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Catherine Lauga du Plessis (Traducteur)
EAN : 9782020864770
320 pages
Éditeur : Seuil (06/04/2006)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 55 notes)
Résumé :
À travers une ingénieuse succession de huit discours officiels, la vie d'Elizabeth Costello, romancière australienne vieillissante, nous est peu à peu révélée. Nous la suivons au gré de ses déplacements, d'une remise de prix en Pennsylvanie à une intervention sur les droits des animaux dans le Massachusetts, d'une conférence sur un bateau de croisière à une visite à sa sœur missionnaire en Afrique du Sud, d'un colloque sur le mal à Amsterdam jusqu'à l'ultime tentati... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  19 mai 2018
Je n'en suis pas à mon premier J.M. Coetzee mais ce n'est pas comme si cela m'est particulièrement utile : l'auteur sud-africain se renouvelle constamment. À part quelques thèmes qui reviennent (l'Afrique du Sud, les tensions raciales) ou pas, il réussit toujours à me surprendre et à m'amener ailleurs.
Dans le cas de ce roman, il me transporte dans l'intellect d'une romancière australienne vieillissante, Elizabeth Costello, qui donne son titre au roman. Personnage fictif, il va sans dire. Mais attention, ce n'est pas une biographie fictive, qui raconte l'ensemble de sa vie. Plutôt, Coetzee ne nous en montre qu'un portrait, ou, plutôt, huit protraits différents, à travers huit apparitions publiques. Que ce soit lors de la réception d'un prix honorifique en Pennsylvanie, d'une conférence dans une autre université aux Etats-Unis, pendant sa participation à un colloque aux Pays-Bas ou bien en tant qu'invité de sa soeur qui reçoit une distinction en Afrique du Sud.
Chacune de ces apparitions, au cours desquelles des discours officiels sont prononcés, lui permet d'étayer sa pensée sur des sujets bien précis, allant des droits des animaux à la place de la religion et de l'humanisme en passant par le futur du roman ou bien la notion du Mal. Certains de ses sujets sont controversés et les propos d'Elizabeth Costello le sont tout autant, risquant d'offenser. Mais bon, je suppose qu'il vient un point (un âge ?) où l'on ne craint plus la polémique et l'on peut se permettre d'être complètement sincère.
Ce que j'ai surtout aimé, dans ce roman, ce fut d'assister à des conférences et à des colloques c'est «écouter» des gens discourir sur des sujets que je trouve passionnants mais sur lesquels je n'ai pas souvent l'occasion de discourir moi-même. Les pauses au travail et les dîner entre amis ou en famille portent rarement sur la place du Mal en littérature ou sur l'Afrique en général. Peut-être aussi n'ai-je pas les connaissances suffisantes pour étayer un point de vue complet ? Dans tous les cas, J.M. Coetzee se «lâche lousse» en les abordant à travers son héroïne et j'ai beaucoup appris même si je ne suis pas en accord avec toutes ses affirmations.
Bien sûr, chez tout personnage public, il a le moi que l'on montre et qui est perçu, puis il y a le vrai moi. Elizabeth Costello livre sa pensée dans ses discours mais dévoile sa personnalité dans ses hésitations, ses inquiétudes, ses limitations. Et encore davantage lors de ses interactions privées avec son fils, sa belle-fille qui ne peut la supporter ainsi que sa soeur, devenue religieuse. Ces interactions offrent un côté plus humain au personnage, en chair et en os, avec ses défauts autant que ses qualités. C'est ce qui la rend un peu sympathique malgré son côté hautement intellectuel (hautain ?) et ses prises de position qui sèment la controverse et le malaise.
Le seul endroit où j'ai un peu moins adhéré et qui m'a un peu surpris, c'est la dernière «apparition» d'Elizabeth Costello. J'ai mis un temps à comprendre où elle se trouvait et, même si ça a du sens, j'ai peu accroché. Vous comprendrez quand vous lirez. C'est la raison pour laquelle je n'ai donné que 4,5 étoiles à ce roman original que j'ai adoré.
