AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2234073251
Éditeur : Stock (12/09/2012)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 169 notes)
Résumé :
En dressant l'inventaire des parfums qui nous émeuvent - ce que j'ai fait pour moi, ce que chacun peut faire pour lui-même -, on voyage librement dans une vie. Le bagage est léger. On respire et on se laisse aller. Le temps n'existe plus : car c'est aussi cela la magie des parfums que de nous retirer du courant qui nous emporte, et nous donner l'illusion que nous sommes toujours ce que nous avons été, ou que nous fûmes ce que nous nous apprêtons à être. Alors la têt... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
18 février 2013
Ma Lorraine, ma terre, mes parfums, je le sais maintenant, je les partage avec d'autres et notamment Philippe Claudel.
J'ai achevé la lecture de cet ouvrage depuis quelques mois déjà mais j'ai attendu pour voir ce qui allait se déposer dans ma mémoire, je ne suis pas déçue.
Hugo le disait, la mémoire olfactive est la plus fidèle de toutes. Quand un parfum est entré dans votre narine et surtout s'il est accompagné d'une charge affective importante, il reste à jamais gravé dans votre tête.
Philippe Claudel égrène les parfums comme un canevas de souvenirs et nous livre un portrait intime très émouvant.
Il parlera encore plus à ceux qui dans l'enfance ont humé dans la cave les parfums de mirabelle. le parfum de ces petites prunes dorées est si puissant qu'il hante encore les lieux alors que nous n'en stockions plus depuis des années!
Il résonnera dans le coeur de ceux qui se souviennent avoir humé les vêtements de l'être cher, trop tôt disparu en cherchant des mois après le parfum et la douce chaleur de son corps.
Le parfum ne rime heureusement pas qu'avec la mélancolie et la recherche d'un paradis perdu: il peut être renaissance du désir,de la sexualité et de la vie.
Les odeurs nous renvoient à tout, à la vie, au plaisir et à la mort.
Merci à Philippe Claudel qui nous donne preuve en est que les hommes ne sont pas que des visuels, ils sont comme les femmes doués d'une grande sensualité!
Un livre que j'aurai plaisir à revisiter!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          878
LiliGalipette
03 novembre 2012
Philippe Claudel nous propose une infinité de voyages qui commencent au seuil des narines et qui remontent le temps et les souvenirs. Son abécédaire olfactif se compose de madeleines de Proust délicates, robustes, répugnantes ou éthérées. Qu'il parle d'ail, d'ombellifère ou de gymnase, ses descriptions sensitives sont des hommages au passé. S'il a classé les parfums de son laboratoire personnel par ordre alphabétique, l'auteur ne suit par d'ordre chronologique. On saute de ses questionnements d'adolescents à ses chagrins et ses bonheurs d'enfants pour mieux revenir aux évidences de son présent ou de son passé immédiat.
Sous la plume de l'auteur, les odeurs vêtent leurs plus beaux atours. Les nuages qui frôlent le sol se parent d'impressionnisme : « Extracteur à froid de parfums suspendus et potentiels, le brouillard sabote le paysage quotidien pour le donner à voir et à sentir autrement. » (p. 36) Pendant ce temps, l'essence de la mort est plus métaphysique que jamais : « Depuis cet instant, je sais que la mort a un parfum d'éther. Et je ne cesse de m'entraîner en vue d'une apnée infinie. » (p. 98) Et comment ne pas balbutier d'émotion devant l'intense lyrisme qui entoure les odeurs du réveil ? le Cantique des cantiques est transfiguré dans cet entre-deux qui sépare le sommeil de la veille : « Avant que mon aimée n'ouvre les yeux, avant même qu'elle ne me voie, qu'elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c'est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l'aube ressuscitée d'une durable harmonie. » (p. 172 & 173)
Comme un alchimiste, Philippe Claudel manipule les essences : il mélange fragrances et puanteurs dans un alambic superbe qui exhale des souvenirs puissants. Il est un chimiste audacieux qui convoque un fromage agressif à côté d'un suave acacia. Parfois épicurien mélancolique, voire nostalgique, il devient jouisseur gourmand et curieux et plonge à plein nez dans les odeurs qui ont marqué sa vie. Dans cet inventaire à la Claudel, nul doute que vous trouverez aussi des parfums familiers.
Faut-il que je vous redise à quel point je suis sensible à la plume de Philippe Claudel ? À mon sens, il est un des plus grands auteurs du 21è siècle, celui que je convoque dès que je doute du futur de la littérature. Pour comprendre et déguster Parfums¸ replongez dans le rapport de Brodeck où les odeurs de la terre sont plus pures que les émanations des hommes ou visitez Meuse l'oubli pour comprendre le parfum de victoire de l'amour face à la mort. Parfums n'est pas un roman : c'est un subtil recueil d'évanescence, une palette d'impalpable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          560
manU17
30 novembre 2012

