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EAN : 9782842636883
188 pages
Le Dilettante (04/01/2012)
3.4/5   47 notes
Résumé :
Jean-Luc Coatalem, tous ses livres en témoignent, est du club de ceux qui aiment à « tâter de la rondeur » de la planète.

Il aime également à goûter les retombées poétiques de l’élan voyageur: étiquettes jaunies et guêtres en cuir de buffle, lunettes de visée et ombrelles de lin, boussoles de cuivre et carabines allemandes, toute la brocante de l’errance aventureuse.

Ce goût tout à la fois poétique et forcené s’incarne cependant dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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carre
  25 mars 2014
« Cette ile est un paradis, cette ile est un enfer ». Antipodia, ile perdue, loin de tout. Deux hommes en mission le chef de poste dit le Gouv. et Jovic. Deux hommes que tout sépare. Ici rien à faire ou presque. Jovic découvre une drogue qui l'embarque dans des rêves de plus en plus inquiétants, le Gouv., malgré des soucis de santé lui tente de garder un brin de lucidité et de montrer un semblant d'autorité. Jean-Luc Coatalem dans ce court roman, nous offre un dépaysant mais aussi terrifiant voyage dans le conscient de deux êtres en rupture. Il installe petit à petit les pièces de son puzzle avec malice, cette endroit sauvage devient vite inquiétant, le quotidien primaire, ces deux personnages de tristes pantins. Deux solitudes au bord de la folie remarquablement décrites pour un roman qui tient ces promesses.

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Kickou
  27 septembre 2019
Ça commence comme une aimable robinsonnade. Deux types sur une île, loin, là-bas, perdue, aux alentours des Kerguelen ... aux Antipodes comme le titre l'indique. Deux personnages à la première personne du singulier (encore), l'un volontaire pour l'extrême solitude de ces latitudes, misanthrope avec en plus un vieux et tenace chagrin d'amour qui le ronge. L'autre, un officier de grande famille à particules, qui s'est compromis dans du « pas joli-joli », et qui a accepté le poste de gouverneur fantoche de ce caillou venteux pour se faire oublier. Au début, ils s'entendent pour jouer à la crapette ou aux fléchettes, un semblant de discipline faisant office de ciment. Mais très progressivement leur relation se délite. le premier, Jodic, a découvert pendant ses promenades en solitaires, le réva-réva, un puissant chichon qui se prend en infusion. Gentiment il décolle vers des contrées paradisiaques, mais l'atterrissage lui laisse quelques séquelles. le gouverneur, lui, s'enlise dans le réel ; le vent, les vagues, le froid, le granit, la pluie ... L'ennui et le désespoir.
Le style de J-L Coatalem est efficace ; des phrases courtes et définitives, pour dire la noirceur de ces monstrueuses solitudes. Sous sa plume, l'île est un personnage aussi, peut-être même le principal.
De la folie douce, les deux protagonistes, vont sombrer vers le délire puis la démence. Dans le tout dernier quart du roman, un troisième personnage fait son apparition, il va faire exploser les dernières bribes d'humanité des deux « olibrius ». A la dernière page on se prend à rire, d'un rire sarcastique ; l'humain n'a rien à espérer, rien à faire dans ces parages là. 4*. Allez, salut.
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TerrainsVagues
  13 septembre 2015
Une île perdue entre l'Indien et la mer de Tasmanie, entre Kerguelen et Antarctique.
Deux mecs paumés sur ce rocher peuplé d'oiseaux et de chèvres. Deux naufragés de la vie.
Exil volontaire pour l'un, punition « administrative » pour l'autre.
Résultat ,un lecteur égaré au fil des pages.
Le quotidien routinier des deux gardiens de l'île, station météo et éventuelle bouée en cas de naufrage, m'a laissé aussi froid que la banquise si proche.
Comment deux hommes qui n'ont rien en commun abordent l'isolement ?
Ca aurait pu mais le ton narratif m'a profondément ennuyé, « usé ».
Pas un sourire, pas un rire, rien appris, pas de réflexion à propos de, pas d'émotion, aucune distraction, aucune poésie… j'arrête là parce que je vais charger la mule plus qu'elle ne le mérite.
