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ISBN : 2253115541
Éditeur : Le Livre de Poche (29/08/2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.11/5 (sur 2797 notes)
Résumé :
Monsieur Linh est un vieil homme. Il a quitté son village dévasté par la guerre, n’emportant avec lui qu’une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Dans ses bras, repose un nouveau-né. Les parents de l’enfant sont morts et Monsieur Linh a décidé de partir avec Sang diû, sa petite fille. Après un long voyage en bateau, ils débarquent dans une ville froide et grise, avec des centaines de réfugiés. Monsieu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (450) Voir plus Ajouter une critique
mesrives
  01 février 2016
Juste quelques mots pour marquer cette belle découverte.
Et oui, je suis un peu en retard, beaucoup m'ont précédé mais mieux vaut tard que jamais...
Une terre qui s'éloigne, un bateau, une valise, un homme....un très vieil homme, Monsieur Linh.
Philippe Claudel nous livre le récit d'un exil, de tous les exils, la douleur de quitter un pays, de tous les pays en guerre ou pas, la peur et la frayeur devant un monde différent, la découverte d'un pays sans odeur et sans saveur.
Depuis son départ, Monsieur Linh serre contre son coeur et son corps son seul trésor, sa fleur de lotus, qu'il espère voir s'épanouir: Sang diû ou Matin doux, sa petite fille rescapée de quelques semaines.
Et puis au détour d'une rue, une surprise, une lueur d'espoir: Monsieur Bark débarque ...
Un texte court, intense et touchant.
Une chute percutante...
Un plaisir à lire et à faire partager.

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LydiaB
  26 novembre 2012
Envoûtée... Je suis envoûtée par l'écriture de Philippe Claudel qui est capable de s'adapter selon les thèmes choisis. Je viens de finir son roman dystopique, L'Enquête, et j'ai l'impression, avec La Petite fille de Monsieur Linh, d'avoir affaire à un autre auteur. Quelle prouesse ! Ici, le style est concis et sous une fausse simplicité se cache une histoire poignante.

Je ne résumerai pas le livre, la quatrième de couverture le fait très bien et est là pour ça. Mais attendez-vous quand même à une surprise de taille à la toute fin (à la dernière page pour être précise). Parce que tout le talent de Philippe Claudel, c'est de nous faire découvrir l'histoire non pas à travers la voix de Monsieur Linh - ce n'est pas le narrateur - mais à travers ses yeux . de ce fait, le lecteur est happé par cette magnifique histoire de l'exil, du déracinement, de l'amitié qui naît dans le nouveau pays avec M. Bark. Il souffre mimétiquement, aurait envie de venir à la rescousse de ce pauvre homme dont la seule préoccupation est sa petite fille, Sang diû. Oui mais voilà... c'est justement parce qu'on est envahi par tous ces sentiments qui se bousculent au fur et à mesure de la lecture qu'on passe à côté de certains détails qui ont une importance capitale... Mais je n'en dis pas plus... Il faut lire le livre !

