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EAN : 9782081416574
Éditeur : Flammarion (22/08/2018)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Sur le parking d’un camp de caravanes, en plein cœur de la Floride, Pearl vit à l’avant d’une Mercury avec sa mère Margot qui dort sur le siège arrière. Elles se sont créé un quotidien à deux, fait de chansons d’amour, de porcelaine de Limoges, d’insecticide Raid et de lait en poudre. Outre ce lien fusionnel, l’adolescente peut aussi compter sur sa meilleure amie, Avril May, avec qui elle fume des cigarettes volées au bord d’une rivière pleine d’alligators, et sur l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  10 janvier 2020
Superbe...
Pearl (14 ans , en parait 8...).
Signe particulier : vit dans une voiture avec sa mère sur le parking d'un camp de caravanes en Floride...
Voilà...
Le "décor" est posé, on sait qu'on est chez les plus démunis des démunis américains....
Et elle ne se plaint pas de sa vie Pearl, elle adore sa mère qui fait des ménages dans un hôpital et qui l'a eu trop jeune. Elle ne connaît que cette vie, sa mère ayant fugué, enceinte, de la maison familiale à bord de sa Mercury, ( cadeau de ses parents pour ses 16 ans ). De son passé , on apprendra qu'elle vient d'une famille bourgeoise, et qu'il y a des vestiges de cette vie, plein le coffre (porcelaine de Limoge, argenterie, collier de perles...) .
Pearl s'est accommodée de cette vie avec bonheur, faisant avec une copine plus âgée, de ce camping, un terrain de jeux formidable, composant avec le danger, là juste devant ses yeux. C'est une gamine , terriblement attachante , à la fois lumineuse , terriblement aguerrie et profondément naïve, à l'image de son physique d'adolescente-enfant.
Un couple mère-fille bouleversant , un amour pour "toujours", jusqu'à ce qu'un homme mystérieux débarque dans le camp. Il n'y a pas que les balles qui sont perdues, dans ce roman, il y a aussi les baffes, que l'on voudrait distribuer à certains adultes et au système.
Un livre profondément original qui dénonce, qui enfonce et qui laisse le lecteur démuni , KO devant tant de misère sociale, tant d'injustices, tant de violence , tant de vies gâchées et tant de beauté dans l'écriture et le style.
Car si Pearl est si juste, si naïve et percutante dans ces réflexions , c'est grâce à des mots divinement choisis, pesés au millimètre près.
Quand la poésie et l'humour dénonce la précarité et le trafic d'armes aux USA, notre coeur fait boum et laisse à terre , pleins de Balles perdues...
Coup de coeur 2020...
Challenge Plumes féminines
Challenge Multi défis
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nadiouchka
  18 août 2018
Un livre de la rentrée littéraire 2018 qui m' a bien enchantée, une belle surprise : #éditionsflammarion.
Poète, biographe et romancière, #Jennifer Clement est née dans le Connecticut (États-Unis). A présent, elle vit à Mexico.
Avec « Balles perdues » elle nous entraîne dans la vie d'une petite fille, Pearl qui vit avec sa mère, Margot, qui est née avec une cuillère argentée On disait d'elle : « Même si ta mère est née avec une cuillère en argent dans la bouche, c'est une fille bien. Ta maman est la preuve vivante qu'une personne riche peut être quelqu'un de bien. » ( p.59).
Depuis sa naissance, leur logement est une voiture, une Mercury où Margot a organisé leur vie faite de débrouille. Elle est très estimée des voisins (qui vivent dans un camp de caravanes, en Floride, près d'une décharge), pour son courage, sa gentillesse et son dévouement pour sa fille.
D'ailleurs Pearl décrit Margot ainsi : « Ma mère était comme deux cents grammes de sucre en poudre. On pouvait toujours l'emprunter si on en avait besoin, comme on emprunte du sucre à sa voisine.
Ma mère était si adorable, si douce, que ses mains étaient toujours collantes comme après un goûter d'anniversaire. Dans son haleine, il y avait les cinq parfums des bonbons Life Savers.
Et puis elle connaissait toutes les chansons d'amour. » (p.11). On trouve également beaucoup de poésie dans cet univers sombre.
