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ISBN : 2226130977
Éditeur : Albin Michel (04/01/2002)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Été 1944. Un petit village du Jura. Derrière ses volets clos, Ferdinand Bringuet, mécanicien retraité des chemins de fer, observe la débâcle des Allemands. Est-ce la fin de la guerre ?
Comme Le Soleil des morts, La Retraite aux flambeaux est un roman hanté par la violence en même temps qu'habité par l'amour. Impitoyable réquisitoire contre la guerre, cette oeuvre grave est une magnifique réflexion sur l'âme humaine, le sens de la justice et de la culpabilité... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  12 janvier 2016
Ouvrir un roman de Bernard Clavel est pour moi l'assurance de retrouver un ami et le plaisir de le laisser me raconter une histoire dont il a le secret. Je pioche donc régulièrement dans sa bibliographie, et pour mon plus grand bonheur, cet auteur nous laissé une oeuvre immense.
Dans ce livre, je retrouve dès les premières pages ce que j'aime chez lui. Un style simple en apparence, une langue franche et belle, et surtout, des personnages rudes et authentiques auxquels on s'attache.
Ferdinand me plaît d'emblée. Je sais que sa compagnie va être agréable, et je ne serai pas déçue, jusqu'à la fin.
On retrouve dans cette histoire des thèmes chers à l'auteur comme la glorification de la vie rurale avec ces hommes et femmes francs, bons et honnêtes.
Mais avant tout, Bernard Clavel dénonce, une fois de plus, l'absurdité de la guerre. Et il le fait d'une façon magistrale. Pas de grande scène de combats, de batailles grandioses : il nous montre avec force ce que la guerre peut faire faire à des personnages simples. L'absurdité et l'horreur sont là, contenus dans ces quelques lignes.
D'une simplicité apparente, que ce texte est puissant !
Un roman court et percutant.
Plus que jamais, j'aime Bernard Clavel !
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Osmanthe
  29 novembre 2015
Bernard Clavel place son histoire dans sa chère Franche-Comté, aux derniers jours de l'occupation nazie. Un fait divers haletant, qui se lit d'une traite, et sans doute l'un des meilleurs livres de ce formidable conteur.
Nous sommes donc en septembre 1944, dans un village du Doubs. Ferdinand Bringuet, 71 ans, paisible et bon vivant, ancien mécanicien cheminot, et sa femme Maria, guettent anxieusement de leur maison, de nuit, la débâcle allemande et ses convois accompagnés de dernières escarmouches. Mais il faut encore être prudent...Le sort va le démontrer, lorsqu'un jeune officier SS vient frapper à la porte, fouille jusqu'à la cave, et s'apprête à réquisitionner le vieux vélo de Ferdinand...qui y a mis ses économies et revêt une importance quasi vitale à ses yeux.
Ferdinand ne peut réprimer un mouvement impulsif guidé par la peur et la colère...Il assomme et bâillonne son visiteur. Après appel à la rescousse de son voisin Jérôme et d'un élu municipal, Joseph, il s'engage entre eux des échanges sur l'action à mener : l'intrus vivant dans cette cave est une menace pour tout le village s'il devait être découvert...mais Ferdinand qui n'a jamais tué une mouche de sa vie n'a pas le courage de tuer celui qui n'est qu'un gamin. Un cas de conscience terrible...mais n'ayant guère le choix, il finit par lui tirer une balle dans la tête.
Dans la nuit, les trois hommes, aidés par une Maria héroïque, vont devoir sans se faire repérer empaqueter, transporter et balancer le cadavre dans la rivière proche, ce qui ne sera pas une mince affaire.
Mais Ferdinand est ravagé, en prise avec sa conscience qui ne le lâchera plus...
En 110 pages, tout est dit de l'horreur de la guerre, qui voit de braves gens devenir en un instant des meurtriers, quand leur survie est en jeu.
Le style est simple, précis, le vocabulaire est familier, point de fioritures, les choses sont dites, on est dans l'action et à la campagne. On n'aime pas le Fritz, qui vous a tout pris pendant quatre ans. Pourtant, des deux côtés, ce sont des hommes, parfois jeunes, qui subissent...
Bernard Clavel le pacifiste montre une fois de plus l'absurdité de la guerre, ses dommages collatéraux, et nous offre un témoignage précieux sur cette époque. Un fait divers parmi des milliers qui ont dû se produire dans nos villes et campagnes, avec des héros de l'instant qui seraient passés pour de beaux salauds voire criminels en d'autres lieux et d'autres temps moins troublés...Au moment où s'inscrit cet épisode, on pense aux horreurs subies par des français innocents à Oradour s/Glanne, mais aussi à ces milliers de jeunes allemands, de plus en plus jeunes, enrôlés de force par Hitler dans un jusqu'au-boutisme désespéré.
J'ai une tendresse toute particulière pour Bernard Clavel, dont les romans se sont arrachés de son vivant et qui redoutait de sombrer dans l'oubli au fil du temps...Il semble en effet que ses grands cycles soient de plus en plus difficiles à trouver dans nos chères librairies...alors même qu'Omnibus avait édité son oeuvre intégrale en 6 tomes il y a quelques années, édition aujourd'hui épuisée...
Je me souviens aussi que Bernard Clavel, ce grand voyageur amoureux du Jura, de Lyon et du Québec, et qui a déménagé 40 fois dans sa vie, a habité de 1975 à 1977 dans une petite ville de l'Yonne où ma famille réside.
