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EAN : 9782253120810
96 pages
Le Livre de Poche (03/01/2007)
3.77/5   296 notes
Résumé :
Viens donc Jules, disait au bout d'un moment un buveur raisonnable, ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée…
Et Grand-père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu'il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d'un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 296 notes

Sachenka
  10 septembre 2017
À peine âgé de huit ans, le narrateur orphelin se retrouve sous la garde de son grand-père. Cet homme simple, tenancier d'un petit bistro, le café de l'Excelsior du titre (qui a plus l'allure d'un estaminet). Là viennent noyer leur misère et leur chagrin, loin de leurs femmes, quelques vieux bonhommes du coin qui forment une grande famille. C'est là que le narrateur mènera une vie heureuse et comblée, sous les yeux de son grand-père qu'il adore. Ce dernier ne connait pas grand chose en dehors de son établissement mais il a de bonnes histoires à raconter (il pouvait parler pendant des heures sur Waterloo) et une philosophie de la vie très inclusive qui semble plaire au garçon. Qui parmi nous ne garde pas de pareils souvenirs ? Des moments éphémères, certes, mais ô combien doux et réconfortants ! Et c'est du donnant-donnant, l'enfant est un vrai rayon de soleil et il regaillardit l'existence de l'aïeul. Visiblement, ce n'est pas l'avis de l'administration (représentée par «l'homme de la Grande Ville») qui décide d'envoyer le garçon, une fois âgé de onze ans, dans une famille d'accueil. Puis dans une autre, et encore, toujours balloté. Rendu adulte, le narrateur décide de retourner au café, si symbolique de son enfance. Il n'en reste que des souvenirs ou presque…
Cette petite plaquette (à peine 84 pages) va droit à l'essentiel. C'est ce que j'aime de la plume de Philippe Claudel. Pas besoin de longues descriptions ni de dialogues superficiels. En peu de mots, il réussit à faire comprendre beaucoup et, surtout, à faire passer des émotions. Et sans les nommer non plus. Par exemple, dans le vacarme et le tourbillon de la Grande Ville où ils doivent se rendre, le grand-père serre la main chétive de son petit-fils en lui répétant sans cesse « Ne me quitte pas » J'imagine tellement facilement cet homme modeste, s'occuper avec amour de cet enfant. Je comprends que le narrateur vénère son grand-père, avec ses attentions (les glaces achetées, les visites au zoo…), tous les moments du quotidien qu'ils auront partagés, etc. Et le narrateur aussi est attendrissant, encore innocent comme les jeunes enfants peuvent l'être, mais également docile et aidant pour son grand-père. Vous voyez, rien de larmoyant ni de dramatique. La vie, c'est tout. Évidemment, c'est un brin tristounet quand le garçon est arraché à ses repères mais on s'y attendait. Rendu à la fin, c'est presque dommage que le roman soit si court. Mais bon, le café de l'Excelsior est une histoire émouvante, remplie de poésie et d'humanité, alors on pardonne.
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ordinary_reader
  11 septembre 2016
Un bien joli petit roman que celui-ci !
Quand on a 8 ans, on voit la vie avec les yeux d'un coeur innocent. C'est une fois devenu grand que l'on prend la réelle dimension de la douleur, de la misère, du mensonge et du mal.
L'Excelsior, est un paradis comme un autre, où la vie foisonne au rythme du vin qui coule dans les veines, imbibe les esprits et console les âmes. Marquant à jamais les souvenirs d'odeurs tenaces, de saveurs sucrées, de parole et de gestes mémorables, mais aussi lestés d'un chagrin inoubliable...
Philippe Claudel, de sa plume ciselée et poétique, nous plonge au coeur d'une enfance simple, tendre, pure, cruelle, émouvante.
