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Critiques sur Le coeur de l'Angleterre (69)
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palamede
  05 novembre 2019
Deux ans après la crise financière qui a secoué le monde et engendré une ligne de fracture abyssale partout en Europe, les Britanniques sont profondément divisés par un fossé culturel et social. Le racisme et la xénophobie sont de plus en plus virulents, les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres, la classe moyenne se sent victime et a le sentiment qu'on ne l'écoute pas. Quant aux antagonismes de partis, la plupart des Anglais n'en veulent plus, et certains sont tentés par le nationalisme que défendent les populistes.

Sans aucun doute Jonathan Coe essaie de comprendre son pays. Ainsi, alors qu'en ce moment les pour et les contre Brexit s'y affrontent, sous l'angle de Benjamin, Doug, Sophie et les autres, il nous invite à découvrir dans la dernière décennie les racines de la dérive britannique (qui est aussi celle d'autres pays européens). Éclairante et un brin mélancolique, une analyse pertinente, drôle et pleine de recul de la crise anglaise que seul un Britannique lucide et ouvert au monde, tel Jonathan Coe, pouvait offrir à ceux qui s'interrogent sur celle que des Français du XVIIe siècle ont nommé la Perfide Albion...
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Kittiwake
  15 octobre 2019
Le cru 2019 de Jonathan Coe s'inscrit dans l'actualité encore brûlante puisque le brexit ne cesse de faire couler l'encre, jour après jour, pour savoir comment extirper cette balle dans le pied que les anglais se sont tirée presque malgré eux.

Bien entendu, il s'agit d'un roman et l'on retrouve des personnages déjà croisés dans Bienvenue au club, il y a quelques années. Et c'est un vrai plaisir de les voir débattre, nouer des alliances, se séparer pour mieux se retrouver au fil d'un quotidien ordinaire. Ils sont assez nombreux, autour de Benjamin, l'ermite au bord de la rivière, sa famille, ses amis, ses relations sociales. Et tout se joue autour de l'écriture de son roman, oeuvre entamée des années plus tôt et alimentée sans tri sélectif au point de se retrouver avec un pavé illisible. Ce qu'en fera son éditeur est à mourir de rire.

Grand moment aussi que l'ouverture des Jeux Olympiques, Il n'y a que Jonathan Coe pour retranscrire cette ambiance particulière, où pour quelques minutes tous les anglais se sont retrouvés soudés devant le même spectacle.

Pas de prise de position pour les Leave ou les Remain, mais une savante analyse de la situation et de sa complexité. Les politiques ne sont pas épargnés : un peu d'ironie n'a jamais tué personne.

L'humour est en effet là, parfois amer, jamais méchant, mais imprégné de ce qui fait le charme de cette spécialité britannique.


Grand plaisir donc de parcourir ces pages, et le roman ne dénote pas parmi les autres. Les fans apprécieront et les nouveaux venus auront un aperçu fidèle du talent de l'auteur.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Fandol
  13 novembre 2019
Plonger au coeur de l'Angleterre des années 2010 est une aventure très instructive, prenante, émouvante et riche en rappels précis de la vie politique de ce pays.

Dans le coeur de l'Angleterre, Jonathan Coe redonne vie à des personnages créés dans ses précédents romans, Bienvenue au club et Cercle fermé. Je ne les ai pas lus, hélas, et cela m'a gêné un peu au début pour situer chacune et chacun car on gravite au sein d'une même famille, la famille Trotter, qui est de Birmingham, dans ces Midlands qui subissent les fermetures d'usines, le chômage et où un ressentiment, pour ne pas dire plus, envers les étrangers, va grandissant.
Colin a quatre-vingt-deux ans. Il vote conservateur depuis 1950. Parmi ses enfants, Benjamin a cinquante ans et vit seul. Lois, sa soeur, est la mère de Sophie qui se fait flasher en excès de vitesse. Plutôt que de perdre des points sur son permis, elle choisit de suivre un stage et tombe amoureuse de Ian, le formateur.
Doug est un autre personnage important du livre. Il a fait ses études avec Benjamin et il est devenu un chroniqueur politique réputé. Grâce à un sous-directeur à l'information du gouvernement, il connaît tous les dessous de la vie politique de son pays qui, après le succès des conservateurs (tories) aux législatives, fait face à des émeutes dans les plus grandes villes, en 2011. Certains, comme Ian, y voient un conflit racial.
Pendant ce temps, Benjamin se décide à montrer à Philip, un ami, son projet littéraire. Après un élagage sérieux, il est édité sous le titre Une rose sans épine, et finit par créer la surprise…
Ainsi, je me suis peu à peu passionné pour la vie de ces gens, leurs rencontres, leurs amours, leurs succès, leurs échecs et j'avoue que tout cela est bien mené, varié, avec beaucoup de maîtrise. L'auteur ne cache pas son amour pour la France, situant une belle séquence à Marseille et dans les îles du Frioul, plus une scène finale qu'il ne faut pas divulgâcher.
Enfin, l'essentiel, c'est ce fameux Brexit dont l'auteur permet de comprendre la préparation avec campagne médiatique jouant sur les ressorts du patriotisme et la force du monde des affaires. David Cameron a commis une lourde faute en lançant ce référendum qui l'a contraint à la démission du poste de Premier Ministre mais, rassurez-vous, tout va bien pour lui puisqu'il s'est mis ensuite à rédiger ses mémoires et à donner des conférences à 120 000 dollars l'heure.
Au fil de ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en lisant que le gouvernement de Theresa May avait fixé la date butoir pour le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union européenne au 29 mars 2019.

