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EAN : 9782360810024
80 pages
Éditeur : Editions Cornélius (23/09/2010)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Wilson cherche à reprendre sa vie en main avant de replonger dans la déprime quotidienne. Une histoire sur la médiocrité humaine.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  16 mai 2019
Cynique, odieux, égocentrique, intolérant, égoïste… Wilson n'a rien pour lui. Et pourtant Daniel Clowes parvient à faire de ce personnage si peu aimable un être finalement attachant. Encore un miracle signé Clowes, décidément un de mes auteurs de B.D favori.
Si on s'attache à Wilson malgré ses travers, et ils sont nombreux, c'est sans doute parce qu'il peut ressembler à chacun d'entre nous et les thèmes abordés sont ceux de la vie intime. Confronté à la mort imminente de son père, et donc à son propre vieillissement, Wilson se retrouve à un moment charnière de sa vie. Il fait le point, s'interroge sur ce qu'il a fait, ce qu'il aurait dû faire et il va aussi tenter de rattraper les erreurs passées pour que la 2ème partie de sa vie soit meilleure que la 1ère.
Petit à petit, derrière le connard arrogant, se dessine le portrait subtil d'un homme banal entre deux âges plus sensible qu'il ne veut le laisser penser et surtout assez malheureux. Au fur et à mesure de la lecture l'empathie envers Wilson va grandissante, et ce même s'il reste agaçant.
Si les thèmes abordés sont très ancrés dans le quotidien, la forme est particulière. le récit est dans son ensemble est une histoire linéaire mais est déroulé sous forme de « gags » en une planche. La narration est donc assez fragmentée, les ellipses sont nombreuses, mais tout reste d'une grande fluidité.
La B.D n'est pas dénuée d'humour mais un humour assez caustique et toujours teinté d'une pointe de mélancolie. le regard de Clowes sur le monde et sur l'Homme est assez sombre, parfois même désespéré et certains passages sont carrément poignants.
Le plaisir qu'on prend à lire « Wilson » est particulier. Pour l'apprécier il ne faut pas craindre d'être confronté à des sentiments mêlés d'humour et de déprime.
Le dessin est, comme toujours avec l'auteur, très réussi. A travers les différentes planches, Clowes a recours à différents styles tout en gardant toujours une cohérence graphique à l'ensemble, un style à la fois réaliste et naïf.
Avec « Wilson », Clowes propose un portrait tendre et cruel d'un homme comme tout le monde, un portrait qui trouvera un écho en chacun de nous. Encore un petit chef d'oeuvre signé Clowes.
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marina53
  06 juillet 2012
Incontournable, selon Colimasson, et effectivement, ce Wilson l'est, même si de toute évidence, on aimerait ne pas le croiser au détour de notre chemin!
On suit Wilson, loser dans la vie, qui semble avoir tout raté: pas de boulot, une femme partie (dont il recherche la trace), séjour en prison ... Il fait état de l'existence nulle et pathétique de ses contemporains, avec un cynisme incroyable et de l'humour bien noir.
Cet ouvrage est composé de petites scénettes, une par page et même si on peut croire qu'elles n'ont pas de rapport, Clowes a construit une histoire logique. Il y a toujours une chute à la dernière image, assez cinglante.
Le graphisme ressemble un peu à un dessin d'enfant: Daniel Clowes est allé à l'essentiel de son personnage, tout en rondeur et coloré.
Même si ce Wilson est cynique, noir, désespérant, ironique, osé mais en même temps parfois lucide, on ne peut éprouver que de la sympathie et de la compassion pour lui.
Un album très réussi.
Une très belle découverte.
A vous d'aller à la rencontre de ce cher Wilson...
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Presence
  30 décembre 2014
Il s'agit d'une histoire complète et indépendante de toute autre, en couleurs. Elle est initialement parue en 2010, écrite, dessinée, encrée et mise en couleurs par Daniel Clowes. Il est également l'auteur de Pussey (1995), Like a velvet glove cast in iron (1993), Ghost World (1997), David Boring (2000), Ice Haven (2005), Mister Wonderful (2011), The Death-Ray.
Ce tome se compose de 71 gags en 1 page, mettant tous en scène un petit bonhomme à la calvitie naissante, avec des lunettes, et une misanthropie à toute épreuve. Wilson n'a pas d'emploi fixe, peut être même pas d'emploi du tout. Il est divorcé depuis plus d'une dizaine d'années. Il est terriblement seul et terriblement hautain et dédaigneux, avec une bonne dose d'égocentrisme. le premier gag se déroule alors que Wilson promène son chien et qu'il aborde une femme en train de promener le sien en lui demandant comment ça va. Dans le suivant, il se promène à pied dans les rues d'Oakland (en Californie), la ville où il réside. Puis la page suivante, il se promène à nouveau seul et à pied en parlant tout seul à haute voix, de nuit, en évoquant le souvenir du décès de sa mère. Quatrième gag, il promène à nouveau son chien croisant plusieurs personnes s'extasiant dessus. Cinquième gag, dans un café, il prend sa commande au comptoir et va s'asseoir à une table occupé, pour entamer la conversation. À chaque fois, le comique naît de la réflexion finale de Wilson, une courte phrase méprisante ou pensive.
