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Critiques sur Le coeur de l'Angleterre (99)
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keisha
  18 octobre 2019
Après un repas avec son père Colin dans une jardinerie aux multiples ramifications, Benjamin déclare
"J'aime bien cet endroit. C'est toujours une aventure, on en sait jamais ce qu'on va trouver. Parfois c'est sympa, parfois c'est désagréable, et le plus souvent c'est ce qu'il y a de plus bizarre. Mais voilà, c'est l'Angleterre. Elle nous colle aux semelles."

De 2010 à 2018, de Londres à Birmingham, en passant par Marseille et une croisière dans la Baltique, j'ai retrouvé avec plaisir certains des personnages de Bienvenue au club et le cercle fermé. Qu'on se rassure, les avoir lus n'est pas indispensable pour suivre, et j'ai juste développé une furieuse envie de les relire...

Ces années pré-Brexit sont donc vues par le prisme de la famille Trotter et ses amis, Jonathan Coe usant comme d'habitude d'une ironie bristish bienvenue. Les craintes de certains vis à vis des 'minorités' m'ont rappelé ce qui peut exister de notre côté du Channel. Ainsi que la langue de bois de quelques politiques (ah, Nigel, j'ai aimé son pétage de plombs final). Certains événements, ignorés ou oubliés, sont juste évoqués, mais parfois je voyais un peu les 'coutures' du vêtement. Ceci étant, j'ai dévoré avec un immense plaisir parfois jubilatoire les plus de 500 pages du roman et quitté avec regret les personnages principaux, c'est un signe, non?
Lien : https://enlisantenvoyageant...
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RedIzaBzh
  15 octobre 2019
Je pensais le lire tranquillement, petit à petit, sur mon week-end de 3 jours, mais je l'ai dévoré ! Même si ça commence à faire un bout de temps que j'ai lu les deux premiers, je n'ai pas eu de gros problème pour me remettre dans le clan Potter et cie.
Par contre, je n'aurais jamais cru que les jardineries auraient autant d'importance en Grande-Bretagne, ni que la situation des Britanniques me rappellerait autant celle de pas mal de Français... Même si je ne suis pas d'accord avec la comparaison établie par J. Coe pendant une interview entre le Brexit et les Gilets jaunes : les Gilets sont plus contre Macron que contre l'Europe, me semble-t-il.
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Philbast
  05 octobre 2019
Formidable livre qui résonne d'une manière troublante avec l'actualité.
Avant le référendum et après le référendum sur le Brexit, rien ne sera pareil.
Jonathan Coe a le chic pour peindre des personnages terriblement attachants pris dans leurs contradictions.
Tant le politiquement correct que le populisme en prennent pour leur grade.
Un chemin étroit existe pourtant peut être, comme pour Sophie et Ian, que tout oppose et pourtant se retrouvent.
Une lecture salutaire et indispensable, un très grand roman.
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Bougnadour
  21 septembre 2019
Nous savons depuis Balzac, Hugo, Zola et autres Dickens que la littérature décrit la société et que le roman est supérieur à l'essai sociologique par l'épaisseur humaine qu'il donne aux faits et aux idées. le coeur de l'Angleterre nous le prouve à nouveau.
Coe décrit ce pays de 2010 jusqu'au brexit au travers de personnages représentatifs et dont les existences s'entrecroisent en une mini Comédie Humaine.
Leurs tranches de vie exposent les fractures anglaises : Vieux/jeunes, anglais de souches/migrants, ville/campagne, Banlieue chic/banlieue pauvre, éduqués/peu éduqués. Au passage on peut remarquer que ce qui se passe dans les Midlands pourrait, à peu de frais et en l'état, être transposé en France.

Comme toujours chez Coe l'humour caustique est présent mais sûrement moins qu'à l'ordinaire car la mélancolie domine.
Contrairement à Houellebecq, autre écrivain sociologue, Il a de la tendresse pour ses personnages qu'il ne réduit pas à des archétypes (sauf le conseiller politique de Cameron qu'il assassine avec plaisir) et garde une vraie dimension romanesque pour accrocher le lecteur.

Temps clé du livre : la communion vécue par les anglais durant la cérémonie d'ouverture des JO 2012. Coe en fait le pivot du livre en montrant que cette union fut un trompe-l'oeil : chacun se sentant profondément anglais mais pour des raisons différentes.A partir de là les fractures vont s'élargir et l'incompréhension s'installer jusqu'au coeur des familles pour accoucher de l'inattendu Brexit. La conclusion du roman est plutôt défaitiste : il ne reste pour beaucoup que la fuite à l'étranger ou l'exil intérieur.
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Swannblue
  09 septembre 2019
Avec "Le coeur de l'Angleterre", Jonathan Coe signe véritablement son grand retour. Ce roman est une pure merveille.
Après "Bienvenue au club" et "Le cercle fermé", il conclue sa série avec des personnages que nous prenons un immense plaisir à retrouver : Benjamin, Loïs, Doug, Sophie...
Bien sûr, ils ont vieilli, sont parfois un peu plus cabossés par la vie mais dans l'ensemble... se portent mieux !
Pourtant "leur" Angleterre a évolué bizarrement. le pays ne fabrique plus d'automobiles. La célèbre enseigne Cadbury a délocalisé sa production en Pologne. Et surtout, les partisans du Brexit font croire à la moitié du peuple qu'une séparation avec l'Union Européenne redonnera sa gloire passée à un empire qui n'en est déjà plus un depuis longtemps.
Tout cela sans compter le racisme rampant qui gangrène de plus en plus la société.
Jonathan Coe photographie magnifiquement son pays depuis le départ du travailliste Gordon Brown jusqu'au résultat ahurissant du référendum pour le Brexit. Son roman choral est parfaitement construit.
Il entre d'ores et déjà parmi mes 5 meilleurs livres de l'année 2019.
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JeanLibremont
  06 septembre 2019
Pendant la premiere moitié du roman, j'ai eu l'impression que Jonathan Coe n'avait cette fois pas grand chose a dire mais comptait sur son talent pour le faire oublier. Je devinais vaguement une intention de fresque psycho-socio-politique mais dont je trouvais les traits et les couleurs plutot délavés et consensuels. Au fil des pages, je voyais évoluer une poignée de anti-héros matériellement a l'abri de la pauvreté (a l'exception d'un personnage attachant "d'amuseur pour enfants") mais dont la vie était marquée par la cassure amoureuse, familiale ou professionnelle avec, en miroir, la grande cassure de la société anglaise entre les pro- et les anti-brexit. A me demander si l'idée n'était pas de tisser la matiere d'un sitcom aussi actuel que bon marché (pratiquement que des huis-clos) et j'imagine le succes qu'aurait par exemple le chapitre 36. peu crédible en soi mais parfait dans un sitcom...

Pour etre juste, tout ca n'était tout de meme pas désagréable a lire car Jonathan Coe a beaucoup de talent et, passé environ la moitié du roman, la lecture est meme devenue de plus en plus prenante. Quoi qu'il en soit, il se pourrait que la clé de la relative faiblesse du roman se trouve dans le monologue, au chapitre 37, de Benjamin (l'avatar de Jonathan Coe?) le personnage de l'écrivain. L'auteur commencerait-il a etre en manque d'inspiration?