Lors de son intervention aux Correspondances de Manosque, Jonathan Coe rappelait que le Premier Ministre actuel, Boris Johnson, journaliste auparavant, avait pendant vingt ans, écrit des articles satiriques, moqueurs contre l'Europe. Comme un autre personnage, il animait un show télévisé et passait pour un homme sympa, drôle. Suivant son modèle d'outre-Atlantique, il joue les durs, maintenant.
Le coeur de l'Angleterre, au travers de destinées professionnelles et familiales, allant jusqu'à une intimité émouvante, montre bien la fracture générationnelle en cours dans ce pays où les plus de soixante-cinq ans ont fait basculer le référendum alors que la majorité des jeunes voulaient rester dans l'Europe. Cela n'empêche pas l'humour comme lors de la séance de golf car l'auteur qui ne jouait pas mais dont le frère était professionnel, n'a pas oublié ces séances interminables durant lesquelles il devait porter les clubs de tout le monde…

Très Anglais et très Européen, Jonathan Coe est très triste devant ce qui se passe et son livre m'a éclairé sur bien des points ressortant régulièrement dans l'actualité. le coeur de l'Angleterre est un livre important à lire pour comprendre notre époque.
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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GeorgesSmiley
  04 septembre 2019
Les Trotter de Bienvenue au Club reprennent du service. D'un enterrement à un autre en passant par un divorce, de 2010 à 2018, ils sont les témoins d'une décennie entamée dans l'allégresse des Jeux Olympiques et qui se termine dans le feuilleton de la sortie de l'U.E, toujours annoncée, souvent programmée et toujours repoussée. Les thèmes ont quelque chose à voir avec le deuil et le divorce : la nostalgie des années de jeunesse, le sentiment de déclassement, la colère, d'un côté. En face, la mondialisation heureuse et l'incompréhension, un tantinet méprisante. Tout pour une fracture.
C'est un roman très agréable à lire même s'il est bien loin, par exemple, de Expo 58 et de sa joyeuse et insouciante facétie. Autre époque !
Les personnages principaux ont pris presque quarante ans, certains ne reconnaissent plus leur pays, leur ville, d'autres s'en accommodent mais la nostalgie n'est jamais bien loin. Il y a bien un moment lumineux, superbement décrit : la cérémonie d'ouverture des Jeux de Londres, en 2012. Somptueux événement culturel, très fédérateur, qui fit taire pour trois semaines tout ce qui divisait, irritait, opposait. Mais, on sait, en Angleterre ou sur le Continent, qu'un analgésique ne guérit rien et que son effet est de courte durée. Restent donc les maux de la société britannique, soigneusement décrits :
L'inanité des politiciens, leur imprévoyance, leur gestion à la petite semaine. Leur incapacité, sinon à résoudre les problèmes, à réduire les fractures.
Il y a la rage de ceux ne supportent plus le poids croissant des minorités et la moralisation permanente du politiquement correct, couplé au mépris hautain, de ceux qui entendent bien l'imposer partout et tout le temps.
Il y a aussi le sentiment de déclassement, de pertes de repères, de nostalgie de ceux dont la jeunesse s'est envolée, l'insolence de la génération des « millenials » prompte à trancher, décréter et à se servir des réseaux sociaux pour imposer ses certitudes quitte à recourir au harcèlement. Les médias perpétuellement en quête d'audimat et prêts à tordre déclarations, informations et opinions pour créer de la sensation et caresser les minorités dans le bon sens.
Tout cela n'empêche pas nos personnages d'aimer ou de se déchirer, de réussir ou pas, de rêver, de réfléchir, de vivre. Heureusement, car l'auteur n'a pas trouvé le plus petit début de commencement de solution pour réduire la fracture. Personne ne peut lui en faire le reproche. Ce qui est possible pour ses personnages, qui se séparent à cause du Brexit, ne l'est pas pour les deux parties du peuple britannique qui, bien que déjà divorcées, restent contraintes de faire chambre commune. L'impatience des uns, les tentatives de remise en cause de la décision par les autres, n'augurent rien de bon.
Par la diversité de ses personnages, par des dialogues éclairants et des mises en situation convaincantes, il réussit, avec talent et pertinence, le tour de force d'évoquer ces tensions et ces rancoeurs, d'une façon assez subtile (la modération anglaise) pour ne pas avoir à s'aliéner une partie de ses lecteurs, qu'ils soient « Leave » ou « Remain ». Oubliez les éditorialistes et autres « décrypteurs de l'actualité » (il y a un personnage de ce type dans le roman), lisez le Coeur de l'Angleterre, vous comprendrez tout et passerez, en plus, un excellent moment.

