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ISBN : 275290598X
Éditeur : Phébus (06/10/2011)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Elle porte un prénom d'ange, chantant, ardent. Pourtant, le destin qui attend Séraphine Louis, née dans une famille pauvre de l'Oise à l'automne 1864, est des plus terre à terre. Orpheline, Séraphine entame une vie de domestique, comme celle de Félicie, l'héroïne d'Un Cœur simple de Flaubert. De cette terne réalité, il s'agit de s'évader. Séraphine communie avec la nature, Séraphine rêve, Séraphine prie. Et, un jour, cédant à un ordr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  11 septembre 2019
"Séraphine de Senlis :une artiste dévorée par une impérieuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky ( peintre et théoricien de l'art".
Bernard Lorquin.

Les journées de Séraphine sont noires, sales et pleines de crasse mais ses soirées sont ensoleillées et emplies de couleurs.
Enfant, Séraphine gardait le bétail des fermes voisines. Ensuite, elle travailla comme lavandière, dans un couvent (pour nettoyer le linge sale des autres), puis comme bonne chez des bourgeois. Mais, seule dans sa petite chambre, Séraphine peignait de splendides tableaux, à la lumière d'une pauvre bougie, sans rien avoir appris sur l'art et la peinture.

Comme Jeanne d'Arc, à l'église, Séraphine entend la Vierge Marie ( après tout, elle porte le prénom d'un ange) , alors elle peint des arbres, des feuilles et des fleurs, en chantant des cantiques.
Des tableaux gorgés de lumière et de couleurs!
De l'art naïf!

Wilhem Uhde, un collectionneur allemand qui a "découvert" Pablo ( avant que le peintre ne devienne Picasso! Braque et le douanier Rousseau) remarque les tableaux de Séraphine.
L'exposition de 1927, à Senlis, permettra à Séraphine de ne plus faire du ménage et de se consacrer à la peinture. Il fallut beaucoup d'insistance à Uhde pour empêcher Séraphine de continuer à faire le ménage chez lui...

"Elle s'adressait au ciel, aux nuages, aux arbres, aux fleurs des champs, à tous les êtres de la nature. Elle était directement en communication avec les puissances cosmiques." Anne-Marie, la soeur de Wilhem Uhde

En 1929, l'exposition "Les peintres du Coeur sacré" apporte une certaine aisance financière à Séraphine qui dilapide son argent...
A cause de la crise économique, Uhde ne peut plus vendre de tableaux, alors l'élan mystique de Séraphine la pousse vers la folie...

En 1931, elle est internée dans un asile...
Elle meurt de faim le 11 décembre 1942 ( Son dossier médical disait: cueille de l'herbe pour manger et mange des détritus...)
Son tableau "Pommier, 1928-1930" a été vendu aux enchères, pour plus de 221000 euros...

