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EAN : 9782290002902
124 pages
J'ai lu (18/12/1997)
3.72/5   93 notes
Résumé :

De temps en temps, quittant sa femme, Brassac descend à Lyon pour satisfaire sa passion de la boisson et des filles. Là, devant un public complaisant, il joue volontiers le hobereau excentrique. Lorsqu'il regagne son domaine, il ramène souvent avec lui un chien perdu ; ainsi sa maison en est pleine... Cette fois, c'est une fille. Il était saoul ; elle, abrutie de sommeil. L'un suivant l'autre, ils arrivent chez lui, dans cette maison d... >Voir plus
Que lire après Le tonnerre de Dieu (Qui m'emporte)Voir plus
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Nous sommes en 1958. Brassac, paysan sans grande fortune, descend de temps à autre à Lyon pour assouvir deux passions/besoins : l'alcool et « les filles ». Il joue alors le rôle un peu ridicule de hobereau excentrique et distribue aisément de nombreux billets de banque, ce qui lui assure un auditoire aussi ironique qu'intéressé. Lorsqu'il rejoint son domaine il ramène souvent un chien perdu, sa maison, outre sa femme, comprend donc de nombreux chiens qu'il dit préférer aux hommes.
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Cette fois, ivre, ce n'est pas un chien mais une jeune prostituée, assommée de fatigue, qu'il fait revenir dans sa maison délabrée sur les hauteurs de Loire-sur-Rhône, entre son épouse, qu'il maltraite parfois lorsqu'il est ivre, et ses animaux. Progressivement le temps passe, la jeune femme reste puis s'installe, dans un rôle oscillant entre invitée et fille adoptive. Elle retrouve là des souvenirs d'enfance, deux être singuliers et attachants et sa vie se transfigure au fil des jours et des semaines. Sa présence amène aussi à comprendre progressivement le drame intime qui déchire le couple de Brassac et leur permet, à eux aussi, de gagner en force, en dignité et en bonheur.
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Cette histoire se déroule dans un paysage de campagne fort et décrit avec un mélange de simplicité et de minutie.
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Ce livre, écrit en 1958 par un Bernard Clavel de 35 ans, n'est en rien l'oeuvre d'un débutant même si ce n'est que son troisième roman. En effet cet homme, né de famille « modeste » et autodidacte, écrit déjà depuis longtemps et devint d'abord journaliste avant de « se lancer » et de devenir l'auteur de plus de 100 romans, souvent qualifiés de « terroir », carrière d'une certaine manière couronnée par le Goncourt en 1968.
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Il se trouve déjà ici un concentré de ce qui rendra Clavel aussi populaire à savoir une écriture simple mais nette, précise, ce talent pour camper des personnages forts en quelques lignes en apparence insignifiantes. Il a aussi la faculté rare de pouvoir intégrer ces vies de personnes issues de milieux modestes au sein de lieux et d'en faire jaillir un ensemble cohérent, qui « sonne » particulièrement juste. Son écriture en fait un écrivain pouvant être lu par « tous », y compris par qui n'a pas « suivi d'études », par qui aurait peur d'ouvrir « un Zola » ou de pousser la porte d'un musée. Pour autant, s'il offre des livres simples, il n'offre en aucun cas une littérature pauvre ou au rabais et ce n'est pas le moindre de ses talents.
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Lire Clavel c'est (re)découvrir un auteur talentueux, d'accès facile mais au bon sens du terme. Accessible à tous il n'en est pas moins juste et profond. Sans approche intellectuelle il touche à une certaine universalité de l'humain, il donne aussi corps et âme, une voix à qui n'en a pas toujours. C'est le cas dans ce livre, entre autre.
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Je déconseille cet ouvrage (et cet auteur) à qui recherche une approche intellectuelle des êtres ou un « aspect jet-set », à qui a le mépris facile. Vous ne trouverez ici pas grand-chose pour vous séduire. Vous ne trouverez pas plus de philosophie profonde ou de grands discours. En revanche si lire une histoire de personnes faussement dites « simples » et d'une grande justesse peut vous tenter ce livre pourrait bien vous plaire.
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Clavel est l'antithèse de ce que j'abhorre aujourd'hui dans une certaine littérature commerciale, toute de facilités et flattant le lecteur dans ce qu'il a de plus médiocre. Cet auteur pousse chacun à avoir un regard plus riche, précis et humain sur ce(ux) qui l'entoure(nt) et il a l'incroyable talent d'y parvenir avec une telle aisance que ses romans ne sont pas réservés à une élite et peuvent "grandir" chacun.
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Bravo et merci Monsieur Clavel, pour vos valeurs comme pour votre valeur. Quel dommage que vous soyez maintenant si injustement méconnu !
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D'entrée, à la fin du premier paragraphe, Bernard Clavel nous met sous pression. La narratrice, Simone ne déclare-t-elle pas : « Au fond, si je n'avais pas été aussi fatiguée, les choses se seraient peut-être passées autrement ». On imagine le drame.
D'autant que la narratrice n'est autre qu'une prostituée que Léandre, un montagnard genre homme des bois à « ramenée » à la maison après une soirée très arrosée ; d'habitude, de ce genre de sortie, il rapporte un chien…

