Bien sûr, il s'agissait de travailler pour l'Agence, bien sûr la CIA avait des comptes à rendre, des documents à tamponner, mais comme toute boîte qui se respecte elle possédait un double fond où s'agitaient mille vipères tandis qu'au grand jour quelques colombes apprivoisées picoraient des gaufrettes en battant des ailes pour la galerie. La guerre était froide et les cervelles essorées à trois cent soixante degrés. La vérité était un sérum corsé qu'on sifflait dry, en rejetant sèchement la tête en arrière, mais pas pour voir le ciel, non, juste l'applique lumineuse au plafond, certainement truffée de micros. La propagande prenait un tour chimique, et le moindre Américain se savait susceptible de contracter le virus mandchou. En même temps que libre, l'homme occidental se réveillait potentiel pantin, girouette vouée aux vents de la propagande, hypnotisable à merci."
Que l'on me pardonne cet enthousiasme un rien dithyrambique, mais on tient là une pièce maîtresse illustrant ce que peut (ce que doit ?) être la littérature aujourd'hui.
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critiques presse (1)
Lhumanite   01 octobre 2012
L’art de Claro, en un texte dont la virtuosité n’est jamais gratuite, est de maintenir une cohérence dans ce chaos, de le mettre en ordre en tenant tendus les fils des motifs que l’on retrouve, se répondant en écho de chapitre en chapitre.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 novembre 2015
L’époque t’interpelle ? Profite. Egare-toi, et en crabe avance, pince à pince, pas à pas, acquis à tous les heurts, toutes les vitrines, ton cœur rebelle à quelques baisers des nichons au sillon si étroit qu’y glisser l’imagination c’est déjà jouir sans entraves, alors laisse-toi éblouir par ce déluge de hasards que promet ce café, celui-là, oui !, si banal pourtant en sa bakélite inanité, avec ses pieds de chaises chromés, son zinc sale et ses œufs morts sur un carrousel d’alu, avec aussi son formidable flipper – oui, encore un ! -, ce flipper qui est un cercueil sonore au fronton duquel s’affrontent des divinités que tu donnerais éternellement gagnantes, mais qui vont perdre, oh n’en doute pas, et ce sous l’impulsion de tes deux index, soudain rusés, tel Ulysse dédoublé, vite, gagne Ithaque, empoche le spécial bonus qui claque, et reprends une bière, même tiède, même fade, ta paume toujours à l’exacte température du désir, car la nuit, la nuit qui aime à balbutier, s’entrouvre à peine à tes dépendances.
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le_Bisonle_Bison   03 octobre 2015
Lucy aurait voulu voir des expositions, explorer d'autres quartiers, rencontrer la vie ailleurs que dans sa vérité déchue, prendre le ferry, aussi, aller au cinéma, et contempler, sur la toile tendue, les visages impatients des héros, comprendre la psychologie des gorilles au cœur tendre et des extraterrestres humiliés, mais la rue, la rue trouble et lâche avec sa haine inédite et sans cesse réinventée, exigeait d'elle d'autres dévotions. Son homme n'aimait pas qu'elle rentre les poches vides et le regard fier. Et toujours, dans le musée de ses cauchemars, des touristes aux yeux globuleux commentaient son vagin promis à la noyade avant de lui concéder un quarter ou deux - elle était devenue, même en rêve, le guide de sa défunte anatomie. Quand elle rentrait au bercail, du foutre séché sur les joues, elle savait que le macaque du manque l'attendait, tapi dans l'ombre, ses crocs semblables à deux clés qui luisent mais n'ouvrent rien.
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le_Bisonle_Bison   22 octobre 2015
Lucy s’effritait lentement au soleil de la rue, à l’ombre des allées, partout où s’égarer était monnayable. Ses rares amis l’avaient lâchée une fois l’argent du père dissous, noirci, injecté. Six mois vécus à force d’illusions dans un presque monde aux lumières irritables, un monde si savamment, si bêtement, si lâchement, effréné que la peau, une fois la rencontre consommée, n’était plus qu’une navrante panoplie d’ecchymoses. Six mois d’escales et d’écroulements, sous les porches, sur des matelas, dans des bars où chaque verre de bourbon cliquetait tel un reliquat de squelette mal fondu. Six mois à explorer les arcanes de la crasse et l’absence de joie, poches trouées, jupe déchirée, cheveux gras, tête lourde, pensées lourdes, cœur lourd, les yeux pareils à deux perles privées de nacre, seule ô si seule.
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le_Bisonle_Bison   03 novembre 2015
Elle n’avait qu’une seule gloire, celle de n’être pas devenue une pom-pom pute au cul diplômé, fatalement enculée le 15 du mois par un gentil quarterback dans ce Connecticut auquel elle avait dit adieu – adieu à sa chambre aux draps vomis par Disney, adieu à ses copines manucurées et vite déflorées, adieu au monde gras des barbecues, adieu à son frère, de trois ans son esclave, pulvérisé par un bus, son frère qu’elle avait giflé une heure avant sa mort parce que ce chérubin avait osé lire – lui qui ne lisait pas – une ou deux pages de son journal intime où fleurissaient plus de désirs que de pavots dans la vallée de Badakhchan. Et surtout : adieu aux adieux, à tous les adieux.
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le_Bisonle_Bison   06 novembre 2016
Seule dans la rue où les passants hésitaient encore entre se hâter et s'attarder, Lucy posa sa langue sur le bout du mot sexe, puis suçota les contours du mot orgasme, faute de pouvoir savourer le relâchement majeur. Lucy en aurait pleuré, parce que trois mois sans baiser, hein, reconnaissons qu'aucune poésie n'y aurait survécu.
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"L'écrivain et l'histoire" par Claro, Dialogue avec Alexandre Gefen.
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