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ISBN : 2809460736
Éditeur : Panini France (08/02/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
A new era begins for the Black Panther! MacArthur Genius and National Book Award-winning writer T-Nehisi Coates (BETWEEN THE WORLD AND ME) takes the helm, confronting T'Challa with a dramatic upheaval in Wakanda that will make leading the African nation tougher than ever before. When a superhuman terrorist group that calls itself The People sparks a violent uprising, the land famed for its incredible technology and proud warrior traditions will be thrown into turmoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  14 décembre 2016
Ce tome est le premier d'une nouvelle série consacrée au personnage de Black Panther. Il comprend les épisodes 1 à 4, initialement parus en 2016, écrits par Ta-Neshi Coates, dessinés et encrés par Brian Stelfreeze, et mis en couleurs par Laura Martin. Il comprend également 6 pages de recherches graphiques, 18 couvertures variantes, et l'épisode 52 de la série Fantastic Four, avec la première apparition de Black Panther.
L'histoire se déroule au Wakanda, un pays fictif en Afrique, tirant ses richesses d'un minerai appelé vibranium (fictif également) aux propriétés extraordinaires. Ce pays est sous le régime d'une royauté, dont le souverain est T'Challa qui revêt l'habit sacré de Panthère Noire. le récit débute avec une foule en révolte au pied du grand Tertre, mise en déroute par la garde rapprochée de T'Challa, en particulier par les Dora Milaje, une troupe d'élite composée de femmes. L'une d'entre elles, Aneka a réalisé une exécution sommaire dans une autre partie du pays. Elle est jugée par la Reine Mère (Ramonda) qui la condamne à la prison pour avoir enfreint les règles des Dora Milaje. Sur ces entrefaites, T'Challa revient de l'affrontement pour s'entretenir avec sa mère. Cette dernière juge durement son fils sur sa façon de se comporter en souverain, et sa tendance à jouer les justiciers, plus que les chefs politiques.
T'Challa a fort à faire. Après de nombreuses catastrophes et des destructions sans précédent, il doit rétablir l'unité de son pays et diriger sa reconstruction. Il cherche également un moyen de retrouver sa demi soeur Shuri qui a disparu sans laisser de trace, après avoir assuré la régence. Il doit retrouver Zenzi, la femme qui a provoqué le soulèvement de population et neutraliser Tetu, le guerrier qui l'accompagne. Il lui faut aussi composer avec le groupuscule en train de se former à l'une des frontières et prônant la sédition. Il ne le sait pas encore mais Aneka et Ayo (2 Dora Milaje) ont pris sur elles de dérober des armures technologiques de combat, et de venir en aide aux femmes maltraitées dans l'une des régions du pays. Enfin certains opposants à son régime sont pacifistes (comme Changamire, un ancien ami de sa mère), mais d'autres n'hésiteront à employer des méthodes terroristes.
En 2015, l'éditeur Marvel proclame sur tous les toits, avec une grande fierté, que l'auteur Ta-Neshi Coates va écrire une série pour un de leur superhéros. C'est un événement à plusieurs titres. Pour commencer Ta-Neshi Paul Coates est un journaliste et un écrivain, ce qui est toujours un atout marketing pour un éditeur de comics qui escompte bien ainsi attirer l'attention de quelques lecteurs supplémentaires en provenance du monde réel, extérieurs à la sphère étriquée des lecteurs de comics. Ensuite, ce journaliste est connu pour avoir écrit sur le statut d'afro-américain, et les résidus de discrimination cachée dans la société états-unienne. Son livre Une colère noire : Lettre à mon fils (2015) a bénéficié du prix National Book Award for Nonfiction. Coates est donc légitime à écrire un comics mettant en scène un superhéros d'origine africaine, et garant d'une certaine forme d'authenticité, ou en tout cas de justesse de personnalisation, et peut-être de revendication. En outre les responsables éditoriaux ont pris soin d'affecter un artiste afro-américain pour réaliser les dessins.
Quand le premier épisode paraît en 2016, il est à la fois attendu comme une preuve que l'éditeur Marvel est capable d'instaurer une diversité authentique et légitime dans sa gamme de publications, mais aussi comme la promesse d'une histoire adulte et engagée. En bons professionnels, les responsables éditoriaux font en sorte que la première histoire soit la plus courte possible, afin de pouvoir être présentée sous forme de tome le plus rapidement possible. En ouvrant cet ouvrage, le lecteur découvre pour commencer une histoire de superhéros qui en respecte les formes. Ce n'est pas une grosse surprise, car l'expérience a montré qu'attirer de nouveaux lecteurs est des plus hasardeux, et il faut au moins s'assurer de satisfaire les lecteurs habituels qui attendent du superhéros. Coates fait donc le nécessaire pour prouver d'entrée de jeu qu'il connaît le personnage, qu'il respecte son histoire qui s'étale sur plusieurs décennies, et qu'il sait manier la continuité (un concept essentiel pour les lecteurs de périodiques mettant en scène des personnages récurrents dans un univers partagé, un concept impénétrable pour le lecteur occasionnel).
Le scénariste référence donc les parents de T'Challa, l'intérim assuré par sa demi-soeur Shuri à la tête du royaume, le régime politique du Wakanda. Il évoque des éléments intelligibles uniquement pour un habitué de l'univers partagé Marvel : le vibranium, la relation entre T'Challa et Namor, la destruction du Wakanda, son invasion par Thanos et sa clique. Concrètement, le lecteur occasionnel ne comprendra rien à ces références directes ou obliques et prendra de manière frontale cet aspect le plus ésotérique du petit club fermé des lecteurs de superhéros. le récit respecte également les autres conventions du genre : technologie d'anticipation, séquences d'action intégrées régulièrement au récit, opposition entre le bien (T'Challa) et le mal (ses mystérieux opposants), démonstration de prouesses physiques au combat.
Dans le même ordre d'idée, Brian Stelfreeze est un artiste ayant illustré des histoires de superhéros pour Marvel et DC. Là encore, le lecteur régulier de comics de superhéros est en territoire familier. Cet artiste maîtrise les techniques de narration graphique. Il utilise une mise en page pouvant contenant en moyenne 4 à 6 cases par page, de forme rectangulaire. En fonction de la nature de la séquence, il fait varier la disposition des cases, toujours sagement accolées par bande horizontale, mais soit sur une grille de 3 rangées de 2 cases, soit des cases de la largeur de la page, ou même des cases de la hauteur de la page sur une rangée unique. Il utilise une approche descriptive comme il est d'usage dans les comics, avec une densité d'informations visuelles satisfaisante. Il n'abuse pas de la technique qui permet de s'économiser en établissant le décor de chaque séquence dans les premières cases, en s'affranchissant de les dessiner par la suite.
Comme Coates, Brian Stelfreeze a fort à faire puisqu'il doit respecter les caractéristiques graphiques qui définissent le personnage et son environnement, établies depuis 1966 (voir épisode de fin de volume), et en même temps il doit assurer la plausibilité (et même une part de crédibilité) au scénario. En professionnel compétent, il donne une apparence distincte à tous les personnages. Il crée des environnements mariant technologie et tradition africaine, ce qui n'est pas si évident que ça à réussir sans tomber dans les clichés naïfs, les oxymores visuels, ou la pacotille touristique à teneur condescendante pour une culture primitve. Lors des moments de dialogues, le lecteur apprécie les plans de prise de vue car ils ne se limitent pas à alterner des têtes en train de parler, et ils laissent la part belle aux décors, avec des profondeurs de champ appréciables. Les scènes d'action sont vivantes et énergiques, sans être délirantes (par comparaison aux scènes équivalentes dans des comics de superhéros, pas par rapport à une bande dessinée d'aventures traditionnelles). Les dessins de Stelfreeze rendent bien compte de l'étrangeté de la technologie d'anticipation, de la bizarrerie de certains personnages (Tetu, Zenzi), de la dimension ordinaire des civils sans les rendre banals pour autant (la belle présence visuelle de Changamire). La mise en couleurs de Laura Martin complète les dessins en montrant la diversité des ambiances lumineuses en fonction des localisations et des moments de la journée.
Le lecteur apprécie la dimension visuelle de ce comics de superhéros, compétente, haute en couleurs sans être épileptique, avec une dimension touristique dépourvue de condescendance ou de relent colonialiste. Il se laisse donc porter par les dessins pour découvrir ce que lui réserve l'intrigue. Pour cette entrée en la matière, Ta-Neshi Coates a donc choisi d'assumer l'enracinement de la série dans l'univers partagé Marvel, avec des références respectant la continuité. Il a également choisi une progression par étape, en particulier en commençant par la situation du Wakanda. de ce point de vue, il n'attaque pas bille en tête en confrontant T'Challa à la situation sociale des afro-américains aux États-Unis. Il construit son intrigue sur une dynamique facilement lisible : le chef du pouvoir temporel doit réunifier son peuple et résoudre des crises. Dès le début, la situation dépasse le simple clivage bien/mal, pour une approche plus complexe. le roi est confronté à un soulèvement de foule ; il doit prendre des mesures pour réprimer son propre peuple. Il évite également d'insister sur la dimension religieuse (fictive) du Wakanda qui donne sa légitimité au culte de la Panthère, et donc à son roi.
Par la suite les différentes crises vont faire apparaître une remise en cause de la situation monolithique de Black Panther. Sa mère lui fait observer qu'il ne peut pas être à la fois un bon chef d'état et un superhéros. Changamire se révèle être un opposant au régime, non pas à T'Challa personnellement, mais à la royauté. Au sein des citoyens, il apparaît une catégorie qui n'est pas tout à fait aussi égale que les autres (les femmes). Enfin le risque de la menace terroriste est bien réel. le scénariste se tient donc à l'écart d'un figure héroïque capable de tout résoudre par la force de ses poings, et décrit une situation complexe qui ne peut pas s'améliorer par la force, ni dans un délai court. Il effectue donc un travail impressionnant de mise en place en seulement 4 épisodes. C'est également un peu la limite du récit qui fait office de premier acte un peu court.
Ce premier tome des aventures de Black Panther sous la houlette de Ta-Neshi Coates tient ses promesses d'un récit de superhéros (avec respect de la continuité du personnage) visant plus haut que le combat contre l'ennemi du mois (avec une situation géopolitique complexe). Les dessins offrent un spectacle dépaysant et intelligent. Il ne comble pas entièrement les attentes du lecteur en contournant la question du rapport entre blancs et noirs, et en restant dans une approche visuelle très classique. 5 étoiles pour un bon récit de superhéros, 4 étoiles pour un récit en deçà du potentiel de ses créateurs.
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- Fantastic Four 52 (1966, scénario de Stan Lee, dessins de Jack Kirby, encrage de Joe Sinnott) - Les Fantastic Four ont l'agréable surprise de recevoir la visite d'un envoyé plénipotentiaire d'un état dont ils ne soupçonnaient pas l'existence : le Wakanda. Au nom de leur chef d'état, il leur offre un vaisseau à propulsion magnétique dont la technologie impressionne même Reed Richards, ainsi qu'une invitation à venir séjourner au Wakanda. Reed Richards, Susan Richards, Johnny Storm et Ben Grimm s'y rendent, accompagnés de Wyatt Wingfoot.
Fidèle à sa politique de vendre le plus de papier possible, l'éditeur Marvel étoffe le présent recueil avec l'épisode comprenant la première apparition de Black Panther. le lecteur peut ainsi découvrir le plan étrange de T'Challa pour attirer l'attention des FF sur son pays. Il ne peut que comparer les modalités narratives de cet épisode de 1966 à celles de l'histoire principale, et constater la propension de Stan Lee à tout expliquer de manière explicite, même ce que montrent déjà les images. Il retrouve le vocabulaire graphique de Jack Kirby, toujours très baroque et inventif, débordant d'énergie. L'encrage de Joe Sinnott respecte les formes tracées par Kirby, tout en arrondissement un peu les contours pour les rendre plus jolis. Les images montrent une Afrique de pacotille, relevant plus de l'imaginaire que du reportage, en phase avec la tonalité de ce récit d'aventures.
Qu'il le veuille ou non, le lecteur bénéficie de cet épisode dans le recueil, et il peut en profiter pour découvrir (ou relire) un exemple de la collaboration entre Jack Kirby, Joe Sinnott et Stan Lee, une équipe créatrice qui a bâti les fondations de l'univers partagé Marvel, sans laquelle rien de tout cela n'existerait aujourd'hui.
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Les critiques presse (1)
ActuaBD   22 mars 2017
Un pari réussi.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Videos de Ta-Nehisi Coates (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ta-Nehisi Coates
Rencontre avec Ta-Nehisi Coates au musée Dapper.
Un regard lucide et dérangeant sur la condition des Africains-Américains.
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