C'est un véritable coup de coeur que j'ai eu tout récemment pour l'écriture si particulière de Philippe Claudel en découvrant son roman Les Âmes Grises. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongé dans son Parfums.
L'auteur nous livre ici des petits instantanés du passé, couchés sur le papier comme pour mieux les graver à tout jamais. Ces courts textes sont comme un hymne à la mémoire, une célébration intime de petits riens. Qu'y a-t-il de plus doux que de se replonger dans ses pensées et de se laisser emporter par les parfums rassurants du passé ?
Non, ce n'était pas mieux avant mais cet avant porte en lui la patine du temps. le temps qui adoucit et embellie les souvenirs. le temps qui atténue le plus souvent la douleur.
Parfums fleure bon la nostalgie des petits instants d'antan, de leurs souvenirs aux effluves multiples et pluriels. Humer le parfum d'une femme, de son cou, de son sexe, respirer l'odeur d'une pièce humide, d'un vêtement oublié ou s'enivrer des arômes d'épices d'Orient et replonger dans l'avant.
Voir ressurgir des images qu'on croyait oubliées, retrouver nos regrettés disparus, c'est à tout ça et bien plus encore que nous convie l'auteur. Parfums d'autrefois aux délicates saveurs de l'enfance, parfums de vies, parfums de la vie, parfums du passé, parfums d'éternité... Essences et réminiscences…
Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce passage qui évoque si subtilement le munster, fromage généreux en odeur s'il en est : « le respirer le condamne, le gouter l'amnistie. Derrière ses allures de Quasimodo, de vilain canard ou de galeux, c'est un Prince qui pour apparaitre attend qu'on veuille bien l'apprécier. On se trompe si souvent sur les fromages ou sur les êtres. » Que dire de plus après ça ?
Ouvrez ce livre, caressez-en les mots du regard, humez-les et délectez-vous de ces soixante-trois savoureuses petites madeleines.


Lien : http://bouquins-de-poches-en..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          630
araucaria
06 mars 2014
Ce ne sont pas des nouvelles, plutôt des textes très courts dédiés à l'odorat, aux souvenirs liés aux parfums, quels qu'ils soient : acacia, cannelle, chou, draps frais, église, maison d'enfance, pissotières, sexe féminin, torréfaction, vieillesse... Philippe Claudel nous fait voyager dans ses souvenirs les plus intimes grâce à ces petits textes élégants, ciselés, rédigés de main de maître. Ces textes sont des petits bijoux, des friandises. Cependant, j'ai un faible pour les romans de l'auteur où il s'exprime plus amplement sans être contraint par la longueur du récit. Ainsi, aucun texte de Philippe Claudel, n'a pu égaler jusqu'à présent mes lectures de "Les âmes grises" ou "Le café de l'Excelsior", question de goût, de sensibilité de lectrice... Mais Philippe Claudel reste pour moi Un Maître, un immense auteur contemporain.
Lien : http://araucaria20six.fr/
Commenter  J’apprécie          521
Macha_Loubrun
08 octobre 2013
Philippe Claudel nous entraîne dans le long labyrinthe de sa mémoire en déroulant un long ruban parfumé. A travers soixante-trois textes ciselés, classés par ordre alphabétique, il restitue les senteurs de son enfance dans sa ville natale, Dombasle près de Nancy.
L'après-rasage de son père, l'odeur du lard frit, la piscine, les pissotières, les églises, le sexe des femmes, la crème solaire, la terre, l'alambic, ces courts textes ressemblent à un tableau impressionniste odorant, l'imagination galope en les découvrant, les odeurs de notre propre vie viennent nous chatouiller les narines.
J'avais déjà aimé «Les âmes grises », « le rapport de Brodeck », « La petite fille de Monsieur Linh » et « Parfums » permet de connaitre Philippe Claudel de manière plus intime. Ces textes sont crus, sensuels mais jamais impudiques.

