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La Grande patience tome 1 sur 4
EAN : 9782266082228
487 pages
Pocket (28/05/1998)
4/5   233 notes
Résumé :
Dole, 1937.
Julien Dubois a quitté l'école et la maison de ses parents. Il a quatorze ans. Apprenti pâtissier, il découvre le travail des humbles, l'humiliation et l'injustice. Mais aussi la douceur et la beauté des femmes. Et bientôt, la guerre qui monte...
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
4

sur 233 notes

Gwen21
  28 février 2014
J'ai lu "La Maison des autres" adolescente et c'est sans doute principalement pour cette raison que je me suis sentie très investie dans le récit de l'apprentissage de Julien, futur boulanger-pâtissier, que l'auteur situe quelques années avant qu'éclate la Seconde Guerre mondiale.
L'apprentissage professionnel de Julien se double de son apprentissage personnel, un chemin initiatique qui lui permet d'éprouver émois amoureux balbutiants et puissance de l'amitié, le tout dans le contexte laborieux de l'artisanat de bouche.
L'écriture de Bernard Clavel m'avait vraiment charmée ; elle est très accessible, notamment au jeune lectorat. Par la suite, je n'ai pas eu l'occasion de lire la suite de "La Grande patience" mais ça ne reste que partie remise.
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peneloppe277
  06 décembre 2019
La vie d'un apprenti boulanger soumis à un patron dur dans une petite ville du Jura dans le milieu des années 30.
La découverte de la vie dans tous ses aspects : l'amour, la politique, l'amitié, le travail, l'art, la mort, la solidarité, la comédie humaine, ...
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Darjeelingdo
  24 février 2022
Relecture,dans le cadre du Challenge solidaire, du premier tome de la saga La grande patience.
L'histoire est celle d'un jeune garçon qui , en 1937, devient apprenti pâtissier et va, pendant deux ans, subir les exigences, les colères, la brutalité d'un patron vantard et fainéant et les minauderies paternalistes de son épouse. Lit infesté de punaises, travail harassant, horaires à rallonge, pratiquement pas de congés....il ne fait pas bon être apprenti dans ces années 30 où le syndicalisme est encore mal connu , voire inconnu dans certaines branches comme ici celle des « métiers de bouche », laissant leurs employés à la totale merci de patrons sans scrupules.

On sait que cette histoire est autobiographique : comme son héros Julien, Bernard Clavel est entré à 14 ans en apprentissage à Dole chez un pâtissier. de cette expérience il dira plus tard :
« Mon patron était un vrai salaud, et pendant deux ans ce fut un enfer. C'était un avorton que j'aurais pu coucher d'une gifle, mais à cette époque le patron c'était le patron et on la fermait. »
Heureusement pour Julien/Bernard, il n'est pas seul dans cet enfer et le roman offre une belle galerie de portraits, des autres employés à l'oncle pêcheur et confident. Amitiés, solidarité, premiers émois amoureux, ces années seront capitales dans la formation du futur écrivain , alors que la guerre approche à grands pas.