Cette relation mère – fille est très forte avec un rapport fusionnel. De son père, c'est un inconnu car Margot ne veut pas le révéler à sa fille.
Si leur vie est faite de galère, elle n'est jamais critiquée, non, elle est très organisée tant bien que mal jusqu'au drame qui va bouleverser la vie de la petite Pearl qui n'a qu'une seule amie, Avril May qui vit dans une caravane argentée et avec qui elle fume des cigarettes chapardées, au bord d'une rivière toxique où pullulent des alligators.
Cette vie faite de débrouillardise et d'amour, avec également une jolie poésie, va être perturbée par l'arrivée du mystérieux et charmeur Eli Redmond qui prend de plus en plus de place, à tel point que Pearl se retrouve chassée de la voiture – logement. Elle trouve une caravane apparemment vide dans laquelle elle se réfugie mais celle-ci va rapidement servir d'entrepôt pour des armes de toutes sortes.
Elle se réfugie donc chez la gentille Corazón, mais chez les Mexicains il y a également des armes partout, des fusils de chasse, des mitraillettes, des pistolets… Des armes fournies par le pasteur Rex et Eli pour les revendre au Texas en passant par le Mexique.
Mais arrive LE drame et Pearl devient une « enfant fusillade » parce que sa mère a été tuée par balle. Elle va ainsi se retrouver avec d'autres enfants qui ont connu le même sort et elle va faire en sorte de supporter sa douleur, le changement radical de vie : elle connaît enfin un vrai lit, des portes, des pièces d'appartement, une baignoire…. Tout ce qu'elle n'a pas eu dans la voiture.
Avec cet ouvrage raconté par une enfant, qui parle des sans-abris, la violence, l'observation très lucide de tout ce qui se passe autour d'elle, les trafics d'armes, on a du mal à réaliser que Pearl n'a que 14 ans.
Dans sa famille d'accueil, elle va rencontrer d'autres « enfants fusillades » avec, parmi eux, Leo qui nouera une amitié particulière.
J'ai gardé pour la fin, un petit extrait tiré des dernières pages : « Je savais que je reviendrais un jour aux États-Unis pour Leo et pour chercher mon père dans les Pages Jaunes de la vie. » (p.296)
Jennifer Clement a réussi à écrire un roman aussi sombre que lumineux, au milieu d'un univers encombré de problèmes sociaux et économiques.
💕💕💕💕💕
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Stelphique
  22 août 2018
Ce que j'ai ressenti:
Balles Perdues, Filles aux vents…
Ce roman est une peinture contemporaine, en monochrome de sucre blanc et poudre noire, d'une Amérique confrontée à la montée en puissance du trafic d'armes. La violence et la vengeance à portée d'un doigt, viennent assombrir ce tableau idyllique de la fusion d'une mère célibataire et de sa fille étrangement diaphane. Margot et Pearl, perdues au milieu de rien, vivent de rêves et de chansons d'amour, au fin fond d'une Mercury Topaz, pendant que les tirs de fusils claquent à toutes heures. Une Perle demoiselle qui danse avec des fusils, et une Demoiselle Douceur se frottant à l'amour sifflant: il est des moments de grâce, qui ne dure qu'un temps…Et cette désynchronisation, s'appelle… Eli.