Et dire que j'aurais pu passer à côté d'un tel auteur si une amie, qui se reconnaîtra, ne m'avait pas engagée fortement à le lire ! Quel beau gâchis cela aurait été !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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marina53
  02 juin 2014
Le bateau quitte définitivement le pays. A bord, des dizaines de personnes comme Monsieur Linh regardent avec tristesse la terre s'éloigner. Cette maudite guerre lui aura décidément tout pris, son fils et sa femme, sa liberté, ses rizières et elle aura détruit son village et par là-même l'espoir d'y mourir en paix. Sa petite fille, Sang diû, âgée de 3 mois, tendrement serrée contre lui est tout ce qui lui reste. Pour elle, il ne veut pas baisser les bras et veut lui offrir une vie convenable et décente. C'est à l'arrière du bateau pour profiter le plus longtemps possible de la vue de ses terres qu'il passera la plupart du voyage qui dure des jours entiers. Et c'est dans une ville grise, froide et triste qu'il débarque, une ville sans saveur et sans odeur. Il sera logé dans un dortoir avec d'autres réfugiés. le confort n'y est pas, les autres familles font du bruit, les hommes jouent au mah-jong, les enfants turbulents courent partout mais les femmes lui apportent de quoi manger. Mais, surtout, Monsieur Linh est avec sa petite-fille qu'il ne quitte jamais. Il n'osera pas sortir dans les premiers jours et passera ses journées seul au dortoir. Il se décide un jour de prendre l'air, ne serait-ce que pour la petite. Il ne connaît pas ce pays, ni cette ville aux rues sinueuses et encore moins la langue. Mais, qu'importe, il va rencontrer ce jour-là, sur un banc, un vieil homme dont il ne comprend pas les paroles mais il aime le son de sa voix, à la fois chaleureuse et mélancolique...
Philippe Claudel, tout comme Monsieur Linh avec sa petite fille, nous berce avec ses mots. Cette amitié improbable entre deux hommes que tout semble séparer est juste incroyable et tendre à souhait. Seule la solitude et la perte de ses racines pour l'un et sa femme pour l'autre font que seuls les regards et le ton de la voix peuvent rapprocher. le langage du coeur prend ici tout son sens. L'auteur nous raconte à travers Monsieur Linh son exil forcé, le nouveau pays à conquérir, ses rencontres et ses amitiés naissantes. Monsieur Linh est un homme bon, juste, au grand coeur et terriblement protecteur envers sa petite fille qu'il ne peut lâcher. L'écriture de Philippe Claudel est à la fois tragique, épurée et sensible ce qui rend ce petit roman touchant, sincère et attendrissant.
La petite fille de Monsieur Linh n'attend plus que vous...
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Eric76
  07 juillet 2018
« Qu'est donc que la vie humaine, sinon un collier de blessures que l'on passe autour de son cou ? »
Monsieur Linh et Monsieur Bark en savent quelque chose ! Deux âmes solitaires, deux âmes meurtries, pleines d'amertumes et d'afflictions ; deux hommes au bout du rouleau, deux vieux, avec leurs « morceaux de songes et de souvenirs » qui survivent dans leurs têtes et disparaitront avec eux.
Le premier vient de la lointaine et luxuriante Asie. C'est la guerre qui l'a arraché à son pays, au village de ses aïeux, à tout ce qui faisait sa vie, pour le jeter brutalement dans une grande ville occidentale bruyante, froide et grise. Sa petite fille l'accompagne dans cet immense désastre. Sang-Diû ou Matin doux, adorable bébé si calme, si discret, demeure toujours lové entre les bras de Monsieur Linh. Et quand il s'agit de le protéger, le frêle et fragile vieillard retrouve la force et la rudesse du tigre.
Le deuxième est un de ses occidentaux qui rend tellement perplexe Monsieur Linh. le « gros homme », comme il le nomme, vit avec les ombres du passé et se suicide doucement en fumant cigarettes sur cigarettes.
Ils se rencontrent en étant assis sur le même banc, ce banc qui deviendra pour ces deux déracinés malmenés par la vie leur lieu de rencontre, leur havre de paix. Ils se parlent sans se comprendre et c'est bien mieux ainsi. Au moins sont-ils sûrs que leurs mots ne blessent pas, qu'ils ne se disent pas ce qu'ils ne veulent pas entendre, qu'ils n'exhument pas cruellement des moments insupportables de leur passé. Une belle et vraie amitié va naître entre eux, une amitié qui illumine et réchauffe les coeurs blessés.
L'exil et le déracinement ; l'aigreur, la grande solitude, et le souvenir des êtres aimés à jamais disparus ; mais aussi la dignité, le respect de l'autre, la bienveillance, et peut-être de nouvelles espérances ; tout cela raconté dans un style plein de retenue, de tendresse et de naïveté. Quelle belle histoire !

