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ISBN : 2234065151
Éditeur : Stock (15/09/2010)

Note moyenne : 2.98/5 (sur 320 notes)
Résumé :
« Vous êtes une sorte de médecin, n'est-ce pas ? — Pas vraiment..., murmura l'Enquêteur. — Allez, ne soyez pas si modeste ! » reprit le Responsable [...]. « Rappelez-moi le but exact de votre visite ? — À vrai dire, ce n'est pas vraiment une visite. Je dois enquêter sur les suicides qui ont touché l'Entreprise. — Les suicides ? Première nouvelle... On me les aura sans doute cachés. Mes collaborateurs savent qu'il ne faut pas me contrarier. Des suicides, pensez donc,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  25 novembre 2012
Tout d'abord, je voudrais exprimer toute ma gratitude à Lili Galipette pour m'avoir offert ce livre et, par là même, m'avoir fait connaître un auteur qui m'a bouleversée. J'en avais bien entendu parler mais que voulez-vous, ce pauvre Philippe porte le même nom qu'un écrivain que je déteste, vous savez, le frère de Camille... et comme je fonctionne souvent au feeling... Je passe quelquefois, je l'avoue, à côté de certains qui ont pourtant un talent indéniable.

Mais revenons donc à ce livre, que j'ai littéralement dévoré. D'ailleurs, je me surprends et je découvre que j'aime énormément ces romans dystopiques à la Huxley ou Orwell. Mais le petit plus de Claudel (Philippe, hein ! Vous suivez toujours ?) c'est cet absurde qu'il y injecte, à la manière de Kafka. J'ai cru me retrouver dans ces épisodes de la Quatrième dimension que j'adorais. Je suis restée scotchée, fascinée même, page après page, cherchant à savoir ce qui allait arriver à l'enquêteur, ce pauvre hère qui espère toujours alors qu'il lui arrive des choses de plus en plus graves. "C'est en ne cherchant pas que tu trouveras"... dit l'auteur, ce qui pourrait s'appliquer à la fois au personnage et au lecteur.

Folie ? Déshumanisation ? Certes... mais provoquées par un certain totalitarisme. Ce roman donne à réfléchir... Je vous invite vraiment à y mettre le nez dedans ! Quant à moi, je vais aller lire un autre roman de ce même auteur que je classe dans mes coups de coeur.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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zabeth55
  31 août 2016
Quelle étrange histoire !
l'enquêteur est envoyé dans une ville pour analyser une série de suicides dans « l'entreprise ».
Depuis son arrivée, rien ne se déroule comme prévu. Pour lui, ça vire rapidement au cauchemar :
Personne ne l'attend dans cette ville déserte sous la neige
L'hôtel qu'il trouve enfin tard dans la nuit est des plus énigmatique
Un policier étrange est au courant de ses moindres faits et gestes
…………
Plus les pages se suivent et plus le cauchemar prend de l'épaisseur.
Toute puissance du pouvoir financier, flots migratoires, déshumanisation, êtres robotisés….., l'enquêteur est au coeur de tout cela présenté comme un conte fantastique dans un monde kafkaïen.
Un livre plus que déroutant et dérangeant servi par la plume impeccable de Philippe Claudel.
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LiliGalipette
  01 novembre 2010
Roman de Philippe Claudel.
"C'est en ne cherchant pas que tu trouveras." l'enquêteur est pourtant missionné pour chercher des explications à la vague de suicides survenus au sein du personnel de l'Entreprise. l'enquêteur se heurte à l'absurdité et l'absence de sens de la Ville et de ses habitants. le Policier, le Garde, le Guide, le Responsable, le Psychologue, tous semblent perturber à dessein sa mission et se mettre en travers de sa route même pour les actions les plus banales. Dans l'Entreprise, chacun a un rôle bien défini et personne ne quitte les rails dans lesquels il avance. l'enquêteur, "un être scrupuleux, professionnel, attentif, rigoureux et méthodique, qui ne se laissait pas surprendre ni perturber par les circonstances ou les individus qu'il était amener à rencontrer au cours de ses enquêtes" (p. 70), est perdu dans un monde qu'il ne comprend pas et doit se résoudre à l'inexpliquable.
Comment ne pas penser au terrifiant Château de Kafka! Mais la ressemblance est subtile. Philippe Claudel explore davantage le côté social du monde. Là où chacun est réduit à un rôle, "dans un système impersonnel et asexué de fonctions, de rouages, un grand mécanisme sans intelligence dans lequel ces fonctions, ces rouages interviennent et interagissent en vu de le faire fonctionner" (p. 221), l'enquêteur n'est qu'un rôle parmi d'autres. le roman est nourri de théâtralité, avec des entrées et des sorties fracassantes, des personnages dont le masque est figé pour l'éternité, des répétitions et des scènes qui semblent déjà écrites. l'enquêteur se perd dans "cet univers forcément faux, totalement onirique et qui n'était en rien la vie." (p. 142) Et qu'est-ce que le roman, le récit, si ce n'est une apparence de réel sans le souffle de la vie?
