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EAN : 9782381570921
292 pages
Éditeur : Libre2Lire (23/01/2021)
4.79/5   14 notes
Résumé :
Les Olwan forment un groupe de musique qui fait fureur auprès des adolescentes. Au cours d’une tournée durant l’été 1982, Agnès, une prostituée qui a tiré sur l’homme de main de son proxénète, se joint au staff du groupe pour s’y cacher.
Sur fond de l’envers du décor du show business, s’engage alors une course poursuite où plusieurs destins vont de croiser : une tribu manouche, une jeune groupie, un flic ripou, deux enfants portant le même prénom et une bande... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
paondubresil
  12 juin 2021
Un bon Thriller, mais pas que...
La première chose qui a attiré mon attention, c'est la couverture : sombre. Et ce musicien qui regarde la ville au loin m'a interpellé. Un peu solitaire, un peu dans son monde, un peu misogyne aussi peut-être ? Oui, c'est un peu ça, mais il y a autre chose. C'est l'histoire d'un homme, Anatole, passionné de musique, malheureux en amour, coqueluche des femmes, au passé difficile car secret. Il part en tournée avec son groupe les Olwan, dont le chanteur, Benoit vole de filles en filles. Ils sont tous insouciants face à la menace qui les attends.
D'un autre côté, on a Agnès, une prostituée qui fuit son proxénète et se réfugie avec les musiciens. Elle sert de muse à Anatole, le gars sombre dont je parlais, celui de la couverture. Durant la tournée, ils vont se découvrir, s'apprivoiser, s'aimer, mais, la menace est là, terrible. Et elle va les rattraper. Il y a bien une caravane de romanichels, dont Féfa, personnage haut en couleur, est censée les prévenir, mais, ils jouent de malchance ! Comme si le mauvais oeil les avait désignés.
Durant toute l'histoire, j'ai été balancé dans tous les coins de France en compagnie de ce groupe de musiciens des années 80 qui m'a fait retrouver ma jeunesse, l'ambiance avec les premières radios libres, les sorties en boite de nuit, les concerts...
J'ai dit que ce livre n'était pas qu'un thriller, vous l'avez deviné, c'est aussi une histoire d'amour, mais j'y ai trouvé d'autres choses, comme le côté historique où l'on apprends un tas de chose sur les manouches. Et puis cette aventure nous emmène en voyage à la fois en France, mais aussi dans les années 80, c'est dépaysant.
Je le conseille fortement.
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Coetseslivres
  30 mai 2021
Le livre s'ouvre sur une présentation des différents personnages, ce qui permet de se faire une petite idée de qui on va croiser. Ils sont relativement nombreux, mais vous vous rendrez compte que l'on n'a pas besoin de s'y référer en cours de lecture.
Nous sommes donc en juin 1982. Une période qui me parle puisque j'avais 18 ans à l'époque. Pas de réseaux sociaux, pas de portables, pas d'Internet. C'est l'année de la naissance du 1er « bébé éprouvette » français ou de l'envoi dans l'envoi dans l'espace du 1er spationaute, Jean-Loup Chrétien. La jeunesse était plus insouciante, puisque l'on commençait juste à parler du SIDA.
L'histoire se déroule en été. Plusieurs destins vont s'entrecroiser, pour le meilleur et pour le pire. Il faut savoir que ce livre est assez noir, donc à ne pas lire si vous n'avez pas le moral. Il dévoile l'envers du décor, que ce soit avec la prostitution ou la musique. On va rencontrer Agnès, la prostituée qui va tirer sur le bras de son proxénète ; Anatole dit Pietro, le bassiste du groupe qui pense à une certaine Laura ; deux enfants qui portent le même prénom et d'autres encore qui finiront par se rencontrer d'une façon ou d'une autre. Comment ? Je vous le laisse découvrir par vous-même.
Les mots de l'auteure sont justes et percutants pour nous décrire ce que d'habitude on ne voit pas. Cependant, il ne s'agit pas de longues descriptions glauques, mais juste ce qu'il faut de phrases pour que le lecteur appréhende le problème et ait une vision claire des choses.
Le sujet est bien traité mais sans trop insister sur des détails qui deviendraient vraiment trop sordides. Une plume qui se veut assez neutre sur le sujet, sans parti pris réellement affiché, ce qui donne une certaine latitude au lecteur.