« -Pearl, mon bébé, a-t-elle dit, je crois au coup de foudre, à l'amour au premier regard. Alors fais bien attention à ce que tu regardes. »
Tant de douceur…
Jennifer Clement a une plume guimauve, elle panse avec de jolis mots, les pires traumatismes et, lire cette histoire, c'est sentir le pétillement des grains de saccharose fondre dans la bouche…J'ai adoré la douceur qu'il se dégage de ses pages, et même s'il n'en reste pas moins que l'auteure dénonce un vrai problème de société, cette vie de marginales parfumée au spray Raid et auréolée de souffle magique d'empathie, a su me toucher en plein coeur. Plus efficace encore, que le tir d'une balle meurtrière…J'ai aimé la sensibilité et la manière poétique de Jennifer Clement d'enrober de moelleux, l'énergie négative de ces vies, à l'orée de la société…Il y avait du charme dans ces vies singulières, et je me suis régalée de découvrir une autre façon de vivre, un peu moins commode certes, mais avec un sachet de plus, en liberté suave…
« Ne sois pas trop prudente. On n'est que de la poussière d'étoiles, tu sais. »
…Dans un monde de brutes…
On a pleinement conscience, malgré ses deux anges égarées qui voltigent sur la décharge, que la peur et la violence prennent leurs aises, que les accidents sont trop vite arrivés, que la haine envahie les paysages, que les armes font partie du quotidien. Omniprésentes. Clinquantes. Fatales. le décor est saturé de poudre, d'yeux-revolvers, de détonations assourdissantes, elle est tellement là, cette banalisation de port d'armes, que même la jeunesse n'en mesure même plus les dangers, et se perdent dans ses affres…Cela en est désolant…
« La vie est toujours juste au bord de la mort. »
Un cri d'alarme, une jolie rencontre féminine, je suis conquise…Il me tarde de lire d'autres livres de Jennifer Clement, et notamment, curieuse de découvrir ses poésies…


Ma note plaisir de Lecture 9/10

Remerciements:
Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Flammarion pour leur confiance et l'envoi de ce livre! Ce fut une lecture pleine de charme.
Lien : https://fairystelphique.word..
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Stockard
  15 août 2018
Être né avec une cuillère en argent dans la bouche et décider, à 16 ans, de quitter la grande bourgeoisie pour vivre dans une voiture, ils sont pas nombreux à faire le chemin dans ce sens-là. Margot France est de ceux-là. Quant, adolescente, elle tombe enceinte d'un professeur largement plus âgé, sa décision est prise, elle accouche dans sa baignoire, réunit quelques affaires et file s'installer dans une Mercury Topaz à l'entrée d'un parc de caravanes avec la petite Pearl sous le bras en espérant que personne ne lui demandera jamais de produire un certificat de naissance.
Malgré la pauvreté et la promiscuité de cette situation, la vie ne se passe pas si mal pour ces deux-là, faite de chansons d'amour qu'elles fredonnent à longueur de temps, de l'odeur tenace du Raid pulvérisé tous les soirs dans l'habitacle qui imprègne tout et des trésors chapardés à la riche famille de Margot qui s'entassent dans le coffre. Pour Pearl, devenue adolescente et qui n'a jamais connu autre chose, tout cela semble normal et ne l'empêche pas, avec Avril May sa meilleure amie vivant dans une caravane du parc, d'accumuler avec insouciance les petites bêtises propres à son âge. Bref, une existence plutôt douce que l'arrivée d'Eli, inconnu au bataillon, va faire chavirer en faisant tourner la tête et les sens de Margot et voilà Pearl qui, se sentant rejetée, passe le plus clair de son temps à s'introduire en douce dans les caravanes voisines, les découvrant toutes remplies d'armes, la plupart en transit pour le Mexique. Quoi d'étonnant dans ce trou de Floride perdu au milieu de nulle part où tout le monde est armé et où tout le monde trouve ça formidable, dégainant pour tirer sur, au choix, des bébés alligators, des troncs d'arbre, des panneaux de signalisation et même pourquoi pas, une fois, sur la Mercury ? La routine quoi... Mais l'arrivée soudaine du plus que louche Eli ne peut pas être le fait d'un hasard qu'il prétend affirmer, quelque chose forcément le lie à cet illicite commerce d'armement...
Racontant la vie des rednecks, démunis, révérends louches et autres vétérans du Vietnam, tous fous d'armes à feu, Jennifer Clement fait le choix intelligent de la dénonciation non-manichéenne du deuxième amendement. Que ses personnages soient bienveillants ou mauvais comme la teigne, pas un qui ne soit pas armé et qu'importe que leur coeur soit bon ou noir comme l'ébène, qu'ils portent un flingue parce que tirer sur tout ce qui bouge est devenu leur raison de vivre ou qu'ils se livrent à un petit trafic illégal parce qu'il faut bien manger, ça ne fera aucune différence quand il incombera à la Faucheuse de désigner ceux qui, ayant vécu par la poudre, périront par la poudre. Dans tous les cas, rien de bon, jamais, ne peut sortir du barillet.
