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ISBN : 274277596X
Éditeur : Actes Sud (28/05/2008)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 49 notes)
Résumé :

Dans une longue lettre à une amie, Fanny, l'orpheline, raconte les aventures qu'elle a connues après avoir quitté le village de son enfance. Avec franchise, elle évoque ici son expérience d'un plaisir vécu dans son évidence et sa pleine mesure. L'initiation de Fanny dans une " maison ", les circonstances qui la conduisent à faire commerce de son corps avant de retrouver l'amour de sa vie, l'épanouissement é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  14 juin 2013
Devenue orpheline à 16 ans, Fanny est emmenée à Londres par une « bienfaitrice » qui l'abandonne sitôt arrivée. La jeune fille est aussitôt repérée et recueillie par une maquerelle, qui entreprend aussitôt de mettre sa virginité à prix. Une amie délurée et quelques séances de voyeurisme suffiront pour l'instruire.
Fanny tombe amoureuse de son premier amant, amour par ailleurs réciproque. Mais le père de ce dernier l'éloigne du pays : Fanny n'a alors plus d'autres ressources que de se prostituer à nouveau.
L'auteur semble assez fasciné par la virginité, et comme Fanny ne peut la perdre qu'une fois, le calibre des messieurs ira grandissant, pour en donner l'illusion à chaque fois. de même, les autres femmes que la jeune fille rencontre ne manqueront pas de lui faire leur récit de leur première fois. le récit se fait parfois moraliste : condamnation de l'homosexualité (« En effet, sur un grand nombre de gens de cette espèce, ou du moins universellement soupçonnés de ce vice, qu'elle avait connus, à peine en pouvait-elle nommer un seul dont le caractère ne fût, sous tous les rapports, absolument vil et méprisable ») et même du « Vice » en général (« La tempérance élève les hommes au-dessus des passions, l'intempérance les y asservit ; l'une produit santé, vigueur, fécondité, gaieté, tous les biens de la vie ; l'autre n'enfante que maladies, débilité, stérilité, dégoût de soi-même, tous les maux qui peuvent affliger l'humaine nature. »), ce qui est quand même le comble dans un roman dit érotique !
L'écriture est assez réussie, ni vulgaire ni précieuse. Toutefois, on a l'impression que l'auteur n'a pas réussi à se dépêtrer de la moralité de son temps.
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Foxfire
  15 décembre 2014
"Fanny Hill, la fille de joie" de John Cleland est un petit plaisir gourmand qui se savoure tel une friandise.
Il ne faut pas s'attendre à un texte d'un érotisme torride, ni à de quelconques outrances. Les scènes dépeintes ne présentent pas une grande originalité et sont finalement très sages. L'intérêt du roman est ailleurs.
Loin de la provocation facile et du cynisme d'aujourd'hui, loin de la vulgarité de certains récits, Cleland s'attache à évoquer le plaisir dans sa forme la plus simple. Et son récit, poétique, parfois naïf, dégage un charme rafraîchissant et se révèle finalement plus troublant que bien des récits plus crus.
Le texte est très bien écrit, et il faut saluer la qualité de la traduction de Fougeret de Montbron, écrivain français libertin contemporain de Cleland. D'ailleurs, il faut aussi souligner la pertinence et l'intérêt de la postface qui revient sur ce travail de traduction, qui s'il n'est pas intégral, est sans doute celui qui respecte le mieux l'esprit du récit de Cleland, à savoir une ode au plaisir et à la sensualité.
Challenge petits plaisirs (8)
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trust_me
  06 novembre 2012
« le plus grand roman érotique anglais de l'âge d'or du libertinage » dixit l'éditeur. Son auteur, John Cleland, l'a écrit en 1749 alors qu'il était emprisonné pour dettes. L'ouvrage demeurera son seul succès et le rendra riche, lui évitant de retourner au cachot. le récit est tellement « audacieux » pour le puritanisme anglais que la perfide Albion n'autorisera sa publication officielle qu'en 1963. En France, c'est Apollinaire, au début des années 20, qui offrit la première édition érudite de Fanny Hill, lui donnant par la même ses lettres de noblesse littéraire. Dans la version d'Apollinaire, les passages les plus « compromettants » étaient relégués en notes de bas de page. Cette édition de Bernard Pascuitto peut donc être considérée comme la première publication intégrale et non expurgée de ce que nombre de lecteurs considèrent comme un chef d'oeuvre.
