AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2955614009
Éditeur : Mf Clerc (10/03/2016)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Août 2014.
Là-bas, un siècle à peine après sa défaite contre les bolchéviques en 1920, l’Ukraine lutte à nouveau contre l’impérialisme de son proche voisin.
Ici, sous le soleil de Provence, Natalie reçoit ses petits-enfants pour un mois de vacances insouciantes et heureuses.
Mais qui peut vivre sans passé ?
Les grands-parents de Natalie ont fui la Révolution de 1917. Installés en France, ils parlaient peu de leur Ukraine Natale. Aujourd’h... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
SNaumiak
  30 septembre 2018
Voilà un livre bien structuré : une histoire du passé terrible de l'Ukraine, racontée à travers un joyeux mois de vacances de 2014, en réponse aux questions d'enfants français désireux de connaître et de comprendre leurs aïeuls d'un autre siècle. Des enfants heureux et libres, spontanés et insouciants, qui n'en oublient pas l'heure du goûter ! Mais dont la curiosité et l'empathie, développées en dehors des tablettes et des jeux vidéo, permettent de découvrir l'enfance très différente en Ukraine de leur arrière-grand-mère maternelle, Lydia, la mère de Natalie, fille de Zinovij et Maroussia.
Sans être allée encore en Ukraine, sans même parler l'ukrainien, Marie-France Clerc, bien que prétendant n'avoir que peu de choses à dire à ses petits-enfants, a pourtant réussi à rédiger un livre riche en informations et en scènes de vie. Je reconnais bien là l'humilité propre aux écrivains qui aiment les êtres humains !
Les transitions entre le présent et le passé sont faites très adroitement, à partir d'un objet, d'une idée, d'une sensation, d'une odeur, d'une jolie métaphore. D'ailleurs les belles images, au sens propre comme au figuré, ne manquent pas ! Beaucoup de belles choses sont mises en valeur, ce qui est simple mais important est valorisé autant que ce qui est noble. Il n'y a pas à dire : l'auteur aime ce qui est beau ! Portée par la joie et certainement l'amour de la vie, elle ne manque pas non plus d'humour lorsqu'elle raconte ses anecdotes croustillantes. Ce livre est pour moi une oeuvre artistique très belle.
Il devrait d'ailleurs recevoir le prix Goncourt. Je ne peux m'empêcher de penser à Marie Ndiaye qui a reçu le prix Goncourt pour son roman « Trois femmes puissantes ». J'ai eu la patience de le lire jusqu'à la fin, mais il était pénible à la lecture. Dans ces trois histoires sinistres, où rien n'est expliqué, il n'y a que des sensations, des sentiments, beaucoup de non-dit et, concernant la forme, des phrases d'une longueur interminable. Les critiques que j'ai lues sur Babelio disent tellement complètement le fond de ma pensée que je n'ai pas trouvé le courage de rédiger la mienne. J'étais lassée de ce livre, et contrariée d'avoir l'impression qu'il suffit d'imiter Proust pour obtenir le prix Goncourt.
Je suis d'autant plus touchée par « Cinq zinnias pour mon inconnu » que mes propres grands-parents ont vécu à Vinnytsia, que mon grand-père, lui-même Fusilier de la Sitch (unité régulière de l'Armée populaire ukrainienne qui combattit les bolchéviques de 1917 à 1919) tout comme Zinovij, a été également victime de la Grande Terreur, fusillé en 1937, et que mes grands-parents, ainsi que mon père (né en 1926), ont été témoins eux aussi du Holodomor, le génocide par la faim provoqué par Staline en 1932-1933 dont parle l'auteur.
A ce propos, je voudrais souligner que le nombre de quatre millions de victimes qu'elle évoque vient du chiffre donné par l'historien français Nicolas Werth, affilié au CNRS, spécialiste de l'histoire de l'Union Soviétique, dont j'ai une conférence sur CD sur le sujet. C'est le chiffre minimum officiel que l'on puisse donner, du fait que les Ukrainiens n'étaient pas tous recensés et qu'on ne comptait pas les morts, évacués jour après jour dans des charrettes pour être enterrées dans des fosses communes (les morts et les presque morts). La réalité serait plutôt de l'ordre de six à huit millions, à en croire les archives de Kiev sorties au grand jour l'année de la reconnaissance bénie du Holodomor, en Ukraine, en 2006.
Parlant très bien l'ukrainien et s'appuyant sur ces archives, mon frère et ma soeur aînée, Philippe et Anne-Marie Naumiak, ont publié, en novembre 2017, un livre en français intitulé « Ukraine 1933, HOLODOMOR » (Les Editions Bleu et Jaune).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SNaumiakSNaumiak   07 octobre 2018
- Regarde, Lucie, cette grosse fraise bien mûre ! Elle me rappelle la couleur des bottes rouges de ma mère. J'avais dix-huit ans, j'étais étudiante à Paris. [...] J'avais réparé le trou avec une rondelle de cuir découpée dans un vieux portefeuille, que j'avais fixée à la semelle avec des petits clous. Quand je marchais, les clous me déchiraient le pied. C'était un supplice. Le soir, il y avait du sang sur ma chaussette, mais j'acceptais la douleur. Les danseuses des ballets Moïsseïev qui venaient régulièrement à Paris portaient les mêmes. A cette époque, personne ne parlait de l'Ukraine mais pour moi, ces bottes à talon plat étaient des bottes ukrainiennes. Dans le métro, au lycée, au réfectoire, dans le train ou dans la rue, je pensais que tout le monde les remarquerait.
- Tu étais comme la petite sirène ! dit Lucie. Elle souffre beaucoup depuis qu'elle a remplacé sa queue de poisson par une paire de jambes, mais elle veut marcher comme les humains, elle le fait pour l'amour du Prince.
- Tu as tout compris, Lucie ; mais moi, mon prince, c'était l'Ukraine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
SNaumiakSNaumiak   07 octobre 2018
Mais elle [mère de l'auteur] m'a légué quelque chose d'autre, qu'il m'est impossible de décrire... Laissez-moi vous citer cette phrase du 'Livre' [écrit par la mère de l'auteur] que je sais par coeur : "Malgré tous les bouleversements qui ont accompagné mon enfance, de mystérieuses forces m'aidèrent à surmonter mes difficultés." Pour moi, ces "mystérieuses forces" étaient peut-être le courage de ceux qui, là-bas, avaient lutté et donné leur vie pour l'Ukraine libre, ceux qui, là-bas, avaient peut-être survécu au communisme et qui me sont si familiers, bien que je ne les aie jamais rencontrés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
SNaumiakSNaumiak   07 octobre 2018
Elle se demande à quelles marques d'allégeance au régime ces hommes libres avaient dû s'abaisser pour garder la vie sauve : dépossession de leurs terres, de leur maison, changements imposés des méthodes d'agriculture et interdiction de toute initiative professionnelle, utilisation de matériel agricole toujours en panne, privations, délation, brimades, terreur, silence. Comment cela fut-il vécu par ces descendants de cosaques Zaporogues ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : récits de vieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
637 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre