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EAN : 9782757876008
120 pages
Éditeur : Points (19/03/2020)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Une femme, écrivain, face aux assauts de la vieillesse. Chaque jour qui passe la rapproche de l’ombre, et elle constate, avec calme et lucidité, la déliquescence de ses facultés mentales. Autour d’elle se pressent les enfants, qui s’inquiètent pour elle, l’admonestent de quitter l’Australie pour les rejoindre. Elle s’y refuse pourtant, préférant affronter l'inéluctable dans la liberté et l'indépendance de la solitude, s'interrogeant jusqu'au bout, sans relâche, sur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  06 septembre 2018
Chez Cotzee, inutile de s'attendre à la chaleur humaine, le rayon de soleil qui réchauffe est absent. Dans ces sept histoires qui suivent, écrites entre 2003 et 2017, il y va de même. Les rapports entre les hommes, entre les hommes et les animaux sont sombres, glacés, voir sinistres.
Dés le premier épisode "Le Chien", nous sommes en milieu hostile. Il est question de la peur, où en se référant à Saint-Augustin qui "dit que la meilleure preuve que nous sommes des créatures déchues tient au fait que nous ne pouvons pas contrôler les mouvements de notre propre corps.", Coetzee semble nous dire, autant accepter le hasard et nos conditions d'être humain, il n'y a pas à proprement parler de choix.
S'en suit une histoire d'adultère amoral, intitulé simplement "Histoire ".
"Une femme mariée peut-elle cesser, suite à une décision mûrie, d'être mariée pendant un laps de temps, d'être elle-même, puis de redevenir ensuite une femme mariée ? Qu'est-ce que cela signifie, être une femme mariée ?", référence à Robert Musil , et sans doute à son livre "L'homme sans qualités ", que l'amant donne à lire à
la femme adultère. Recherche d'une réponse qui n'existe pas, si ça nous convient autant le vivre, sans remords, sans scrupules ?
À partir de la troisième histoire entre en scène Elisabeth Costello, un personnage déjà présent dans les précédents livres de Coetzee. Une écrivaine vieillissante, l'alter ego décalé de Coetzee. Elle a 65 ans et cherche à retrouver une dernière fois, une seconde jeunesse. Sa bru impitoyable, se référant à une nouvelle de Tchekov, annonce le verdict, "elle risque d'être déçue ", terrible.
La suite c'est toujours elle, Une femme résignée à la vieillesse et qui l'accepte sans trop de mélo, sans doute la vision lucide que l'auteur a de lui-même. Et cette terrible pensée pour son fils qui lui propose de venir vivre avec eux....
« Un garçon sombre, fils de parents sombres. Comment pourrait-elle rêver de trouver refuge chez lui, avec sa femme désapprobatrice aux lèvres serrées !
Au moins, songe-t-elle, ils ne me traitent pas en idiote. Mes enfants me font au moins cet honneur. ».
Coetzee continue à enfoncer la vérité concernant la vieillesse et à travers Castello revient sur un thème cher à lui, l'antispécisme, avec un vibrant plaidoyer en faveur d'une redéfinition de notre rapport au monde animal. « L'abattoir de verre » qui donne le titre à la traduction française en est la plus marquante, avec une critique virulente de la pensée de Heidegger sur les animaux. Selon lui, leur appréhension du monde est limitée ou dépouillée. "Les sens des tiques sont en alerte, mais seulement face à certains stimuli, par exemple l'odeur qui flotte dans l'air ou la vibration dans le sol qui trahit l'approche d'une créature à sang chaud". Costello retourne l'argument au philosophe, déclinant que ce que recherchait Heidegger à travers ses maîtresse est identique aux pulsions des tiques, "ce moment où la conscience se concentre en une palpitation , une intensité univoque avant qu'elle ne s'éteigne ?".