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cicou45
  05 août 2021
"Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours"... Phrase que j'ai emprunté à l'auteur car je la trouve magnifique mais je n'ai pas voulu la mettre dans les citations car il aurait fallu que j'en dévoile un peu plus et cela, je ne le désirai pas. Si vous lisez juste cet extrait, vous allez pensez que vous voues engagez dans une lecture déprimante mais au contraire, il n'en est rien.
Orphelin très tôt, le narrateur vécut les plus belles années de son enfance avec son grand-père et son bar "L'excelsior" (ou café pour vous en référer au titre mais je trouve que le mot bar est plus approprié en raison des personnes qui le fréquentent, que des hommes). C'est un petit coin chaleureux comme on n'en trouve plus beaucoup aujourd'hui (surtout, ô comble de l'ironie, en cette période de crise sanitaire où nombre d'entre eux ne savent pas encore si ils vont pouvoir rouvrir définitivement et si leurs habitués y reviendront dans les mêmes conditions qu'auparavant). Tous les habitués se connaissent et le grand-père de notre héros les connait tous. Notre narrateur se remémore ses souvenirs dans ce troquet, qui, associé à son grand-père qui l'a recueilli suite au décès de ses parents, figurent parmi les plus beaux de son enfance. Vous me direz que pour un petit garçon de huit ans, une telle place n'est pas appropriée et pourtant, L'Excelsior fut pour notre jeune protagoniste sa "madeleine de Proust", sa raison de vivre et il est toujours éprouvant de se les remémorer une fois que nous les avons perdus...à moins que noue décidions de ne pas regretter ses "moments " mais de les garder enfouis au fond de soi, comme un trésor caché, tout en continuant à aller de l'avant.
Un court roman, extrêmement bien écrit, avec des phrases parfois un peu trop longues et chargées, ce que je regrette (ce qui explique en grande partie ma note probablement trop sévère et pas à sa juste valeur pour cet ouvrage) mais avec des souvenirs prégnants et des moments simples qui réconfortent et donne parfois le sourire à ses lecteurs ! Une lecture que je vous recommande malgré cette note mitigée !
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joedi
  02 novembre 2016
Le narrateur commence son histoire lorsqu'à huit ans, après la mort de ses parents, il vit chez son grand-père, tenancier du café l'Excelsior. Ce bonheur sera de courte durée, un peu plus de trois ans, jusqu'à ce que l'Administration, le lendemain de ses onze ans, décide de le placer dans des familles d'accueil. Pourtant il était bien chez Jules, son grand-père, pauvre de trop boire mais qui n'était pas avare d'histoires. Devenu un homme, son grand-père décédé, la vieille clef de l'Excelsior dans sa main, le narrateur revient au port, s'assied sur le banc contre la façade, plonge dans ses souvenirs...
Philippe Claudel m'a encore conquise, c'est un grand écrivain !
Challenge Petits plaisirs - 84 pages
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latina
  18 avril 2021
« Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noirs fracas »
La période racontée par le narrateur, en tout cas, est un grand pan de lumière. Il habite chez son grand-père suite au décès de ses parents et y restera trois ans, jusqu'à ce que le service « d'aide » sociale le retire de ce cocon pour le balancer de famille d'accueil en famille d'accueil.
Mais de ça, il ne parlera pas.
Il préfère soulever ses souvenirs d'enfant bien protégé par un homme pudique mais aimant, tenant un modeste café où les habitués se déchargent de leur vie ; du facteur au conducteur de car, tous sont truculents, et il va sans dire que les femmes n'y sont pas admises. L'amitié entre hommes est exaltée, la préparation de la pêche aussi.
C'est le coeur lourd que j'ai fermé ce bien trop petit roman, immense de complicité et de tendresse bourrue, ponctué de phrases musicales, de descriptions imagées, le tout enveloppé avec sensibilité.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   01 novembre 2016
Nous terminions notre périple sous les arbres taillés qui bordaient la place de la République. Au centre de celle-ci, la statue verdâtre d'un homme en redingote accueillait les merdes des pigeons avec une sérénité de bronze. Grand-père m'expliqua un jour qu'il s'agissait de Monsieur Thiers, un des plus fameux bouchers du siècle précédent, et que sa statue n'était pas là pour honorer sa mémoire, mais pour que les oiseaux de leurs fientes vengent toutes les créatures qu'il avait jadis assassinées.