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mariech
  17 février 2013
Première approche de l'écrivain sud-africain JM Coetzee et ce fut une approche ardue . A plusieurs reprises , j'ai failli abandonner ce livre , j'ai trouvé les différents thèmes sans cohésion avec des moments de grâce sans lequels j'aurai abandonné ma lecture . J'ai apprécié quelques passages par exemple quand Elisabeth Costello , héroïne viellissante du livre , se remémore un épisode de sa vie de femme où elle a donné un moment de bonheur à un ami de sa mère en train de mourir , ou encore quand l'auteur à travers son personnage nous parle du métier d'écrivain , et surtout de la notion du mal , peut-on tout dire , tout écrire , le mal absolu doit-il être abordé dans les livres faut-il protéger les lecteurs mais aussi l'auteur qui ne sera plus jamais le même après avoir cotoyé le mal .
Je ne suis certainement pas la lectrice qui rendra hommage au livre , c'est pour moi des thèmes trop intellectuels purs , il m'a manqué l'émotion , je m'attendais aussi à un livre sur l' Afrique du Sud donc une lecture qui n'était pas pour moi . J'essayerai de lire un autre livre de cet auteur pour ne pas reset sur cette mauvaise impression , peut-être que ce livre si atypique ne représente pas l'auteur .
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bilodoh
  28 octobre 2018
Le Nobel de littérature 2003 met en scène une écrivaine australienne âgée qui doit donner une série de conférences, en plus de réfléchir sur le sens de sa vie et de l'écriture
Le prétexte des discours et des dialogues qu'ils suscitent permet d'exprimer des opinions et des pensées philosophiques sur une variété de sujets. Il sera question du traitement des animaux qu'il est cruel de tuer, de la place de la littérature en Afrique ou même de la religion.
Malgré ces thèmes sérieux, la lecture n'est pas lourde, l'alternance entre les idées et le quotidien de la vieille dame facilitent la digestion des pages...

Le lecteur peut aussi avoir sa propre opinion sur ces thèmes et en profiter pour élaborer son discours intérieur et son argumentation face aux idées d'Elizabeth Costello.

Un livre choisi au hasard du Multidéfi 2018 qui proposait « Un livre dont le titre se compose exclusivement d'un nom ET d'un prénom », mais qui s'est révélé une belle découverte.
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Pirouette0001
  02 février 2018
Autant j'avais aimé Disgrâce et En attendant les barbares, autant j'ai peu goûté cette lecture. Huit nouvelles ou courtes histoires tournant autour de Elizabeth Costello, écrivaine âgée qui donne des conférences sur la littérature. Comme la vieillesse, la maladie ou la mort sont constamment rappelés à notre bon souvenir, c'est loin d'être drôle. Plusieurs nouvelles tournent autour de la religion et j'ai été vraiment larguée dans mes connaissances et mon intérêt à poursuivre. J'ai terminé cahin-caha, mais vous l'aurez compris, je ne recommande pas ce livre-ci.
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keisha
  13 avril 2012
Coetzee, écrivain sud africain, propose une sorte de portrait d'Elisabeth Costello, auteur australienne (fictive), proche des soixante-dix ans, au travers de huit conférences données sur tous les continents. Qu'elle ait un fils, John, une soeur religieuse en Afrique, une fille et deux ex-maris (on ne rencontrera pas ces trois derniers), qu'elle soit vieillissante et fatiguée par les déplacements n'est finalement pas l'essentiel de cet original roman, qui consiste plutôt en des présentations d'Elisabeth Costello (ou d'un collègue, ou même de sa soeur) à un public trié, ou diverses discussions ou questions réponses sur des sujets fort divers. par exemple "Le roman en Afrique", "La vie des animaux", "Les humanités"... Quels que soient les thèmes que Coetzee choisit d'aborder par le biais de sa "créature", il n'impose pas une opinion de façon tranchée. Elisabeth Costello est parfois contredite, il lui arrive de perdre le fil. Mais à la fin le lecteur a eu les neurones bien secoués, il ne sait plus trop où il en est, et finalement chaque thème mériterait de faire l'objet d'une débat entre lecteurs, tout cela est extrêmement vivifiant.

Elisabeth Costello n'est pas forcément sympathique, mais tout de même sa sincérité est évidente et le roman se termine par une drôle d'attente d'un passage vers la mort (?) dans un univers kafkaïen.

Un roman à découvrir, pour l'occasion de réflexions fort intéressantes.


