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Critiques sur Le coeur de l'Angleterre (78)
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mariech
  29 septembre 2019
Le coeur de l'Angleterre , c'est un très beau roman de Jonathan Coe , qui parle d'un sujet actuel puisqu'il évoque le Brexit .
Qui aurait cru il y a quelques années à peine que l'Angleterre voudrait quitter l'Europe mais surtout qu'il y aurait un vote qui va diviser le pays en deux parties ennemies ?
Il y a évidemment beaucoup d'humour dans ce livre , beaucoup d'autodérision propre à l'auteur .
Le héros qui ressemble beaucoup à l'auteur , choisit de venir vivre dans le sud de la France pour ouvrir une maison d'hôte , faisant de ce fait , une belle pirouette au Brexit .
Un régal de lecture , un va et vient réussi entre les années 70 et l'époque actuelle , beaucoup de références musicales qui m'ont donné envie d'en écouter ou réécouter certaines , ah ! Mike Olfield lors de l'anniversaire de la reine Élisabeth pour ne citer qu'elle .
Beaucoup de sourires lors de cette lecture , une très belle écriture , que demandez de plus ?
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Verdure35
  23 septembre 2019
Il fallait bien 500p à l'auteur pour, avec sa verve habituelle, décrire le déclin de l'Angleterre , et ce de 2010 jusqu'à aujourd'hui.
C'est avec bonheur que l'on retrouve la famille Trotter précédemment rencontrée, et qui termine une trilogie qualifiée par la presse britannique de "Brexit Comedy".
En réalité il s'agit d'une chronique acerbe de la société anglaise, et en particulier celle de Birmingham.
En 2010, Colin et Benjamin Trotter enterrent leur épouse et mère.
Colin est un vieux "réac", Benjamin un apprenti écrivain. Autour d'eux gravitent amis soeurs, nièce,et tous ont une vie plus ou moins chaotique, une vraie vie quoi!
A l'époque, G.Brown est premier ministre et D.Cameron, chef de file des conservateurs.
Au fil des ans, dans la famille il y a beaucoup de changements, alors que l'Angleterre parallèlement est sujette à une grogne et une tension qui montent, alors que le politiquement correct et le multiculturalisme grimpent en flèche, tout comme le capitalisme néo-libéral.
Presque dénouement en 2016 avec le vote "Leave"qui ouvre une période dangereusement indécise, voire noire pour beaucoup.
De par leur milieu ou leur métier (Doug, journaliste) les membres de la famille Trotter recueillent pas mal de confidences d'hommes politiques de chaque bord, ces récits sont savoureux(mieux vaut croire parfois que c'est du roman ...)
J Coe aime ses compatriotes jusqu'à la compassion, avec de l'humour heureusement.
Je pense avoir lu un vrai grand roman.

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spleen
  15 novembre 2019
J'ai entamé ce livre avec une petite pointe d'appréhension, le sujet n'allait-il pas être rébarbatif ? C'était par oubli du talent de l'auteur . Et c'est même passionnant de se retrouver au coeur d'un sujet aussi brûlant et toujours actuel que le Brexit :

L'art de cet écrivain est de nous présenter les grands événements survenus en Angleterre entre 2010 et 2018 à travers quelques personnages attachants dans lesquels on pourrait facilement se retrouver .

Et pas besoin d'avoir lu les deux ouvrages précédents: Bienvenue au Club et le cercle fermé pour comprendre rapidement ce qui les identifie .

Le personnage de Doug, journaliste politique par l'intermédiaire de rencontres informelles avec un homme jeune plein d'ambition et proche du Premier Ministre permet à Jonathan Coe d'exprimer les faits ,en particulier sur le Brexit ( et par moments on croit rêver ) . Les discussions en famille ou entre amis nous plongent également dans les débats d'idées qui n'ont rien à envier aux nôtres .