Tableau des grappes de raisin, 1930: Les grappes de raisin, portées par un tronc de palmier, explosent de couleurs. L'arbre est entouré de petites antennes végétales qui font vibrer le tableau. Les grappes de raisin, souvent représentées dans les églises, donnent le "Vin de l'Eucharistie", c'est le corps du Christ et la communion...
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MahaDee
  28 septembre 2018
Un essai biographique passionnant sur une artiste totalement imprégnée de religion qui vivait dans une extrême solitude et dont l'esprit fantasque finira par basculer dans la folie.
Séraphine Louis-Maillard, dite Séraphine de Senlis a vécu à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Elle fut une artiste peintre autodidacte dont l'oeuvre, difficile à classer, a été rattachée à l'art naïf. Elle peint la nature, les fleurs, les feuilles, les arbres, les animaux avec une grande originalité.
Pourtant rien ne la prédestinait à devenir une artiste. D'origine très modeste, elle est orpheline dès le plus jeune âge. C'est sa soeur qui s'occupe d'elle dans sa prime jeunesse. Elle participe comme elle peut aux travaux domestiques ; elle garde le bétail des fermes voisines. Dès l'âge de 13 ans, elle commence à travailler comme domestique, bonne à tout faire, chez des particuliers puis au sein d'un couvent. A partir de 1902, elle se met au service de plusieurs maisons bourgeoises de Senlis (Oise).
Très imprégnée de religion, elle a une prédilection pour la Vierge Marie qui en 1905 l'aurait enjointe de consacrer sa vie au dessin. C'est alors, âgée de 42 ans, qu'elle fait ses premiers essais. Elle passe rapidement à la peinture à l'huile à séchage rapide, le Ripolin.
Après ses longues journées de travail, Séraphine s'enferme chez elle, dans la pièce unique de son logement qui lui sert également d'atelier. Elle peint en chantant des cantiques. Sa vie devient très difficile car au XIXème siècle, chacun est tenu de rester à sa place. Pourtant un allemand, Wilhelm Uhde, collectionneur et découvreur de Picasso, de Braque et du Douanier Rousseau croit en son talent. C'est grâce à lui que son travail connait aujourd'hui encore une certaine postérité.
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patrick75
  05 avril 2013
C'est avec très peu de "matières" que l'auteur réalise cette biographie. Pourtant il me semble qu'elle s'en sort plutôt bien. Sa profession de psychanalyste l'aidant à tenter de percer le mystère qu'était Séraphine de Senlis. Car c'est une vrai énigme que cette femme. Je ne vais pas ici raconter "son parcours" ni comment elle finira ses jours, sachez seulement que l'histoire de cette femme est émouvante, c'est en même temps l'histoire d'une certaine France, une France rurale. C'est aussi l'histoire d'une époque bouleversée par les conflits militaires, qui vont labouré cette terre ainsi que les esprits.
On a parlé à son sujet de" cas de peinture spontanée". Un film sur sa vie à été réalisé en 2008.
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sylvie
  27 avril 2009
Peintre et psychanalyste, Françoise Cloarec nous propose un très joli livre sur Séraphine Louis, dite de Senlis.
Son texte oscille entre l'étude de l'oeuvre, son histoire, et le travail biographique.
Comme on ne sait pas grand chose de cette femme originale et mystérieuse qui mourra dans un hôpital psychiatrique, l'auteur construit son propos à partir de rapports de police relatant les faits qui précèdent l'internement et de rapports médicaux qui le légitiment en diagnostiquant la psychose et le délire de persécution. Elle s'appuie également sur quelques écrits d'amateurs d'art ayant découvert puis reconnu le génie de Séraphine en peinture.
Françoise Cloarec reprend sa thèse en psychologie clinique et lui donne une nouvelle forme d'écriture. Elle nous livre ainsi un texte plein de tendresse et d'émotion qui nous présente sa Séraphine.
Le sous-titre est explicite : "la vie rêvée de Séraphine". L'écrivain comble les trous de l'histoire, les amnésies des descendants et des gens qui l'ont côtoyée avec sa sensibilité et ses rêveries qu'elle a collectionnées durant de longues années.
Ce livre m'a beaucoup plu, tant dans sa démarche très respectueuse que dans son propos.
Il met en lumière le mystère Séraphine, l'énigme de son oeuvre mais aussi la tragédie, et l'horreur de sa mort honteuse.
Séraphine Louis est morte abandonnée de tous, dans la faim, le froid et le dénuement le plus absolu comme beaucoup d'internés des hôpitaux psychiatriques sous la France de Vichy.
Une autre femme artiste, contemporaine de Séraphine a connu le même sort : Camille Claudel.
Ce travail plein de compassion pour la femme et le peintre est aussi une oeuvre de réhabilitation tournée vers l'avenir. Il a été écrit dans l'espoir de changer notre regard sur les "originaux", les "allumés", ceux dont on se moque très facilement et dont on se débarrasse sans scrupules.
des images et des liens sur le blog :
Lien : http://sylvie-lectures.blogs..
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Zazette97
  13 mai 2012
Publiée en 2008, "Séraphine : La vie rêvée de Séraphine de Senlis" est une biographie signée de l'écrivaine, essayiste et peintre française Françoise Cloarec.
Enfant du 19ème siècle, Séraphine Louis-Maillard est la benjamine d'une fratrie frappée par les deuils. Tout juste un an après l'avoir mise au monde, sa mère décède et sera suivie de près par son époux. La petite fille est alors confiée aux bons soins de sa soeur qui à peine mariée perdra rapidement son mari. Séraphine participe comme elle peut aux travaux domestiques et garde le bétail des fermes voisines.
A 13 ans, elle quitte la maison pour travailler comme bonne à tout faire chez des particuliers puis au sein d'un couvent.
Mue par un besoin d'indépendance (et parce que, dira-t-elle plus tard, elle aurait vu se passer des choses pas très catholiques parmi les soeurs), Séraphine quitte le couvent en 1902 pour s'installer à Senlis, se mettant au service de plusieurs maisons bourgeoises.
Pieuse, ne manquant jamais une messe, elle fréquente assidument Notre-Dame de Senlis, cathédrale où lui vint, en 1905, la révélation de la Vierge Marie : il lui faut consacrer sa vie au dessin.
Alors âgée de 42 ans, elle commence ainsi ses premiers essais à l'aquarelle, peu concluants, puis opte définitivement pour le Ripolin, peinture à l'huile au séchage rapide.
Après de longues journées de labeur, Séraphine rejoint son unique pièce de vie qui lui tient également lieu d'atelier.
Les heures tardives défilent, Séraphine peint des fleurs, des feuilles, des arbres, des animaux en entonnant des cantiques, demandant à ne pas être dérangée.

