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ISBN : 2253120812
Éditeur : Le Livre de Poche (03/01/2007)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 246 notes)
Résumé :
Viens donc Jules, disait au bout d'un moment un buveur raisonnable, ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée…
Et Grand-père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu'il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d'un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  11 septembre 2016
Un bien joli petit roman que celui-ci !
Quand on a 8 ans, on voit la vie avec les yeux d'un coeur innocent. C'est une fois devenu grand que l'on prend la réelle dimension de la douleur, de la misère, du mensonge et du mal.
L'Excelsior, est un paradis comme un autre, où la vie foisonne au rythme du vin qui coule dans les veines, imbibe les esprits et console les âmes. Marquant à jamais les souvenirs d'odeurs tenaces, de saveurs sucrées, de parole et de gestes mémorables, mais aussi lestés d'un chagrin inoubliable...
Philippe Claudel, de sa plume ciselée et poétique, nous plonge au coeur d'une enfance simple, tendre, pure, cruelle, émouvante.
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Sachenka
  10 septembre 2017
À peine âgé de huit ans, le narrateur orphelin se retrouve sous la garde de son grand-père. Cet homme simple, tenancier d'un petit bistro, le café de l'Excelsior du titre (qui a plus l'allure d'un estaminet). Là viennent noyer leur misère et leur chagrin, loin de leurs femmes, quelques vieux bonhommes du coin qui forment une grande famille. C'est là que le narrateur mènera une vie heureuse et comblée, sous les yeux de son grand-père qu'il adore. Ce dernier ne connait pas grand chose en dehors de son établissement mais il a de bonnes histoires à raconter (il pouvait parler pendant des heures sur Waterloo) et une philosophie de la vie très inclusive qui semble plaire au garçon. Qui parmi nous ne garde pas de pareils souvenirs ? Des moments éphémères, certes, mais ô combien doux et réconfortants ! Et c'est du donnant-donnant, l'enfant est un vrai rayon de soleil et il regaillardit l'existence de l'aïeul. Visiblement, ce n'est pas l'avis de l'administration (représentée par «l'homme de la Grande Ville») qui décide d'envoyer le garçon, une fois âgé de onze ans, dans une famille d'accueil. Puis dans une autre, et encore, toujours balloté. Rendu adulte, le narrateur décide de retourner au café, si symbolique de son enfance. Il n'en reste que des souvenirs ou presque…
Cette petite plaquette (à peine 84 pages) va droit à l'essentiel. C'est ce que j'aime de la plume de Philippe Claudel. Pas besoin de longues descriptions ni de dialogues superficiels. En peu de mots, il réussit à faire comprendre beaucoup et, surtout, à faire passer des émotions. Et sans les nommer non plus. Par exemple, dans le vacarme et le tourbillon de la Grande Ville où ils doivent se rendre, le grand-père serre la main chétive de son petit-fils en lui répétant sans cesse « Ne me quitte pas » J'imagine tellement facilement cet homme modeste, s'occuper avec amour de cet enfant. Je comprends que le narrateur vénère son grand-père, avec ses attentions (les glaces achetées, les visites au zoo…), tous les moments du quotidien qu'ils auront partagés, etc. Et le narrateur aussi est attendrissant, encore innocent comme les jeunes enfants peuvent l'être, mais également docile et aidant pour son grand-père. Vous voyez, rien de larmoyant ni de dramatique. La vie, c'est tout. Évidemment, c'est un brin tristounet quand le garçon est arraché à ses repères mais on s'y attendait. Rendu à la fin, c'est presque dommage que le roman soit si court. Mais bon, le café de l'Excelsior est une histoire émouvante, remplie de poésie et d'humanité, alors on pardonne.
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joedi
  02 novembre 2016
Le narrateur commence son histoire lorsqu'à huit ans, après la mort de ses parents, il vit chez son grand-père, tenancier du café l'Excelsior. Ce bonheur sera de courte durée, un peu plus de trois ans, jusqu'à ce que l'Administration, le lendemain de ses onze ans, décide de le placer dans des familles d'accueil. Pourtant il était bien chez Jules, son grand-père, pauvre de trop boire mais qui n'était pas avare d'histoires. Devenu un homme, son grand-père décédé, la vieille clef de l'Excelsior dans sa main, le narrateur revient au port, s'assied sur le banc contre la façade, plonge dans ses souvenirs...
Philippe Claudel m'a encore conquise, c'est un grand écrivain !