Ce n'est jamais plat car ces hommes et ces femmes ont de la consistance , on assiste à leurs joies et leurs peines, au début d'une carrière ou à leur interrogation sur leur avenir . Ce sont des gens que l'on croise dans la rue ou que l'on côtoie parmi ses amis ou sa famille, ceux qu'on aime bien ou qu'on a du mal à supporter : un quotidien qui est tout sauf banal, qui fait réagir , qui nous fait rire ( mention spéciale pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 2012 ) ou s'apitoyer ... La vie en vrai en somme !
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traversay
  17 septembre 2019
Bien du temps est passé depuis la parution de Bienvenue au club puis de le cercle fermé. Les souvenirs sont lointains mais la sensation de plaisir à lire Jonathan Coe s'est poursuivie avec ses romans suivants. Cependant, le coeur de l'Angleterre, qui complète la trilogie de la famille Tropper et évoque la décennie actuelle, a un goût particulier, celui de retrouver des personnages familiers et de les voir, non sans une certaine jubilation sadique, se démener avec une époque chaotique, entre la tragédie (les émeutes de 2011), l'extase (la cérémonie des J.O de Londres) et la déchirure (le Brexit). le sujet du livre est le coeur de l'Angleterre, soit Birmingham et sa région, mais aussi un véritable choeur britannique à l'ouvrage puisque le roman accumule les personnages dans toutes les classes sociales, sans que jamais le lecteur ne perde le sens de l'orientation. Les événements mélodramatiques, comiques, absurdes, mélancoliques et délirants se succèdent montrant une fois encore la maîtrise narrative de Coe dont l'ironie et l'humour acide font toujours merveille. Plusieurs passages sont à mourir de rire comme la croisière en mer Baltique ou, plus brièvement mais spectaculairement, une étreinte amoureuse dans un placard. La politique prend beaucoup de place dans le coeur de l'Angleterre, et cela peut poser problème aux lecteurs peu intéressés par le sujet, mais c'est toujours passionnant car évoquée de manière malicieuse. Au fond, l'amusement de Coe à écrire ce roman est incroyablement palpable à la lecture, suscitant une euphorie permanente et, incidemment, quelques fous rires. Dans le paysage littéraire actuel, où la noirceur prédomine souvent, l'auteur britannique est une bénédiction, avec cette suprême élégance de parler de choses graves avec légèreté et de choses futiles avec sérieux. du nanan !
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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lucia-lilas
  03 novembre 2019
Bon, pour dire les choses clairement et aller droit au but, je dirais que finalement et paradoxalement, ce qui m'a plu dans ce roman, ce n'est pas vraiment le sujet principal…
Commençons tout de même par nous pencher sur le coeur du projet de Jonathan Coe, à savoir comment et pourquoi un pays, sollicité par référendum, a voté, le 23 juin 2016, pour le « leave », décidant ainsi de quitter l'Union Européenne.
Effectivement, le fameux Brexit est donc au centre du roman de Jonathan Coe qui, par petites touches, à travers un certain nombre de personnages et de situations, montre comment une nation s'enfonce doucement mais sûrement dans une crise profonde faite de haine, de désillusion, d'aigreur, d'envie, de repli sur soi, de peur, d'incompréhension…
Racisme, nationalisme, désindustrialisation, chômage, fracture sociale, règne du politiquement correct, mépris pour les élites, autant de fléaux à l'origine d'une société qui se déchire, se scinde, se divise tant du point de vue individuel que collectif… On retrouve dans l'oeuvre, mêlée à la fiction, l'histoire politique, économique, sociale de l'Angleterre de ces dix dernières années : il est en effet question entre autres des émeutes d'août 2011, de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques en 2012, de l'assassinat de la députée travailliste Joe Cox...
Très vite, on voit à quel point le collectif a des conséquences sur l'intime : si le pays se divise, il en est de même pour les couples. Tout n'est qu'instabilité, malaise, mensonge, rêves d'ailleurs et d'autre chose. Bref, on se déchire, on se trompe, la confiance semble perdue à jamais et l'on se demande comment on va sortir de cette impasse totale.
La « démonstration » est juste, piquante, amusante, souvent ironique et grinçante mais j'ai trouvé qu'elle n'en demeurait pas moins précisément une démonstration avec tous les rouages plus ou moins apparents et les artifices que cela suppose et qui, me semble-t-il, alourdissent parfois le roman, d'autant que, dans le fond, la plupart des faits évoqués (largement connus et par ailleurs débattus) ne donnent pas lieu à une lecture particulièrement originale ou éclairante. Pour dire les choses telles que je les ai ressenties, j'ai l'impression que si l'on suit un tant soit peu l'actualité, finalement, on n'apprend pas grand-chose de nouveau sur le Brexit.
De plus, les personnages, qu'ils soient l'incarnation d'un pro ou d'un anti-Brexit, deviennent parfois vaguement manichéens et donc, frisent, à quelques reprises, la caricature au risque de perdre une certaine épaisseur psychologique, voire un peu de leur humanité…
Le dosage est délicat, l'opération risquée, et il me semble que certaines pages et quelques propos sonnent faux, sont un peu forcés... c'était peut-être inévitable.
En revanche, et j'en reviens à mon propos liminaire, Jonathan Coe est franchement brillant lorsqu'il s'emploie à évoquer les relations humaines, aussi complexes soient-elles. Là, je me suis régalée parce que l'auteur traduit de façon extrêmement nuancée les malaises, les non-dits, les silences, tout ce que chacun porte en soi de contradictions, d'incohérence, d'irrationalité, tout ce qui fait notre humanité pleine de force et de faiblesse, d'énergie et de défaillances. Et là, vraiment, Coe est génial. Certaines scènes sont d'une très grande beauté notamment lorsque l'on y voit des hommes ou des femmes face à des choix difficiles, luttant entre le coeur et la raison, se heurtant à une réalité bien différente de tout ce qu'ils avaient imaginé ou incapables d'y voir clair dans cet avenir bien sombre qui se profile.
Il est aussi très doué pour évoquer le temps qui passe - et toute la nostalgie et la mélancolie qui vont avec- (j'avoue qu'il faut avoir le moral pour lire certains passages, notamment quand on a dépassé la cinquantaine…) Il plombe un peu l'ambiance, le Coe, nous ôte d'un coup nos minces illusions et nous laisse presque à poil sur le bord de la route. Bon, on y passera tous, je sais, mais ça ne me rassure pas plus que ça et j'ai encore deux trois trucs à faire avant de partir…
Heureusement, il a l'art et la manière de nous faire sourire, rire même (des autres et surtout de nous-mêmes) et ce rire nous sauve car il est un sursaut qui rattache notre pauvre humanité à la vie, preuve que, armés d'une bonne dose d'autodérision (il en faut!), nous sommes capables de prendre de la distance, d'affronter nos ridicules, de combattre nos craintes et de continuer malgré nos désillusions, nos soucis et nos rides au coin des yeux.
Alors oui, pour toute cette humanité qu'il restitue avec tant de justesse et de sensibilité, oui, malgré quelques bémols, j'ai aimé ce texte !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Aela
  29 septembre 2019
Nous retrouvons avec bonheur les personnages de la famille Trotter, déjà évoqués dans les ouvrages précédents du même auteur: "Bienvenue au club" et "Le cercle fermé".

