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Catherine Lauga du Plessis (Traducteur)
EAN : 9782020525770
189 pages
Éditeur : Seuil (11/01/2002)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Dans ce récit autobiographique, John Michael Coetzee, considéré comme l'un des meilleurs écrivains d'Afrique du Sud, raconte son enfance dans l'Afrique du Sud des années 50.

Il plonge le lecteur dans l'univers faussement naïf d'un jeune garçon d'une dizaine d'années. Par fragments, à travers son regard, c'est toute la société brutale de cette époque qui se met en place, fondée sur l'apartheid, l'antisémitisme, les rivalités entre les Anglais et les Af... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
ay_guadalquivir
  05 septembre 2011
Voici le début du grand récit autobiographique de Coetzee. Dans les montagnes du Karoo, sans doute là où Paton situe Pleure ô pays bien aimé, Coetzee raconte son enfance, à sa façon sèche, lucide et intransigeante. Il dit l'ambiguité du jeune sud-africain, habité des racines immémorielles de son pays (la ferme comme Heimat), et troublé des contradictions qui le rendent invivable : religion, langue, couleur. Il explore aussi ses rapports à sa famille, où le père n'existe pas, où il terrorise sa mère mais l'aime profondément.
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Shan_Ze
  25 avril 2014
L'auteur raconte son enfance, un événement lointain, qu'il exprime avec un certain détachement en utilisant la troisième personne du singulier. Il nous révèle sa famille : sa mère et son père si différents, ses oncles et tantes et il nous fait découvrir à travers l'école, la diversité et la complexité des Sud-Africains et comment il lui était difficile d'accepter sa différence.
J'ai aimé rentrer et comprendre son « monde », celui qu'il ressent et qui le fait réagir mais moins la façon avec laquelle il se perd un peu dans ses souvenirs en partant un peu au hasard des phrases. Mais c'est incontestablement un beau roman autobiographique et je lirai sans doute un autre de ses ouvrages.
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feanora
  12 janvier 2013
Que la vie était difficile pour les blancs de la classe moyenne en Afrique du Sud après la seconde guerre mondiale.
Et que dire de l'éducation où les châtiments corporels étaient utilisés tant á la maison qu'á l'école. La violence est omniprésente.
Heureusement pour John, les vacances dans la ferme de son oncle qui élève des moutons lui apporte vraiment de la joie.
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iletaitdeuxfoislhistoire
  10 avril 2020
8❤/10
Etre extraordinaire :
« L'enfance, dit L'Encyclopédie des enfants, est une période de joie innocente qu'on doit passer dans les prairies parmi les boutons d'or et les petits lapins ou au coin du feu plongé dans des livres d'histoire. » Sauf que le petit John ne se reconnaît pas dans cette définition de livre d'enfant. Ce qu'il voit autour de lui c'est la brutalité de l'école et la normalisation parfois choquante des différences sociales et religieuse. Les habitants sont classifiés selon leur couleur, leur langue, leur religion… Lui, il a un nom afrikaner mais se revendique anglais. Quand on lui demande sa religion à l'école, il n'ose pas dire « athée » alors répond « catholique romain » car cela sonne bien et lui fait penser à Horace. Mais, il le regrettera chaque jour d'école car les catholiques sont séparés du reste des écoliers et sont persécutés par les autres élèves. Ne trouvant pas sa place, que ce soit à la maison ou à l'école, il se réfugie dans les livres et se dit qu'un jour il sera quelqu'un d'extraordinaire…
Il ne se reconnaît pas non plus dans ce qu'il voit dans les autres foyers familiaux où l'éducation se fait par les châtiments physiques. Chez lui c'est la mère qui domine et il n'est jamais battu. Alors il en veut à cette mère qui l'empêche d'être normal et qui l'étouffe de son amour. Il développe alors un dispositif de défense : il se scinde en deux pour survivre à cette souffrance. A l'école, où la violence physique qu'il redoute tant est omniprésente, il jouera l'enfant-modèle. A la maison, n'ayant aucun risque d'être battu, il devient l'enfant tyran et terrorise sa mère. Ainsi, les relations familiales et sociales sont largement étudiées tout au long du roman du point de vue du petit garçon, mais aussi par les raisons politiques que nous pouvons comprendre, nous lecteur, mais qu'un enfant ne pouvait percevoir.