L'histoire est sombre donc, mais porteuse de sentiments qui s'entremêlent, comme l'amitié, l'amour, la tristesse et parfois, beaucoup plus rarement, des moments plus « joyeux » s'immiscent.
Pour toutes ces raisons, une histoire bien menée, des mots qui sonnent juste, des caractères affirmés pour les protagonistes, un style fluide et agréable à lire, je mets un 5/5.
Cependant, il m'a manqué deux choses. Ce n'est que MON avis, et il n'engage que MOI, parce que c'est très subjectif. J'aurais aimé avoir la sensation d'être plus plongée dans l'atmosphère de ces années 80. Mais surtout je n'ai pas réussi à m'accrocher aux personnages. J'ignore pourquoi, parce que l'auteure les a bien mis en scène. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé parce que j'ai lu l'histoire avec un certain plaisir, mais c'est toujours un plus difficile lorsque les personnages ne vous inspirent aucune forme d'empathie.
Ce livre a beaucoup de qualités et je suis sûre que certains auront un coup de coeur et sortiront bouleversés par cette histoire parce qu'il y a franchement de quoi. Peut-être tout simplement n'était-ce pas le bon moment pour moi, cela arrive parfois et ne remet nullement en cause la qualité de l'ouvrage. Je vous engage vivement à vous faire votre propre opinion, parce que ce livre le mérite.
Je vous souhaite une bonne lecture.
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VeroniqueHallier
  21 mai 2021
Alors du coup, quel univers nous a concocté l'autrice ?
Ici, tout est plus dur, plus prenant, plus dérangeant souvent. Nous retrouvons un bon nombre de personnages (dont Marianne nous fait une fiche en début d'ouvrage pour qu'on ne soit pas perdus 😉 ), avec chacun leur caractère différent. Nous verrons assez vite que l'intrigue va se concentrer principalement sur deux d'entre eux, mais ne laissera pas les autres de côté pour autant. Ils sont pour la plupart attachants et déroutants, par leur passif et leurs émotions décrites. Sans jamais s'attarder sur des détails qui pourraient très vite se montrer écoeurants, l'autrice met en avant la dureté de leur vie.
Du coup, c'est d'une plume fluide, autant qu'elle est incisive et percutante, que l'autrice va nous propulser dans le monde de ce groupe de musique, les Olwan. Ce dernier se montrera très vite intrépide, promis à des soirées peu catholiques dans lesquelles tout ou presque est permis. Un monde très rock, sex and fun. D'ailleurs, attention aux âmes sensibles, car certains passages sont assez parti pris (non pas dans la description qui reste généralement assez généraliste, mais dans les situations en elles-mêmes). Il vous faut savoir que plusieurs thèmes autour du sexe seront abordés, de façon plus ou moins approfondie, dont celui de la prostitution et de certaines de ses coulisses.
C'est en ça que j'ai été choquée et agréablement surprise (dit comme ça, ça fait un peu pervers…) de ce chamboulement dans les intrigues de l'autrice. Je suis passée d'une univers adolescents bercé de « belles histoires » que l'on peut conter de cet âge à… un décor sombre du début des années quatre-vingt, et de ce qu'on en connaît dans les grandes lignes. L'histoire bien pensée et bien menée nous plonge au coeur de ces moeurs, bien propre à certains milieux, qui nous renvoient en pleine tête les arrières de décor. Cette intrigue est donc livrée avec intelligence et sans jugement : une description relativement neutre, une histoire contée sans parti pris… Bref, un moment intéressant et non sans surprise.
D'ailleurs, l'intrigue en elle-même est bien ficelée. On ne peut pas vraiment prétendre a beaucoup de suspense : le gros de l'histoire vous arrive assez vite en pleine face, et on se rend compte assez facilement des tenants et aboutissants. Mais, c'est sans compter sur deux trois rebondissements qui font plaisir 😉
De mon côté, cette dernière a su mêler une histoire de fond prenante, des tranches de vie intéressantes, des personnages attachants et une narration bien menée dans l'univers musical et d'un groupe en tournée. Beaucoup d'ingrédients qui, au final, ne laissent pas indifférent.
