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ISBN : 2070315037
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 68 notes)
Résumé :
L'Ardenne, ses brumes, ses forêts, sa lenteur.
Les cités endormies dans les boucles de la Meuse s'enfoncent dans le temps, entre mystères et légendes. C'est dans une de ces villes, Feil, que le narrateur, fils de putain, grand amateur de Baudelaire et de Nerval, va tenter d'oublier Paule, qui vient de mourir dans la splendeur de ses trente ans.
En 1999, Philippe Claudel, avec ce premier roman, fait son entrée remarquée en littérature.
Chant d'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
  31 décembre 2017
L'histoire triste et lancinante d'un deuil qui anéantit un homme.
Paule est morte et son amant ne s'en remet pas.
Il traîne son chagrin, voit Paule partout et décide de partir, quelque part où l'absence sera moins cruelle. Son errance le mène à Feil, sur les bords de Meuse où il tentera d'endiguer sa peine.
Un peu déroutée au début, je me suis vite laissée emporter dans ce bel amour, au côté de cet homme qui a encore mal à son enfance et est déchiré par la mort de son aimée.
C'est poétique et triste, c'est beau.
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araucaria
  28 février 2018
J'avais lu ce roman il y a quelques années et il m'avait un peu déçue. Je ne voulais pas rester sur cette impression mitigée car Philippe Claudel est un écrivain que j'apprécie beaucoup. Alors, j'ai donné une seconde chance au texte, je l'ai mieux digéré, j'ai mieux accepté les mots ou les scènes un peu crus qui émaillent l'oeuvre. Et j'ai aussi relevé des passages très beaux et écrits d'une façon excessivement poétique... il y en a d'ailleurs beaucoup, et toujours cette force et cette émotion qui naissent naturellement de la plume de Philippe Claudel. Je me suis donc réconciliée avec ce roman d'amour et de désespoir et l'ai savouré. Un beau livre.
Commenter  J’apprécie          300
LiliGalipette
  28 janvier 2012
Le narrateur aime Paule. Et Paule est morte. « Chaque matin, je redevenais veuf en m'éveillant du sommeil où l'alcool m'avait versé et courais dans les toilettes y dégueuler mes rêves. » (p. 16) Pitoyable Orphée, il convoque sans cesse le souvenir de sa belle qui sans cesse se dérobe et s'effiloche. Saturé de douleur, il quitte les lieux des souvenirs et s'installe à Feil, sur les bords de la Meuse. « Ici, ma douleur convient au granit des trottoirs et au brouillard du fleuve. » (p. 35)
Dans un village où le temps oscille entre immobilité et bond en avant, l'homme vit son deuil. Tout lui est Paule, tout est souvenir. « le pull-over a gardé son parfum, je m'en persuade. Mes yeux ont gardé l'éclat de ses dents, ma peau a gardé la douceur de ses mains sur ma nuque et mes joues. » (p. 82) Les flots de la mémoire brassent tout : l'amour pour Paule, le manque de la mère et comment Paule l'a réconcilié avec les femmes. « Elle m'apprit ce qu'une femme peut donner quand elle installe en l'homme le brillant de sa vie et la venue de la joie. » (p. 95)
Sous les mots du narrateur, Paule devient une femme relique, elle qui était si vivante et charnelle. Rien que son prénom était une promesse de rondeur, de chaleur et de plaisir. « Pourquoi le mal nous reste-t-il quand le doux nous délaisse ? » (p. 146) La mort n'a pas tué le désir et l'homme manque surtout de la sensualité d'une femme qui semblait contenir tout ce que la vie a de savoureux. Devant sa solitude et son incomplétude, l'homme perd pied. « J'ai découvert combien il y avait peu de grâce au vide. » (p. 14)
Mais, patiente en ses méandres, la Meuse attend que l'homme dépose dans ses flots oublieux le fardeau de sa peine. Pas pour qu'il soit heureux, mais au moins pour qu'il ne soit plus en deuil. « Je vivrai maintenant dans l'incontinuité de Paule. » (p. 156) Cet émouvant roman sur la mort interroge le souvenir et ses douleurs. Il sonde les moyens d'endiguer l'amour et de reprendre pied dans la vie sans trahir ceux qui ne sont plus.
D'une plume habile et pudique, traversée de fulgurances douloureuses et élégiaques, Philippe Claudel m'a une nouvelle fois mis dans les mains un roman qui remue le coeur et les tripes. La lueur d'espoir qui frémit au terme du texte est de celles sur lesquelles il faut souffler doucement pour ne pas les envoler ou les moucher. Un livre délicat et bouleversant.
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sultanne
  12 octobre 2012
Dire l'indicible, exprimer l'ineffable. le narrateur se cogne et s'enfuit, tourne et se détourne, puis se heurte sans se défendre aux souvenirs qui l'assiègent, au grès des éléments naturels qui ne font que lui rappeller l'inacceptable.
C'est dans une prose poétique, puissante, parfois précieuse que le narrateur cherche désespérément à dire l'inexprimable ; et c'est au coeur d'une nature aux éléments apaisés par la souffrance et la mélancolie qu'il cherche à donner un nouveau sens à son existance.