J'étais curieuse de voir si ce roman que j'avais beaucoup aimé adolescente me plairait encore aujourd'hui.
Verdict : si l'écriture m'a semblé un peu « plate » au début de ma lecture, je me suis vite attachée aux personnages et j'ai trouvé ce roman très intéressant comme témoignage de la vie ouvrière dans les années 30. On est dans le roman réaliste, au plus près de cette classe populaire que Clavel connaît bien, avec des personnages bien campés et des dialogues enlevés. Les descriptions sont tellement précises qu'on a l'impression d'être dans le «  laboratoire » nous aussi et de sentir les croissants chauds !
Auteur d'une littérature populaire, au bon sens du terme, un peu oublié aujourd'hui, Bernard Clavel mérite qu'on le redécouvre.
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Lamifranz
  11 novembre 2022
Peut-on être un grand écrivain et en même temps un écrivain populaire, c'est-à-dire toucher (dans tous les sens du terme, atteindre comme émouvoir) tous les types de public, toutes les classes sociales, avec un même souci de qualité littéraire ? La réponse est : oui, bien sûr ! Les exemples sont innombrables : dans le passé Victor Hugo, Alexandre Dumas, Jules Verne (et des centaines d'autres), et plus près de nous des exemples aussi probants que Marcel Pagnol, Henri Troyat ou Bernard Clavel.
Il y eut en France, dans les années 60 et 70, un petit noyau d'écrivains (qui par hasard se retrouvèrent à l'Académie Goncourt), Bernard Clavel, Robert Sabatier, Hervé Bazin, François Nourissier, Michel Tournier ou Françoise Mallet-Joris, qui justement présentaient cette caractéristique d'être à la fois d'excellents prosateurs, et en même temps d'être bien perçus par une majorité de lecteurs, et non pas seulement par une « élite ».
Bernard Clavel (1923-2010) est un auteur dont le succès ne s'est jamais démenti : principalement par ses romans, mais aussi par ses contes, ses nouvelles, ses essais et ses poèmes. C'est surtout dans le domaine romanesque qu'il s'est illustré : trois grandes sagas : « La Grande Patience » (1962-1968), « Les Colonnes du ciel » (1976-1981) et « le Royaume du Nord » (1983-1989) ; et une bonne vingtaine de romans dont « L'Espagnol » (1959) …
« La Grande patience » contrairement aux autres sagas, est un cycle romanesque en grande partie autobiographique qui se situe essentiellement dans le Jura et la Franche-Comté (pays natal de l'auteur), mais également dans le Sud-Ouest (région tarnaise).
Nous sommes en 1937. Julien Dubois, 14 ans, part en apprentissage chez un pâtissier de Dôle (Jura). C'est le début d'un douloureux apprentissage, avec un patron, Petiot (comme le docteur, et pas plus intéressant), injuste, violent, feignant, la femme du patron, minaudière et faussement maternelle, les autres apprentis, les autres employés, et les clients. Une vie rendue difficile, par les conditions de travail (il n'y avait pas de statut d'apprenti, à cette époque), malgré l'attrait du métier. Heureusement en compensation, il y a l'amitié (André) et même l'amour (premiers émois avec Hélène) … Julien s'endurcit, et au bout de ses deux ans d'apprentissage, il peut revenir à Lons-le-Saunier chez ses parents. Mais nous sommes à la veille de la guerre.
Roman d'apprentissage donc, où l'on découvre le jeune Julien/Bernard faire ses armes dans la vie. Professionnellement, sentimentalement, il en bave, mais tout devient expérience. Et comme il n'est pas bête, il tire profit de ces leçons que lui donnent les contrariétés de l'existence – mais aussi ses bonheurs. Clavel dresse un tableau vivant de cette avant-guerre provinciale, où les mentalités qui se heurtent expliquent un peu le cataclysme à venir, malgré l'insouciance affichée. Clavel, pacifiste en l'âme, pose les premiers jalons de ses convictions, qu'il développera dans les volumes suivants, au coeur de la tourmente.
Description d'une classe ouvrière où Julien découvre une forme de solidarité, et se forge une conscience politique, « La maison des autres » (c'est-à-dire tout ce qui est en-dehors du cocon familial) se veut donc le creuset où se constitue en partie la personnalité de Julien/Bernard. Mais il est un autre aspect du roman à ne pas négliger, c'est l'hommage profond de l'auteur à sa terre natale : « Et lorsqu'on me d'évoquer le Jura, ce n'est jamais à un département que je pense, mais d'abord à une palette - ces monts d'un bleu inimitable sur quoi pèse un ciel souvent très dense, aux nuances d'une infinie richesse ». On se souvient en effet que la première vocation de l'auteur était d'être peintre : finalement, il l'est doublement, par le pinceau, et par la plume…