Merci Lecteurs.com #Explorateursrentréelittéraire
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tynn
  30 octobre 2019
Mais comment en est-on arrivé là?
Brexit or not Brexit... ce fut Brexit!

A l'heure du toast et du thé matinal, les anglais se réveillent sans doute chaque matin avec la gueule de bois et cette sempiternelle question que le facétieux Jonathan Coe tente d'éclaircir, en adoptant une position d'observation apolitique.

L'action se passe entre 2010 et 2018 et met en perspective les temps forts de la vie politique et les événements nationaux importants. C'est un peu comme si on lisait un roman policier en connaissant le coupable, l'essentiel étant de comprendre le contexte et les mentalités.

Par un réseau de personnages ayant tous des interactions familiales, amicales ou professionnelles, Jonathan Coe nous parle de l'Angleterre, celle du début du 21e siècle, de la vie publique écartelée entre ses traditions séculaires, son conservatisme, sa politique binaire tendance bipartisme, ses problèmes de pauvreté et de montée du populisme, sa dérive xénophobe face à sa population multiculturelle.

L'identité britannique se retrouve dans cette cohabitation insolite d'un « savoir vivre » et « savoir être » et une touche d'excentricité et d'auto dérision. Une nation qui arrive à faire cohabiter conservatisme, opportunisme et transgression et un orgueil patriotique consensuel.

Un roman contemporain qui est un plaisir de lecture, bien écrit, vivant et dynamique, porté par un humour élégant et parfois décalé.
L'auteur clôt par ce livre une trilogie sociale entamée avec Bienvenue au club (2001) et le cercle fermé (2004).
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motspourmots
  07 septembre 2019
Il y a quelque chose d'assez jouissif à lire le dernier opus de Jonathan Coe alors que s'étale au gré des fils info la cacophonie du Brexit chez nos amis britanniques. Lors d'une rencontre récente avec l'auteur venu à Paris présenter son livre, il a expliqué qu'écrire lui servait désormais à tenter de comprendre. Son pays, les événements, la politique. C'est ce qui l'a amené à prendre pour cadre de son roman les dix années précédant le référendum sur le Brexit ; en même temps, rien d'illogique, cela fait plus de trente ans qu'il nous raconte l'Angleterre, décennie après décennie, avec le recul d'un citoyen du monde, francophile et européen convaincu. Plus de trente ans, depuis Testament à l'anglaise, qu'il interroge cette société pilotée par la finance. Son précédent livre, Numéro 11 était un exercice brillant sur ce thème, peut-être un peu plus complexe à appréhender que d'habitude. Avec le coeur de l'Angleterre, on retrouve le pur plaisir de l'immersion, le frisson de l'ironie légère, l'acuité du regard tendre mais sans concession. Et surtout, la virtuosité d'un romancier qui sait nourrir son propos d'une somme phénoménale d'informations, l'ancrer dans une réalité ultra contemporaine (forcément) sans que jamais le lecteur n'ait l'impression de lire un reportage ou autre chose qu'un roman. Un vrai bon roman.