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Eve-Yeshe
  04 février 2016
C'est l'histoire d'un vieil homme, Monsieur Linh, qui fuit son pays natal car son fils et sa belle-fille sont morts tués par un obus dans la rizière. Une seule survivante, sa petite-fille Sang-Liu, à côté de sa poupée déchiquetée.
Il décide de quitter définitivement son pays pour fuir la guerre et offrir une vie plus décente à sa petite-fille et à lui-même. Il voit la côte s'éloigner, regarde une dernière fois son pays s'estomper au loin puis disparaître.
La traversée est difficile, il est balloté par la houle, le vent, car on est bien loin d'une croisière. Arrivé, il va être logé dans un appartement avec deux autres familles qui le regardent à peine, se contentant de poser une assiette de nourriture devant son lit.
Il se sent seul, aussi bien dans l'appartement que dans la rue, (il s'éloigne jamais trop car il a peur de se perdre) et il va croiser un homme rondouillard, sympathique et une amitié va se créer entre eux malgré l'obstacle de la langue.
Ce que j'en pense :
C'est une très belle histoire. J'ai dévoré ce livre sur lequel je me suis ruée, ayant à peine terminé « le rapport de Brodeck ». Tellement sous le charme de l'écriture de Philippe Claudel qu'il fallait que je me précipite sur tout ce que cet auteur a écrit.
Une envie irrépressible, presque compulsive, addictive… et je n'ai pas été déçue. Ce livre est un bijou.
Monsieur Linh est un personnage auquel on s'attache immédiatement, tant son destin est tragique : perdre sa famille dans ces conditions, fuir pour survivre avec pour seule raison de subsister sa petite-fille qu'il va nourrir comme il a vu faire sa famille, mâcher le riz pour le réduire en bouillie et le mettre dans la bouche de l'enfant. L'enfant lui donne la force d'avancer encore, alors qu'il serait si facile parfois d'abandonner le combat, la résistance.
L'auteur nous raconte, la traversée qui rappelle les boat-people mais qui fait résonner la tragédie des migrants qui fuient leur pays pour risquer leur vie dans la Méditerranée, depuis quelques mois pour fuir la guerre, les guerres, les dictatures…
Puis la survie, dans un logement étroit avec la cohabitation avec ses compatriotes qui ne le voient pas arriver avec bienveillance, loin s'en faut. Chacun pour soi dans la jungle.
le soleil viendra d'un autre homme désemparé dont la femme est décédée depuis peu et qui continue à vivre, en ayant perdu son âme-soeur. Ces deux êtres, se ressemblent tellement dans leur chagrin, leur vie devenue précaire. Ils sont en mode survie, il leur faut trouver ce petit quelque chose qui les fera avancer.
Ce livre raconte très bien l'exil, le déracinement, la perte, le deuil, la difficulté de la langue qui fait qu'on se sent enfermé : les sons ne sont pas les mêmes, les parfums non plus, tous les repères ont sauté, et comment on traite les migrants aussi (cf. le parcage dans une maison de retraite). on ne peut s'empêcher de penser aux camps de réfugiés.
L'importance, la force de l'amitié entre deux hommes qui ne communiquent que par le regard mais vont devenir un soutien l'un pour l'autre, se soigner mutuellement…
Un roman court, cent quatre-vingt deux pages, mais d'une telle intensité qu'on en sort bouleversé, tant les mots sont percutants. Certaines phrases sont non eulement très belles, mais d'un telle intensité qu'elles percutent le lecteur, l'interpellent…
Encore un coup de coeur évidemment….
Note : 9/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
FuyatingFuyating   14 décembre 2018
Monsieur Linh respire l'odeur du pays nouveau. Il ne sent rien. Il n'y a aucune odeur. C'est un pays sans odeur.
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Eric76Eric76   30 juin 2018
Les deux amis s'en vont. Ils descendent le chemin qui se coule dans la forêt. Le jour est d'une beauté sans égale. L'air embaume la terre humide et la fleur de frangipanier. Les mousses ressemblent à des coussins brodés de jade et les bambous frémissent des bruissements de mille oiseaux. Monsieur Linh marche en tête. Souvent il se retourne vers son ami et lui indique d'un mot ou d'un geste une racine susceptible de le faire trébucher, ou bien une branche qui pourrait le blesser.
La forêt cède la place à la plaine. Les deux hommes s'arrêtent à sa lisière et leurs regards embrassent l'étendue verte qui tout au loin s'épanche vers le bleu tremblant de la mer.
Dans les rizières, les femmes en chantant repiquent les jeunes pousses de riz. Leurs pieds disparaissent dans la mare chaude et boueuse. Des buffles méditent, la tête basse, tandis que des pique-boeufs paradent sur leurs dos en ébouriffant leurs plumes blanches. Des enfants tentent d'attraper des grenouilles en poussant de grands cris et en frappant l'eau avec des baguettes de saule. Dans le vent léger, les hirondelles écrivent d'invisibles poésies.
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Eric76Eric76   01 juillet 2018
Les mets sont disposés sur des assiettes et dans des bols. Il y a une soupe aux liserons d'eau et à la citronnelle, des crevettes sautées à l'ail, un crabe farci, des nouilles aux légumes, du porc à la sauce aigre-douce, des beignets de banane et des gâteaux de riz gluant. C'est un véritable festin. Toutes les nourritures répandent dans la maison leurs parfums délicieux de coriandre fraiche, de cannelle, de gingembre, de légumes, de caramel. Monsieur Linh encourage son ami à goûter ces mets et lui-même se sert copieusement, reprenant plusieurs fois de chaque plat. Voilà une éternité qu'il n'avait pas pris autant de plaisir à manger. Il verse à son ami de petits verres d'alcool de riz. Tous deux boivent et mangent, et se sourient. Par les fenêtres de la pièce, on voit les rizières et la lumière du soleil qui étincelle dans l'eau.
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AproposdelivresAproposdelivres   22 août 2009
C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu’il s’appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui.

Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

Le voyage dure longtemps. Des jours et des jours. Et tout ce temps, le vieil homme le passe à l’arrière du bateau, les yeux dans le sillage blanc qui finit par s’unir au ciel, à fouiller le lointain pour y chercher encore les rivages anéantis.

Quand on veut le faire entrer dans sa cabine, il se laisse guider sans rien dire, mais on le retrouve un peu plus tard, sur le pont arrière, une main tenant le bastingage, l’autre serrant l’enfant, la petite valise de cuir bouilli posée à ses pieds.

Une sangle entoure la valise afin qu’elle ne puisse pas s’ouvrir, comme si à l’intérieur se trouvaient des biens précieux. En vérité, elle ne contient que des vêtements usagés, une photographie que la lumière du soleil a presque entièrement effacée, et un sac de toile dans lequel le vieil homme a glissé une poignée de terre. C’est là tout ce qu’il a pu emporter. Et l’enfant bien sûr.

L’enfant est sage. C’est une fille. Elle avait six semaines lorsque Monsieur Linh est monté à bord avec un nombre infini d’autres gens semblables à lui, des hommes et des femmes qui ont tout perdu, que l’on a regroupés à la hâte et qui se sont laissé faire.

Six semaines. C’est le temps que dure le voyage. Si bien que lorsque le bateau arrive à destination, la petite fille a déjà doublé le temps de sa vie. Quant au vieil homme, il a l’impression d’avoir vieilli d’un siècle.

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Eric76Eric76   24 juin 2018
C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui.
Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.
Le voyage dure longtemps. Des jours et des jours. Et tout ce temps, le vieil homme le passe à l'arrière du bateau, les yeux dans le sillage blanc qui finit par s'unir au ciel, à fouiller le lointain pour y chercher encore les rivages anéantis.
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Vidéo de Philippe Claudel
Du 14 au 16 septembre, les Grand Bisontin(e)s ont pu vivre la rentrée littéraire et rencontrer près de 230 auteurs à Besançon et dans nos communes ! Philippe Claudel était le parrain de cette 3ème édition du festival ! + d'info : http://www.livresdanslaboucle.fr
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