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Herve39
  02 avril 2020
Ce livre nous fait découvrir un quotidien, celui de Julien, 14 ans, qui démarre un apprentissage en patisserie en 1937. 2 ans, durant lesquels nous allons accompagner ce garçon dans cet apprentissage, celui de son métier mais également de la vie avec ses bons côtés tels la camaraderie entre ouvriers et les moins bons quand il lui faut supporter les brimades d'un patron profiteur.
Julien va se construire sous nos yeux et on en redemande tellement cette lecture est agréable. Bernard Clavel est un conteur, il a ce talent de nous faire rentrer dans ce quotidien, de croquer ces instants de vie. Avec lui, on sent l'odeur des croissants sortant du four. Mais c'est plus que cela, un univers nous est offert, celui de la condition ouvrière entre les deux guerres, l'exploitation des apprentis par les patrons. de nombreux éléments historiques sont également présents avec le front populaire, le syndicalisme à cette époque puis l'entrée en guerre de la France.
Bonus à mon niveau, l'action se situe à Dole dans le Jura, ville où je suis né. Je visualisais donc d'autant plus les lieux et les rues citées.
On quitte Julien à regret mais ce roman étant le premier d'une tétralogie constituant "La grande patience", je pense que je ne vais pas résister et enchaîner directement avec le deuxième tome "Celui qui voulait voir la mer".
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
RoggyRoggy   09 décembre 2014
- Mais nom de Dieu, quand est-ce que les ouvriers comprendront qu'il faut tordre le cou au paternalisme! Quand est-ce qu'ils comprendront que le plus dangereux pour eux c'est le patron bon enfant, le patron qui paye l'apéro de temps en temps et qui blague avec vous. Et ils s'y laissent prendre, et ils marchent comme des benêts. Ils ne comprendront donc jamais qu'ils est impossible d'être copain avec un patron sans finir par être sa victime!
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DarjeelingdoDarjeelingdo   24 février 2022
Mme Petiot devait avoir un flair particulier pour déceler ce qui n’allait pas. Alors, toujours, avec son sourire qui faisait monter ses pommettes jusqu’à ses tempes, elle joignait les mains, esquissait une courbette qui entrouvrait son corsage sur la naissance de ses seins blancs et disait par exemple :
- Vous avez l’air tout endormi, mon petit Julien, il faut vous réveiller. Autrement M. Petiot va crier. Tenez, prenez le vélo et allez vite porter ça chez Mme Untel, je suis persuadée que l’air frais vous fera du bien.
Et c’était ainsi chaque fois que, moulu de fatigue, Julien sentait ses yeux se fermer et pensait pouvoir se reposer un moment avant le repas du soir.
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ladesiderienneladesiderienne   12 mai 2013
Le second intervint.
- Vous êtes trop bon, mon pauvre chef. Votre autorité part en brioche ! (Il imita la voix du chef.) Je vais vous le dire, moi, il n'y a qu'un secret dans le métier : le pied au cul. Le pied au cul, tout est là. Quand on a compris ça, le reste vient tout seul.
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DarjeelingdoDarjeelingdo   24 février 2022
Si mon compte est exact, voilà des garçons qui font une moyenne de soixante-dix heures de travail par semaine. Si on ajoute à cela le four à allumer tous les soirs, les esquimaux à porter aux cinémas, le magasin à fermer et tout le tremblement. Si on tient compte du fait que ce sont encore eux qui servent à table, qu’ils n’ont pas le droit de s’absenter ni le dimanche après-midi ni le soir à cause des courses qu’on peut leur demander de faire, je ne sais plus très bien où on va. Tout compté, on doit arriver à quelque chose comme quatre-vingts heures de travail. Quant à la présence effective, n’en parlons pas, ça irait chercher dans les seize à dix-huit heures par jour. C’est proprement ahurissant ! Et comme ils passent le reste du temps dans leur chambre, on peut dire qu’ ils sont à la disposition du patron vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
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26052605   21 avril 2013
— Voilà notre chef, dit M.Petiot.
— Bonjour, Monsieur, fit Julien en relevant sa toque.
Le patron et le chef se mirent à rire.
— On dit: chef, et on n'enlève pas sa toque. Une toque, c'est comme un calot de troufion, ça ne se quitte pas pour saluer. Y a que chez les clients qu'il faut l'enlever.
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