Ici l'important c'est l'état d'esprit de Costello ( Coetzee), pour qui ces questions d'ordre moral, importent très profondément, et pensant qu'elle fait partie d'une minorité, elle craint qu'avec sa mort elles disparaissent. Je pense donc que le titre de la v.o. « Moral tales » , serait ici plus explicite vu le fond de ces récits.
Derrière ces histoires minimalistes qui traitent des faits apparemment ordinaires, se profilent nos multiples identités complexes, "Combien suis-je ?". Coetzee touche des points sensibles de l'existence, avec son pessimisme de toujours, pourtant il dit, à un moment, à travers Costello, "La vie comme un ensemble de problèmes à résoudre, la vie comme un ensemble de choix à faire : quelle façon bizarre de voir les choses !”.
Une prose fluide, claire qui se lit avec plaisir. Coetzee est aussi un de ces auteurs qui me défient intellectuellement, et malgré le côté sombre de ses livres, que j'apprécie énormément. Un grand auteur, dont je voudrais rappeler qu'il reçut le Prix Nobel de Littérature en 2003.
"Où en serait l'art de la fiction s'il n'y avait aucun double sens ? Que serait la vie même s'il n'y avait que des têtes et des queues, sans rien au milieu ?"
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montmartin
  05 septembre 2018
Sept textes composent ce livre, sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle qui une fois assemblées dresse le portrait d'Élisabeth Costello une écrivaine Australienne à l'aube de sa vie, « Je suis celle qui aimait rire et ne rit plus. Je suis celle qui pleure ».
Une femme têtue voir un peu déjantée qui se refuse d'abandonner sa maison de Castille malgré la pression de ses enfants John et Helen qui s'inquiètent de son isolement alors que sa santé décline, « La vérité vraie c'est que tu es en train de mourir, tu ne peux pas dire non au tic-tac de la pendule »
Des références littéraires ou philosophiques sont mises en référence de chaque nouvelle. La fin de vie est donc un des thèmes principaux de ce livre, « Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été. »
Mais l'auteur aborde aussi l'adultère et la notion de culpabilité, la beauté. Mais le plus déroutant sans doute est « L'abattoir de verre » qui donne son titre au livre. L'auteur s'interroge sur la place des animaux dans notre société et sur la souffrance animale, un parallèle audacieux avec le sort réservé à nos anciens.
Des sept textes, celui qui m'a le plus intéressé s'intitule sobrement « Histoire », une femme heureuse en ménage prend un amant pour le plaisir d'être désirée, admirée.
Si l'écriture douce amère est agréable à lire, je ne suis pas du tout entré dans l'univers de Coetzee.
Je ne suis pas très friand des recueils de nouvelles, c'est un exercice difficile, bien souvent la qualité est inégale.
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mumuboc
  03 septembre 2018
Un récit peu commun de par sa forme. Parler de la relation parents/enfants et plus exactement mère/enfants quand celle-ci arrive à un âge où elle prend conscience que la vie arrive à son terme, que ses capacités, son physique changent mais surtout que ses enfants n'envisagent pas la suite comme elle, refusent ses choix.
Sous la forme de 7 textes, l'auteur trace le portrait de femmes mais surtout d'Elizabeth Costello (écrivaine de son métier et présente il semble dans ses précédents romans) au seuil de sa vie. Ce n'est pas un bilan mais plutôt un constat de ses sentiments, de son avenir qui se confrontent aux inquiétudes de ses enfants, John et Helen.
Comment peuvent-ils comprendre ce qu'elle ressent, ce à quoi elle aspire, et parlons direct comment parler de la fin de vie à ses enfants, de la manière dont on l'envisage.
