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EAN : 9782742775965
Actes Sud (28/05/2008)
3.26/5   49 notes
Résumé :

Dans une longue lettre à une amie, Fanny, l'orpheline, raconte les aventures qu'elle a connues après avoir quitté le village de son enfance. Avec franchise, elle évoque ici son expérience d'un plaisir vécu dans son évidence et sa pleine mesure. L'initiation de Fanny dans une " maison ", les circonstances qui la conduisent à faire commerce de son corps avant de retrouver l'amour de sa vie, l'épanouissement é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Luniver
  14 juin 2013
Devenue orpheline à 16 ans, Fanny est emmenée à Londres par une « bienfaitrice » qui l'abandonne sitôt arrivée. La jeune fille est aussitôt repérée et recueillie par une maquerelle, qui entreprend aussitôt de mettre sa virginité à prix. Une amie délurée et quelques séances de voyeurisme suffiront pour l'instruire.
Fanny tombe amoureuse de son premier amant, amour par ailleurs réciproque. Mais le père de ce dernier l'éloigne du pays : Fanny n'a alors plus d'autres ressources que de se prostituer à nouveau.
L'auteur semble assez fasciné par la virginité, et comme Fanny ne peut la perdre qu'une fois, le calibre des messieurs ira grandissant, pour en donner l'illusion à chaque fois. de même, les autres femmes que la jeune fille rencontre ne manqueront pas de lui faire leur récit de leur première fois. le récit se fait parfois moraliste : condamnation de l'homosexualité (« En effet, sur un grand nombre de gens de cette espèce, ou du moins universellement soupçonnés de ce vice, qu'elle avait connus, à peine en pouvait-elle nommer un seul dont le caractère ne fût, sous tous les rapports, absolument vil et méprisable ») et même du « Vice » en général (« La tempérance élève les hommes au-dessus des passions, l'intempérance les y asservit ; l'une produit santé, vigueur, fécondité, gaieté, tous les biens de la vie ; l'autre n'enfante que maladies, débilité, stérilité, dégoût de soi-même, tous les maux qui peuvent affliger l'humaine nature. »), ce qui est quand même le comble dans un roman dit érotique !
L'écriture est assez réussie, ni vulgaire ni précieuse. Toutefois, on a l'impression que l'auteur n'a pas réussi à se dépêtrer de la moralité de son temps.
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Foxfire
  15 décembre 2014
"Fanny Hill, la fille de joie" de John Cleland est un petit plaisir gourmand qui se savoure tel une friandise.
Il ne faut pas s'attendre à un texte d'un érotisme torride, ni à de quelconques outrances. Les scènes dépeintes ne présentent pas une grande originalité et sont finalement très sages. L'intérêt du roman est ailleurs.
Loin de la provocation facile et du cynisme d'aujourd'hui, loin de la vulgarité de certains récits, Cleland s'attache à évoquer le plaisir dans sa forme la plus simple. Et son récit, poétique, parfois naïf, dégage un charme rafraîchissant et se révèle finalement plus troublant que bien des récits plus crus.
Le texte est très bien écrit, et il faut saluer la qualité de la traduction de Fougeret de Montbron, écrivain français libertin contemporain de Cleland. D'ailleurs, il faut aussi souligner la pertinence et l'intérêt de la postface qui revient sur ce travail de traduction, qui s'il n'est pas intégral, est sans doute celui qui respecte le mieux l'esprit du récit de Cleland, à savoir une ode au plaisir et à la sensualité.
Challenge petits plaisirs (8)
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trust_me
  06 novembre 2012
« le plus grand roman érotique anglais de l'âge d'or du libertinage » dixit l'éditeur. Son auteur, John Cleland, l'a écrit en 1749 alors qu'il était emprisonné pour dettes. L'ouvrage demeurera son seul succès et le rendra riche, lui évitant de retourner au cachot. le récit est tellement « audacieux » pour le puritanisme anglais que la perfide Albion n'autorisera sa publication officielle qu'en 1963. En France, c'est Apollinaire, au début des années 20, qui offrit la première édition érudite de Fanny Hill, lui donnant par la même ses lettres de noblesse littéraire. Dans la version d'Apollinaire, les passages les plus « compromettants » étaient relégués en notes de bas de page. Cette édition de Bernard Pascuitto peut donc être considérée comme la première publication intégrale et non expurgée de ce que nombre de lecteurs considèrent comme un chef d'oeuvre.