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CarosandCarosand   07 mars 2014
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l'ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l'amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu'ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre.
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SachenkaSachenka   06 septembre 2017
Le spectacle des vies simples, et des malheurs qui le sont tout autant, avait besoin de cet ordonnancement de théâtre, de gestes chaque jour refaits, et d'hommes qui connaissent leur rôle à la perfection, et le jouent sans jamais se lasser. Il s'agit vraiment de cela, en définitive, et de rien d'autre : la plus banale des destinées n'échappe pas à son mouvement de balancier.
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sylviesylvie   15 décembre 2007
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords quand, nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent.

Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noir fracas. Il faut nous en convaincre. »
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diablotin0diablotin0   25 janvier 2016
Ce sont les plus belles lettres qu'il m'ait été donné de lire. Je ne veux rien en dire sinon qu'elles ont la beauté de l'essentiel et des petits riens, et qu'elles composent, dans leur tissu sincère, le livre d'un vieil homme et d'un enfant qui n'est plus.
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Videos de Philippe Claudel (84) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Claudel
« […] Parfois, les grands voyages ne sont pas les plus lointains, et le continent de l'âme humaine et de ce qui s'y joue demeurent les seules terres qui, aujourd'hui encore, recèlent de grands secrets. C'est le bel avantage de la littérature que de plonger à pleines mains, à pleines griffes parfois, à plein coeur souvent dans cet espace sans géographie. Car après tout, les livres sont là pour ouvrir des portes et nous inviter à les franchir. Pénétrer dans un crâne donc, le crâne d'un homme simple en l'occurrence, Bricou, dont le nom évoque bien tout à la fois la simplicité et la naïveté douce, voilà ce que nous propose le roman d'André Vers (1924-2002) dont le titre, Martel en tête, tape et sonne, intrigue, claque comme un fer dur sur le bec d'une enclume. […] Martel en tête, c'est au fond une histoire simple, qui nous concerne car nous avons tous été, à un moment ou à un autre de notre existence, dans la peau de Bricou : celui qui se sent inutile, perdu, fichu. […] Les pensées tournent et la machine s'emballe. Il n'y a plus de jour et il n'y a plus de nuit. Bricou s'assombrit. Il remâche. Il rumine, ce qui est le comble pour un vacher. le meilleur des vachers qui plus est, jusqu'à ce que deux bêtes qui lui avaient été confiées meurent, et qu'alors pour lui le monde s'écroule. le sentiment de la faute. Les yeux des autres qui n'ont plus les mêmes éclats. La danse du petit marteau qui commence, quelque part, et qui tape, qui tape, qui tape… […] Sans leçon ni effet, André Vers autopsie le corps de l'homme seul en proie à ses propres démons et chimères. […] André Vers n'était pas un donneur de leçons, ni un pédant. Son roman lui ressemble. Il va loin sans montrer qu'il s'y dirige. Il n'impose pas, il décante. Il enlève délicatement les poussières pour, à la toute fin, tendre le miroir et son éclat. […] […] » (Philippe Claudel)
0:00 - 1er extrait 0:23 - 2e extrait 0:54 - 3e extrait 1:43 - 4e extrait 2:00 - Générique
Référence bibliographique : André Vers, Martel en tête, Éditions finitude, 2006
Image d'illustration : https://www.finitude.fr/index.php/auteur/andre-vers/
Bande sonore originale : Sergey Cheremisinov - The Promises The Promises by Sergey Cheremisinov is licensed under an Attribution-NonCommercial 4.0 International License.
Site : https://freemusicarchive.org/music/Sergey_Cheremisinov/movement-1/the-promises
#AndréVers #MartelEnTête #LittératureFrançaise
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