Peut être m'a-t-il manqué quelques herbes hallucinogènes, utilisées par l'exilé volontaire, pour entrer dans le trip de l'auteur mais il ne me reste rien de cette lecture si ce n'est le soulagement d'en avoir terminé.
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Madamedub
  29 mai 2012
Tous à l'aventure ! À la découverte d'une oeuvre qui, loin du terre-à-terre, vous emporte par-delà les océans de la perception. D'un genre qui, sans être fantastique, est ailleurs ; qui, sans être surréaliste, trouble ; qui, sans être un hommage, assume son côté “Robinson” ; qui, sans retomber dans la “normalité”, prend successivement les atours d'une comédie de moeurs, d'un drame psychologique, d'un drame personnel, collectif et même métaphysique… L'ensemble, une réussite indéniable, flotte encore longtemps dans l'esprit du lecteur une fois la dernière page conquise ; ce qui compense plus que largement un style narratif (alternance de chapitres à la première personne pour chaque personnage) à la longue répétitif, sans jamais devenir ennuyeux, rassurez-vous.
Deux personnages principaux se succèdent à la barre durant la majorité de la traversée que constitue le roman : François Lejodic – ou “Jodic” – , mécanicien et homme à tout-faire ayant fui la Bretagne après une histoire d'amour contrariée par les classes sociales ; et Albert Paulmier de Franville – ou “Gouv” car il est le Gouverneur de cette petite île – héritier d'une noble lignée et diplomate sevré d'affectations plus clémentes après une trouble affaire autour du sinistre triptyque Asie du Sud-Est, (trop) jeunes filles et chambre d'hôtel… L'un a choisi Antipodia, l'autre y est puni : un retour aux sources et un bannissement. Un troisième personnage s'immisce subrepticement dans ce décor : Moïse, pêcheur de l'Océan Indien jeté par dessus bord par un capitaine peu scrupuleux…
La grande intelligence de Jean-Luc Coatalem est de n'être pas laissé entraîné par les ficelles grossières du schéma trop classique de “l'élément perturbateur qui surgit dans un univers rodé et réglé”. Mieux que cela, il se joue de ces codes avec brio. En effet, même une fois sur l'île, Moïse n'entretient qu'un lien abstrait et euphémisé avec les deux autres personnages. Et certainement pas un lien parlé. le déséquilibre d'Antipodia – à savoir les deux pôles contradictoires incarnés par Jodic et Gouv – n'a pas attendu l'homme des îles au nom biblique pour se mettre en branle, pour faire valdinguer de plus en plus durement ses personnages. Moïse n'est que coup de grâce, deus ex machina s'abattant sur la poutre déjà bien trop étroite et instable sur laquelle évoluaient tant bien que mal les deux gardiens de l'île. Une île dont la raison d'être administrative est simple : un relais humain dans la galaxie des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Une île qui cache bien sa véritable raison d'être.
Deux gardiens d'une île, donc, en attente d'un éventuel secours à effectuer, mais bien incapables de remplacer la moindre balise défectueuse. Deux gardiens d'une île censée servir de garde-manger, mais dont ils deviennent très vite les véritables aliments. Dans ces landes absurdes enivrées de vent, d'humidité, de souvenirs et d'inutilité, les deux personnages étouffent peu à peu. Mais diversement.
Le premier d'entre eux, Jodic, s'enivre et s'étouffe de liberté sur cette île dont il arpente les collines, les escarpements ; il se dope au reva-reva, plante hallucinogène qui l'enserre peu à peu dans la logique, la métaphysique, la pensée de l'île, son absurdité. Boire de la liberté à grands coups de reva-reva on the rocks, oublier le confinement social dont il a été victime à Brest, surpasser le confinement physique dont il a été victime lors d'une mission en Antarctique. Sur Antipodia, le confinement est ouverture, ouverture sur le Tout : la Nature, l'Espoir, le Rêve, le Fantasme. La Suédoise actrice dans le seul film pornographique à disposition de ces deux hommes éloignés de force du sexe opposé comme de toute pratique sexuelle apparaît ainsi à Jodic de manière épisodique, sporadique ; elle l'appelle en pleine nature, lui ôtant toute résistance, le rappelant à sa nature animale. Étouffement pulsionnel.
Le second, Gouv, étouffe de confinement, rabougri, ne se rattachant qu'à son browning et à la devise familiale : “je maintiendrai”. Échouant peu à peu à maintenir Jodic dans son morne giron, échouant à maintenir la supériorité de son rang et de son éducation, échouant à maintenir l'équilibre de l'île, échouant à se maintenir lui-même. Là où Jodic rend les armes psychologiquement, Gouv les rend physiquement. Petit à petit incapable de se déplacer correctement, il adopte une posture défensive. Il fait de ses journées un rempart contre le froid, contre Jodic, contre son passé. Étouffement rationnel.
Jodic, au contraire, adopte une posture offensive : il se jette à corps perdu dans cette île, en devient finalement le premier et seul véritable habitant ; plus encore, il en devient un “natif”. Un esprit. Un défenseur. Un gardien du Temple, à moins que ce ne soit du tombeau. de ces deux postures bien plus complexes – et porteuses de réflexion – qu'elles n'y paraissent, Jean-Luc Coatalem choisit d'en détailler la logique factuelle pour ne pas tomber dans la dissertation conceptuelle maladroite. Une fois de plus, grand bien lui prend. Il y gagne en clarté et en lisibilité. Les caractères s'affirment dans leur folie. Ils s'affirment dans cet écrin irisé et scintillant aux beaux jours, volcanique et glissant le reste du (mauvais) temps : une Antipodia cruelle et magnifiée, une déesse à la fois maternelle et vengeresse, créatrice et destructrice.
Antipodia est indéniablement l'essence du livre. Allusion à peine masquée à la Sainte-Hélène de Napoléon Bonaparte (sa géographie est truffée de références historiques à l'Empire), elle est imprévisible, impétueuse, un lieu d'exil d'où l'on ne repart pas ; un peu comme si les jeux étaient faits dès le départ, comme si le lecteur ne faisait que contempler avec un plaisir sordide la lente décrépitude des choses et des êtres face aux forces de la nature, de la Terre, de l'Existant, jusqu'à en percevoir tous les rouages, jusqu'à oublier toute société pour ne voir plus que l'Essentiel, la Terre tourner sur elle-même, pour voir en Antipodia le centre de toutes choses, leur début et leur fin. le temps est ennemi car il est sur Antipodia un éternel recommencement. Éternel retour toujours.
Éternel retour pour le lecteur aussi, qui ne manquera probablement pas, une fois la première lecture achevée, d'y revenir quelques mois ou quelques années plus tard, afin d'y puiser bien d'autres réflexions tant ce livre ouvert semble ne jamais se refermer.
Lien : http://madamedub.com/WordPre..
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Okenwillow
  01 octobre 2020
Oops ! Quelle quatrième de couverture alléchante ! Autant le dire, ce roman avait tout pour me plaire. Las ! après voir lu des avis à ce sujet je suis forcée de reconnaître que je suis passée à côté d'un chef-d'oeuvre de métaphysique psychanalytique. Ce doit être ce dernier point qui a eu raison de mon entendement, je suis totalement réfractaire à ce genre de délire, et il devait être trop développé dans le roman pour que ça me parle. Je suppose qu'on pourrait faire un profond et puissant exposé sur le destin, la Nature, l'Homme et son animalité, sur les motivations des uns et des autres etc.., mais le problème c'est qu'en 158 pages, je ne suis aucun moment parvenue à m'intéresser aux personnages. Jodic, jeune électro-mécanicien qui a fuit un chagrin d'amour, et le « Gouv », conseiller culturel en pénitence, reproduisent un semblant de société sur ce bout de terre perdu, où un cheptel de chèvre assure la survie aux éventuels futurs naufragés. Ces deux-là y vont sans cesse de leur monologue, et pas de bol, je ne suis pas fana d'introspection, surtout qu'ici, ça ne va pas loin, on reste ras les pâquerettes, impossible pour moi de m'intéresser à ces deux hommes insipides, pas moyen ! L'environnement, qui pourtant avait tout pour me séduire dès le départ, m'a paru tout aussi inintéressant, survolé, comme les personnages. Jodic et le Gouv font face à leur solitude comme ils le peuvent, le premier se réfugie dans le reva-reva, plante hallucinogène qui modifie sa personnalité au point de lui faire perdre les pédales. Pour le Gouverneur, ça ne va pas mieux, entre entorse et maux de dents, le pauvre gars frise la déchéance physique. le clou du spectacle, c'est l'échouage de Moïse, personnage dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est que son capitaine la jeté à la flotte. le bonhomme survit et se retrouve sur Antipodia, pour tomber nez à nez avec Jodic l'halluciné. La suite vaut son pesant de cacahouète. Mais je suis mauvaise langue, car tout ceci aurait pu « passer », j'aurais peut-être pu m'intéresser un peu plus aux personnages s'ils n'avaient tous parlé de la même voix ou presque. Car ce qui m'a le plus rebutée, c'est le style. le phrasé rude, sec, haché, m'a paru fortement désagréable, et quasi-identique d'un personnage à l'autre. Un aspect qui a aggravé la froideur déjà omniprésente du récit et l'inconsistance des personnages. Une lecture d'un ennui rare, mais heureusement rapide.
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critiques presse (3)
Actualitte   13 juin 2012
Des tranches de vies hachées menu avec maestria par un auteur évidemment inspiré.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   06 mars 2012
Une île, entre la Tasmanie et les Kerguelen. Deux hommes, un face-à-face. Brillant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   06 janvier 2012
Le récit est écrit sous haute tension. Comme si l'auteur s'était lancé à travers ses personnages un ultimatum à la vie à la mort. On peut lire cette histoire, écrite par un grand poète, comme un thriller métaphysique ou psychanalytique. Jodic et Gouv incarnent deux puissances de l'esprit humain, l'imagination et la raison. L'une des deux l'emportera-t-elle dans le combat contre la déréliction?
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
christinebrignonchristinebrignon   16 février 2021
L'austral a la vertu de balayer tout. De ramener à l'os. De dénuder les nerfs, d'extirper le gras et de trancher la barbaque du quotidien. De réduire les choses jusqu'à leur noyau, l'essentiel. Par ces latitudes, on n'est pas à vif, non, on tourne au ralenti, sur le minimum vital. Et ça suffit bien.
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letturalettura   29 septembre 2013
Claudiquant, il s'est approché le plus possible, avant le gouffre. Il s'est allongé en se cramponnant à une touffe d'herbes rases.
Puis il a plongé sa tête dans le vide, le vertige de la côte, le ahanement de la mer, et, au bout de trois minutes, il s'est redressé sur les coudes, étourdi, hors de lui-même, son esprit avait flotté au dessus de l'abime, il avait plané par dessus les roches et les embruns, rejoint les baleines dont il avait accompagné la nage puissante et souple, peut être avait-il poussé jusqu"aux terres antarctiques, volant au dessus des flots striés de noir, cette masse glacée qui courait sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, sans qu'aucun frein, qu'aucun écueil ne la ralentisse et il était revenu en boomerang se fracasser sur les falaises d'ANTIPODIA, prisonnier de lui même, prisonnier de l'île.
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KickouKickou   25 septembre 2019
Nous avons beau nous astreindre à une discipline qui, justement, nous protège puisqu'elle nous encadre, je sens que nous sommes en équilibre sur la margelle du néant.
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Philes67Philes67   21 mars 2013
Demain? le mot du dictionnaire que je déteste le plus. Avons-nous autre chose à vivre que ce fragile aujourd'hui?
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Philes67Philes67   21 mars 2013
Je ne veux pas vivre mais rêver seulement.
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Vidéo de Jean-Luc Coatalem
écrire est-ce trahir ? Faut-il dire toute la vérité au sujet de sa famille ? Faut-il vraiment déterrer les secrets, quitte à repousser les limites ? Ces questions sont au c?ur des livres de nos invités. François Busnel reçoit : Lionel Duroy, Jérôme Garcin, Christine Montalbetti, Jean-Luc Coatalem et l'américaine Emil Ferris.
Retrouvez tous vos extraits de l'émission ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/replay-videos/
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