Le travail de deuil ne se fait qu'au prix de nombreuses souffrances et de grands moments de solitude durant lesquels, parfois, perce une étincelle de sublime : la réminiscence de quelques moments de passion passés auprès de l'être aimé disparu à tout jamais.
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thedoc
  17 mars 2016
Le narrateur fuit la perte de son amour Paule. A presque trente ans, le mal qui rongeait la jeune femme a fini par l'emporter. Incommensurable douleur et perte insupportable… et l'alcool ne noie rien. Alors le narrateur quitte tout : ses proches, son travail, sa ville… Il s'échoue sur les bords de la Meuse, dans un petit village brumeux, Feil. Logé chez une vieille veuve, Madame Outsander, il commence tout d'abord par se terrer dans sa chambre, exprimant sa colère et son impuissance sur de vieux cahiers. Paule lui manque, physiquement. Paule, qui l'avait réconcilié avec les femmes, n'est plus là. Et puis, peu à peu, il découvre le village, ses habitants, les environs. La douleur, sans disparaître, s'atténue.
Premier roman de Philippe Claudel, « Meuse l'oubli » nous parle de la difficulté de faire son deuil après la perte d'un être cher, du manque et de l'absence. Dans une ambiance brumeuse et grise, il fait déambuler son personnage entre ses souvenirs et son présent. Puis, au fil des saisons, le paysage change, de même que la douleur du narrateur.
On retrouve dans ce premier roman le style pudique et poétique de l'écrivain. Si le propos est forcément sombre, Philippe Claudel achève heureusement son récit par une petite note d'espoir.
Un beau roman qui laisse entrevoir les oeuvres majeures de Claudel qui ont suivi.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   26 février 2018
Enfant, je comptais les péniches, évaluais les tonnages, devinais l'état de la cargaison, sa nature, et dans mon alchimie de sept ans le charbon de Pologne fondait sous l'or du rêve. Parfois, les vents s'engouffraient en farce dans le linge qu'une femme en sarrau avait tendu entre deux gabrilles : les chemises vivaient d'un gros corps de baudruche, les pantalons se bourraient de cuisses transparentes. Claquements, bannières communes, étendards de coton... Je voyais des vies d'hommes et de femmes qui me paraissaient douces de tendresse, et des garçons de mon âge que l'on choyait comme des agneaux. Dans le mai des fleurs de pommier, une paire de bas miraculeux rejoignait quelques fils de la Vierge perdus dans ces campagnes. Je mâchais les tiges d'une herbe qui pour moi avait goût de cannelle. J'espérais des bonheurs. La beauté du paysage augmentait ma tristesse.
C'était au temps où Paule n'existait pas.
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araucariaaraucaria   01 janvier 2018
Dans ses yeux qui ne m'avaient pas toujours vu, il y eut mon autre enfance. Elle m'apprit ce qu'une femme peut donner quand elle installe en l'homme le brillant de sa vie et la venue de sa joie. Tout se calmait sous ses mains. Lorsque j'étais en elle, dans sa tiédeur, il y avait comme autour de nous l'écroulement des mondes, et de grands incendies sous l'arche d'or, et des armadas en flamme qui sombraient vers l'épaule d'Orion en précipitant tous leurs navires de soie dans des combats de neige. Je ne peux dire autrement le plaisir.
Paule baisait avec la douceur des saintes, comme la Vierge Marie l'avait sans doute fait sur le foin blond des granges de Judée. Dans leurs yeux, il y avait la bonté et dans l'amour la même fièvre, les regards qui percent l'autre jusqu'au coeur de vérité, les lèvres tendues, fermes, légèrement tremblées, le souffle, le souffle si chaud, les cuisses qui serrent les flancs, la fine sueur sur le front mouillant le cheveu, et qui l'adoucit, le rose superbe aux pommettes...
"Petit poisson...petit poisson" murmurait Paule en parlant de mon sexe, encore en elle, mais aminci, comme fondu, réduit à un comique pouce d'enfant qui se serait égaré dans une rose des vents, une île au trésor inabordée.
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araucariaaraucaria   23 août 2012
L'eau finit toujours par rendre ce qu'on lui donne, le lendemain, ou des années plus tard. Vous verrez, voilà le vrai problème. Tandis que la terre, c'est pas pareil, on peut avoir confiance, elle garde tout pour elle!
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araucariaaraucaria   21 août 2016
Voici les derniers jours de juin. Je hume de la fenêtre de ma chambre le parfum des fleurs de tilleul qu'une brève humidité venue de la Meuse avive au crépuscule, sous le vol elliptique des hannetons qui frôlent les lampadaires et festonnent la place comme une salle de mariage.
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araucariaaraucaria   26 février 2018
En ce temps-là, la nature était mon maître.
J'aimais me laisser vivre et faisais mienne toujours la devise du peintre du retable : Als ij kan.
Je vivais dans l'incommensurable amour de Paule, comme s'il s'était agi d'un pays.
Je songeais à des romans.
Puis Paule est morte.

Le paysage s'est ouvert aux massacres. J'ai découvert combien il y avait peu de la grâce au vide.
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