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Gallimard (01/01/1976)
3.28/5   16 notes
Résumé :
Le personnage de Fanny Hill, est largement inspiré de la vie Fanny Murray, prostituée de 17 ans et diablesse très appréciée des aristocrates londoniens de l’époque.
Sous la plume de Cleland, Fanny raconte dans deux longues lettres sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans un sou à Londres, son initiation à la prostitution en maison close, puis sa spécialisation dans les orgies les plus excessives. Cette pure jeune fille, maîtrise vite le métier, sait t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
belette2911
  03 juillet 2017
En lisant l'arrière du livre (on commence où on veut, après tout), on pourrait croire que l'on va lire tout un récit érotique, plus long que ceux insérés dans les magazines placés en hauteur dans les librairies.
Je vous en prie, refermez vos bouches béantes, posez vos deux mains sur la table et ouvrez grands vos esgourdes (et vos jambes ensuite si ça vous chante, tout cela ne nous regarde pas).
Avant d'entrer dans le vif du sujet, si je puis me permettre, nous avons plus de 100 pages (sur 220) d'introduction aux mémoires de cette Fanny Hill…
Oui, ça donne les plus longs préliminaires de l'histoire du livre érotique, sans aucun doute !
J'en entends déjà certain(e)s murmurer "On n'a qu'à les sauter et aller de suite au Saint-Graal" et il est vrai qu'il serait tentant de les balancer et d'entrer de suite dans le vif du sujet.
Il n'est sans doute pas conseillé de commencer l'ascension du Mont de Vénus de suite car cette longue introduction de Guillaume Apollinaire nous éclaire, en partie, sur le fonctionnement des bordels londoniens à l'époque du 18ème siècle (années 1700 pour les ignares) en se basant sur les écrits du sieur Casanova, excusez du peu.
Avec un style empesé, lourd et fastidieux, l'introduction nous contera des tas de petites histoires de bordels (appelés sérails), mais aussi des tas de petites mésaventures arrivées à des jeunes filles qui, après avoir été grugées, finirent dans la profession de putes ensuite car une fois que la dèche fut venue, elles n'avaient pas d'autres solutions pour subvenir à leur besoin.
C'est long, je l'avoue, assez fastidieux par moment car écrit d'une manière que n'avons pas l'habitude de lire, les tournures de phrases n'étant pas celles auxquelles nous sommes habités, sans compter que nous avons aussi de longues énumérations de tarifs en tout genre, le tout sans que des mots grivois soient écrits puisque tout est suggéré.
Enfin, certaines choses apprises dans cette longue mise en bouche pourraient vous donner matière de discussions au prochain repas familial…
De plus, ces longs préliminaires vous préparent bien à l'arrivée du gros morceau que John Cleland, l'auteur, va vous proposer. On peut dire que ces préliminaires vous passent la vaseline en plus de préparer à l'arriver de la pièce principale.
Vous ne pourrez pas dire que vous n'aviez pas été prévenu des moeurs dissolues de certains, du manque d'hygiène et des orgies sexuelles qui avaient lieu dans ces maisons closes.
Last but not least, après deux longues lettres de Fanny Hill, nous arrivons dans le saint des seins ! Ou dans le sein des saints… car la petiote va nous raconter son arrivée en ville après le décès de ses parents et sa découvert du corps humain féminin et surtout masculin.
Ne cherchez pas des mots grivois dans ses récits, ni même des mots ordinaires comme "sexe, pénis, verge, vagin, fesses, testicules, éjaculer, sperme, forniquer, baiser,… " car tout est sous forme de métaphore et à vous d'imaginer ce que l'on sous-entend comme partie du corps ou comme besogne par ces jolies phrases.
En 2017, c'est sans doute trop gentillet que pour nous faire rougir ou nous émoustiller (quoique…), mais à l'époque, ce texte était jugé sulfureux et fut interdit de publication en Grande-Bretagne jusqu'en 1963.
Un comble alors qu'on parlait de ce qu'il se passait chez eux, dans leurs bordels, avec leurs péripatéticiennes, et que c'était leurs moeurs dissolues qui y étaient décrites !
Ceci expliquant peut-être cela… Il n'est jamais agréable que le monde sache les horreurs qui se commettaient à cette époque chez les très distingués anglais. Shocking !
Une lecture plaisante à partir de la page 100, instructive dans ses premières pages (50) et redondante et laborieuse entre la page 50 et la 100.
À lire afin de savoir comment vivait la société en ces temps là… ou pour mettre à jour son catalogue de métaphores sexuelles et pouvoir en parler devant les enfants sans dire que l'on a envie de faire une petite lessive. Zut, monsieur l'a faite à la main !!

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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akhesa
  04 juillet 2018
Livre ô combien osé pour le siècle qui l'a vu naître mais ô combien juste insolent pour notre époque.Ouvrage qui se lit très vite,ou il n'y a pas de suspens,juste des descriptions un peu osées de l'éducation sexuelle d'une jeune fille.
La télévision et internet feront sans doute plus de dégâts que la lecture de ce roman.
Laissez-vous séduire et lisez-le.