L'absence totale d'anthroponymie ou de toponymie rend l'onomastique factice: l'intrigue se déroule nulle part et est menée par personne. La non-personnalisation des protagonistes ou des lieux rend le récit universel mais intangible, encore plus impalpable. Dans l'impossibilité de nommer, de s'accrocher à des référents qui ne soient pas schématiques, le texte devient un canevas désincarné et transposable à l'infini. le récit n'en est que plus percutant. En n'accusant personne, il désigne tout le monde.
Les 23 suicides dénombrés dans l'Entreprise, gigantesque matrice tentaculaire qui englobe la Ville - qui est la Ville - l'énigmatique portrait du vieil homme qui préside chaque lieu, les appels désespérés d'un inconnu, le sentiment de mort que ressent l'enquêteur et le final dans une plaine désertique font de ce roman une somme d'angoisse et de questionnements. S'agit-il d'un voyage initiatique? D'une acceptation de la mort? D'un futur apocalyptique? D'une réalité différée? D'une critique de la société qui tue et engloutit ses membres sans considération aucune? Après tout, qu'importe la réponse. le lecteur est l'enquêteur, l'auteur est le Fondateur, le texte est l'Entreprise. Chacun doit tenir sa place, même s'il ne la connaît pas et ne la comprend pas. le Fondateur ne sait pas ce qu'il a fondé, l'enquêteur ne sait plus sur quoi il doit chercher. Ultime réponse, à mettre en regard de la première phrase citée: "Ici, c'est en se bandant les yeux qu'on réussit à voir." (p. 262)
Philippe Claudel signe un texte fort qui, s'il m'a moins enchantée que le rapport de Brodeck, n'en reste pas moins une réussite stylistique. Je l'ai lu en deux heures, happée par le destin malchanceux de l'enquêteur, avide de poursuivre avec lui l'expérience glaçante d'un univers dénué de logique apparente. Encore une belle découverte de la rentrée littéraire 2010!
Lien : http://lililectrice.canalblo..
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bilodoh
  06 février 2014
Voilà un auteur qui n'a pas peur d'explorer des genres différents, au risque de déconcerter ses lecteurs! Une même qualité d'écriture, mais au service d'un ouvrage tout à fait déroutant et peu réjouissant.

Si l'histoire commence par un réaliste Enquêteur qui va faire une enquête sur des suicides dans l'Entreprise, on se retrouve ensuite dans un univers bizarre, à la fois totalitaire et totalement instable, où les choses et les gens changent constamment.

On peut invoquer Kafka ou se dire qu'il en fume du bon ce Claudel!
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Herve-Lionel
  02 juillet 2017
La Feuille Volante n° 1151
L'enquêtePhilippe Claudel – Stock.
Imaginez un enquêteur missionné pour expliquer une vague de suicides intervenus récemment dans une entreprise. Jusque là, ça va, si on peut dire, sauf qu'il va être confronté à une série d'entraves qui vont retarder son travail, un policier pinailleur, une série de personnages plus falots et bornés les uns que les autres, bref tout une ambiance que n'auraient désapprouvée ni Frantz Kafka ni Georges Orwell tant elle est déshumanisée et pleine d'agressions et d'incompréhensions à l'égard de ce pauvre homme. Il y a heureusement quelques images dignes de Boris Vian. Chacun ne fait que son travail en évitant de prendre des initiatives et personne n'a d'autre nom que celui de la fonction pour laquelle il existe et agit. L'enquêteur dont nous ne connaîtrons pas le patronyme fait ce qu'il peut pour mener à bien sa tâche mais on le sent perdu dans ce monde de plus en plus absurde qui lui échappe et qu'il ne comprend pas. Il a constamment l'impression que quelqu'un derrière lui l'empêche de travailler et même d'exister, et il découvre à chaque instant ce monde insensé dans lequel il est soudain projeté et qui va le broyer. Ce décor impersonnel est souligné par l'absence de raison sociale dans l'entreprise, de toponymie, de nom de famille pour les différents personnages, comme si tout cela était à ce point déshumanisé qu'il n'était même pas utile de les nommer autrement. le contexte général est aussi étrange et abandonné aux automatismes des machines, aux algorithmes, à l'informatique...On comprend que dans ces conditions que le personnage principal qu'est l'Enquêteur, ressente une sorte de malaise, celui de n'être personne et peut-être aussi de ne pas exister. Il n'est d'ailleurs pas le seul a être affecté par cette étrange atmosphère, chacun réagit différemment mais surtout bizarrement, à tout le moins au regard de la normalité généralement admise, mais en évitant surtout de sortir officiellement de son rôle pour ne pas se faire remarquer dans cette société aussi hiérarchisée qu'anonyme.