Pour créer le personnage de Fanny Hill, Cleland s'est inspiré de Fanny Murray, une prostituée de 17 ans qui était l'idole des aristocrates londoniens. Sous la plume du romancier, Fanny raconte ses expériences à travers deux longues lettres où elle décrit sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou dans la capitale, son initiation dans une fameuse maison close puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées. On suit donc au fil des pages la transformation d'une oie blanche en prostitué de luxe. Mais le récit s'attarde également sur les considérations liées au savoir-vivre. Fanny insiste longuement sur la bonne attitude à adopter face à une clientèle haut de gamme et exigeante. L'intérêt réside aussi dans l'évolution de la jeune fille. D'abord pure et innocente, elle acquiert vite l'expérience suffisante pour comprendre comment profiter au mieux de sa situation. Fanny devient une forte femme, intelligente, clairvoyante. Loin d'être une incontrôlable nymphomane (comme les prostitués de Pierre Louÿs par exemple), Fanny ne dédaigne pas le plaisir, mais elle place aussi la vertu au-dessus du vice, ne perdant jamais de vue le fait que ses nombreuses expériences lui ont surtout permis de trouver sa place dans le monde et n'ont pas fait d'elle une débauchée.
Il n'y a rien de glauque dans le récit de Cleland. Les clients sont classe, jamais violents. Même l'adepte du fouet se révèle au final un garçon plutôt gentil. Bien sûr, on est souvent proche d'une certaine forme de caricature, mais je préfère retenir le bonne humeur et la joie de vivre qui traverse le récit. Dans ses deux lettres, Fanny s'attarde, non sans humour, sur les descriptions physiques de ses michetons. Pour ce qui est du passage à l'acte, les choses sont davantage suggérées qu'exprimées dans les moindres détails. Un style très imagé qui m'a beaucoup plu, surtout si l'on y ajoute l'emploi quasi constant d'un passé simple délicieusement désuet : « Comment pûtes-vous m'abandonner ? ».
Bref, je ne suis pas mécontent d'avoir découvert ce grand classique. Voila un roman libertin finalement assez peu émoustillant qui m'a pourtant fait passer un excellent moment de lecture.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Slava
  15 mars 2021
Londres, milieu du XVIIieme siècle. C'est dans cette ville qu'arrive Fanny, une jeune fille sans ressource ayant récemment perdue ses parents et qui a quitté sa campagne pour pouvoir tenter sa chance ailleurs. Une vieille dame toute charmante la prend sous son aile, ce que Fanny croit être charitable jusqu'à ce qu'elle se rende compte bien tardivement des véritables intentions de sa bienfaitrice qui n'est d'autre qu'une mère marquerelle. Elle est sauvée par Charles un bel aristocrate et tous deux vivent une idylle amoureuse mais Charles doit partir et elle se retrouve à nouveau toute seule. Elle revient alors dans le chemin de la prostitution et vit d'émoustillantes aventure sexuelles, en espérant toutefois un jour quitter cette débauche... parviendra-t-elle à sortir de son métier et reverra-t-elle son Charles ?
Fanny Hills est souvent qualifié être un des chefs d'oeuvres de la littérature érotique et sa réputation n'est pas démérité. S'inscrivant dans un siècle marqué par le libertinage et où le sexe est de plus en plus abordé dans les romans malgré les foudres de la censure, l'ouvrage de John Cleland publié en 1749 n'a pas perdu sa flamme dans notre époque plus débridé sur l'art vénérien. Les scènes de sexes qui abondent dans le récit sont élégants et bien écrits, évitant la vulgarité la plus basse : Cleland est astucieux de ne jamais nommer explicitement la chose et d'employer de jolis métaphores toutes délicatement imagées qui intensifient davantage la sensualité de ces passages. Fanny Hills nous conte avec aisance et certaine frivolité ses escapades charnelles et à l'exception de la tentative de viol de l'horrible monsieur Croft, elle vit très bien et sans honte, ni gêne ces passades et en tire souvent plaisir.
