AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2369141832
Éditeur : Libretto (30/11/-1)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 189 notes)
Résumé :
Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et char... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
Ladybird123
  14 février 2019
En ce jour des amoureux, j'ouvre ce tout petit livre et vient jusqu'à moi un bouquet de fleurs aussi douces qu'épineuses.
Nicolas Clément est philosophe et cela se ressent dans sa plume. Il noue les mots avec le ruban de l'amour car il y a beaucoup d'amour dans ce livre.
Marthe vit avec son petit frère Leonce dans une ferme éloignée de tout. Deux enfants victimes de la violence du père dont les coups s'abattent sur leur mère sans défense. On pourrait penser que l'univers ici est glauque mais il n'en est rien, Marthe se réfugie auprès des animaux, de la nature, des livres aussi et son monde ressemble à un jardin fleuri où l'amour pour son frère et l'amour pour Florent semble l'enserrer de toute part.
J'ai parfois trébuché dans le jardin de Nicolas Clément, l'écriture n'est pas toujours très claire et accessible. Tout le dilemme de faire cohabiter la beauté et l'horreur, de faire des maux des lambeaux de mots, de faire germer des fleurs dans un champs de mine, le tout avec grande finesse et poésie.
«  Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu'il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les coeurs tombés. Quand la tristesse vient miauler dans mes jambes, je la prends sur mes genoux, j'appose mes mains de guérisseuse et je t'offre mon dos rond. Aussi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n'avons pas reçu et qui nous sert d'épines. »
Magnifique...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          929
marina53
  19 janvier 2015
La neige en hiver recouvre tous les champs alentour, empêchant parfois d'aller à l'école. Une ferme isolée qui abrite une famille. Deux enfants, Marthe et Léonce. Martyrisés par les coups, les cris et les mots blessants ou absents de leur père. La terreur et la violence règnent en maître. La petite fille apprend à coudre les vêtements qui permettront de cacher les cicatrices de sa maman, lit des histoires à son petit frère et se réfugie dans les livres, même les plus difficiles. La rencontre avec Florent et la découverte des caresses et de l'amour peuvent-elles suffire à l'âme de s'évader?
"Je m'en vais tout effacer sauf les fleurs" de Beckett... Cette phrase à elle seule exprime le ressenti de Marthe. Réduite au silence, il lui reste peu de mots. Dans ce récit qu'elle adresse à son frère, elle couche sur papier son enfance, les drames qui se sont joués et l'envolée. Vaine. Malgré la violence prégnante, ce roman est empli d'une poésie palpable. Les mots sonnent juste et résonnent, les expressions imagées sont lumineuses et l'écriture musicale réellement touchante. Nicolas Clément nous livre un roman étincelant et profond.
Sauf les fleurs qui fleurissent encore...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          689
rabanne
  10 octobre 2017
75 pages lues en apnée, sidérée, le ventre noué, la gorge serrée, le coeur palpitant, au bord des lèvres (!)
Je rejoints absolument les termes d' "uppercut", de "coup de poing", que j'ai lus dans d'autres critiques... Comment rester indifférente face à cette effroyable violence, cette angoisse à la fois sourde et palpable, au drame inévitable sous-jacent ?!!
On dirait que l'auteur essaie de nous ménager ou, sinon, nous malmener (?) avec sa plume parfois déroutante, ciselée, vertigineuse, brutalement poétique. Pour retranscrire, avec un mélange de férocité et de pudeur, ce que Marthe raconte d'indicible, d'indélébile, à travers les stigmates d'une terrible enfance, la culpabilité, un impossible deuil, une plaie béante, sa prison... Heureusement, il y a aussi des rayons de lumière intenses : le petit frère, la chaleur des animaux, la soif d'apprendre, le sourire d'une mère, les bras d'un homme, un vrai, celui-là.
Nous sommes, lecteurs, témoins directs et impuissants, rageant contre cette impuissance. Nous aimerions être ces jurés qui laisseront peut-être une chance à (toutes les, tous les) Marthe et Léonce de cueillir enfin les FLEURS de leur bonheur !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          5827
Chrisdu26
  29 novembre 2013
Magistral !