Vous l'aurez donc compris, j'ai passé un très bon moment de lecture, tout en apprenant à ne pas mettre d'étiquette sur un auteur 😉
Nous avons ici un livre vraiment prenant et une histoire qui fait froid dans le dos si on prend un peu de recul. On s'aperçoit malheureusement que, même s'il s'agit d'un roman, nous avons ici des choses qui ne sont pas inexistantes, et c'est effrayant. J'ai vraiment accroché avec cette façon de nous conter les choses sans insister de trop, sans nous mettre une tonne de détails « dégueulasses » au milieu… pour justifier le côté glauque. Même avec des situations qui ne laisse pas grande place à l'imagination, nous n'avons pas de gratuité dans les propos, c'est agréable, vraiment.
Quant à la fin, sans vous la raconter, je n'ai aucun mal à la qualifier de « parfaite ». Ni triste, ni heureuse… c'est la fin qu'on attend, celle qui se laisse voir au fur et à mesure qu'on tourne les pages, celle qu'on attend et qu'on appréhende en même temps, bref, celle qu'il fallait, celle qui est belle.
Du coup, on n'est toujours pas au coup de coeur pour ma part, mais on s'approche du sans fautes, et qui sait, peut-être bien le prochain ?! 🙂
Quoi qu'il en soit, je recommande cet ouvrage pour ceux qui n'ont pas peur de « faits divers » glaçants immergés dans un décor de poésie, chanson et amourettes. Un très agréable moment de lecture et une plume fraîche et sympa, sans prétention, à découvrir 😉
Bonnes lectures à tous !
Lien : https://jetdemot.wordpress.c..
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bri_bri
  15 avril 2021
Bien le bonjour à tous
C'est la première fois que je poste, je suis ravie de faire partie de la grande famille du site Babélio.
Je voudrais vous parler du dernier roman que j'ai lu, il s'agit de celui de Marianne Clogenson et s'appelle "Mélodie sans paroles".
Pour commencer, il ne s'agit pas du tout de mon style de lecture, bien au contraire. Il est tellement à l'opposé de mes goûts que j'ai failli l'abandonner dès les premiers chapitres. Mais voilà, je ne suis pas une lâcheuse, alors, j'ai persévéré. Dieu m'est témoin, j'ai bien fait !
Ce que je n'ai pas aimé, dès le départ, sont ces scènes très osées. Il est vrai qu'avec l'histoire de cette fille des rues, je ne devais pas m'attendre à moins. Dieu merci, les scènes s'estompent et je rentre dans le vif du sujet. Comment une prostituée fuit son proxénète.
J'ai eu beaucoup de peine pour Agnès car elle raconte son histoire et explique comment elle en est arrivé là. Je prie pour qu'aucune femme ne connaisse cet enfer !
Chemin faisant, je découvre aussi l'envers du décor du métier d'artiste. Je crois que l'auteur a cherché à créer un parallèle entre les deux métiers. C'est évident.
Il parait qu'il ne faut pas trop en dire sinon je risque de dévoiler la fin et ça ne se fait pas. Alors je m'arrête ici et invite tout un chacun à lire ce merveilleux roman.
Que Dieu vous garde.
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LadiesColocBlog
  11 mai 2021
En commençant ce livre, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, ni si j'allais apprécier ma lecture… et finalement j'ai été surprise par ce livre. Au fil des chapitres, je me suis laissée prendre par l'histoire et j'ai tourné les pages jusqu'à la fin sans m'en rendre compte.