Pour créer le personnage de Fanny Hill, Cleland s'est inspiré de Fanny Murray, une prostituée de 17 ans qui était l'idole des aristocrates londoniens. Sous la plume du romancier, Fanny raconte ses expériences à travers deux longues lettres où elle décrit sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou dans la capitale, son initiation dans une fameuse maison close puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées. On suit donc au fil des pages la transformation d'une oie blanche en prostitué de luxe. Mais le récit s'attarde également sur les considérations liées au savoir-vivre. Fanny insiste longuement sur la bonne attitude à adopter face à une clientèle haut de gamme et exigeante. L'intérêt réside aussi dans l'évolution de la jeune fille. D'abord pure et innocente, elle acquiert vite l'expérience suffisante pour comprendre comment profiter au mieux de sa situation. Fanny devient une forte femme, intelligente, clairvoyante. Loin d'être une incontrôlable nymphomane (comme les prostitués de Pierre Louÿs par exemple), Fanny ne dédaigne pas le plaisir, mais elle place aussi la vertu au-dessus du vice, ne perdant jamais de vue le fait que ses nombreuses expériences lui ont surtout permis de trouver sa place dans le monde et n'ont pas fait d'elle une débauchée.
Il n'y a rien de glauque dans le récit de Cleland. Les clients sont classe, jamais violents. Même l'adepte du fouet se révèle au final un garçon plutôt gentil. Bien sûr, on est souvent proche d'une certaine forme de caricature, mais je préfère retenir le bonne humeur et la joie de vivre qui traverse le récit. Dans ses deux lettres, Fanny s'attarde, non sans humour, sur les descriptions physiques de ses michetons. Pour ce qui est du passage à l'acte, les choses sont davantage suggérées qu'exprimées dans les moindres détails. Un style très imagé qui m'a beaucoup plu, surtout si l'on y ajoute l'emploi quasi constant d'un passé simple délicieusement désuet : « Comment pûtes-vous m'abandonner ? ».
Bref, je ne suis pas mécontent d'avoir découvert ce grand classique. Voila un roman libertin finalement assez peu émoustillant qui m'a pourtant fait passer un excellent moment de lecture.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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frandj
  24 janvier 2017
John Cleland est un écrivain britannique assez peu connu, mais dont le livre "Mémoires d'une femme plaisir" (publié sans nom d'auteur) est passé à la postérité. Il paraitrait que le personnage principal de ce roman est directement inspiré d'une prostituée nommée Fanny Murray, qui vécu au XVIIIème siècle.
Ce livre décrit la vie de Fanny Hill, naïve provinciale arrivée très jeune à Londres, qui tombe dans les griffes d'une entremetteuse sans scrupules qui veut la mettre à la disposition de "gentlemen" riches et libidineux. Avant tout, elle souhaite "vendre" très cher la virginité de la jeune fille. D'emblée, Fanny est rebutée par la brutalité des assauts virils. Mais, presque aussitôt, elle fait par hasard la connaissance d'un très jeune homme, Charles, dont elle tombe folle amoureuse. Aura-t-elle droit au bonheur conjugal ? Hélas, non ! Une péripétie éloigne (définitivement ?) le jeune homme. Fanny, abandonnée sans le sou, doit se résoudre à une carrière de prostituée "de luxe". Mais elle change rapidement d'avis sur les choses du sexe: elle ne se prive plus de jouir sans retenue avec ses partenaires masculins, lors de ses fréquentes orgies rémunérées. Ceci n'est pas très "moral" et c'est justement ça qui rend remarquable ce roman du XVIIIème siècle. Les scènes de sexe sont décrites crûment (même si, maintenant, on n'emploie plus souvent les mots « engin » ou « machine ») et, surtout, joyeusement. La plus grande partie du roman est vraiment un hymne à la liberté sexuelle et à la jouissance. Un ultime revirement de situation change le destin de Fanny et donne au roman une sorte de dénouement "moral".
