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EAN : 9782253120810
96 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/01/2007)
3.76/5   281 notes
Résumé :
Viens donc Jules, disait au bout d'un moment un buveur raisonnable, ne réveille pas les morts, ils ont bien trop de choses à faire, sers-nous donc une tournée…
Et Grand-père quittait son piédestal, un peu tremblant, emporté sans doute par le souvenir de cette femme qu'il avait si peu connue, si peu étreinte, et dont la photographie jaunissait au-dessus d'un globe de verre enfermant une natte de cheveux tressés qui avaient été les siens, et quelques pétales de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
3,76

sur 281 notes

rabanne
  11 septembre 2016
Un bien joli petit roman que celui-ci !
Quand on a 8 ans, on voit la vie avec les yeux d'un coeur innocent. C'est une fois devenu grand que l'on prend la réelle dimension de la douleur, de la misère, du mensonge et du mal.
L'Excelsior, est un paradis comme un autre, où la vie foisonne au rythme du vin qui coule dans les veines, imbibe les esprits et console les âmes. Marquant à jamais les souvenirs d'odeurs tenaces, de saveurs sucrées, de parole et de gestes mémorables, mais aussi lestés d'un chagrin inoubliable...
Philippe Claudel, de sa plume ciselée et poétique, nous plonge au coeur d'une enfance simple, tendre, pure, cruelle, émouvante.
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Sachenka
  10 septembre 2017
À peine âgé de huit ans, le narrateur orphelin se retrouve sous la garde de son grand-père. Cet homme simple, tenancier d'un petit bistro, le café de l'Excelsior du titre (qui a plus l'allure d'un estaminet). Là viennent noyer leur misère et leur chagrin, loin de leurs femmes, quelques vieux bonhommes du coin qui forment une grande famille. C'est là que le narrateur mènera une vie heureuse et comblée, sous les yeux de son grand-père qu'il adore. Ce dernier ne connait pas grand chose en dehors de son établissement mais il a de bonnes histoires à raconter (il pouvait parler pendant des heures sur Waterloo) et une philosophie de la vie très inclusive qui semble plaire au garçon. Qui parmi nous ne garde pas de pareils souvenirs ? Des moments éphémères, certes, mais ô combien doux et réconfortants ! Et c'est du donnant-donnant, l'enfant est un vrai rayon de soleil et il regaillardit l'existence de l'aïeul. Visiblement, ce n'est pas l'avis de l'administration (représentée par «l'homme de la Grande Ville») qui décide d'envoyer le garçon, une fois âgé de onze ans, dans une famille d'accueil. Puis dans une autre, et encore, toujours balloté. Rendu adulte, le narrateur décide de retourner au café, si symbolique de son enfance. Il n'en reste que des souvenirs ou presque…
Cette petite plaquette (à peine 84 pages) va droit à l'essentiel. C'est ce que j'aime de la plume de Philippe Claudel. Pas besoin de longues descriptions ni de dialogues superficiels. En peu de mots, il réussit à faire comprendre beaucoup et, surtout, à faire passer des émotions. Et sans les nommer non plus. Par exemple, dans le vacarme et le tourbillon de la Grande Ville où ils doivent se rendre, le grand-père serre la main chétive de son petit-fils en lui répétant sans cesse « Ne me quitte pas » J'imagine tellement facilement cet homme modeste, s'occuper avec amour de cet enfant. Je comprends que le narrateur vénère son grand-père, avec ses attentions (les glaces achetées, les visites au zoo…), tous les moments du quotidien qu'ils auront partagés, etc. Et le narrateur aussi est attendrissant, encore innocent comme les jeunes enfants peuvent l'être, mais également docile et aidant pour son grand-père. Vous voyez, rien de larmoyant ni de dramatique. La vie, c'est tout. Évidemment, c'est un brin tristounet quand le garçon est arraché à ses repères mais on s'y attendait. Rendu à la fin, c'est presque dommage que le roman soit si court. Mais bon, le café de l'Excelsior est une histoire émouvante, remplie de poésie et d'humanité, alors on pardonne.