Deux passages parmi d'autres:
Coetzee narre sa première histoire:
"Nous sautons la scène de la remise du prix à proprement parler. Ce n'est pas une bonne idée d'nterrompre trop souvent la narration, puisque l'art de raconter des histoires consiste à induire chez le lecteur ou l'éditeur un état proche du rêve dans lequel le temps et l'espace du monde réel tendent à disparaître, supplantés par le temps et l'espace de la fiction. Faire irruption dans le rêve, c'est attirer l'attention sur le caractère construit de l'histoire, et bouleverser complètement l'illusion réaliste."

Au sujet d'un roman d'un collègue parlant d'une tentative d'assassinat de Hitler, jusqu'à l'exécution des conjurés:
"Plus précisément, elle n'est plus aussi sûre que les gens sont améliorés par les lectures qu'ils font. de plus, elle n'est pas sûre que les écrivains qui s'aventurent dans les contrées les plus obscures de l'âme en reviennent indemnes. Elle commence à se demander si écrire ce qu'on a envie d'écrire, tout comme lire ce qu'on a envie de lire, est en soit une bonne chose."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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critiques presse (1)
LaCroix   07 septembre 2018
À travers son double féminin, Elizabeth Costello, le Prix Nobel de littérature J. M. Coetzee envisage les dernières années de sa vie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   15 mai 2018
- Je voulais leur rappeler à quoi l'étude des classiques finirait par mener. À l'hellénisme comme une autre religion. Une alternative au christianisme.
- Tu ne vois pas ce que je veux dire, Elizabeth. L'hellénisme était bel et bien une alternative. Aussi minable qu'elle ait été, l'Hellade était la seule alternative à la vision chrétienne que l'humanisme était en mesure de proposer. Ils pouvaient montrer la société grecque - une image totalement idéalisée de la société grecque, mais comment les braves gens auraient-ils pu le savoir? - et dire : Admirez, voici comment nous devrions vivre, non pas dans l'au-delà mais ici-bas.
L'Hellade : des hommes à demi nus, le torse luisant d'huile d,olive, assis sur les marches du temple discourant sur le bien et le vrai, tandis qu'à l'arrière-plan des petits garçons aux membres déliés s'adonnent à la lutte et qu'un troupeau de chèvres broute paisiblement. Des esprits libres dans des corps libres. Il y a là bien plus qu'une image idéalisée : c'est un rêve, une illusion. Mais de quoi devons-nous vivre, sinon des rêves?
- Je ne suis pas en désaccord avec toi, dit-elle. Mais qui croit encore à l'hellénisme aujourd'hui? Qui même connaît encore le mot?
- Tu ne vois toujours pas ce que je veux dire. L'hellénisme fut l'unique vision de la bonne vie que l'humanisme a été capable de proposer. Quand l'hellénisme s'est avéré un échec - ce qui était inévitable puisque cela n'avait rien à voir avec la vie réelle des gens -, l'humanisme a fait faillite. Ce jeune homme, au déjeuner, cherchait à défendre l'idée des humanités comme un ensemble de techniques, c'est-à-dire les sciences humaines. C'est sec comme de la poussière. Quel jeune homme ou quelle jeune femme qui a du sang dans les veines voudrait passer sa vie à fouiner dans les archives ou faire de l'explication de texte ad vitam aeternam?
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SachenkaSachenka   13 mai 2018
«L'avenir du roman n'est pas un sujet qui m'intéresse beaucoup, commence-t-elle par dire, essayant de choquer ses auditeurs. En fait, l'avenir, en général, ne m'intéresse pas beaucoup. Qu'est-ce que l'avenir, après tout, sinon une structure d'espoir et d'attentes? Il a son siège dans l'esprit ; il n'a aucune réalité.
«Évidemment, vous pourriez répondre que le passé est également une fiction. Le passé c'est de l'Histoire, et qu'est-ce que l'HIstoire sinon une histoire chimérique qu'on se raconte? Néanmoins, le passé a quelque chose de miraculeux qui manque à l'avenir. Ce qu'il y a de miraculeux à propos du passé c'est que nous avons réussi - Dieu sait comment - à faire en sorte que des milliers, des millions de factions individuelles, des fictions créées par des individus, s'emboîtent suffisamment bien les unes dans les autres pour nous donner ce qui apparaît comme un passé commun, une histoire à partager.