Sa rencontre avec Wilhem Uhde, collectionneur allemand, lui assure un succès timide et il lui faudra attendre l'exposition de Senlis en 1927 pour voir son talent reconnu.
La critique parisienne s'enflamme et le succès est au rendez-vous, au point que Uhde, devenu son mécène, lui achète ses toiles et lui fournit son matériel. Séraphine gagne en assurance, abandonne ses "travaux noirs" pour se consacrer totalement à son art.
Devant l'ampleur de ses dépenses (vaisselle, bibelots, tissus, argenterie et même un trousseau de mariée), Uhde tente de la raisonner, d'autant que cette année 1929 pourrait bien amorcer une crise économique sans précédents. A court de moyens, il ne peut plus subvenir à ses besoins.
Le comportement de Séraphine change. On la savait réservée, " dans son monde" mais voilà que prise d'angoisses et d'hallucinations, elle erre dans les rues, refuse désormais de se nourrir par peur d'être empoisonnée, boit plus que de raison jusqu'à définitivement perdre pied un soir de janvier 1931 alors que, munie de toutes ses affaires, elle est retrouvée devant le bureau de police.
Séraphine est transférée la nuit-même à l'hôpital pour être ensuite internée à l'asile de Senlis où elle passera les 10 dernières années de sa vie, sans toiles ni pinceaux, à l'image de Camille Claudel qui, tout comme elle, rejoindra la fosse commune.
Autodidacte, femme solitaire, sans attaches, toujours vêtue de noir, âme pure et dévote entièrement tournée vers l'art, la nature et la religion, 3 dimensions qui se confondent indéniablement dans son oeuvre, le personnage de Séraphine de Senlis fascine autant qu'il inspire la tristesse et l'indignation.
Si il est ici fait mention de certains de ses tableaux, il est surtout question du quotidien de la femme, de l'artiste et des conditions difficiles dans lesquelles elle exerçait son art.
Séraphine aspirait à mener une vie tranquille mais dérangeait les classes supérieures. Nombreux furent les villageois qui, devant son acharnement artistique jugé trop arrogant en regard de son rang, frappaient régulièrement à sa porte pour tenter de la dissuader, la menaçant de brûler ses toiles.
N'oublions pas que l'époque est celle de "La Séquestrée", qu'une femme se doit de rester à sa place de servante ou d'épouse ( ce qui, à quelques différences près, revenait au même).
Même le succès lui joue des tours. Peut-être était-ce cette célébrité subite, arrivée sur le retard, dont la crise la privera ensuite, qui signa son basculement vers la folie.
Françoise Cloarec évoque les conditions de vie déplorables dans lesquelles vivaient les malades, à l'époque où les asiles (l'appellation "hôpital psychiatrique" arrivera plus tard), surpeuplés et en manque d'effectifs, les abandonnaient à l'indifférence générale.
A partir du jour de son internement, Séraphine ne peindra plus, préférant la plume qu'elle emploiera à rédiger des lettres de plus en plus obscures dont plusieurs extraits figurent parmi les pages de cet essai.
Bien que je n'aurais pas refusé une analyse plus approfondie de certaines toiles, j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir la vie tourmentée de cette femme, figure d'une créativité empêchée puis injustement malmenée par son époque.
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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critiques presse (1)
Lexpress   29 novembre 2011
Beaucoup ont vu le beau film de Martin Provost consacré à cette femme de ménage de Senlis qui peignait la nuit, habitée par l'immanence de l'au-delà [...]. A tous ceux-là, et aux autres, la réédition de ce récit publié par la psychanalyste Françoise Cloarec permettra de mieux comprendre l'incroyable histoire de Séraphine Louis.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
cascasimircascasimir   11 septembre 2019
Elle est hors du temps, étrangère aux autres, perdue dans ses fantasmes de gloire mondiale et d'opulence.
Quand rien de tout cela ne se produisit, il apparut qu'il n'y avait en elle nul ressort de résistance, elle avait dépensé, généreusement prodigué, toute la substance de son âme dans une oeuvre qui maintenant se dressait, détachée d'elle, dans sa splendeur.
Il ne restait plus que l'esprit dépouillé et le corps usé d'une pauvre vieille femme qui avait été un génie, une sainte et une héroïne.
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patrick75patrick75   04 avril 2013
Il faut toujours se méfier des opinions qu'on a, parce que ce sont des opinions qu'on reçoit, qu'on a apprises et qui nous sont diffusées aussi bien par les livres, l'école, l'université, la télé, les médias...et elles brouillent toute approche du pathologique ou de l'esthétique...Ce n'est pas parce qu'on est fou qu'on est génial. Par contre, il y a des potentialités, qui ne se seraient jamais manifestées s'il n'y avait pas eu de catastrophes schizophréniques.