Cette fresque de l'Angleterre, couvrant la période 2010-2018 permet de mieux comprendre ce qui a conduit les Anglais à voter oui au Brexit lors du referendum du 23 juin 2016.
Cette fresque magistrale commence funèbrement: on assiste à l'enterrement de l'épouse de Colin Trotter, le patriarche.

Les protagonistes se retrouvent dans un moulin des Midlands, la région d'origine de l'auteur Jonathan Coe.
Il y a Benjamin Trotter, la cinquantaine, qui a travaillé longtemps dans le secteur automobile et qui cultive des ambitions d'écrivain. Il y a sa soeur: Loïs, marié depuis longtemps à Christopher mais dont le couple bat de l'aile. Sophie, leur fille, est une brillante universitaire spécialiste de l'histoire de l'art, mais qui peine un peu à trouver sa place.
Il y a Doug, le journaliste de gauche marié à une riche héritière, et leur fille Coriandre, sorte de Mélenchoniste d'Outre-Manche.
Tous ces personnages bien contrastés vont voir leur vie et leur carrière marquées de diverses manières par cette atmosphère "pré-Brexit" que Jonathan Coe évoque à merveille.
Et pourtant tout ce petit monde s'émerveille lors de la mémorable cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Ah le pittoresque Roy Atkinson jouant le rôle de James Bond..