Alors oui, Monsieur Clavel, je continuerai de lire votre oeuvre, si diverse, nous contant avec tant d'amour l'anti-militarisme, le Grand Nord, la nature, les gens de la campagne...


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andreepierrette
  08 mai 2014
En pleine période de relecture de Bernard Clavel, "la retraite aux Flambeaux", m'a "déchirée", , par la peur , la révolte d'un pauvre homme retraité, qui, au moment de la retraite allemande, (1945) voit surgir un jeune officier SS , menaçant, armé, pour lui voler son vélo,. Histoire dérisoire apparemment, et pourtant tragique. Affolé le pauvre homme d'une carrure impressionnante, assomme le jeune officier, presque un enfant., dans sa cave où entraîné de force, avec l'aide d'un voisin appelé à l'aide, ils ligotent solidement le soldat. Mais qu'en faire , alors que les Allemands sont tout proches et qu'ils risquent, de tragiques représailles s'il sont surpris, ou si le prisonnier réussit à se débattre, ou hurler au secours.Dans une atmosphère explosive, où tout le tonnerre des armes alentours affole une population cloîtrée derrière ses volets. Voici le récit d'une histoire tragique qui entraîne le lecteur jusqu'à une fin inattendue,
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Wyoming
  30 avril 2018
La Franche-Comté, terre de l'auteur, la guerre et son absurdité, des gens simples, ruraux, pris dans le tourbillon de la violence, l'ensemble conté avec les mots simples mais vibrant de cet auteur qui a su dans toute son oeuvre transmettre émotion, désarroi, souvent au milieu de drames humains personnels, comme c'est le cas dans cette retraite sans flambeaux.
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seb76
  29 juin 2013
Ce roman est un véritable cas de conscience pour un des personnages où se pose la légitimité d'un crime.
Que faire en temps de guerre contre un ennemi ?
Plaidoyer contre la guerre, conflit qui n'engendre au bout du compte que mort, malheur et désolation pour tous ceux qui y sont mêlés !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   12 janvier 2016
Maria que la vue du sang doit bouleverser répète :
- Il saigne de la bouche.
Ferdinand qui vient de se redresser montre sa main droite.
- C'est pas son sang, c'est le mien. Cette petite ordure m'a mordu.
- Montre ça.
Jérôme approche la bougie.
- La vache, il a enlevé le morceau. Faut te désinfecter. C'est enragé, ces bêtes-là !
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OsmantheOsmanthe   29 novembre 2015
Il s'appelait Klaus Burger. Il était de Hambourg. Il avait douze ans lorsque son père, fonctionnaire du Parti, l'a inscrit aux Jeunesses hitlériennes. Là, parmi tant d'autres, il a admis tout de suite que sa vie ne lui appartenait pas. Elle appartenait à son Furher Adolf Hitler.
Sa maman n'était pas d'accord, mais elle n'avait rien à dire. Il lui restait seulement le droit de prier en silence pour son enfant, ce qu'elle faisait souvent.
Un jour, Klaus est parti pour la guerre. Il a connu les camps d'entraînement, les neiges immenses de la Russie, les sables du désert, le soleil de la Côte d'Azur, les bons vins du Rhône.
Il a tué sans jamais éprouver le moindre pincement au coeur. Il a tué parce que son dieu l'exigeait. A présent, il est mort. Mort parmi des millions d'autres. Comme des millions d'autres aussi, sa maman va pleurer.
Il n'y a rien à dire : c'est la guerre. La guerre que les peuples ont accepté comme une fatalité. La guerre que certains peuples ont voulue de toutes leurs forces. La guerre que quelques hommes ont refusée sans rien pouvoir faire pour lui barrer la route.
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OsmantheOsmanthe   12 mai 2014
De nouveau très nerveux, Joseph grogne :
- Bon Dieu, vous êtes butés tous les deux. Il est pas question de l'emmener vivant.
- On tue pas un homme comme ça.
- C'est la guerre. S'il avait pu sortir son feu, il aurait pas fait de détail, lui...Et vous auriez plus de souci, vous ! Et nous non plus !
- On se battait, c'est pas pareil.
- Assez tergiversé, faut y aller !
Il fait un geste pour empoigner un tonneau mais la poigne terrible de Ferdinand l'arrête par un bras et l'oblige à pivoter.
- Ecoute, petit. On va tout de même essayer de lui demander sa parole...
- Trop de risques. Y sont fanatisés. Ce serait un vieux, je ne dis pas. Mais un SS, on peut rien espérer...Et puis, ils ont tous assez de crimes sur la conscience pour mériter d'être nettoyés.
- On peut pas dire ça. C'est un gamin. Il est pas responsable.
- Et les gosses qu'ils fusillent, y sont responsables de quoi ? De pas être nés de l'autre côté du Rhin ? D'être juifs ? D'être enfants de résistants ou pris en otage!
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andreepierretteandreepierrette   08 mai 2014
on cogne à la porte....Les coups redoublent et sont plus violents. Ca cogne à coups de bottes. Voilà, on arrive, on n'a plus vingt ans!!
L'Allemand fait trois pas en avant et craque une allumette. Il s'approche du vélo..Faut me prendre mon vélo, j'en ai besoin.J'suis pas riche.. me suis privé pour l'acheter, moi, ce vélo. J'ai travaillé toute ma vie..

A quatorze ans j'étais au turbin, moi ! si tu me fauches mon vélo, qu'est-ce .
qu'on va devenir ? Comment trouver à manger ? On va crever de faim, nous.
L'autre ne prête aucune attention à ce qu'il dit de sa grosse voix qui tremble et s'enroue..
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