Cela passe sans doute par l'incarnation. Faire reprendre du service à Benjamin Trotter, héros du Cercle fermé et de Bienvenue au club contribue à donner un formidable relief à l'ensemble. Il ne tombe pas du ciel, il a un vécu, le lecteur a déjà fait un bout de chemin avec lui et, je suis certaine que cela se sent même pour ceux qui n'ont pas lu ces deux titres. Simplement parce qu'il existe déjà dans le petit monde de l'écrivain et qu'il l'accompagne depuis toutes ces années. Benjamin a vieilli, et son background sonne juste car il contient nos propres illusions et désillusions. Pour compléter son tableau, l'auteur introduit un pendant aux préoccupations plus immédiates en la personne de Sophie, la jeune nièce de Benjamin, plus tournée vers l'avenir. Jeune femme en début de carrière universitaire, en début de vie maritale. Un poil idéaliste, aux idées humanistes sans cesse confrontées à la réalité, parfois brutalement. Intéressant d'assister à l'éveil tardif de la conscience politique de Benjamin - jusque-là plus préoccupé de ses velléités d'écriture, mais aussi de retrouver son ami Doug, brillant journaliste et d'assister à ses têtes à têtes réguliers avec le responsable de la communication du 10, Downing Street (savoureux à souhait !).

Si ce roman est tellement réussi, c'est aussi par les différentes perspectives prises par l'auteur pour donner à voir l'Angleterre. Il parvient à nous glisser sans bruit dans presque toutes les classes sociales, sans jamais donner l'impression de faire une démonstration. le prisme politique est à la fois souligné lors de moments clé, et dilué dans les parcours quotidiens des protagonistes ce qui rend palpables les enchainements de micro-faits qui ont pu mener à la situation que nous connaissons. le regard de l'auteur reste haut, il n'hésite pas à faire traverser la Manche à ses personnages histoire de leur donner du recul à eux aussi. Tous les thèmes qui font l'actualité sont là : montée du nationalisme, politiques d'austérité, règne du politiquement correct, luttes contre les discriminations. Et Jonathan Coe tisse habilement destins individuels et collectifs pour lesquels le lecteur a la même fascination. Il y a des passages fantastiques, d'une saveur unique. Des petites piques qui n'épargnent pas les milieux intellectuels, les écrivains ou les universitaires. J'avoue que les moments où toute l'Angleterre s'observe à travers la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012 (qui retraçait les grands moments de l'Histoire du pays) sont exceptionnels.

Vous l'avez compris, c'est un régal. Je voue une admiration sans borne à Jonathan Coe et ce n'est pas ce roman qui va infléchir ma position. Un jour, je prendrai le temps de relire tous ses romans, de les savourer à la hauteur de ce qu'ils représentent : une fresque subtilement intelligente qui peut éventuellement nous aider à mieux comprendre ce drôle d'animal qu'est l'"homo anglicus", et peut-être nous-mêmes à travers lui.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Josephine2
  09 novembre 2019
Le monde est devenu fou… Ou plutôt non, le monde continuera de tourner avec ou sans les humains, qui eux, sont devenus fous (Oups… Il me semble que j'en fais partie, non ?). « Le ciel leur est tombé sur la tête ! » dirait Astérix.

Et c'est bien ce qui est en train de se passer. Jonathan COE nous entraîne au « coeur » de l'Angleterre à travers ses personnages issus de différentes couches de la société.

Il raconte comment l'Angleterre en est arrivé au Brexit et ce que cela implique dans la vie des Anglais. Beaucoup de familles et d'amis se sont déchirés et se déchirent encore, car l'impact de ce Brexit touche toute la société. Des couples se séparent, des enfants tournent le dos à leur parent. Ils les rendent responsables de leur mal-être et de leurs désillusions, de leur manque d'ouverture, du gâchis engendré par la course à l'argent à tous les niveaux.

Il interroge également sur les politiques qui ont complétement perdus la tête. Ils sont menés par le bout du nez par certains grands groupes qui veulent être « les premiers de cordée » et plus que cela, ils n'hésitent pas à tout balayer sur leur passage sans tenir compte des ravages engendrés… Tiens, ça ne vous rappelle rien ça ?

Comment cela finira-t-il ? A vivre ! Non, je ne me suis pas trompée, j'ai bien écris « A vivre ».

