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Citations sur Le coeur de l'Angleterre (117)

GeorgesSmiley
GeorgesSmiley   06 août 2019
"Nan aussi a travaillé ici, tu sais. Ma mère. Elle me racontait des histoires de la guerre. là où on est, sous nos pieds, il y a des tunnels. des dizaines de tunnels. Enormes. Pendant la guerre, des centaines de gens y travaillaient. Nan en faisait partie.... Ils fabriquaient de l'armement, des munitions, des pièces détachées d'avion. Tu imagines ! Tu imagines, des centaines de gens qui travaillaient là-dedans ensemble, pour l'effort de guerre ? Quel cran, hein ? Quel pays on était à l'époque ! Et qu'est-ce que c'est devenu, tout ça ? Ca allait déjà mal quand j'y travaillais. Chacun pour soi, les plus forts survivront et moi ça va très bien, merci. Elle était déjà amorcée, la tendance. Mais maintenant, c'est encore pire, il n'y en a plus que pour les fringues de luxe, les bars à prosecco et ces saloperies de salades en barquettes. On est devenu des chiffes molles, le voilà le problème. Pas étonnant que le reste du monde se foute de nous."
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PtitVincent
PtitVincent   04 août 2019
Ce que je comprends pas, c’est que… Ce que je comprends pas, c’est où ça va finir ? Comment faire si on continue comme ça ? On fabrique plus rien. Et si on fabrique plus rien, on n’a plus rien à vendre… Et comment on va survivre ? C’est ça qui m’inquiète. Parce que bon, ce qu’on voit là, ça m’inquiète pas, ces terrains vagues, c’est pas grave. Quand on démolit une usine et que tous ces emplois disparaissent, on s’attend bien à voir ça. C’est-à-dire rien. Mais ce magasin, là, ce magasin immense, bon Dieu, et ces maisons, ces centaines de centaines de maisons ? À quoi ça sert ? Comment est-ce qu’on peut remplacer une usine par des boutiques ? S’il n’y a plus d’usines, comment est-ce que les gens vont gagner de quoi dépenser dans les boutiques ? Comment ils vont gagner de quoi acheter les maisons ? Ça n’a pas de sens.
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GeorgesSmiley
GeorgesSmiley   02 août 2019
Elle se rendait compte que dans sa tête, Helena ne cessait de revenir inexorablement sur les images vues à la télévision et dans les journaux au cours de la semaine, et sur les blessures qu'avaient subies son fils.
"Où est-ce que ça va finir, tout ça, Sophie ? Où vont-elles finir, ces horreurs?"
(Sophie) se préparait à répondre mollement : "Oh, vous savez, la vie continue... Ca va se tasser avec le temps...", lorsque Helena ajouta :
"Il avait tout à fait raison, vous savez. Des fleuves de sang*. Il est le seul à avoir eu le courage de le dire."
Sophie se figea à ces mots et les platitudes toutes prêtes moururent sur ses lèvres. Le silence qui se creusait entre les deux femmes était sans fond désormais. On y était enfin. Au sujet à ne pas aborder, défiant tout dialogue. Au sujet mortifiant, clivant entre tous, parce que l'évoquer c'était se mettre à nu, déchirer les vêtements de l'autre et être forcé de s'entre-regarder dans cette nudité, sans aucune protection, sans pouvoir détourner les yeux. Quoi qu'elle réponde à Helena - pour peu qu'elle essaye de rendre compte honnêtement de sa divergence -, il lui faudrait fatalement affronter la vérité indicible, à savoir qu'elle-même et ses semblables d'une part et Helena et ses semblables d'autre part avaient beau vivre côte à côte dans le même pays, elles habitaient pourtant deux univers différents, séparés par une cloison étanche, une muraille formidable faite de peur et de suspicion, voire peut-être de ces traits britanniques par excellence, la honte et la gêne. Impossible d'aborder tout ça. La seule attitude adaptée consistait à l'ignorer (restait à savoir combien de temps cette attitude elle-même serait possible) et se raccrocher pour l'instant à la fiction désespérée et peu consolante qu'il ne s'agissait là que d'une divergence mineure, comme on peut en avoir avec son voisin sur la gamme de couleurs qu'il a choisie chez lui, ou sur les mérites d'une émission de télévision.

*Célèbre discours d'Enoch Powell,prononcé en 1968, contre l'immigration et en faveur de la "remigration".
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GeorgesSmiley
GeorgesSmiley   31 juillet 2019
"Ces gens ne savent pas de quoi ils parlent. La tolérance, ben voyons. Tous les jours, tu te trouves face à des individus qui n'ont rien de tolérant, que ce soit une vendeuse ou un vendeur dans une boutique, ou un simple passant dans la rue. Ils ne te disent peut-être rien d'agressif mais tu le lis dans leurs yeux et dans toute leur attitude envers toi. Et ils voudraient bien parler. Oh oui, ils voudraient bien te lancer ces mots défendus, te dire de retourner dans ton pays de merde (celui qu'ils t'attribuent) mais ils savent que c'est impossible. Ils savent que c'est défendu. Alors non seulement ils te détestent, mais ils les détestent, eux aussi. Eux, ces gens sans visage qui les jugent, là-haut, qui décident de ce qu'ils ont le droit de dire et de ne pas dire à haute et intelligible voix."
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Fandol
Fandol   02 décembre 2019
(Helena à Grete et Lukas, un couple d'origine polonaise installé en Angleterre) : "Je pense que, tout bien considéré, il vaudrait mieux que vous retourniez chez vous, vous et votre mari."
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Fandol
Fandol   30 novembre 2019
On avait du mal à comprendre comment quelqu'un (Theresa May) d'aussi attaché à l'adhésion à l'Europe avait pu accomplir sans bavure un virage à cent quatre-vingts degrés et accepter la responsabilité de mener son pays au Brexit.
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Fandol
Fandol   28 novembre 2019
Mais quand même, je me rappelle m'être demandé qui était ce personnage singulier, avec sa voix snob et sa coupe de cheveux impossible. Il ne passait pas inaperçu !
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jack56
jack56   26 novembre 2019
Il y a tellement de choses qu'on considérait comme normales dans les années soixante-dix et qui relèveraient de la maltraitante aujourd'hui.

page 506
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jack56
jack56   26 novembre 2019
"Vous voyez, c'est ce qui me plaît chez les Anglais. vous passez pour des gens fiables, conservateurs. Et pourtant vous passez votre temps à enfreindre les règles. Quand ça vous permet d'arriver à vos fins, vous enfreignez allègrement les règles."

Pages 273/274
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Ninaalu
Ninaalu   22 novembre 2019
Elle savait aussi qu’elle lisait elle-même trop pour sa santé, accordait trop d’importance à la lecture, affligée d’une sorte de névrose obsessionnelle vis-à-vis de la littérature …
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