Summa summarum, attendez-vous a lire un roman centré sur la cassure ou plutot les cassures humaines, écrit sur le ton mélancolique et résigné -que l'on se rassure, l'histoire finit bien- et doux-amer propre a Jonathan Coe. Les cassures, ce sont celles, éternelles, entre les attentes et la réalité dans les relations affectives a l'intérieur d'un couple, d'une famille, d'un pays, entre les générations ou les éduqués et les moins éduqués. La cassure sociale, en l'occurrence, est celle culminant dans le Brexit et elle aussi est éternelle; c'est la cassure que l'on pourrait nommer "du bouc émissaire", celle qui ne manque pas de se produire lorsque les conditions matérielles se dégradent brusquement a l'intérieur d'une collectivité au point qu'une majorité plus ou moins large se persuade (ca aussi fait partie de la nature humaine) que c'est la faute de telle ou telle minorité, en général celle apparaissant comme l'étranger, l'envahisseur. Dans ces circonstances, il y a toujours un ou des petits malins qui saisissent l'occasion pour se rendre populaire(s) a bon compte en prenant la tete des foules en colere et en encourageant la furie aveugle. On a vu ca en d'autres temps déja...
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Christophe_bj
  01 avril 2019
Incroyablement ennuyeux.J’ai du mal à concevoir que ce soit le même auteur qui a écrit What A Carve Up! Plus ça va, plus je suis déçu par les romans de Jonathan Coe, qui a décidément perdu tout son talent au fil du temps. Les personnages, bien trop nombreux, n’ont aucune consistance. L’intrigue est d’une extrême platitude. Même son humour n’est plus drôle. L’arrière-plan politico-social est beaucoup trop présent alors qu’auparavant Coe savait justement bien doser ce rapport entre l’intrigue et l’arrière-plan. Je sauverai juste l’épisode de la croisière et le sentiment du temps qui passe, de la vieillesse inéluctable.
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marianne
  23 octobre 2019
J'ai retrouvé sur mon compte Babelio les critiques que j'avais faites des deux premiers opus de la trilogie, "Bienvenue au club" et "Le cercle fermé". Je les ai lus il y a quelques années, mais je n'en ai pas un grand souvenir... Tout ce que je sais, c'est que je les ai lus avant 2012, car je note depuis cette date la liste des livres que j'ai lus !
L'envie de relire les deux premiers avant d'attaquer "Le coeur de l'Angleterre" m'a vaguement traversé l'esprit, mais j'ai préféré me plonger dans ce dernier tome directement, et quel plaisir de (re)découvrir le style si agréable de Jonathan Coe (et le travail tout aussi admirable de sa traductrice) !
Dans "Le coeur de l'Angleterre", on retrouve la même bande de copains que dans les précédents, ils ont maintenant la cinquantaine et se situe dans une Angleterre pré-Bréxit. J'ai trouvé passionnante la description de cette Angleterre à deux visages (pro/contre UE), j'en ressors en ayant appris beaucoup de choses sur la politique britannique ! Les personnages sont tous attachants, leur point de vue propre est étayé. J'ai suivi de loin les débats du Brexit, mais ce livre permet une plongée au coeur des débats (intérieurs) qui ont eu lieu pendant cette période très particulière.
Je conseille vivement la lecture de ce livre !!
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frmwa
  12 août 2019
C'est le premier livre que je lis de cet auteur. Il y reprend des personnages d'ouvrages antérieurs mais ça ne gêne aucunement la compréhension. Jonathan Coe partage avec Michel Houellebecq la faculté de bien capter l'esprit du temps - mais en rend compte très différemment. Ses personnages se meuvent avec grande finesse dans l'évolution de notre époque: des particularités britanniques savoureuses, qui rappellent les meilleures miniséries télévisées, mais aussi beaucoup de convergences avec les grandes tendances observées ailleurs, hélas. Beaucoup de séquences très bien décrites comme la leçon de conscientisation aux dangers de la vitesse, le passage au "Jardiland", bien choisie, comme le visionnement du film de présentation des JO 2012 par les différents protagonistes, de l'émotion pour évoquer l'amitié avec Charlie - le tout à peine entaché par une faute de goût incompréhensible, la scène de l'armoire et de la bougie (quelle mouche l'a piqué ? je me le demande encore). Un tableau ambitieux brossé avec minutie par un peintre de moeurs perspicace et observateur.
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viduite
  29 juillet 2019
Autopsie d'une colère populaire et du déchirement d'un pays. Jonathan Coe poursuit avec le coeur de l'Angleterre sa radioscopie de sa nation, de ses manipulations populistes et de la rancoeur instrumentalisée ayant mené aux Brexit. Si son ironie, sa tendresse distanciée fait encore mouche, le poids sociologique de ce roman accroché au contemporain rend le projet de Jonathan Coe parfois un rien théorique.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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