Challenge Petits plaisirs - 84 pages
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LiliGalipette
  08 janvier 2013
Un homme se souvient. Quand il était enfant, il a vécu plusieurs années avec son grand-père. L'homme tenait le café de l'Excelsior. Cet endroit est désormais le réceptacle de tous les souvenirs de l'ancien gamin. Au gré de la mémoire, on découvre un passé chaleureux, bien qu'un peu crasseux, mais incroyablement doux. le cafetier était un de ces hommes massifs qu'on sait tous avoir croisé, au moins une fois. « Grand-père avait ses pudeurs et se retenait dans ses prophéties inspirées des alcools fruitiers ou bien encore des verjus de l'Anjou. Il fut donc un poète du silence et ce qu'il n'a jamais osé dire valait bien, j'en suis certain, un plein boisseau de lauriers tressés. » (p. 14) C'est un rustre colosse, un coeur immense sous des monceaux de bougonnerie.
Entre le gosse et l'ancêtre, il y a plus qu'un lien de parenté : le vieux protège le jeune et le jeune illumine le vieux. C'est une relation qui pourrait se passer de mots : inutile de nommer les sentiments quand les personnages les incarnent à ce point. « Grand-père ainsi me réécrivait le monde, l'arrangeait à sa façon, pour me plaire, me consoler, parfaire mon éducation familiale ou historique. » (p. 33) Mais comme annoncé très rapidement, l'enfant et l'aïeul ont été séparés. le lien ne subsiste alors qu'au travers des lettres que le cafetier envoie au gamin, d'une écriture lourde et malhabile. Mais cette correspondance gauche est une prose sublime pour le môme isolé. « Et c'est ce livre-là que j'emporterais, de préférence à tout autre, sur l'improbable île déserte. » (p. 78)
Le narrateur redevient le gamin qu'il était, ou plutôt l'enfant reprend ses droits sur le coeur de l'homme. L'amour transparaît au fil des mots et c'est une nostalgie bourrue qui s'exprime. L'enfant a fait sien le caractère de son grand-père et il ne peut évoquer son souvenir que la gorge serrée, se défendant des larmes qui perlent au coin des mots. Dans une langue superbe, Philippe Claudel donne ses lettres de noblesse au café, à l'estaminet d'antan, au troquet du coin. Il fait briller le zinc et remplit les verres. D'aucuns critiquent la philosophie du café du commerce : ne raillez pas la poésie du comptoir servie par la plume de Philippe Claudel.
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gouelan
  02 février 2015
Jules,orphelin, recueilli par son grand-père, va vivre des moments heureux dans ce café de l'Excelsior, lieu où l'on vient noyer ses souvenirs malheureux, où malgré tout on y trouve de la tendresse, de la poésie.
À travers son regard d'enfant, Jules perçoit cette vie simple avec ce grand-père"pauvre de trop boire", dont les gestes deviennent de l'art et les mots, qui ont parfois du mal à sortir, de la poésie.
Ce grand-père lui apporte l'essentiel , l'un et l'autre pansent leurs écorchures de la vie, vivant de petits rituels et de petits moments de bonheur tout simple, même si tout n'est pas accompli dans les règles de la société bien pensante.
Petit livre avec beaucoup de poésie, de douceur et d'émotions.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   01 novembre 2016
Nous terminions notre périple sous les arbres taillés qui bordaient la place de la République. Au centre de celle-ci, la statue verdâtre d'un homme en redingote accueillait les merdes des pigeons avec une sérénité de bronze. Grand-père m'expliqua un jour qu'il s'agissait de Monsieur Thiers, un des plus fameux bouchers du siècle précédent, et que sa statue n'était pas là pour honorer sa mémoire, mais pour que les oiseaux de leurs fientes vengent toutes les créatures qu'il avait jadis assassinées.
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SachenkaSachenka   06 septembre 2017
Le spectacle des vies simples, et des malheurs qui le sont tout autant, avait besoin de cet ordonnancement de théâtre, de gestes chaque jour refaits, et d'hommes qui connaissent leur rôle à la perfection, et le jouent sans jamais se lasser. Il s'agit vraiment de cela, en définitive, et de rien d'autre : la plus banale des destinées n'échappe pas à son mouvement de balancier.
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CarosandCarosand   07 mars 2014
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l'ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l'amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu'ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre.
+ Lire la suite
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sylviesylvie   15 décembre 2007
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords quand, nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent.

Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noir fracas. Il faut nous en convaincre. »
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diablotin0diablotin0   25 janvier 2016
Ce sont les plus belles lettres qu'il m'ait été donné de lire. Je ne veux rien en dire sinon qu'elles ont la beauté de l'essentiel et des petits riens, et qu'elles composent, dans leur tissu sincère, le livre d'un vieil homme et d'un enfant qui n'est plus.
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Philippe Claudel remet le Goncourt du premier roman 2019 à Marie Gauthier pour "Court vêtue" et brosse un rapide portrait des autres livres en lice.
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