Jean Oury, Création et schizophrénie.
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isalef95isalef95   06 octobre 2014
Séraphine n'est pas une habitante célèbre, pas encore, mais les gens parlent d'elle. Elle attire la curiosité, la sympathie, mais aussi la malveillance et la médisance. Les habitants la voient se presser dans les rues, toujours affairée, encombrée de ses longues jupes noires. Elle ne porte que du noir. Sur ses blouses, elle noue un caraco, une petite pèlerine grise ou noire en laine des Pyrénées. Elle superpose plusieurs longues jupes qui balaient les pavés. Séraphine pose sur ses cheveux orange un canotier verni, noir bien sûr.
(..) Séraphine s'évade de partout, de sa place de domestique, des conversations qu'elle a avec les gens, de la réalité quotidienne. Elle vit ailleurs, dans un monde bien à elle. Elle vit sa passion pour la peinture librement, sans faire de compromis, sans s'occuper de ce qui se fait ou ne se fait pas.
Elle vit, elle peint.
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NadinePestourieNadinePestourie   27 octobre 2008
Il y a du tigré, du moucheté, du velu, du chevelu, du rayé, de l'écailleux, du cachemire, des pois, du bariolé, dans les tableaux de Séraphine. On dirait que ça ondule dans les nervures, que ça vibre dans la ramure, que ça grouille dans les fleurs, dans les arbres, les feuilles, les fruits. Des insectes, des oiseaux, des plumes, faisans, paons, pintades apparaissent, se bousculent. Séraphine fait vibrer les teintes, superpose les couches, les empâtements.
Elle se permet tout.
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sylviesylvie   27 avril 2009
Les couleurs triomphantes, les formes surtravaillées, avec de plus en plus de finesse, se posent, se superposent. Il y a du tigré, du moucheté, du velu, de chevelu, du rayé, de l’écailleux, du cachemire, des pois, du bariolé, dans les tableaux de Séraphine. On dirait que ça ondule dans les nervures, que ça vibre dans la ramure, ça grouille dans les fleurs, dans les arbres, les feuilles, les fruits. Des insectes, des oiseaux, des plumes, faisans, paons, pintades apparaissent, se bousculent. Séraphine fait vibrer les teintes, superpose les couches, les empâtements
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