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cicou45
  05 août 2021
"Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours"... Phrase que j'ai emprunté à l'auteur car je la trouve magnifique mais je n'ai pas voulu la mettre dans les citations car il aurait fallu que j'en dévoile un peu plus et cela, je ne le désirai pas. Si vous lisez juste cet extrait, vous allez pensez que vous voues engagez dans une lecture déprimante mais au contraire, il n'en est rien.
Orphelin très tôt, le narrateur vécut les plus belles années de son enfance avec son grand-père et son bar "L'excelsior" (ou café pour vous en référer au titre mais je trouve que le mot bar est plus approprié en raison des personnes qui le fréquentent, que des hommes). C'est un petit coin chaleureux comme on n'en trouve plus beaucoup aujourd'hui (surtout, ô comble de l'ironie, en cette période de crise sanitaire où nombre d'entre eux ne savent pas encore si ils vont pouvoir rouvrir définitivement et si leurs habitués y reviendront dans les mêmes conditions qu'auparavant). Tous les habitués se connaissent et le grand-père de notre héros les connait tous. Notre narrateur se remémore ses souvenirs dans ce troquet, qui, associé à son grand-père qui l'a recueilli suite au décès de ses parents, figurent parmi les plus beaux de son enfance. Vous me direz que pour un petit garçon de huit ans, une telle place n'est pas appropriée et pourtant, L'Excelsior fut pour notre jeune protagoniste sa "madeleine de Proust", sa raison de vivre et il est toujours éprouvant de se les remémorer une fois que nous les avons perdus...à moins que noue décidions de ne pas regretter ses "moments " mais de les garder enfouis au fond de soi, comme un trésor caché, tout en continuant à aller de l'avant.
Un court roman, extrêmement bien écrit, avec des phrases parfois un peu trop longues et chargées, ce que je regrette (ce qui explique en grande partie ma note probablement trop sévère et pas à sa juste valeur pour cet ouvrage) mais avec des souvenirs prégnants et des moments simples qui réconfortent et donne parfois le sourire à ses lecteurs ! Une lecture que je vous recommande malgré cette note mitigée !
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joedi
  02 novembre 2016
Le narrateur commence son histoire lorsqu'à huit ans, après la mort de ses parents, il vit chez son grand-père, tenancier du café l'Excelsior. Ce bonheur sera de courte durée, un peu plus de trois ans, jusqu'à ce que l'Administration, le lendemain de ses onze ans, décide de le placer dans des familles d'accueil. Pourtant il était bien chez Jules, son grand-père, pauvre de trop boire mais qui n'était pas avare d'histoires. Devenu un homme, son grand-père décédé, la vieille clef de l'Excelsior dans sa main, le narrateur revient au port, s'assied sur le banc contre la façade, plonge dans ses souvenirs...
Philippe Claudel m'a encore conquise, c'est un grand écrivain !
Challenge Petits plaisirs - 84 pages
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latina
  18 avril 2021
« Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noirs fracas »
La période racontée par le narrateur, en tout cas, est un grand pan de lumière. Il habite chez son grand-père suite au décès de ses parents et y restera trois ans, jusqu'à ce que le service « d'aide » sociale le retire de ce cocon pour le balancer de famille d'accueil en famille d'accueil.
Mais de ça, il ne parlera pas.
Il préfère soulever ses souvenirs d'enfant bien protégé par un homme pudique mais aimant, tenant un modeste café où les habitués se déchargent de leur vie ; du facteur au conducteur de car, tous sont truculents, et il va sans dire que les femmes n'y sont pas admises. L'amitié entre hommes est exaltée, la préparation de la pêche aussi.
C'est le coeur lourd que j'ai fermé ce bien trop petit roman, immense de complicité et de tendresse bourrue, ponctué de phrases musicales, de descriptions imagées, le tout enveloppé avec sensibilité.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   01 novembre 2016
Nous terminions notre périple sous les arbres taillés qui bordaient la place de la République. Au centre de celle-ci, la statue verdâtre d'un homme en redingote accueillait les merdes des pigeons avec une sérénité de bronze. Grand-père m'expliqua un jour qu'il s'agissait de Monsieur Thiers, un des plus fameux bouchers du siècle précédent, et que sa statue n'était pas là pour honorer sa mémoire, mais pour que les oiseaux de leurs fientes vengent toutes les créatures qu'il avait jadis assassinées.
