AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2277114995
Éditeur : J'ai Lu (01/01/1973)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Nous portons tous en nous un lot de souvenirs, de sujets, de personnages, qui n'ont leur place dans aucun roman. Pour cette partie cependant précieuse de notre bagage sentimental, la nouvelle est un beau refuge. Plus fréquemment que le roman, elle est une oeuvre jaillie du plus secret de l'écrivain et écrite sous la poussée d'une envie à laquelle il ne saurait résister. D'où, souvent, sa surprenante richesse.
« Pour moi, la nouvelle, qui m'a permis mes premie... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Zebra
  04 octobre 2015
Paru en novembre 1977 aux Éditions J'ai Lu, « L'espion aux yeux verts » est un recueil de neuf nouvelles écrit par Bernard Clavel, écrivain connu pour ses récits et ses romans.
A propos de la nouvelle, Bernard Clavel dit : « Nous portons tous en nous un lot de souvenirs, de sujets, de personnages, qui n'ont leur place dans aucun roman. Pour cette partie cependant précieuse de notre bagage sentimental, la nouvelle est un beau refuge. Plus fréquemment que le roman, elle est une oeuvre jaillie du plus secret de l'écrivain et écrite sous la poussée d'une envie à laquelle il ne saurait résister. D'où, souvent, sa surprenante richesse. » Genre décrié et actuellement un peu oublié, la nouvelle ne permet pas la tricherie car elle vise captiver et à retenir l'attention du lecteur, avec efficacité. L'écriture doit donc être précise, avare d'effets secondaires, ciblée et économe dans ses choix. En ce sens, le nouvelliste doit ressembler au conteur d'autrefois et forcer l'admiration.
De ce point de vue, avec ses différents récits (L'espion aux yeux verts, le père Vincendon, Légion, le jardin de Parsifal, le fouet, La barque, L'homme au manteau de cuir, le soldat Ramillot et le père Minangois), le livre est plus qu'au rendez-vous! L'ouvrage est irrigué par la prédilection de l'auteur pour la région lyonnaise et pour le Jura. Toutes les nouvelles se font remarquées par leur mélange de vies, de drames, de fraternité, de rudesse paysanne et de fragilité humaine ; elles dépassent le cadre de l'anecdote et excitent notre curiosité. Dans la première nouvelle (L'espion aux yeux verts), vous ferez connaissance avec Félicien, veuf paranoïaque, qui pense que le monde entier -y compris son chat- cherche à le nuire. Dans la deuxième (Le père Vincendon), vous découvrirez l'amour de Bernard Clavel pour le bois, ce bois qu'on peut travailler jusqu'à obtenir un bureau, un coffre, une boîte de peinture. Dans Légion (la meilleure, de mon point de vue), c'est l'arrivée d'un ex-légionnaire dans un hameau du bout du monde (quelques maisons qui finissent dans un cul-de-sac, non loin d'une falaise) qui vous tiendra en haleine (il en a été fait une adaptation télévisée). le jardin de Parsifal vous montrera la perfidie dont peut être capable une sorte de Landru, amoureux des chiens. le fouet met en scène un ex-tortionnaire nazi ayant officié au camp de concentration de Lwow, une usine de la mort, un type qui s'est reconverti en artiste de cirque mais qui sera rattrapé par son passé. La barque vous séduira par son suspense infernal (des hommes surpris par la montée des eaux). L'homme au manteau de cuir met en scène un curieux visiteur du soir et des militaires en faction dans un poste de garde. Dans le soldat Ramillot, vous serez émus devant la tendresse qui émane d'Angèle pour le soldat qui vient l'aider à faire la moisson et par la tragédie qui s'ensuit. Dans la dernière (Le père Minangois), vous trottinerez dans l'atelier d'un vieillard bougon, sec et dur comme le vent d'hiver, un luthier qui a, « dans sa façon de vous regarder ou de vous empoigner la main, une de ces choses mystérieuses et précieuses, qui font partie de ce qu'un homme conserve éternellement parmi les trésors de son enfance. »
Pour ce superbe ouvrage écrit par un amoureux du bois, des chiens et de la paix, je mets cinq étoiles et je recommande.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
lecassin
  13 mars 2013
« L'espion aux yeux verts », un recueil de nouvelles qui contient, outre la nouvelle éponyme : « le père Vincendon », « Légion », « le jardin de Parsifal », « le fouet », « La barque »,« L'homme au manteau de cuir » , « le soldat Ramillot » et « le père Minangois ».
« L'espion aux yeux verts » : la vie de Félicien, un veuf parano qui passe ses journées à se lamenter auprès de son chat ; et qui finit par le soupçonner de comploter contre lui…
« le père Vincendon » : un ami de son père longtemps perdu de vue, un voisin proche à qui il rend visite. Des souvenirs communs comme ceux de la Grande guerre… Et le travail du bois…
« Légion » : un légionnaire arrive au village. Affable et serviable, sa curiosité le perdra…