Mais tout cela ne suffira pas à combler le fossé qui naît entre les citoyens britanniques.
Bientôt les pro "Leave" et les pro "Remain" vont se heurter et la nation va se trouver dangereusement divisée.

Ainsi Sophie, qui a épousé Ian, moniteur d'auto-école, qui, de par son métier, évolue à des années-lumière de son épouse universitaire, va pourfendre son mari en raison de ses sympathies pro-Brexit.

De même Gail Ransome, députée pro-Brexit, va subir des menaces d'agression et même de mort, car elle milite pour le oui à l'Europe. Ce qui nous rappelle l'agression mortelle qu'a subie la députée Jo Cox, juste avant le referendum de 2016.

« Ce qui m'intéresse, c'est de voir comment mes personnages romanesques peuvent être affectés par l'histoire et la politique », confie Jonathan Coe. Et en effet, ceci est merveilleusement rendu dans le livre.

On se perd parfois tant les personnages sont nombreux, mais ils sont tellement typés qu'is finissent par nous marquer: comme le patriarche Colin Trotter qui pleure sur la disparition de l'industrie automobile anglaise ( un des passages les plus poignants du livre), la femme dominatrice Helena, mère de Ian, qui n'hésite pas à pourfendre les immigrés polonais, tout en employant (et exploitant...) une femme de ménage lituanienne qui, elle-même subit des agressions car on la prend pour une Polonaise...

La réussite de ce roman, c'est surtout de nous donner de nombreuses perspectives pour mieux comprendre l'Angleterre d'aujourd'hui.

Perte de domination industrielle, perte de repères, invasion du "politically correct" (en cela le procès que Coriandre fait à Sophie pour une simple remarque faite à une étudiante transsexuelle est exemplaire!), peur devant la montée en puissance des migrations... tout y est!