Une bien belle histoire que peu d'écrivains sont capable de tourner sans tomber dans le mélo : Léandre est marié, mais Marie, sa femme est stérile… Et Roger, le voisin : quel rôle jouera-t-il dans cette histoire aux senteurs de coupes de pins à flan de montagne, de châtaignes grillées et de vents neigeux. Et Marcel, le maquereau en colère qui ne décolère pas depuis la perte de son gagne-pain ?

« Qui m'emporte », un des premiers écrits de l'auteur (le troisième, deux ans avant « Malataverne ») publié en 1958 et réédité à de nombreuses reprises sous le titre « le tonnerre de Dieu », du nom de son adaptation au cinéma en 1964 par Denys de la Patellière avec Jean Gabin et Michèle Mercier dans les rôles principaux de Léanre et Marie.

Un petit livre qui se lit en deux heures sans respirer tant le talent de Clavel est grand à maintenir le lecteur en haleine.
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C'est l'édition de 1958 que j'ai lue, trouvée par hasard parmi d'autres vieux livres d'occasion lors de mes déambulations. Je n'avais encore jamais rien lu de l'auteur, il me semble, mais j'ai tout de suite été attiré par la photo noir et blanc de Gabin sur la couverture. le résumé de la quatrième de couverture a fini de me convaincre. Cette photo des années 50 est révélatrice pour moi d'une époque, que je n'ai pas connue, mais qui a pourtant bercé toute mon enfance. Je ne me souviens pas avoir vu ce film mais je l'imagine bien comparable à ceux que j'ai vus, avec Gabin ou d'autres acteurs lors de rediffusions télévisuelles ultérieures. Je me suis tout de suite immergé dans la résignation et la rancoeur de ce pauvre Brassac que la vie n'a pas épargné. Marie, Simone, Roger, sont aussi autant de rescapés de la vie, avec leur passé mal digéré qui les empêche d'envisager leur existence sous un meilleur angle. le veulent-ils, d'ailleurs ? Clavel les englue dans un environnement hostile, une nature qu'il faut affronter, un isolement terrible, qui pourtant ne leur enlève pas leur humanité enfouie et la possibilité d'un avenir meilleur pour Simone. Pour cette jeune prostituée ramenée par Brassac, ce sera peut-être un départ pour une nouvelle vie. Peut-être. Clavel sait nous faire partager les déboires et les espérances de ses personnages. Ce livre est véritablement envoûtant. L'intrigue se résume à peu de choses et pourtant c'est tout un monde que l'auteur dépeint, d'une écriture simple, mais qui sait nous émouvoir. Un auteur à redécouvrir.
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À nouveau un très beau livre de Bernard Clavel, une valeur sûre de mon parcours de lecteur, auprès duquel j'aime revenir régulièrement.
Avec une nouvelle fois des personnes fortes et simples à la fois, un vieux couple qui s'aime à sa façon, une jeune femme ramenée là dans cette propriété isolée sans l'avoir vraiment voulue. Une histoire simple, avec des gens vrais, l'écriture de monsieur Clavel m'a encore séduit et j'ai dévoré ce roman en moins de deux heures.
Une adaptation cinématographique existe avec Jean Gabin dans le rôle titre, un rôle à sa mesure, je vais essayer de le trouver.
Testez cet auteur si vous ne le connaissez pas encore, bonne lecture.
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Brassac est saoul quand il rencontre Simone, hébétée de sommeil et prostituée à Lyon. Il veut l'emmener chez lui où l'attend sa femme, Marie. Simone se laisse faire et le suit, incapable de réagir et de penser.
Simone se retrouve dans une ferme en pleine campagne et va redécouvrir le bonheur oublié des joies de son enfance passée auprès de sa grand-mère. La relation tendue entre Brassac et Marie en raison d'un lourd secret va subir un bouleversement avec la venue de cette jeune femme.
Fidèle à lui-même, Bernard Clavel nous emporte dans un univers rustique mais chaleureux où les gestes ont plus d'importance que les mots. le décor est taillé à la serpe, beau et rude à la fois. Les émotions sont constamment présentes et d'autant plus fortes qu'elles se manifestent dans des silences ou des paroles qui claquent comme des sentences.
Tout cela est profondément humain et sonne juste. C'est une musique qui allie beauté du spectacle et humanité des personnages. Dès le départ, on se sent comme bercé par un rythme envoûtant qui jamais ne nous lâche. C'est une poésie continue faite de regrets et d'espoir, de nostalgie et d'amour.
Le film de Denys de la Patellière, avec Jean Gabin dans le rôle de Brassac fut un formidable succès. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu. Pourtant j'éprouve maintenant le profond désir de le faire, tant ce roman m'a touché.