Avec Fanny Hills, nous sommes au coeur du monde de la prostitution londonienne du temps des Lumières, et du quotidien des filles vendant leurs charmes, des pensionnaires de maisons closes fort achalandées en passant par les maîtresses entretenues par leurs amants greluchons. Un microcosme des vices et vertus de société anglaise qui derrière ses apparats nobles se complaisent dans le déduit des chambres feutrées. Cependant, on pourra remarquer que la trajectoire de Fanny Hills est très idéalisée et ce malgré les déboires qu'elle traverse régulièrement, elle ne cours aucun danger (où presque) de sa sexualité, éprouve à chaque fois de l'extase dans l'amour, ses client sont tous beaux, robustes et courtois en son égard ses collègues de travail sont tout aussi aimables, elle ne subit aucun mauvais traitement et ne rencontre aucun obstacle dans son but de se libérer de cette voie qu'elle ne dédaigne pas pourtant et ne pense pas à l'argent... parfois par ci par-là elle prend le risque d'être agressée dans la rue où fait face à un client assez grossier mais elle ne rencontre jamais de graves problèmes et autres inconvénients que devait certainement connaître une prostituée dans la réalité. Fourgeret de Montbron va prendre à contre-pied cette vision sereine et joyeuse de la fille de joie avec sa Margot la Ravaudeuse cynique qui méprise ses clients et ne voit qu'en sa carrière qu'abjection et dégout.
Toutefois, justement l'érotisme soyeux de Fanny Hills parle avec un certain réalisme (tempéré toutefois vu le ton de l'oeuvre et des descriptions métaphorisées) du sexe en général, de la défloration (qui est souvent récurrent), de l'homosexualité (mal vu il faut dire par Cleland donc ne vous attendez pas de vision positive dessus ! ) de l'impuissance masculine et ce avec quelque surprenante franchise et modernité de nos jours ! D'autre part, Fanny Hills n'est pas une victime passive des événements mais prend en main son destin et savoure ses badinages sans être honteuse, ce qui peut que nous plaire dans notre société d'aujourd'hui où la femme est libre de faire ce qu'elle veut et d'aimer le sexe. Cela change de toutes ces protagonistes féminines subissant les assauts des uns et des autres comme on voit notamment dans les textes de Sade (que je ne m'y fais pas) et de la littérature érotique du temps passé. Et puis, sans spoiler, on est content que Fanny Hills y trouve sa fin heureuse mais comment elle va l'obtenir, je vous laisse découvrir...
En conclusion un bel roman érotique à lire pas seulement pour être chatouillé au point sensible mais aussi pour voyager dans le coté obscur du 18eme siècle, suivre le parcours d'une femme bien décidée à obtenir ce qu'elle veut et de vivre avec quiétude sa libido. Voilà un beau trésor de la littérature des sens à dénicher et à croquer avec régal !
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frandj
  24 janvier 2017
John Cleland est un écrivain britannique assez peu connu, mais dont le livre "Mémoires d'une femme plaisir" (publié sans nom d'auteur) est passé à la postérité. Il paraitrait que le personnage principal de ce roman est directement inspiré d'une prostituée nommée Fanny Murray, qui vécu au XVIIIème siècle.
Ce livre décrit la vie de Fanny Hill, naïve provinciale arrivée très jeune à Londres, qui tombe dans les griffes d'une entremetteuse sans scrupules qui veut la mettre à la disposition de "gentlemen" riches et libidineux. Avant tout, elle souhaite "vendre" très cher la virginité de la jeune fille. D'emblée, Fanny est rebutée par la brutalité des assauts virils. Mais, presque aussitôt, elle fait par hasard la connaissance d'un très jeune homme, Charles, dont elle tombe folle amoureuse. Aura-t-elle droit au bonheur conjugal ? Hélas, non ! Une péripétie éloigne (définitivement ?) le jeune homme. Fanny, abandonnée sans le sou, doit se résoudre à une carrière de prostituée "de luxe". Mais elle change rapidement d'avis sur les choses du sexe: elle ne se prive plus de jouir sans retenue avec ses partenaires masculins, lors de ses fréquentes orgies rémunérées. Ceci n'est pas très "moral" et c'est justement ça qui rend remarquable ce roman du XVIIIème siècle. Les scènes de sexe sont décrites crûment (même si, maintenant, on n'emploie plus souvent les mots « engin » ou « machine ») et, surtout, joyeusement. La plus grande partie du roman est vraiment un hymne à la liberté sexuelle et à la jouissance. Un ultime revirement de situation change le destin de Fanny et donne au roman une sorte de dénouement "moral".