Pour pouvoir apprécier cette lecture dès le début, le lecteur doit avoir à l'esprit qu'il s'agit d'une histoire d'un seul tenant, proposant de suivre la vie Wilson, au travers de 71 instantanés, parfois consécutifs, parfois distants de plusieurs années. Ces 71 pages ont été publiées en album dès la première édition, il n'y a pas eu de prépublication page par page. le premier tiers des gags sert essentiellement à mettre à jour la personnalité abrasive, pénible et misanthrope de Wilson. Les premiers gags sont plutôt basiques, entre amertume, mépris et dédain. Il n'y a rien de révolutionnaire ou de particulièrement pénétrant, simplement un personnage acerbe et suffisant, avec lequel il est impossible de sympathiser. Sans raison apparente, Daniel Clowes fait varier son style de réaliste, à exagéré avec des gros nez et des silhouettes rondouillardes. Visuellement, ces pages sont assez basiques, à la fois par ce qu'elles montrent et par la mise en scène dépouillée : Wilson se promène, il parle à haute voix tout seul pour que le lecteur ait accès à ses pensées. Selon sa sensibilité, le lecteur pourra être sensible à une vacherie ou à une autre. le gag intitulé "Gate 27" (page 21) est particulièrement pénétrant sur l'impossibilité de comprendre la nature du métier d'un étranger, le manque de sens de ce métier, perdu dans la démultiplication des tâches et une spécialisation toujours plus pointue et absconse pour le béotien.
Petit à petit, les gags deviennent plus personnels, plus liés à la vie de Wilson, plus méchants, plus désespérés, plus révélateurs de la condition humaine. Dans "Huddle house" (page 35), Daniel Clowes joue avec les codes de la bande dessinée, Wilson s'exprimant à haute voix, sans prêter attention à la serveuse à ses côtés, mais celle-ci à tout entendu et le reconnaît. D'un point de vue logique, ça ne tient pas debout puisque le lecteur a conscience que ces phrases exprimées à haute voix correspondent au monologue intérieur de Wilson. Mais d'un point de vue narratif, la cohérence es assurée avec les pages précédentes, Clowes jouant sur la convention relative au phylactère, à la fois voix intérieure, et paroles. Dans "Boggie" (page 39), Clowes démonte avec cruauté le besoin vitale de l'individu d'enjoliver sa réalité pour pouvoir la supporter. À nouveau, la perspicacité de Wilson est aussi affutée qu'insupportable.
Pages 44 et 45, Wilson franchit un nouveau palier dans son égocentrisme, au travers d'une péripétie plausible, accélérant le rythme de la narration, prouvant que Clowes maîtrise les conventions du genre au point de pouvoir mélanger les genres, sans créer de télescopage, ou sans qu'ils se neutralisent. L'intrigue prend un tournant encore plus inattendu dans les pages 54 à 58, en conservant la logique interne du récit, sans que Wilson ne perde de sa suffisance, ou de son pathétisme. Donc arrivé à la moitié de l'ouvrage, le lecteur a pleinement pris conscience qu'il est dans un véritable récit (malgré sa forme de suite de gag en 1 page), un roman en bonne et due forme consacré à un individu antipathique au possible, mais tellement humain qu'il est impossible de supprimer toute empathie à son endroit.
Avec un peu de recul, les fluctuations de graphisme de réalisme à parodique accompagnent la tonalité des gags pour renforcer l'impression d'une suite de pages indépendantes, pour souligner la nature du gag en 1 page. Elles sont plus des indications sur la tonalité de la narration que sur l'état d'esprit de Wilson. Elles incitent le lecteur à penser que Daniel Clowes ne se prend pas trop au sérieux et qu'il souhaite que ces pages conservent un bon niveau de divertissement, elles compensent la noirceur de cette solitude sans espoir, d'un individu pleinement conscient de son état sans possibilité d'amélioration.
Daniel Clowes a sciemment choisi une forme déconcertante pour le lecteur : une suite de 71 gags en 1 page, avec des ruptures de style graphique. Cette forme incite le lecteur à prendre chaque page indépendamment des autres, à apprécier chaque gag pour lui-même. Sous cette forme, la lecture de "Wilson" est une réussite partielle : certains gags sont d'une noirceur désespérante, d'autres sont plus communs. Mais alors que l'accumulation des pages finit par former une narration plus traditionnelle, le lecteur perçoit le regard sans concession porté sur la condition humaine, d'une terrible noirceur sans fard. Clowes dresse le portrait d'un fat insupportable, d'un être humain en prise directe avec les limites de l'humanité.