Nous découvrons ici plusieurs personnages, d'ailleurs l'auteure nous explique rapidement chaque personnage avant que l'on commence la lecture, ce qui permet de bien se lancer dans le livre sans se perdre. On a donc le groupe de musique très connu, Olwan qui a comme membre : Petro (Anatole), David, Alexandre, Benoit et Esteban. Puis, on retrouve aussi Sigysmond, le producteur du groupe. Nous allons découvrir leur vie, l'envers du décors du milieu de la musique, et le passé de Petro. Les musiciens sont insouciants, jeunes et vive pleinement leur gloire. Ensuite, nous rencontrons Agnès, une femme qui va chercher à échapper à son passé mais aussi à son présent puisqu'elle vient de tuer un homme qui est lié à son proxénète. Une chose est sure : elle est en danger. C'est une femme forte et courageuse, une vraie battante, qui cherche à reprendre en main sa vie et à tout simplement rester en vie. Avec ce personnage nous allons aussi en rencontrer d'autres dont : Odile, Tania…
C'est un livre où il se passe beaucoup de choses, où l'on ne s'ennuie pas un seul instant car il y a de l'action, des moments tristes, quelques scènes joyeuses (même si elles sont peu présentes), du sexe, de l'amitié, du thriller et de l'amour. Il y a un beau mélange de sentiments, de plus bien écrit, prenant et fluide à lire. La plume est vraiment plaisante et avec beaucoup de détails, ce que j'aime particulièrement. Par contre, si je dois critiquer un point, c'est que je n'ai pas vraiment réussi à m'attacher aux personnages, pourquoi ? Je ne sais pas, parfois ça arrive. Je les ai suivi, écouté, et Agnès a même su me toucher à certains moments… mais malheureusement je ne me suis pas réellement attachée à eux. Je ne vous en dirai pas plus sur l'histoire et les personnages sinon je risquerai de vous spoiler l'histoire et ça serait tout de même dommage…
Il y a du plus et moins pour moi dans ce livre mais je suis persuadée qu'il peut plaire aux lecteurs. Ne vous attendez pas à quelque chose de très joyeux car ce n'est pas le cas bien au contraire, c'est une histoire assez sombre mais qui traitent de nombreux sujets importants. (ce n'est pas forcément un point négatif pour moi, car il y a tout de même de l'espoir tout au long du livre et surtout une réel histoire autour de ça, ce n'est pas sombre sans raison. Mais je pense que ce livre ne s'adresse pas à tout le monde.) le côté prenant de l'histoire et le fait qu'il se passe toujours quelque chose est intéressant et c'est ce que j'ai le plus apprécié ici. Je pense donc que si cette histoire vous intéresse, faites vous votre propre avis, car c'est un bon livre, bien traité, facile à lire, qui mérite d'être lu.
Service presse via SimPlement pro.
Lien : https://ladiescolocblog.com/..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MarianneClogensonMarianneClogenson   09 janvier 2021
La venue de la jeune femme ne sembla pas déranger son employeur qui ouvrit impassiblement une boite contenant des cigares. Il en alluma un avant de se replonger dans sa lecture.
—Et alors ? soupira-t-il.
Monsieur Hess était un homme à la silhouette massive et courtaude, avec de la sueur qui luisait sur le visage et le cou. S’allongeant dans son large fauteuil capitonné, comme on prend place sur un transat à la plage, le proxénète tira une bouffée de son cigare et attendit la liste des revendications, un sourire en coin. Sa transpiration alléchait les mouches qu’il laissait promener sur ses vêtements, comme pour se donner une allure plus repoussante encore.
—On dirait qu’elle est en colère la p’tite dame. Qu’est-ce qui l’amène ?
—Où est l’argent de ma passe d’hier soir ?
—Tu veux dire, celui que tu as planqué dans ta cachette secrète ?
Sa cachète secrète, une planche mal vissée qu’elle avait découverte par hasard et derrière laquelle elle avait l’habitude d’y cacher un peu d’argent qu’elle envoyait avec parcimonie à madame Rezoul, son ancienne voisine. Lorsqu’elle était partie travailler ce matin, Iéna et Bouvines l’avaient découverte et vidée.
—Je vais devoir subir une autre partie de roulette russe. C’est ça ? se surprit à demander Agnès tout en regrettant d’avoir prononcé sa phrase à voix haute.
Monsieur Hess tourna son visage vers Karl, un grand maigre à l’allure désarticulée, se tenant de guingois, l’arme à la main.
—Elle comprend vite celle-là.
Tous les hommes ricanèrent. Agnès devina que son larcin avait entraîné la colère de son patron, qui par esprit de vengeance, ne voulait pas laisser son employée impunie. Elle voulut se justifier, mais la voix éraillée de Karl l’interrompit.
—Les vilaines filles méritent une punition.
À l’idée de revivre un entraînement, le sang d’Agnès se glaça, et elle passa sous silence le repas qu’elle invoquait vouloir préparer pour Odile et elle. Apeurée, elle fit une prière muette pour que son amie soit épargnée. Elle n’était pas responsable.
—Et alors ma vieille, continuait monsieur Hess avec une pointe d’ironie dans la voix, je te rappelle que c’est moi le boss, et que sans moi tu ne bénéficierais pas de ma garde. Je suis ton protecteur. T’as jamais eu de problème avec la police que je sache. Par conséquent, tu n’essayes pas de me doubler en mettant de l’argent de côté. Imprime bien ça dans ta petite tête. Sinon...