Ceci n'est peut-être pas un témoignage réaliste des moeurs ordinaires des prostituées de cette époque. C'est tout simplement un roman érotique, fort bien tourné, écrit par un homme pour les hommes.

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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   13 juin 2013
J'ignore le plaisir dont elle jouit ; mais je sais bien que je goûtai cette nuit, pour la première fois, les transports de la nature ; que les premières idées de la corruption s'emparèrent de mon cœur et que j'éprouvai, en outre, que la mauvaise compagnie d'une femme n'est pas moins fatale à l'innocence que la séduction des hommes.
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LuniverLuniver   14 juin 2013
« Quelque effet qu'eût pu avoir cette infâme passion en d'autres âges et dans d'autres contrées, c'était, ce semblait-il, une bénédiction particulière pour notre atmosphère et notre climat, qu'il y avait une tache, une flétrissure imprimée sur tous ceux qui en étaient affectés, dans notre nation tout au moins. En effet, sur un grand nombre de gens de cette espèce, ou du moins universellement soupçonnés de ce vice, qu'elle avait connus, à peine en pouvait-elle nommer un seul dont le caractère ne fût, sous tous les rapports, absolument vil et méprisable ; privés de toutes les vertus de leur sexe, ils avaient tous les vices et toutes les folies du nôtre ; enfin, ils étaient aussi exécrables que ridicules dans leur monstrueuse inconscience, eux qui haïssaient et méprisaient les femmes, et qui, en même temps, singeaient toutes leurs manières, leurs airs, leurs afféteries, choses qui tout au moins siéent mieux aux femmes qu'à ces demoiselles mâles ou plutôt sans sexe. »
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frandjfrandj   22 janvier 2017
Aussitôt que nous nous trouvâmes ensemble dans la chambre, laissés à nous-mêmes, la vue du lit qui me rappelait nos premiers plaisirs et la pensée que j’allais dans un instant le partager avec le cher possesseur de mon cœur vierge m’émurent si fortement que je fus obligé de m’appuyer sur Charles. (…) Mais à présent la vraie passion, la passion épurante, avait repris possession de moi, avec tout son cortège de symptômes: une douce sensibilité, une timidité tendre, des élans d’amour tempérés de réserve et de modestie. (…) En un mot, une véritable vierge en face du lit nuptial n’eût pas plus rougi dans son innocence que je ne le faisais dans le sentiment de ma culpabilité, et réellement j’aimais Charles avec trop de sincérité pour ne pas sentir amèrement que je ne le méritais pas. (p. 308)
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wiggybiswiggybis   06 avril 2015
Les sentiers du Vice sont parfois semés de roses, mais toujours aussi infestés d'épines et de vers rongeurs : ceux de la Vertu sont uniquement semés de roses, et ces roses ne se fanent jamais.
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polarjazzpolarjazz   18 juillet 2020
Je me plaignis, mais mes plaintes étaient toute tendresse, que je ne pouvais supporter cela... oh ! oui, il me faisait mal. Mais il se contenta de penser que, étant donné ma grande jeunesse, toute la difficulté venait des dimensions de sa machine et que, peut-être, nul aussi avantageusement appareillé que lui à cet endroit n'avait eu mes faveurs ; car il ne lui vint à aucun moment à l'esprit que ma fleur virginale n'avait pas encore été cueillie et il aurait estimé perdre son temps en paroles inutiles que de m'interroger à ce propos.
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