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Gregor
  15 octobre 2011
Wilson n'est pas un homme de pouvoir déterminé, sexuel et ardent. Encore moins rassuré et conquérant. Autrement dit, c'est plutôt tout l'inverse : un personnage modeste, autocentré et complexé (rongé par ses fantasmes ?). On le découvre à la fois austère, stressé, immobile. Bref, l'auteur de Ghost World et du Rayon de la mort nous décrit un nouveau loser dont il sait explorer tous les travers médiocres et la misanthropie ordinaire. Son style est toujours aussi convaincant, varié et inspiré, faussement classique. Il sait dresser ce constat amer de notre époque. Sinon au delà des rires qui nous viennent en lisant cet album, au delà même de la réflexion qui s'esquisse sur la misère des êtres évoqués, la toile de fond du livre tourne aussi autour de la transmission (identitaire, sociale, culturelle...). Et c'est au lecteur d'en tirer ses propres conclusions.
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Mero
  08 janvier 2017
Cette BD est vraiment exceptionnelle. Un véritable régal dans son genre. Une finesse dans l'humour noir et le cynisme qui m'a valu des fous rires incoercibles durant ma lecture.
Je n'ai jamais recommandé de BD avant, mais celle-ci est un must have. J'ai pris un plaisir sans pareil à suivre les péripéties de Wilson, un anti-héros tout ce qu'il y a de plus misanthrope, cynique et tourmenté. Chacune des planches est retranscrite sous la forme d'une tranche de vie avec une chute à la toute dernière case. On ne lit que pour cette ultime case qui arrive à nous tirer le sourire malgré autant de désarroi.
Un homme qui a tout raté dans la vie: ses rêves d'enfants, la relation avec son père, son mariage, l'éducation de sa fille, les études, les relations sociales mais qui ne cesse de se poser des questions sur son existence sans jamais pour autant arriver à changer ni à se remettre en question. La BD oscille toujours entre le sérieux et l'ironie, c'est cet aspect pince-sans-rire qui fait tout son charme.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   06 juillet 2012
- J'aime les gens. Je m'intéresse à eux. Chacun d'entre nous a une histoire à raconter, on fait tous partie du genre humain. Et cependant, nos semblables ont perdu toute notion de fraternité. Quelle tragédie!
Salut, ma sœur. Comment va la vie?
- Pas terrible! Mon ordinateur vient de planter et j'ai perdu toutes mes données!
Toute la matinée, la hotline m'a baladée d'un service à l'autre, et quand j'ai enfin à parler à quelqu'un, il ne comprenait pas le problème. Je crois qu'ils veulent que je télécharge un programme, mais chaque fois que je le lance, ce putain d'ordinateur débile plante à nouveau....
- Pour l'amour de Dieu, tu vas pas la fermer!!
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marina53marina53   05 juillet 2012
Je suis tellement content de te voir en bonne santé, Pippi. Je sais que tu as dû sacrément te battre pour te reconstruire... je m'attendais à une tarée aux yeux explosés, un cadavre ambulant dans un bouge crade, mais mazette, tu t'en es sortie sans une égratignure!
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marina53marina53   06 juillet 2012
On aime les histoires qui finissent sur une note d'espoir - "ils vécurent heureux" et tout le tintouin. Dommage que la vraie vie ne soit pas ainsi faite.
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marina53marina53   06 juillet 2012
En taule, il m'arrivait de penser aux femmes de ma vie. Sans vouloir être vulgaire, je dois dire que j'ai eu mon lot de tarées.
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marina53marina53   06 juillet 2012
- Salut, mon pote, j'peux m'asseoir ici?
- Il me semble qu'il y a beaucoup de tables libres...
- Je sais mais j'aime bien être près de la fenêtre. Tu travailles?
- Oui.
- C'est bien. Marié? Des enfants?
- Ouais.
- C'est super. Le rêve, quoi. Dis donc, connard, je te parle!!
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Videos de Daniel Clowes (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Clowes
Rencontre Internationale avec Daniel Clowes Animé par Romain Brethes et Christophe Ono-Dit-Biot journalistes au journal Le Point, traduction de Miceal Beausang. Auteur culte de "Ghost World", de "Wilson" et "d?Ice Haven", l?Américain Dan Clowes publie en 2016 "Patience" (Cornélius), un voyage dans le temps halluciné qui rend hommage au trait de l?auteur de comics Steve Ditko. Clowes compte parmi les invités de marque de cette 44e édition !
Programmation et infos sur www.bdangouleme.com ou sur les réseaux avec @actudufauve #partageonslaBD
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