J'y vois une critique de la société compartimentée où chacun oeuvre dans son coin sans chercher à comprendre autre chose que la tâche qui lui a été assignée. Je dois d'ailleurs dire que certaines descriptions m'ont rappelé des scènes de la vie ordinaire dans nos villes et ce qui est décrit dans cet ouvrage ressemble, par bien des côtés, au quotidien que nous vivons. J'ai lu aussi une vraie désespérance chez cet « Enquêteur », un désarroi, un abandon, un peu comme celui qui nous habite tous quand, nous étant fixé un but et ayant tout fait pour l'atteindre, nous prenons conscience que nous n'y parviendrons jamais. J'y ai vu une sorte d'allégorie de la vie présentée sous des dehors surréalistes et qui peuvent peut-être porter à sourire (encore que) mais que j'ai personnellement ressentie comme une volonté de mettre des mots sur une situation délétère, au moins pour ne pas avoir à en pleurer. de là à penser à la mort, et singulièrement par suicide, il n'y a qu'un pas aisément franchi dans ce contexte. Elle peut être considérée comme une délivrance, n'est plus que la seule solution face à ce combat solitaire et perdu d'avance symbolisé, à la fin, par cette forêt de containers étanches qui sont la manifestation d'échecs personnels. Cela peut être l'illustration de l'inutilité de cette vie dont nous ne sommes que les pauvres usufruitiers, de l'issue du parcours humain qui bien souvent n'ouvre que sur une vaine impasse malgré toute l'énergie et la vitalité qu'on met à atteindre son but. La mort, l'oubli, l'abandon viendront très vite les recouvrir. L'épilogue me semble être une allégorie du « jugement dernier » même si j'ai personnellement une notion diamétralement opposée à ce que la liturgie judéo-chrétienne tente depuis longtemps de nous enseigner non seulement dans le but de nous culpabiliser mais surtout d'instiller en nous la peur panique d'un dieu que par ailleurs on nous présente comme bon et miséricordieux. « C'est en ne cherchant pas que tu trouveras », cette citation quasi-biblique, à la fois sibylline et ouverte à toutes les interprétations, pleine de promesses et de contradictions, conclut ce roman.
A cette lecture j'ai eu aussi l'impression d'avoir affaire, en la personne de l'Enquêteur, au type même du malchanceux à qui rien ne réussit, qui est poursuivi par une sorte de guigne qui affecte son quotidien au point qu'à ce stade de sa vie il a le sentiment, comme l'aurait dit Fernando Pessoa, de n'être rien au regard des autres et à ses yeux mêmes. Il se sent le jouet de cette vie et c'est un peu comme si, ceux qu'il croise, et sans pour autant que se soient donné le mot, s'ingénient à lui pourrir l'existence, par nécessité professionnelle sans doute mais aussi souvent pour le plaisir de se faire ainsi, à eux-mêmes, la preuve qu'ils existent et qu'ils ont de l'importance et du pouvoir. Il devient leur jouet autant que celui de son destin néfaste et tout se ligue contre lui au point qu'il ne lui reste plus que le rêve et même le fantasme pour l'aider à supporter ce quotidien délétère. L'impression est telle que lui-même a l'impression d'être dans le rêve d'un autre.
Et l'enquête dans tout cela, c'est à dire la chose qui a motivé la présence de ce pauvre homme dans cet univers déjanté ? Elle était le vrai motif de sa présence dans cet microcosme mais disparaît vite. C'est un peu comme dans le roman de Boris Vian, « l'automne à Pékin » qui ne se passe ni en automne ni à Pékin et qui parle de tout autre chose.
Je viens de lire « Inhumaines » du même auteur (La Feuille Volante n°1150) et cela ne m'a guère enthousiasmé. Ici, le texte est mieux écrit, lu parfois à haute voix pour mieux goûter la faconde de l'auteur, plus attachant aussi malgré le contexte impersonnel très près de la science-fiction mais aussi d'une certaine réalité que je me suis appropriée. de Philippe Claudel j'avais bien aimé « Les âmes grises » ou « Le rapport de Brodeck ». J'avoue avoir ici renoué avec l'intérêt que je porte à cet auteur.
© Hervé GAUTIER – Juillet 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   25 novembre 2012
Lorsqu'il poussa la porte de la salle du petit-déjeuner, le vacarme avait totalement cessé : les Touristes avaient disparu. Il n'en restait plus un seul. Toutes les tables étaient débarrassées et propres. Aucun détritus ne traînait ! Comment cela était-il possible alors qu'il avait dû rester absent tout au plus quatre minutes ?