Un excellent roman de Jonathan COE qui décortique la société anglaise à travers ses personnages attachants, sans que l'on soit pour autant noyé par la politique ce qui aurait pu être imbuvable. Bravo ! Une très belle réussite.
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mariech
  29 septembre 2019
Le coeur de l'Angleterre , c'est un très beau roman de Jonathan Coe , qui parle d'un sujet actuel puisqu'il évoque le Brexit .
Qui aurait cru il y a quelques années à peine que l'Angleterre voudrait quitter l'Europe mais surtout qu'il y aurait un vote qui va diviser le pays en deux parties ennemies ?
Il y a évidemment beaucoup d'humour dans ce livre , beaucoup d'autodérision propre à l'auteur .
Le héros qui ressemble beaucoup à l'auteur , choisit de venir vivre dans le sud de la France pour ouvrir une maison d'hôte , faisant de ce fait , une belle pirouette au Brexit .
Un régal de lecture , un va et vient réussi entre les années 70 et l'époque actuelle , beaucoup de références musicales qui m'ont donné envie d'en écouter ou réécouter certaines , ah ! Mike Olfield lors de l'anniversaire de la reine Élisabeth pour ne citer qu'elle .
Beaucoup de sourires lors de cette lecture , une très belle écriture , que demandez de plus ?
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jmb33320
  08 septembre 2019
Il faut être sacrément doué pour concilier fiction et inquiétudes politiques encore « chaudes ». Et Jonathan Coe y parvient indéniablement dans ce nouveau roman centré autour du Brexit. Il faut dire que le sujet est d'importance et que de nombreux autres romanciers s'y sont attelés, avec des bonheurs divers.

Avec toute la générosité qu'on lui connaît, il bataille pour démontrer toute l'absurdité de certaines positions politiques, qui n'ont souvent rien à voir avec la défense des intérêts de la nation dans son entier mais plutôt avec des manoeuvres politiciennes à court terme.

Ce qui m'a le plus frappé c'est de me rendre compte à quel point les similarités avec ce que nous vivons en France sont nombreuses, alors que je pensais la situation de la Grande-Bretagne difficilement comparable. Jonathan Coe, par exemple, insiste sur ce sentiment de colère sourde qui envahit son pays. Et aussi sur la mise en pièce des quelques sécurités qui restaient de l'immédiat après-guerre… Cela m'a rappelé bien des choses…

Je suppose qu'on peut lui reprocher d'être parfois trop démonstratif, un peu trop long aussi dans la description de certaines manoeuvres politiques, mais j'ai aimé retrouver les Trotter et leur entourage. La narration est tout du long bien menée, les surprises nombreuses. Comme toujours chez cet auteur on est dans l'empathie et ça fait du bien de croire qu'un monde moins violent, moins cynique aussi, est possible.
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Verdure35
  23 septembre 2019
Il fallait bien 500p à l'auteur pour, avec sa verve habituelle, décrire le déclin de l'Angleterre , et ce de 2010 jusqu'à aujourd'hui.
C'est avec bonheur que l'on retrouve la famille Trotter précédemment rencontrée, et qui termine une trilogie qualifiée par la presse britannique de "Brexit Comedy".
En réalité il s'agit d'une chronique acerbe de la société anglaise, et en particulier celle de Birmingham.
En 2010, Colin et Benjamin Trotter enterrent leur épouse et mère.
Colin est un vieux "réac", Benjamin un apprenti écrivain. Autour d'eux gravitent amis soeurs, nièce,et tous ont une vie plus ou moins chaotique, une vraie vie quoi!
A l'époque, G.Brown est premier ministre et D.Cameron, chef de file des conservateurs.
Au fil des ans, dans la famille il y a beaucoup de changements, alors que l'Angleterre parallèlement est sujette à une grogne et une tension qui montent, alors que le politiquement correct et le multiculturalisme grimpent en flèche, tout comme le capitalisme néo-libéral.
Presque dénouement en 2016 avec le vote "Leave"qui ouvre une période dangereusement indécise, voire noire pour beaucoup.
De par leur milieu ou leur métier (Doug, journaliste) les membres de la famille Trotter recueillent pas mal de confidences d'hommes politiques de chaque bord, ces récits sont savoureux(mieux vaut croire parfois que c'est du roman ...)
J Coe aime ses compatriotes jusqu'à la compassion, avec de l'humour heureusement.
Je pense avoir lu un vrai grand roman.

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