Un joli bouquet de mots aux délicieuses sensations….
Commenter  J’apprécie          390

Les critiques presse (2)
LePoint13 septembre 2012
Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint13 août 2012
Dans tous ses états, le nez de Claudel joue au romancier. Et à ce jeu, il excelle. Il décrit l'indescriptible, le minuscule, l'imperceptible, avec une fluidité déconcertante, il cherche le bon mot et parfois même la rime, il s'amuse, pense, se souvient, respire le monde avec envie, et nous enchante.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (117) Voir plus Ajouter une citation
celinefabre27celinefabre2724 juillet 2017
Sans doute est-ce là, dans cette bibliothèque surannée, au profond du silence, parmi les visages absents de mes camarades et leurs corps ennuyés, enivré par le remugle - puisque c'est là le nom de l'odeur des vieux livres comme Je l'appris bien plus tard -, que j'entre dans un pays, celui de la fiction et de ses mille sentiers, que Je n'ai depuis jamais vraiment quitté. Je suis comme les livres. Je suis dans les livres. C'est le lieu oú j'habite, lecteur eT artisan, eT qui me définit le mieux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
celinefabre27celinefabre2724 juillet 2017
Bien voyager c'est se perdre, se défaire du connu pour renaître sans repères et laisser ses sens apprivoiser la terre. Sentir alors, comme jamais, l'haleine des pays nouveaux.
Commenter  J’apprécie          40
celinefabre27celinefabre2723 juillet 2017
Ce n'est pas seulement une odeur de linge lavé, propre que je hume, mais bien celle d'une géographie de terre et de vent, sauvage et ample, étendue d'une infinité de contes, de fables, de chants, d'images que j'ai lus et regardés, eT qui font de moi sous les toits, dans les premiers pas du sommeil, dans ce lit tendu de ses draps nouveaux que mes grand- mères eT mes grand-tantes ont paré jadis de fleurs, de courbes et d'arabesques avec leurs patientes aiguilles, un voyage céleste et rassuré, un être vulnérable qui se sait pour un temps entouré eT heureux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
celinefabre27celinefabre2724 juillet 2017
J'aime les vieux. J'aime tout en eux. Leurs regards, leurs mots, leurs gestes, leurs vélos deglingués, leurs mobylettes, leurs colères, leurs savoirs.
Commenter  J’apprécie          10
celinefabre27celinefabre2723 juillet 2017
Elle écrase la perle sur la peau. C'est doux. Me étale cette crème devenue soudain invisible, dissoute par miracle sur tout mon corps. Je mus l'étiquette sur le flacon, Ambre solaire. On dirait le titre d'une poésie, comme celles que j'apprends chaque semaine (...). Je ferme les yeux. Je respire. Une essence un peu grasse, à peine musquée, une senteur de gynécée turc. Comme un prolongement de la chaleur du jour, une tiédeur d'intimité, de bras caressant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Philippe Claudel (64) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Claudel
La Grande Librairie propose une émission spéciale, tenant compte de l'actualité politique. À quelques jours du second tour de l?élection présidentielle, les invités de François Busnel, écrivains, historiens, sémiologues ou encore psychanalystes, s'interrogent sur le sens des mots et reviennent ensemble sur les termes et notions qui ont occupé le devant de la scène pendant la campagne. Quelle signification, au-delà de la communication, attribuer aux mots «identité», «fracture», «populisme», «système», ou encore «sécurité» ? Quelle est leur origine, leur évolution, leur charge émotionnelle ? Patrick Boucheron, Boris Cyrulnik, Philippe Claudel, Marie Darrieusecq, Aurélien Bélanger et Mariette Darrigrand apportent leur éclairage.
+ Lire la suite
autres livres classés : ParfumsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Philippe Claudel

Philippe Claudel est professeur. Auprès de quel public particulier a-t-il enseigné ?

des aveugles
des prisonniers
des immigrés

5 questions
97 lecteurs ont répondu
Thème : Philippe ClaudelCréer un quiz sur ce livre