Ce récit ne se raconte pas, il se lit pour en apprécier toute la saveur. L'histoire en somme est simple, ce sont 75 pages que l'on tourne avec une extrême douceur pour ne pas en abimer la qualité des mots, un bouquet d'émotions au texte puissant et violent. Derrière chaque ligne se cachent des fleurs et leurs pétales nous délivrent tour à tour un florilège de sentiments forts et poignants comme la souffrance, la haine, le désespoir mais aussi le désir et l'espoir d'une vie meilleure.
Nicolas Clément raconte une enfance fauchée, l'absence qui tue, les âmes et les corps mutilés, les maux qui agonisent au fond de la gorge et ces cris que l'on étouffe dans l'oreiller. Il parle d'un drame, de larmes, de l'humiliation, du lien maternel, de ce père, avare de mots comme de sentiments, qui ne connait que le langage des poings, de cette rage qui nous ronge et nous condamne à l'irréversible. Mais au milieu de ce chaos et de cette misère sociale, il y a l'amour comme seule échappatoire, un souvenir bienveillant et un petit frère au coeur innocent «qui ne demande à l'existence qu'un peu de brise pour son un cerf-volant»
Deux lectures m'ont été nécessaires afin de m'imprégner totalement de la subtilité du style. La maîtrise elliptique de l'auteur bouscule. Les émotions sont palpables, les sentiments sont décrits avec une telle profondeur que les mots font encore écho en moi. La poésie de chaque paragraphe, de chaque phrase nous saisit et nous émerveille.
«J'attends la cloche qui me délivrera. Sous le préau, je me jette dans les bras de Léonce, mon frère. C'est juste une dictée, Si tu as zéro, j'ai zéro aussi, on se trompe au même endroit, on se plante pareil, on reste groupés. Je suis au bord du puits. Léonce me tend son mouchoir à carreaux, Ne pleure pas, Marthe. Je laisse la tristesse redescendre et respire, délestée du poids que j'étais. Je masse mes jambes. Je ne me sens plus fautive. La vie est longue, mon frère est là.»
Sauf les fleurs… Un parfum enivrant que je ne suis pas prête d'oublier…

Lien : http://marque-pages-buvard-p..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          595
cicou45
  17 février 2016
Ayant eu le privilège d'être tirée au sort lors du concours Libretto organisé en fin d'année, ce fut ma chance de pouvoir découvrir à la fois un auteur et un titre. et je commence donc tout naturellement cette critique par remercier Babelio ainsi que les édition Libretto.
"Saul les fleurs" est écrit dans une langue qui ne se raconte pas. Je m'explique et je vous rassure, c'est du français mais avec des phrases déconstruites et des verbes qui n'ont pas la même signification pour la narratrice et protagoniste de cet ouvrage que pour le lecteur. Cependant, ne vous affolez pas, ce dernier comprend tout de suite là où Marthe, car c'est le nom de notre narratrice, veut le mener. Pourquoi des phrases déconstruites ? Tout simplement pour s'harmoniser avec la teneur de ce récit extrêmement poignant et bouleversant d'une famille qui se déchire, se décompose petit à petit. La faute à qui ? Non pas au destin ni même au fait que Marthe et son petit frère Léonce grandissent mais la faute au père. Ce dernier, en tant qu'homme extrêmement violent, bat régulièrement sa femme...jusqu'au jour où, il faut quitter la ferme. Marthe, ayant trouvé le grand amour avec Florent s'exile pour Baltimore. Plus de conversations avec Myriam, la voisine et seule véritable amie de Marthe dans ce monde reculé où se trouve la ferme et dans lequel à part Léonce et les bêtes, il n'y a personne à qui parler. Comment décrire l'horreur, celle de voir sa mère dépérir chaque jour un peu plus,, les coups se faire de plus en plus violents ? Les mots n'existent pas et c'est pour cela que ce livre, à l'expression si particulière et qui le rend unique, existe !