Cette galerie de personnages, si riche et pittoresque, donne un beau panel de la société anglaise d'aujourd'hui.
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Cigale17
  19 septembre 2019
J'ai été déroutée par le début du dernier roman de Jonathan Coe, le Coeur de l'Angleterre. Je ne me suis pas perdue parmi les nombreux personnages, mais il m'a fallu du temps pour discerner les liens qui les unissent. Je n'avais pas lu les deux premiers tomes de cette trilogie qui s'étale sur une vingtaine d'années et dont les personnages semblent avoir vieilli en même temps que l'auteur ; ceci explique peut-être cela, même si les trois tomes sont autonomes. J'ai eu besoin d'une petite fiche pour prendre mes repères…
**
Le récit se situe en Angleterre, entre 2010 et 2018. L'auteur nous fait suivre de nombreux personnages de milieu sociaux ou culturels différents et aux intérêts divers, voire divergents, dont la vie va se trouver grandement influencée par la politique en général et la question du Brexit en particulier. Le roman débute immédiatement après l'enterrement de la mère de Benjamin, Sheila. Colin, le père de Benjamin, évidemment bouleversé, se montre encore plus grognon que d'habitude. Paul, le frère de Benjamin était présent, mais ils ne se parlent plus depuis six ans. Loïs, la sœur de Benjamin, et Sophie, sa nièce, les rejoignent dans le moulin où vit Benjamin depuis qu'il s'est résigné à la rupture d'avec Cicely, la femme dont il est amoureux depuis toujours. Doug Anderton, journaliste plutôt à gauche, arrive à son tour, inquiet pour son vieux copain qu'il n'arrive pas à joindre au téléphone. Il entretient une relation, disons, distendue, avec Francesca, sa femme. Coriandre, leur fille, fréquente l'université où enseigne Sophie ; elle méprise le mode de vie et les compromissions de son père. Pour sa part, Benjamin, comptable à la retraite et écrivain prolixe, mais non encore publié, commence à peine à apprécier ce que lui apporte la maturité. Les personnages secondaires se greffent évidemment sur ceux-ci. Citons Nigel Ives, communiquant champion de la langue de bois et des éléments de langage, proche du pouvoir, source de Doug, parfois officielle mais pas toujours ; Sohan, Sri-Lankais et homosexuel qui entretient avec Sophie une solide relation d'amitié ; Ian, le moniteur d'auto-école qui deviendra le mari de Sophie, et Helena, sa mère dominatrice et absolument dépourvue de la moindre empathie, pas même capable d'apprécier l'extrême gentillesse de Grete, sa femme de ménage lituanienne ; Charlie, ami d'enfance de Benjamin, devenu clown se produisant dans des goûter d'enfants tout en se débattant dans une situation matérielle et une aventure sentimentale difficiles.
**
Ces personnages permettent à Jonathan Coe de donner à voir l'Angleterre contemporaine et ses dissensions. Les divergences politiques, les conflits de générations, les différences de milieux sociaux, les frictions avec les minorités quelles qu'elles soient, la rectitude politique, le manque de sens moral de nombreux politiciens, la nostalgie qui habite ces cinquantenaires, les difficultés auxquelles se heurtent leurs enfants, etc., alimentent la plume de l'auteur pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Si le propos est la plupart du temps extrêmement sérieux, l'humour qui sous-tend tout le texte désamorce ou exacerbe de potentiels conflits, particulièrement en ces temps de Brexit. Certaines scènes m'ont vraiment fait rire… Les rencontres de Doug avec Nigel Ives, la panne sexuelle de Benjamin qui les conduit, sa partenaire et lui, dans un placard, les coups de griffes au milieu universitaires et à l'hyper spécialisation des sujets de thèses, les repas du dimanche chez Helena entre rires, larmes et engueulades feutrées, et d'autres encore. J'espère lire les deux premiers tomes de cette trilogie, et je suis sûre de me régaler encore une fois. Bref, un magnifique roman !
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sevm57
  20 octobre 2019
Cet excellent roman de Jonathan Coe est indispensable à lire vu l'actualité, puisqu'il permet de mieux comprendre l'Angleterre du Brexit.
J'ai également eu la divine surprise de découvrir en commençant à le lire qu'on y retrouvait les personnages de Bienvenue au club et du Cercle fermé.
Il est passionnant de bout en bout grâce à la finesse d'observation et d'écriture de Jonathan Coe.
Quant au titre, Middle England, sa traduction française reflète encore mieux la sensation qu'on a en lisant ce livre, celle de se trouver au coeur de l'Angleterre.
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morin
  13 septembre 2019
Je découvre l'auteur Jonathan Coe avec son dernier ouvrage "Le coeur de l'Angleterre". C'est après avoir lu un extrait du premier chapitre dans la revue Lire que j'ai eu envie de connaître la suite.
Au cours de la lecture Je n'ai pas été perturbée du fait de ne pas avoir lu les deux premiers ouvrages sur les Trotter.

Le roman commence en avril 2010 le jour des obsèques de la mère de famille. Après la cérémonie, et à l'exception de Paul, tous les membres de la famille se retrouvent pour le thé au Moulin, propriété de Benjamin.

Le roman reprend les événement importants socialement et politiquement traversés par l'Angleterre de 2010 à 2018.
En 2010 les émeutes à Londres, puis dans les grandes villes, provoquées par la mort d'un jeune noir mais aggravées par la crise économique.
En 2012 les Jeux Olympiques et son extraordinaire cérémonie d'ouverture. J. COE y consacre un chapitre entier.
En 2016 le référendum sur le Brexit et ses conséquences . (En achevant son ouvrage en 2018 l'auteur était sans doute loin d'imaginer les événements actuels).