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bountyfrei
  08 décembre 2015
Fanny Hill vient de perdre ses parents. Seule, elle n'a pas d'autres choix que de monter à Londres pour s'en sortir. Mais une fois sur place, la personne qui s'était chargée de l'aider la laisse en plan. Livrée à elle-même, elle va tomber dans les griffes d'une vieille maquerelle et deviendra une prostituée de luxe, d'abord privée, puis publique, le tout pour assurer sa survie dans cette grande ville. Dans deux longues lettres, elle raconte sa vie à Londres, entre plaisir et intrigues...
L'histoire ne commence pas directement avec Fanny Hill, mais par une introduction de 179 pages, soit la moitié du roman, de Guillaume Apollinaire sur Londres et ses bordels au XVIIIè siècle, se basant sur les écrits de Casanova. C'est une longue introduction qui permet de saisir la situation dans laquelle nous plonge John Cleland aux côtés de notre héroïne, et dans quel monde elle évolue. C'est donc très intéressant et c'est un point que l'on ne peut sauter, tant elle nous prépare à ce qui va suivre !
L'introduction lue, nous passons aux deux longues lettres de Fanny, relatant comment elle a quitté sa campagne natale, s'est faite dépucelée. Puis enfin comment elle en est venue à se prostituer, d'abord auprès d'un homme, puis devenir ensuite une prostituée de luxe "publique", vendant ses charmes à des jeunes hommes triés sur le volet. Bien sûr, Fanny Hill prend du plaisir à tout ceci et a accepté la situation en toute connaissance de cause - le consentement du personnage est un point assez intéressant. Elle aurait pu se trouver un petit travail, dame de compagnie, faire du ménage... Elle s'est pourtant tournée vers un métier qui demande du courage, un métier pas facile où elle aurait pu tomber sur bien pire que la vieille maquerelle peu scrupuleuse, tout en gardant la tête haute.
Ce sont deux lettres avec de belles tournures de phrases, au vocabulaire soutenu, et exempt de toute vulgarité.
C'est un classique de la littérature érotique qui a été interdit en 1749, soit un an après sa publication... en Angleterre ! Et jusqu'à récemment, à Singapour. Et pourtant, pour l'Angleterre, c'est assez surprenant puisque si on se fie à l'introduction de Guillaume Apollinaire, les bordels étaient légions, et sous différentes formes !
En bref, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir est un petit classique, que l'on préféra plus pour comprendre les moeurs de nos voisins outre-manche avec l'introduction bien fournie de Guillaume Apollinaire que pour son côté érotique. Cette nouvelle édition est à mettre sous le sapin des lecteurs avertis !
Lien : http://onceuponatime.ek.la/m..
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AgaguK2015
  29 septembre 2015
Bon, n'ayons pas peur de nous découvrir : oui, c'est un livre érotique. Et un livre superbe magnifiquement écrit. L'intrigue est évidemment très compliquée (...) mais c'est surtout le style qui retient notre attention. Juste le style ...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   30 juin 2017
Son phénix étant ressuscité se percha au centre de la forêt enchantée qui décore de ses ombrages la région des béatitudes. Je sentis derechef une émotion si vive qu'il n'y avait que la pluie salutaire dont la nature bienfaisante arrose ces climats favorisés qui pût me sauver de l'embrasement.
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frandjfrandj   22 janvier 2017
(p. 308)

Aussitôt que nous nous trouvâmes ensemble dans la chambre, laissés à nous-mêmes, la vue du lit qui me rappelait nos premiers plaisirs et la pensée que j’allais dans un instant le partager avec le cher possesseur de mon cœur vierge m’émurent si fortement que je fus obligé de m’appuyer sur Charles. (…) Mais à présent la vraie passion, la passion épurante, avait repris possession de moi, avec tout son cortège de symptômes: une douce sensibilité, une timidité tendre, des élans d’amour tempérés de réserve et de modestie. (…) En un mot, une véritable vierge en face du lit nuptial n’eût pas plus rougi dans son innocence que je ne le faisais dans le sentiment de ma culpabilité, et réellement j’aimais Charles avec trop de sincérité pour ne pas sentir amèrement que je ne le méritais pas.
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belette2911belette2911   30 juin 2017
Je m'éveillai avec cette inquiétude et mon premier soin fut un examen sérieux de la partie offensée. Mais quelle fut ma joie lorsque j'eus reconnu que ni le duvet, ni l'intérieur même n'offraient aucun vestige des assauts qui s'y étaient donnés la veille, quoique la chaleur naturelle du bain en eût dû élargir les parois.
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belette2911belette2911   30 juin 2017
Je m'avisai enfin de caresser et presser les tendres globules de ce réservoir du nectar radical. Ce magique attouchement eut son effet instantané : je sentis aussitôt les symptômes de cette douce agonie, de cette crise de dissolution où le plaisir meurt par le plaisir, et je me noyai dans des flots de délices.
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belette2911belette2911   30 juin 2017
Charles ne crut autre chose, sinon que la difficulté venait de sa dimension (car peu d'hommes auraient pu lutter avec lui sous ce rapport) et que peut-être n'avais-je pas eu affaire à personne aussi fortement outillé que lui : quant à se douter que ma fleur virginale était intacte, c'était chose qui ne pouvait entrer dans sa tête, et il eût cru perdre son temps et ses paroles s'il m'avait questionnée là-dessus ; car il ne pouvait pas se persuader que je fusse encore pucelle.
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