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CarosandCarosand   07 mars 2014
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l'âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l'ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l'amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu'ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre.
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SachenkaSachenka   06 septembre 2017
Le spectacle des vies simples, et des malheurs qui le sont tout autant, avait besoin de cet ordonnancement de théâtre, de gestes chaque jour refaits, et d'hommes qui connaissent leur rôle à la perfection, et le jouent sans jamais se lasser. Il s'agit vraiment de cela, en définitive, et de rien d'autre : la plus banale des destinées n'échappe pas à son mouvement de balancier.
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sylviesylvie   15 décembre 2007
Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords quand, nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent.

Nous vivons parmi de grands pans de lumière hachés de noir fracas. Il faut nous en convaincre. »
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diablotin0diablotin0   25 janvier 2016
Ce sont les plus belles lettres qu'il m'ait été donné de lire. Je ne veux rien en dire sinon qu'elles ont la beauté de l'essentiel et des petits riens, et qu'elles composent, dans leur tissu sincère, le livre d'un vieil homme et d'un enfant qui n'est plus.
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Videos de Philippe Claudel (82) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Claudel
// EN DIRECT // AUTOUR DU LIVRE TOUS TÉMOINS DE NAJAH ALBUKAI Avec Najah Albukai, Philippe Claudel, Nancy Huston, Laurent Gaudé, Jérôme Godeau, Bernard Lavilliers, Farouk Mardam-Bey & Wajdi Mouawad Musique : Dominique Mahut (percussions), Najah Albukai (guitare et oud), Nancy Huston (piano) Mise en scène de Wajdi Mouawad Lecture, musique & projection des dessins
Soirée à l'occasion des dix ans de la révolution pacifique syrienne et en collaboration avec l'exposition des dessins de prison de Najah Albukai, dessinateur syrien, à la galerie Fait et Cause, par l'association Pour Que l'Esprit Vive.
Lorsque, en août 2018, Libération consacrait cinq pages aux dessins de Najah Albukai, incarcéré et torturé par le régime syrien, Sarah Moon, Michel Christolhomme et Béatrice Soulé ont ressenti le besoin de partager leur sidération devant la violence de ces dessins autant que devant le talent de l'artiste. Et la nécessité que cette oeuvre soit exposée, éditée et accompagnée. Ils ont donc sollicité des auteurs pour écrire librement en résonance avec l'émotion suscitée par ces dessins, témoigner contre l'horreur et évoquer les dérives nées d'une révolution à l'origine totalement pacifique. Car la Syrie est devenue la métaphore de ce que Farouk Mardam-Bey appelle la syrianisation du monde.
Lectures des textes de Santiago Alba Rico, Mohamed Berrada, Laurent Gaudé, Philippe Claudel, Jérôme Godeau, Nancy Huston, Farouk Mardam-Bey, James Noël, Wajdi Mouawad
Pour poursuivre la soirée, rendez-vous à 20h30 sur la chaîne YouTube et la page Facebook du Mucem pour leur événement “Syrie. Mémoire vivante”, un débat accompagné en lecture et musique par le duo Catherine Vincent & Mohamed al Rashi. Avec Sana Yazigi (fondatrice du site Mémoire créative de la révolution syrienne), Agnès Levallois (spécialiste du Moyen-Orient et des questions méditerranéennes) et Yves Aubin de la Messuzière (diplomate, expert du monde arabe). Plus d'infos https://www.mucem.org/programme/syrie-memoire-vivante
À lire – Tous témoins, dessins de Najah Albukai accompagnés de textes d'une vingtaine d'écrivains, sous la direction éditoriale de Farouk Mardam-Bey, co-édité par Actes Sud et l'association Pour Que l'Esprit Vive et la galerie Fait et Cause, Actes Sud, 2021.
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