Quand on ne peut pas décrire, parler, raconter (ce qui m'arrive en ce moment avec cet ouvrage devant lequel je me trouve démunie de mots), on peut lire ! Une lecture que je vous recommande !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          540

critiques presse (2)
Telerama   14 octobre 2015
Dans ce texte débordant et tenu, poétique et glacé, Nicolas Clément développe un drame familial où la violence est quotidienne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Actualitte   10 janvier 2014
C'est un magnifique texte terrible dont Eschyle, omniprésent, n'aurait pas renié ni l'écriture poétique, ni le caractère tragique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (127) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   18 mai 2014
A table, je cherche les yeux de papa pour un début de lien, un commencement de corde. Il fut mon prince, celui que je charmais, le dimanche soir, avec un livre d'images (il se taisait déjà mais j'entendais sa voix). Quand il dictait, javais des mots sans fautes qui me rappelaient sa terre ; je croyais que mes pensées me venaient de ses cheveux gardés longs pour nous cacher. Il est à présent mon ennemi juré, celui qui frappe sans vergogne et désosse le visage de maman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Josephine2Josephine2   19 février 2016
Page 21

Parfois, je mets le réveil très tôt avant de m’endormir, même si cela ne sert à rien – je ne dors plus, mes yeux ouverts ne s’arrêtent jamais. A six heures, je fais semblant de me réveiller, j’ouvre les volets, je descends prendre le petit déjeuner sur le pouce ; je traverse la cour, j’ouvre le portail et je m’accroupis près des poubelles ; j’attends qu’ils viennent me charger ; Pour l’instant, ils refusent, jurent que je ne suis pas aux normes européennes, mais qu’un jour peut-être, si je veux bien changer, ne plus me laver et mettre mon histoire dans un grand sac à part, ils me chargeront avec leurs bras faits pour les ordures.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Eve-YesheEve-Yeshe   05 février 2014
Je suis d’une fièvre qui perce et dure, jamais ne se repose, ni de cerisaie ni de mains autour. Au cimetière, j’ai des larmes assises sur leur jour d’aimer : Maman est partie. Dans notre ferme, il n’y avait pas beaucoup d’air, nous manquions de terre profonde, mais nous avions des racines qui couraient sans déranger les pierres. Le cercueil de Maman s’enfonce lentement. Il me semble, à cet instant que la paille a tout dit. P 41
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
Josephine2Josephine2   27 février 2016
Page 60
De mon cartable, je mesure la distance à courir pour dresser une chambre où dormir signifie continuer et non plus interrompre. En quittant le cours de Monsieur Scott, je longe une école de quartier pour voir les enfants apprendre et l’institutrice les suspendre, magicienne en questions. Il me semble alors que le savoir peut guérir. Que lire, écrire, traduire, c’est reformer le sein, étaler l’origine, aérer le fumier d’où sortiront les fleurs derrière chaque tort redressé. Il en va de cette colonne ancienne comme les chevreaux qui naissent : sitôt à terre, déchiffrer, l’échine aveugle, le pacte encore tendre. Il me tarde d’avoir des élèves et de faire leurs preuves.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
TerrainsVaguesTerrainsVagues   19 septembre 2015
Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu'il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les cœurs tombés. Quand la tristesse vient miauler dans mes jambes, je la prends sur mes genoux, j'appose mes mains guérisseuses et je t'offre mon dos rond. Aussi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n'avons pas reçu et qui nous sert d'épines.
Commenter  J’apprécie          270
Videos de Nicolas Clément (II) (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Clément (II)
Nicolas Clément - Sauf les Fleurs .Nicolas Clément vous présente son ouvrage "Sauf les Fleurs". Parution le 22 août 2013 aux éditions Buchet Chastel. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/clement-nicolas-sauf-les-fleurs-9782283026625.html Notes de Musique : "Fleur de Lys" by Sir Richard Bishop (http://www.sirrichardbishop.net)
autres livres classés : violences conjugalesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
704 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre
.. ..