Les chaises avaient été replacées dans un alignement soigneux. Il regarda sa place : la tasse de café s'y trouvait encore, ainsi que la seconde biscotte qu'il n'avait pas complètement fini de manger, et sur la chaise, légèrement de travers par rapport à la table, son imperméable. C'était le seul endroit où demeurait quelque chose.
Les Serveurs eux-mêmes étaient devenus invisibles.
L'Enquêteur courut vers sa place. Il voulait sortir au plus vite de cette salle, de l'Hôtel, afin d'être dehors et de respirer à pleins poumons un peu d'air frais, de sentir cette fraîcheur sur ses tempes, sur sa nuque, dans ses poumons, dans son cerveau pour ainsi dire, son cerveau qui était mis à rude épreuve, à tel point que l'Enquêteur se demandait s'il n'allait pas subitement éclater. Mais comme il était en train d'enfiler son imperméable et de retrouver la très désagréable sensation d'humidité, il entendit dans son dos une voix forte qui l'interpellait d'assez loin :
"Vous ne terminez pas votre petit-déjeuner ?"
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PchabannesPchabannes   23 octobre 2010
“L’Entreprise est un colosse aux pieds d’argile. Notre monde est un colosse aux pieds d’argile. Le problème est que peu d’êtres tels que vous, je veux dire les petits, les faibles, les exploités, les serfs contemporains, s’en rendent compte. Il n’y a plus de roi depuis bien longtemps. Les monarques d’aujourd’hui n’ont plus ni tête ni visage. Ce sont des mécanismes financiers complexes, des algorithmes, des projections, des spéculations sur les risques et les pertes, des équations au cinquième degré. Leur trônes sont immatériels, ce sont des écrans, des fibres optiques, des cricuits imprimés, et leurs sangs bleus, les informations cryptées qui y circulent à des vitesses supérieures à celle de la lumière. Leurs châteaux sont devenus des banques de données. Si vous brisez un ordinateur de l’Entreprise, un parmi des milliers, vous coupez un doigt au monarque. Vous avez compris ?”
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fabricelfabricel   01 février 2014
Le problème, reprit la femme, c'est que tout le monde suit cette ligne sans discernement. Lorsqu'on lève les yeux, on voit pourtant bien qu'elle va droit dans le mur. C'est le résultat d'une erreur de tracé, ou d'une discrète tentative de sabotage, on ne saura jamais : l'employé qui l'a peinte jadis a mal compris les ordres, ou bien a voulu mal les comprendre, et plutôt que de la faire obliquer sur la droite de façon à ce qu'elle conduise les personnes jusqu'à mon cabinet, il l'a fait aller dans le mur, et l'a même continuée sur le mur, en tout cas sur deux mètres, le plus haut point atteint par son pinceau, et il l'a terminée par une flèche qui désigne les nuages. [...] mais dites-vous bien que j'ai vu certains individus, près du mur, n'osant pas s'éloigner de la ligne, essayer d'escalader ce mur de cinq mètres, sans prises et qui se termine par des barbelés, jusqu'à se déchirer la peau des doigts et se briser les ongles, et pour aller où ? Au ciel ? Vous comprenez le conditionnement qui peut être celui des hommes dans certaines circonstances, lorsqu'ils doivent obéir à des consignes, des conseils ou des directives.
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HebephrenieHebephrenie   20 septembre 2010
La distraction et le zèle se paient cher aujourd'hui. Les heures supplémentaires creusent les tombes de ceux qui les accumulent. L'époque des utopistes est révolue. On pourra toujours acheter quelques rêves, plus tard, à crédit, chez des antiquaires, dans des collections ou des brocantes de village, mais dans quel but? Les montrer aux enfants? Y aura-t-il encore des enfants? Avez-vous des enfants? Vous êtes-vous reproduit? L'homme est de nos jours une quantité négligeable, une espèce secondaire douée pour le désastre. Il n'est plus désormais qu'un risque à courir.
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liratouva2liratouva2   20 janvier 2011
Je ne pense pas, on pense à travers moi ou plutôt on me pense. Je n’ai la possibilité d’aucune initiative. On me fait croire que j’ai une Enquête à mener. En vérité il n’en est sans doute rien. Je suis ballotté, chahuté, froissé puis caressé, bousculé puis remis droit. On me place et on me déplace, on m’interdit de traverser une rue, ensuite on m’ouvre le chemin, on me sourit, on m’étreint, on me réchauffe pour me précipiter, à la minute suivante, contre un mur. (…) On m’écoute patiemment pour m’abandonner plus vite à mon sort. Quelle justification chercher à cela?
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