Il raconte des événements dans la vie de la famille Trotter. Benjamin finalise son projet d'écriture en publiant un livre sur son histoire avec Cicely. Sophie, l'intellectuelle, épouse Ian, moniteur d'auto école. Ils s'aiment sans avoir beaucoup d'intérêt commun tant sur le plan intellectuel que politique. L'une est favorable au maintien de l'Angleterre dans l'UE, l'autre partisan du brexit. Loïs, toujours perturbée pas le souvenir de l'attentat dans lequel son compagnon trouvera la mort, divorcera de son mari.

Si l'auteur se moque avec talent des colloques universitaires , des croisières littéraires et des personnages politiques, il évoque avec plus de gravité la désindustrialisation de l'Angleterre et l'appauvrissement de certaines catégories sociales.

Le style est agréable, l'humour anglais présent.
Pour conclure excellent livre qui donne envie de lire d'autres ouvrages de cet auteur, notamment les deux précédents sur la famille Trotter.


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mfrance
  13 septembre 2019
Comme à l'accoutumée Jonathan Coe nous réjouit en nous inondant sans compter de son fabuleux talent.
Il représente ce que l'Angleterre peut apporter de meilleur à l'humanité. Enfin, je module, compte tenu des circonstances actuelles (!) .... car, je ne voudrais pas que cette assertion puisse paraître réductrice, vu que ce remarquable auteur est ce que la littérature propose au monde de plus talentueux.
Jonathan Coe, un auteur qui possède la plume la plus humoristique, la plus acérée, la plus lumineuse et la plus tendre aussi, ..... quand il le veut bien !

Et ici, pour notre plus grand plaisir, il nous fait explorer le coeur de l'Angleterre avec de vieilles connaissances : Benjamin, sa soeur Loïs, ses amis Doug et Philip, enfin tous ceux (ou presque) qui nous avaient enchantés dans Bienvenue au club et le Cercle fermé !
Il y ajoute Sophie, la fille de Loïs dont nous allons suivre le parcours largement chamboulé à l'image de cette Angleterre des années 2010, ainsi qu'une galerie de personnages représentatifs de la multiplicité culturelle de la société anglaise.

Cette analyse féroce de la société anglaise, brillamment entreprise dans Testament à l'anglaise, poursuivie, quoique de façon plus feutrée dans Bienvenue au club et le Cercle fermé, il l'achève ici de façon magistrale avec ce coeur de l'Angleterre qui clôt ainsi (temporairement sans doute) presque cinquante ans de bouleversements sociétaux.

Jonathan Coe décortique, dissèque, autopsie avec vigueur cette Angleterre malade, qui souffre depuis les années Thatcher de la mondialisation effrénée d'une société en mal de fric, en mal de profits immédiats laissant peu à peu en bord de route tous ceux qui n'appartiennent pas au cénacle des requins possédants et qui deviennent ainsi victimes de la rapacité de cette frange, certes minime, mais ultra dominante de la société !

Il explore sans fard le mal-être de la société anglaise, ce mal-être qui s'applique peu ou prou à toute la société européenne et qui, au Royaume-Uni a pris le visage du Brexit, dont Jonathan Coe expose les raisons en romancier, mais aussi en sociologue. Certes, il n'apprend rien de vraiment nouveau au lecteur, mais il a l'art de mettre en évidence avec une clarté aveuglante les multiples facettes du malaise social et les fractures qui divisent de plus en plus les citoyens, créant ainsi des zones de conflit de plus en plus nombreuses et dangereuses.

Et ce coeur de l'Angleterre est irrigué par la finesse et l'intelligence de Jonathan Coe qui raconte son pays avec jubilation, lors de l'évocation de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de 2012, avec humour lors des rencontres entre Doug, le journaliste politique et l'inénarrable Nigel, "communicant" au cabinet du Premier Ministre, avec tendresse également en rappelant l'amertume, désirs inassouvis, rêves enterrés, mais aussi la douceur du temps qui s'écoule et l'éternel espoir qui anime le coeur des hommes.
Quel ouvrage magistral !
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