L'auteur nous amène sur la voie en commençant par trois textes , des petites nouvelles, sur des sentiments féminins : la peur, le désir et l'image de soi quand on vieillit. Ces trois épisodes m'ont particulièrement touchée, ils peuvent paraître légers mais je les ai trouvés avec un fond tellement justes. Peut-être parce que femme, ils me touchaient profondément par l'exactitude des mots et des pensées
Et puis on entre dans le vif du sujet avec le 4ème : « Une femme en train de vieillir » où les personnages prennent un nom, une fonction. Elizabeth Costello, 72 ans, échange avec ses enfants et l'incompréhension s'installe entre eux. Chaque argument est recevable mais n'est-on pas libre jusqu'au bout des choix de vie ? le fossé se creuse, le droit du choix pour l'une, l'inquiétude pour les proches. Les enfants qui deviennent les parents de leurs parents … Pour moi le texte le plus fort.
« Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été ; même lorsqu'ils sont intenses, leur intensité est complexe, plurivalente, tournée vers le passé plus que vers l'avenir ».
Ensuite l'auteur continue le cheminement en traitant de la difficulté de parler vrai sur un sujet tabou. D'abord avec « Mensonges » : peut-on vivre autrement que l'image que nos proches veulent ou attendent de nous ? Puis, comme en miroir « La vérité » dans une famille, on évite, on élude mais ce thème de la fin de vie fait son chemin et fait prendre conscience à la génération suivante qu'un jour, eux aussi seront dans la même position.
Le dernier texte « L'abattoir de verre », qui donne son titre à ce livre est le plus violent : Elizabeth demande s'il est possible de construire un abattoir de verre pour que le monde prenne conscience de la manière dont on tue pour se nourrir, dont on sélectionne de façon brutale d'autres pour broyer leurs vies. J'y ai vu pour ma part comme une métaphore du traitement des personnes âgées, en fin de vie ou dépendantes. Elles n'ont plus leur mot à dire, il y a des structures pour les accueillir, cela rassure leur entourage, la société, cela leur donne bonne conscience.
Cette partie du livre est la plus noire, la plus douloureuse mais c'est une prise de position franche pour ne pas se voiler la face. Difficile d'aborder la fin de vie mais ici le sujet est abordé sans concession, direct, les mots reflètent parfaitement la pensée de celle qui les écrit. Il y a urgence pour elle à parler.
Dès les premiers textes, j'ai été happée et bouleversée par la richesse de l'écriture : une langue pure, sans détour mais fluide et poétique par moment, le rendu des sentiments de cette femme mais aussi celui des enfants. Pour moi il y a du vécu, sans faux-semblants, sans pudeur, tout est mis là, à nous d'y réfléchir. Peut-être pas un livre qui sera apprécié par son thème et sa forme par une majorité de gens mais indéniablement écrit avec sincérité, justesse, précision mais en utilisant la forme d'un cheminement. Il pousse également le lecteur à la réflexion, pour soi-même et les siens.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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rosulien
  13 avril 2020
Il s'agit d' un recueil de nouvelles assez disparates et assez difficiles à lire
La meilleure est celle du titre L' abattoir de verre où Coetzee imagine la création d' un abattoir aux parois transparentes où chacun pourrait voir réellement comme sont tués les animaux que nous consommons.
C'est l' occcasion d' une réflexion pointue, à travers Heidegger ou Descartes, sur notre rapport à l' animal et à sa souffrance
Bien sûr, l' auteur parle aussi de la mort , thème récurrent
Tout donne un texte riche et complexe
Je déconseille d' aborder Coetzee, écrivain majeur et prix Nobel , par ce livre
À réserver donc à ceux qui ont déjà lu Disgrace, Michaël K , sa vie , son oeuvre, ou En attendant les barbares, passionnants romans beaucoup plus abordables
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Bazart
  02 novembre 2018
Immense romancier sud-africain, lauréat du prix Nobel en 2003, auteur de l'éblouissant "Disgrâce» vivant aujourd'hui en Australie, JM Coetzee n'a plus rien à prouver et s'amuse désormais avec les histoires et les styles littéraires.
«L'Abattoir de verre» n'est pas un roman proprement dit, mais un recueil de 7 nouvelles autour d'un personnage commun, qu'on a déjà vu dans certains romans de Coetzee, Élisabeth Costello, écrivaine Australienne, ici à l'aube de sa vie.