Balles perdues tire parti d'une écriture soignée mais le style poétique et élégant de Jennifer Clement ne compense pas une intrigue par trop simpliste et une critique de l'industrie de l'armement un poil trop molle du genou quand on l'aurait voulu tellement plus combative et que la NRA s'étouffe avec !
Au final, un livre agréable à lire mais malgré tout un livre qui se fera tranquillement oublier.
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KateMoore
  21 août 2018
En Floride, au milieu de nulle part, Pearl, quatorze ans, vit avec sa mère, Margot, dans une Mercury. Cette voiture lui avait été donnée pour ses seize ans par ses richissimes parents.
La Mercury Topaz, de couleur rouge à l'origine, est posée sur un terrain de caravanes avec une sympathique pancarte : « Bienvenue au Camp d'Indian Waters ».
La vie de Pearl se résume à ce terrain de camping, à la décharge toxique juste à côté et l'école.
Sa seule amie, Avril May, vit, elle aussi, sur ce terrain dans une caravane avec ses parents.
Leurs seuls loisirs : fouiller la décharge à la recherche de quelque chose d'intéressant, aller fumer des cigarettes au bord d'un ponton, les pieds dans l'eau.
Dans leur vie, Pearl et sa mère ont trouvé un certain équilibre, dans leur voiture-maison, restant, quand même, dans une grande précarité.
L'irruption d'Eli, qui va devenir l'amant de Margot, rompt cet équilibre déjà très fragile.
« Quand je repense à ma vie dans la voiture, je la vois divisée en deux parties : avant que ma mère ne rencontre Eli et après. Ces mots, avant et après, sont comme des heures marquées sur une pendule. » (page 18).
Jennifer Clement, dans son livre « Balles perdues », nous donne à voir une Floride rurale, faite de « paumés » ; loin des pièges à touristes, des richissimes américains venant passer une retraite dorée ou des Cubains, non moins richissimes, ayant pu se payer le passage entre Cuba et la Floride.
Cet Etat est l'exemple même de cette Amérique à deux vitesses : violences sociales, économiques……
Ces américains modestes ont juste le droit de respirer les vapeurs toxiques de la décharge municipale. On y stocke des déchets hospitaliers, des détergents chimiques… Tout ce qui peut-être dangereux pour un être humain, sauf bien sûr pour ceux qui habitent le Camp d'Indian Waters.
« Dans notre coin de Floride, tout était perturbé. La vie était toujours comme une chaussure qu'on aurait mise au mauvais pied. » (page 16).
"Mme Roberta Young affirmait que la décharge avait des effets néfastes sur le secteur et que nous étions en train d'être lentement contaminés. Elle avait écrit des pétitions et les avait envoyées aux instances locales et fédérales. Mais personne n'était jamais venu pour inspecter la décharge ou vérifier notre eau." (page 68)
Le port d'armes légalisé, aux Etats-Unis, par le deuxième amendement de la Constitution et géré par les Etats, est aussi un point que l'auteur aborde.
Jennifer Clement détaille largement les problèmes causés par ce phénomène. Certains habitants du campement se livrent à un trafic très lucratif.
Des armes qui passent de main en main sans que l'on sache leur provenance, ni leur destinataire.
Un jour, Corazon, en couple avec Ray (deux Mexicains vivant du trafic), en nettoyant un revolver, tombe sur un pistolet encore plein de sang.
« Chez les Mexicains aussi, il y avait des armes partout.
Il y avait des fusils de chasse alignés le long d'un mur, et en piles dans le couloir qui menait aux chambres. Dans les deux chambres se trouvaient des mitraillettes, entreposées sous les lits. Dans le salon, de grands conteneurs remplis de pistolets. Des boîtes de munitions étaient également empilées le long des murs dans presque chaque pièce. » (page 135).
« Les armes appartenaient au pasteur Rex et à Eli. Ils se les procuraient grâce au programme du pasteur, ou ils les achetaient à des vétérans dans les hôpitaux ou dans des foires aux armes. Corazon les nettoyait et Ray aidait Eli à les revendre au Texas, mais surtout, il les passait au Mexique. » (pages 136-137).