« le jardin de Parsifal » : un chien, Parsifal lutte à mort pour défendre son maître, meurtrier…
« le fouet » : un cirque où un homme Paul Nanerwicz reconnaît, pendant le spectacle, un tortionnaire, nazi, maniaque du fouet reconverti en artiste…
« La barque » : un groupe d'hommes affrontent une rivière en crue…
« L'homme au manteau de cuir » : un poste de guet, des militaires. Un civil trempé portant manteau de cuir est accueilli à l'intérieur ; malgré le règlement…
« le soldat Ramillot » : un soldat, une fermière. Ils sympathisent … et plus… Il sera porté déserteur…
« le père Minangois » : un vieux cordonnier dont que le narrateur a bien connu et dont il se souvient ici avec une nostalgie touchante ….
Plus connu pour ses sagas à plusieurs volumes, Bernard Clavel nous propose ici neuf nouvelles où se mêlent des petits riens, instantanés au sens photographique du terme, et des « contes », à la manière des conteurs d'autrefois à la veillée ; drames et faits divers.
Un recueil remarquable, et remarqué pour ma part, dans « le père Vincendon » et « le père Minangois » … Les vieux métiers, menuisier et cordonnier, que voulez-vous… ceux qui sentent la térébenthine de l'encaustique et du cirage…
Une petite faiblesse : « L'espion aux yeux verts »…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
DidierLarepe
  23 février 2017
Une suite de nouvelles qui sentent bon la campagne jurassienne des années 40 ; certaines ne sont que des petites tranches de vie paysannes, militaires ou ouvrières (Le père Vincendon - L'homme au manteau de cuir - La barque - le père Minangois), d'autres nous transportent dans des mondes insoupçonnés : L'espion aux yeux verts, un chat soupçonné par son maître , vieux veufs parano qui pensent que tous ses voisins trament un complot contre lui, d'avoir partie liée avec ses ennemis ; Légion, une belle histoire d'un ancien légionnaire arrivé dans un village dont la route ne va pas plus loin... cette route qui s'arrête et ne va nulle part le tracasse et il finira par aller voir ce qui s'y passe ; le jardin de Parsifal ou l'histoire bucolique d'un serial-killer qui préfère les chiens aux femmes, ce qui le mènera sa perte ; le soldat Ramillot, une histoire d'amour éclair au temps des moissons. Une seule nouvelle est en dessous des autres, trop évidente, trop téléphonée, le fouet...
Commenter  J’apprécie          00
Citations & extraits (2) Ajouter une citation
lecassinlecassin   13 mars 2013
Pour moi, il reste l'image d'un grand vieillard bougon, sec et dur comme le vent d'hiver, mais qui avait, dans sa façon de vous regarder ou de vous empoigner la main, une de ces choses mystérieuses et précieuses, qui font partie de ce qu'un homme conserve éternellement parmi les trésors de son enfance. »
Commenter  J’apprécie          200
ZebraZebra   03 octobre 2015
page 112 [...] Ils prirent tout d'abord la route qui mène à la ville, puis la quittèrent pour un sentier montant entre deux friches.
- Je connais, expliqua Lafond, ça rejoint le plateau où les Magnin ont des terres. De là-haut, on a une belle vue sur la vallée.
- Vous n'allez tout de même pas me faire grimper jusque là-haut ?
- Pourquoi pas ?
- C'est que je n'ai plus dix-huit ans, moi !
- Et alors ? Moi non plus.
Il se retourna et s'arrêta pour l'attendre. Puis, comme elle parvenait à sa hauteur, il ajouta :
- Plus dix-huit ans, plus dix-huit ans, ça ne veut rien dire. A vous regarder, comme ça avec votre foulard, on vous en donnerait à peine vingt-cinq.
Essoufflée par la montée, la Léonie était déjà trop rouge pour piquer son fard, mais elle baissa la tête en murmurant :
- Allons, ne dites pas de sottises.
Il faisait vraiment chaud. Le ciel était bleu et il y avait à peine un souffle d'air qui montait de la vallée. Tout luisait sous le soleil et, dans la friche, plusieurs petites sources étincelaient entre les touffes d'herbe jaune.
Ils atteignirent bientôt la lisière du bois qu'ils suivirent un long moment. Tout vivait. C'était un vrai printemps plein d'oiseaux et de chants, avec partout la fuite rapide des lézards dans les feuilles sèches. Sur l'autre coteau, les prés d'un vert cru paraissaient plus proches que les bois encore gris. Plusieurs terres fraichement labourées se détachaient presque rouges.
Légion courait autour d'eux, reniflant le vent et la terre, grattant des pattes l'entrée des terriers, jappant parfois à la poursuite d'un insecte ou d'une souris. [...]
Extrait de LEGION
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Bernard Clavel (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Clavel
Bernard Clavel
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Bernard Clavel

Né dans le Jura en ...

1903
1913
1923
1933

12 questions
35 lecteurs ont répondu
Thème : Bernard ClavelCréer un quiz sur ce livre