Sept textes composent l'abattoir de rêves, avec sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle dont la vie qui passe et les souvenirs de fin de vie seraient un des fils conducteur.
Autour de ce personnage à la santé déclinante, qui se refuse d'abandonner sa maison de Castille malgré la pression de ses enfants, l'auteur aborde avec son élégance et sa pertinence habituelles des thématiques comme l'adultère, la souffrance animale et la notion de culpabilité, avec pas mal de références littéraires ou philosophiques de haute volée.
Tout n'est pas forcément très significatif et très accessible dans ce récit peuplé de fantômes et de mélancolie, mais on se laisse totalement happer par la prose enchanteresse du grand romancier sud africain.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (3)
Bibliobs   18 octobre 2018
Le prix Nobel 2003 publie "l'Abattoir de verre". Où l'on retrouve à la fois son héroïne fétiche, Elizabeth Costello, et son style parfait.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   10 septembre 2018
Elizabeth Costello, double littéraire du Prix Nobel sud-africain J.M. Coetzee, est l’héroïne de L’Abattoir de verre, saisissant portrait fragmenté d’une écrivaine au seuil de sa vie, qui médite sur l’ambivalence des humains et l’empreinte de toute œuvre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeMonde   06 septembre 2018
Avec « L’Abattoir de verre », le Prix Nobel sud-africain propose sept nouvelles autour de l’existence humaine et animale. Un instant de grâce, écrit Camille Laurens.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   06 septembre 2018
L’Amérique n’est pas le Grand Satan. Ces types à la Maison-Blanche ne sont qu’une virgule dans l’Histoire. Ils partiront en temps voulu, et tout redeviendra comme avant.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 août 2018
Même si sa mère contredit tout ce qu'il avance, il n'a pas le sentiment qu'elle lui soit hostile. Elle continue d'être sa mère, c'est-à-dire la femme qui l'a porté en elle, l'a veillé ensuite avec affection mais de façon abstraite, l'a protégé jusqu'à ce qu'il trouve son chemin dans la vie, puis l'a plus ou moins oublié. (p. 87)
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mumubocmumuboc   03 septembre 2018
Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été ; même lorsqu'ils sont intenses, leur intensité est complexe, plurivalente, tournée vers le passé plus que vers l'avenir. 
Commenter  J’apprécie          130
BazartBazart   31 octobre 2018
Chaque fois que je passe devant votre maison,votre chien se met en fureur, dit- elle. Je nedoute pas qu’il me déteste par devoir, mais je suis
choquée par cette haine envers moi, choquée etterrifi ée. Chaque passage devant votre maison estune épreuve humiliante. C’est humiliant d’être
terrifi ée de la sorte. D’être incapable d’y résister. D’être incapable de mettre fi n à la peur.
Commenter  J’apprécie          120
montmartinmontmartin   01 septembre 2018
Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassé dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été.
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Videos de J. M. Coetzee (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J. M. Coetzee
L'acteur britannique de 59 ans ans, qui fut pendant dix ans le directeur artistique du Globe Theatre à Londres, est venu présenter à Deauville le film Waiting for the Barbarians de Ciro Guerra, adapté du roman de l'écrivain sud-africain J.M. Coetzee. Dans ce film, Mark Rylance incarne le personnage du Magistrat, qui assiste impuissant à la mécanique de destruction sadiquement mise en place sous ses yeux par le colonel Joll (Johnny Depp), face à une prétendue invasion barbare... Héros de la série Dans l'ombre des Tudors, nouveau chouchou de Steven Spielberg - qu'il a dirigé dans le Pont des espions, le Bon gros géant ou Ready Player One -, le comédien répond à notre questionnaire sur petits papiers colorés, en évoquant son rôle dans Dunkerque, de Christopher Nolan, ou sa collaboration avec Patrice Chéreau.
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