Ceci n'est peut-être pas un témoignage réaliste des moeurs ordinaires des prostituées de cette époque. C'est tout simplement un roman érotique, fort bien tourné, écrit par un homme pour les hommes.

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ladymi
  02 août 2012
Voilà un petit récit bien coquin d'une jeune fille innocente qui découvre les joies de la luxure. Fanny Hill, orpheline, se rend candidement à Londres chez une dame pour trouver du travail honnête en tant que domestique. Elle est plutôt repérée, à son insu, par une matrone qui entend vendre son pucellage à ces messieurs.
Roman léger et joyeux écrit en 1774, on ne peut que sourire en lisant toute la poésie qu'emploie l'auteur pour décrire l'indescriptible, la volupté de l'acte d'amour ô combien contraire à la morale d'alors et soumis à la sévère censure des autorités religieuses.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LuniverLuniver   13 juin 2013
J'ignore le plaisir dont elle jouit ; mais je sais bien que je goûtai cette nuit, pour la première fois, les transports de la nature ; que les premières idées de la corruption s'emparèrent de mon cœur et que j'éprouvai, en outre, que la mauvaise compagnie d'une femme n'est pas moins fatale à l'innocence que la séduction des hommes.
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LuniverLuniver   14 juin 2013
« Quelque effet qu'eût pu avoir cette infâme passion en d'autres âges et dans d'autres contrées, c'était, ce semblait-il, une bénédiction particulière pour notre atmosphère et notre climat, qu'il y avait une tache, une flétrissure imprimée sur tous ceux qui en étaient affectés, dans notre nation tout au moins. En effet, sur un grand nombre de gens de cette espèce, ou du moins universellement soupçonnés de ce vice, qu'elle avait connus, à peine en pouvait-elle nommer un seul dont le caractère ne fût, sous tous les rapports, absolument vil et méprisable ; privés de toutes les vertus de leur sexe, ils avaient tous les vices et toutes les folies du nôtre ; enfin, ils étaient aussi exécrables que ridicules dans leur monstrueuse inconscience, eux qui haïssaient et méprisaient les femmes, et qui, en même temps, singeaient toutes leurs manières, leurs airs, leurs afféteries, choses qui tout au moins siéent mieux aux femmes qu'à ces demoiselles mâles ou plutôt sans sexe. »
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frandjfrandj   22 janvier 2017
Aussitôt que nous nous trouvâmes ensemble dans la chambre, laissés à nous-mêmes, la vue du lit qui me rappelait nos premiers plaisirs et la pensée que j’allais dans un instant le partager avec le cher possesseur de mon cœur vierge m’émurent si fortement que je fus obligé de m’appuyer sur Charles. (…) Mais à présent la vraie passion, la passion épurante, avait repris possession de moi, avec tout son cortège de symptômes: une douce sensibilité, une timidité tendre, des élans d’amour tempérés de réserve et de modestie. (…) En un mot, une véritable vierge en face du lit nuptial n’eût pas plus rougi dans son innocence que je ne le faisais dans le sentiment de ma culpabilité, et réellement j’aimais Charles avec trop de sincérité pour ne pas sentir amèrement que je ne le méritais pas. (p. 308)
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wiggybiswiggybis   06 avril 2015
Les sentiers du Vice sont parfois semés de roses, mais toujours aussi infestés d'épines et de vers rongeurs : ceux de la Vertu sont uniquement semés de roses, et ces roses ne se fanent jamais.
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LuniverLuniver   14 juin 2013
La tempérance élève les hommes au-dessus des passions, l'intempérance les y asservit ; l'une produit santé, vigueur, fécondité, gaieté, tous les biens de la vie ; l'autre n'enfante que maladies, débilité, stérilité, dégoût de soi-même, tous les maux qui peuvent affliger l'humaine nature.
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