L’ongle du pouce laissa une trace sur la gorge de l’homme qui tirait des ronds de fumée, et une once de fierté rendait son regard étincelant. Il laissa une mouche se promener de son cigare jusqu’à son poignet.
—Il était prévu qu’ils ne ramassent que trois mille francs par quinzaine, mais personne ne nous a livré de quoi manger, rappela la jeune femme en chassant la fumée que son patron lui envoyait à la figure.
—Si tu pèches par gourmandise, essaye la mousse au chocolat.
À ce souvenir, Agnès eut un haut-le-cœur et eut du mal à déglutir. Monsieur Hess poursuivait.
—Contente-toi de ramener le fric, et moi je m’occupe du reste.
—Laisse-moi au moins de quoi remplir le frigo, il est vide, suppliait-elle.
—Pourquoi faire ? riait-il en faisant signe à ses hommes de main de partir. Non pas toi Karl ! Reste, poursuivit-il calmement devant la femme qui tremblait. Alors comme ça tu voulais garder une part pour toi. Ça va te coûter cher ma vieille, grondait-il en agitant son index, tandis que Karl saisissait ses menus poignets dans le dos, en les maintenant fermement. Tu t’es pourtant bien amusée hier, je sais que tu t’es envoyée en l’air avec un type bourré aux as.
Agnès inspira sans montrer qu’elle rassemblait ce qu’il lui restait de dignité, pour ne pas ciller devant cet homme qui se disait être son protecteur.
—Parce que tu ignorais que nous t’avions surveillée ?
Les hommes de main avaient pour habitude de sillonner le quartier afin d’être en mesure de savoir laquelle de leur fille tenait compagnie à quel client, photo à l’appui. Agnès le savait. Le chantage auprès des personnalités étant pratique courante en cas de nécessité, toutes les précautions s’avéraient fructueuses.
—L’homme qui est venu me chercher m’a remise aux mains d’un autre, se justifia-t-elle.
—Le gars qui t’a emmenée est un type très connu dans le domaine du business, il se nomme Sigysmond. Si tu lisais les bonnes informations, tu le saurais, la sermonna-t-il en envoyant négligemment un magazine économique représentant la photo du géant à chevelure blanchie, sur son tas de paperasse.
Du fait que monsieur Hess avait prévu sa visite, et projeté de lui présenter l’article idoine, insuffla à Agnès un sentiment de défaite. La poigne de Karl se resserrait d’autant plus que la jeune femme forçait sur ses muscles.
—T’avais pas le droit de tout prendre. C’était pour acheter mon silence.
—Comme tu y vas ma poulette. Le surplus qu’il t’a donné c’est pour acheter mon silence. La parole d’une traînée comme toi contre la mienne ne vaut rien.
—Rends-moi le fric !
—Parle plus poliment.
Le mégot qu’il venait d’écraser laissait une ligne verticale de fumée qui se dissipa peu à peu. Monsieur Hess ouvrit une enveloppe à l’aide de son coupe-papier, oubliant Agnès et ses jérémiades. Celle-ci tenta l’approche séductrice.
—Allez, rends-le-moi et je te baise comme tu l’aimes, suggéra-t-elle en écartant une cuisse, dévoilant un morceau de dentelle appartenant à une tenue affriolante. Je t’en prie.
—Tu ne m’excites plus, rejeta l’homme en examinant son courrier.Tu es... Comment disent les jeunes aujourd’hui ? Ah oui, has been.
La lettre en question lui venait du policier Arcole, avec qui il s’était arrangé en triplant son salaire, pour que l’agent fermât les yeux sur son commerce. Dans la lettre, il assurait qu’avant de partir à la retraite, il formerait le stagiaire Valmy afin qu’il ne posât pas de problème.
—Je le fais pour Karl et tous ses collègues. Ils pourront me prendre tous ensemble, en même temps, mais je t’en prie, pas de roulette russe ni de mousse au chocolat.
Agnès entama une danse lancinante, comme le lui avait enseigné son mentor.
—Vois ça avec Karl s’il est d’accord. Il dépense son argent comme bon lui semble, déclara monsieur Hess en brûlant la preuve de ses manigances à l’aide de son briquet.
Sentant durcir quelque chose entre les jambes de Karl au contact de son dos, Agnès s’y frotta en ondulant le bas des reins et roula exagérément d’une épaule pour lui dévoiler un sein. L’homme relâcha sa prise révélant un silencieux.
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