Michelangelo 2014
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
..à l'entendre sangloter ainsi, régulièrement, je pensais à la source qui sort de terre en bas de la grande châtaigneraie. Quand on bouche l'orifice avec sa main, l'eau trouve tout de suite une autre fissure dans le rocher. Il n' y a rien à faire, il faut qu'elle coule. Le chagrin de Marie, je crois que c'était pareil.
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Il puait le vin. J'y suis habituée, je le supporte mais ça me dégoûte tout de même. Et puis, il y avait autre chose qui me gênait. Sur le moment, j'ai pensé que c'était parce qu'il me regardait trop fixement, mais je crois qu'il y avait encore autre chose. Quelque chose dans ses yeux. C'est difficile à expliquer. Je voyais bien qu'il était saoul, mais on aurait dit que ses yeux ne l'étaient pas.
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De temps en temps, quittant sa femme, Brassac descend à Lyon pour satisfaire sa passion de la boisson et des filles.
Là, devant un public complaisant, il joue volontiers le hobereau excentrique.
Lorsqu'il regagne son domaine, il ramène souvent avec lui un chien perdu ; ainsi sa maison est pleine de chiens...
Cette fois, c'est une fille. Il était saoul ; elle, abrutie de sommeil. L'un suivant l'autre, ils arrivent chez lui, dans cette maison délabrée où il vit en sauvage entre sa femme et ses chiens. Et elle demeure, s'installe...
Dans le film que Denys de la Patellière a tiré du roman de Bernard Clavel, Jean Gabin a rencontré en Brassac un personnage à sa mesure.
(quatrième de couverture du volume paru aux éditions "J'ai lu" en 1958)
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La cuisinière semblait dormir et pourtant, c'était d'elle que venait cette chaleur. Son petit oeil rouge tremblotait. Elle ronflait doucement, avec des gémissements quand le vent redoublait. A ce moment-là j'ai eu une impression bizarre. Il me semblait que nous étions quatre dans la pièce : nous trois et ce gros fourneau. Je sais bien que c'est idiot mais ce qui comptait le plus pour moi, c'était le fourneau.
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Les meubles et tous les objets étaient lourds. Le silence aussi était lourd.
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