Pearl est, à mon avis, le seul personnage solaire de ce roman. Elle est débrouillarde et essaie de voir le côté positif de la vie. Même si chaque jour qui passe, Pearl peut être reprise à Margot par les Services de protection de l'enfance et envoyée dans un foyer.
« Grâce à ma mère, je savais que la mémoire était seule capable de remplacer l'amour. Grâce à ma mère, je savais que le monde des rêves était l'unique endroit où je pouvais aller me réfugier. » (page 260).
« Balles perdues » est à la fois un roman très sombre, très triste mais avec beaucoup de poésie et d'humour.
Un(e) journaliste du Washington Post a écrit à propos de ce livre : « « Balles perdues » nous donne un aperçu du quotidien de ceux qui bataillent chaque jour. Ils sont peut-être les enfants oubliés de l'Amérique, mais après avoir refermé ce livre, vous n'êtes pas prêts de les oublier. »
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critiques presse (1)
Lexpress   23 août 2018
L'Amérique des démunis racontée par les yeux d'une enfant. Un roman poignant au lyrisme mêlé d'humour et de poésie. Cruel et envoûtant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   20 août 2018
Tandis que le car m’emmenait loin de ces quatorze années passées dans une voiture au nord d’un camp de caravanes et de ces trois semaines dans un foyer d’accueil, j’ai compris mon héritage. Ma mère ne m’avait pas seulement appris les bonnes manières et raconté sin enfance de cuillère en argent et de toasts à la cannelle, elle m’avait légué un fonds de placement de sentiments. Ce que j’avais compris seulement après sa mort, c’est qu’elle avait aussi de l’empathie pour les objets.
Les perles autour de mon cou pleuraient la mer perdue. P.241
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nadiouchkanadiouchka   17 juin 2019
L’enveloppe Kraft contenait la petite bague sertie d’une opale que M. Rodrigo, le professeur de piano, avait offerte à ma mère. Je l’ai glissée, ainsi que toutes les superstitions de Cuba, à mon doigt.
L’enveloppe contenait aussi les balles de revolver.
Le coroner et la police me faisaient parvenir ces vingt balles comme si elles appartenaient à ma mère, car ils les avaient trouvées à l’intérieur de son corps. Comme si c’étaient ses bijoux. Ces balles de revolver étaient mon héritage.
P.197
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nadiouchkanadiouchka   30 septembre 2018
- Ta mère avait envie qu’on la sauve, a dit Corazón . Elle n’avait pas de famille, pas de foyer, pas de toit. Commet tu veux vivre dans une voiture pendant toutes ces années ? C’était une femme seule. Cet homme, il est arrivé, il est entré en elle sans frapper et il s’est assis.
- Oui, ai-je dit. Je sais bien ce qui est arrivé. Elle aurait voulu que chaque jour soit un dimanche. Ce sont les paroles d’une chanson. Elle rêvait d’un amour joli comme un dimanche.
P.221
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iris29iris29   17 janvier 2020
Ils buvaient de la bière et tiraient dans l'eau, encore et encore, au cas où il y aurait des alligators.
Je savais qu'il y avait des milliers de balles dans le lit de la rivière. Certaines s'étaient même échouées sur la rive, mélangées au gravier.
(...). Depuis la Mercury, on entendait le bruit des armes qui ouvraient le feu sur l'eau.
- Les voilà qui recommencent, disait ma mère. Ils assassinent la rivière.
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nadiouchkanadiouchka   06 septembre 2018
Elle penchait la tête et la musique sortait d’elle. Ses mains volaient, retombaient, mouraient tandis qu’elle les promenait au-dessus du clavier.
Ma mère jouait, et la mélancolie et la beauté se sont abattues comme une obscurité sur la Floride, et ont métamorphosé l’État du Soleil en l’endroit le plus triste du monde.
P.150
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Videos de Jennifer Clement (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jennifer Clement
Intervention de Jennifer Clement pour un congrès à New Delhi (en anglais).
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