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SachenkaSachenka   14 mai 2018
«Entre 1942 et 1945 plusieurs millions de personnes ont été exterminées dans les camps de concentration du Troisième Reich : rien qu'à Treblinka plus d'un million et demi, et peut-être même trois millions. Ce sont là des chiffres qui glacent l'esprit. Nous n'avons qu'une seule mort qui soit nôtre ; nous ne pouvons comprendre les morts des autres qu'une à la fois. Dans l'abstrait, nous sommes capable de compter jusqu'à un million, mais nous ne pouvons pas compter jusqu'à un million de morts.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   19 décembre 2014
«Ça ira? Tu seras bien? demande le fils.
- J'en suis sûre», répond-elle. La chambre est au douzième étage, avec une vue sur le terrain de golf et, par-delà, sur des collines boisées.
«Pourquoi tu ne te reposes pas? Ils viennent nous prendre à six heures trente. Je t'appellerai quelques minutes avant.»
Il est sur le point de sortir. Elle parle.
«John, que veulent-ils exactement de moi?
- Ce soir? Rien. C'est juste un dîner avec les membres du jury. Nous n'allons pas laisser la soirée s'éterniser. Je leur rappellerai que tu es fatiguée.
- Et demain?
- Demain, c'est une autre affaire. Demain, je le crains, tu descends dans l'arène. Prépare-toi.
- J'ai oublié pourquoi j'ai accepté de venir. Il me semble que je m'impose une rude épreuve, sans bonne raison. J'aurais dû leur demander de laisser tomber la cérémonie et d'envoyer le chèque par la poste.»
Après ce long vol, elle paraît son âge. Elle ne s'est jamais souciée de son apparence; elle parvenait à s'en tirer sans avoir à le faire; maintenant cela se voit. Vieille et fatiguée.
«Ça ne marche pas comme ça, j'en ai peur, Mère. Si tu acceptes l'argent, tu dois assurer le spectacle.»
Elle secoue la tête. Elle n'a pas encore ôté le vieil imperméable bleu qu'elle portait à l'aéroport. Ses cheveux ont l'air gras et terne. Elle n'a même pas commencé à défaire ses bagages. S'il la laisse maintenant, que va-t-elle faire? Se coucher avec son imperméable, ses souliers aux pieds?
Il est là, avec elle, par amour. Il ne peut pas l'imaginer passant cette épreuve sans être auprès d'elle. Il est à ses côtés parce qu'il est son fils, son fils affectueux. Mais il est aussi sur le point de devenir - le mot est déplaisant - son entraîneur.
Il se la figure comme un phoque, un vieux phoque de cirque fatigué. Elle doit une fois de plus se hisser sur le podium, une fois de plus montrer qu'elle peut maintenir le ballon en équilibre sur le bout de son nez. A lui de la cajoler, de lui insuffler du courage, de l'aider à aller jusqu'au bout de son numéro.
«C'est le seul moyen qu'ils ont, dit-il avec le plus de tact possible. Ils t'admirent, ils veulent t'honorer. C'est le meilleur moyen qu'ils ont trouvé pour le faire. Te donner de l'argent. Faire connaître ton nom. Employant l'un pour pouvoir faire l'autre.»
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mariechmariech   17 février 2013
Plus précisement , elle n'est plus sûre que les gens sont améliorés par les lectures qu'ils font .
De plus , elle n'est pas sûre que les écrivains qui s'aventurent dans les contrées les plus obscures de l'âme en reviennent indemnes . Elle commence à se demander si écrire ce qu'on a envie d'écrire , tout comme lire ce qu'on a envie de lire , est en soi une bonne chose .
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Vidéo de J. M. Coetzee
L'acteur britannique de 59 ans ans, qui fut pendant dix ans le directeur artistique du Globe Theatre à Londres, est venu présenter à Deauville le film Waiting for the Barbarians de Ciro Guerra, adapté du roman de l'écrivain sud-africain J.M. Coetzee. Dans ce film, Mark Rylance incarne le personnage du Magistrat, qui assiste impuissant à la mécanique de destruction sadiquement mise en place sous ses yeux par le colonel Joll (Johnny Depp), face à une prétendue invasion barbare... Héros de la série Dans l'ombre des Tudors, nouveau chouchou de Steven Spielberg - qu'il a dirigé dans le Pont des espions, le Bon gros géant ou Ready Player One -, le comédien répond à notre questionnaire sur petits papiers colorés, en évoquant son rôle dans Dunkerque, de Christopher Nolan, ou sa collaboration avec Patrice Chéreau.
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