Réinventer l'écriture de soi :
C'est un texte autobiographique surprenant car il est raconté à la troisième personne du singulier et au présent de l'indicatif. La distance critique est donc contemporaine à ce que l'auteur raconte : elle n'est pas rétrospective. Toutes les réflexions sont celles de l'enfant au présent. Coetzee se juge sur le moment et non avec son regard d'adulte. Ce n'est donc pas un roman initiatique, ni un roman sur son passage d'enfant à adulte. C'est un récit du moment présent sur le Coetzee enfant, celui qu'il n'est plus. Il y a donc une forte mise à distance de l'auteur avec son « moi » enfant. Cette oeuvre déroutante mais terriblement fabuleuse est ce qu'il appelle une “autre-biographie”.
Ce fut une lecture autant intéressante que plaisante. A tel point que j'ai très envie de découvrir son deuxième livre biographique sur son adolescence : Vers l'âge d'homme (2004)
voir plus sur https://iletaitdeuxfoislhistoire.home.blog/
Lien : https://iletaitdeuxfoislhist..
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CCoco
  26 février 2017
J.M. Coetzee nous raconte cet enfant qu'il a été et qui découvre les différents habitants de son pays, l'Afrique du Sud. Ces habitants sont classifiés selon leur couleur, leur langue, leur religion... Il a un nom afrikaaner mais se revendique anglais, ne trouve pas sa place, que ce soit à la maison ou à l'école. Alors, il se réfugie dans les livres et se dit qu'un jour il sera quelqu'un d'extraordinaire...
Quand sa tante lui dit d'aimer sa mère, d'être solide pour lui, il s'interroge sur ce qu'est l'amour. Quelle image ses parents, sa mère, lui ont-ils donné de ce sentiment ?
Et il nous raconte son émoi, son trouble devant le spectacle des jambes nues de ses camarades ou des oeuvres d'art reproduites dans cette encyclopédie qu'il affectionne tant.
Dans une magnifique autobiographie à la troisième personne, comme pour prendre encore plus de distance avec celui qu'il n'est plus, l'auteur nous raconte sa sortie de l'enfance et sa découverte du monde.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
giatigiati   28 juin 2014
Pendant des jours et des jours après ce samedi, il ne peut chasser cette image de sa mère qui attend patiemment dans la chaleur accablante de décembre, pendant que lui, sous le chapiteau se fait divertir comme un roi. Son abnégation, son amour aveugle, total, pour lui et son frère, mais pour lui en particulier, le met mal à l'aise. Il voudrait qu'elle ne l'aime pas tant. Elle l'aime de façon absolue, il faut donc qu'il l'aime de façon absolue: voilà la logique qu'elle lui impose. Jamais il ne pourra la payer de retour pour ces torrents d'amour qu'elle déverse sur lui. L'idée d'avoir toute sa vie à porter le fardeau d'une dette d'amour le laisse interdit et le met en rage au point qu'il ne veut pas l'embrasser, refuse de se laisser toucher par elle. Quand elle se détourne en silence, ulcérée, il endurcit son cœur contre elle résolument, et se refuse à céder.
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CCocoCCoco   26 février 2017
Il n'arrive pas à comprendre pourquoi il y a autour de lui tant de gens qui n'aiment pas l'Angleterre. L'Angleterre, c'est Dunkerqu, et la bataille d'Angleterre. L'Angleterre, c'est faire son devoir et accepter son sort sans bruit, sans faire d'histoires. L'Angleterre, c'est ce jeune garçon à la bataille du Jutland qui n'a pas abandonné ses canons alors que le pont de son bâtiment brûlait sous ses pieds. L'Angleterre, c'est Lancelot du lac et Richard Coeur de Lion et Robin des Bois avec son grand arc de bois d'if et son habit vert Lincoln. Qu'ont les Afrikaaners qui se compare à cela ? Dirkie uys, qui a chevauché sa monture jusqu'à ce que le cheval, épuisé, meure sous lui. Piet Retief, qui s'est fait ridiculiser par Dingaan. Et puis les Voortrekkers qui se sont vengés en faisant feu sur des milliers de Zoulous sans fusils, et qui en tirent gloire.
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rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2012
À la maison, c’est un despote irascible ; à l’école il est doux comme un agneau, à son pupitre à l’avant-dernier rang, le rang le plus obscur pour surtout ne pas se faire remarquer, et il se raidit de peur quand commence la séance du fouet. En vivant cette double vie, il s’est créé un fardeau d’imposture.
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giatigiati   28 juin 2014
Ainsi, ce garçon qui sans réfléchir est resté sur le droit chemin de l'innocence où la nature l'a mis, qui est pauvre, et donc bon, comme les pauvres le sont toujours dans les contes de fées, souple et délié comme une anguille, agile comme un lièvre, et qui le battrait sans peine s'ils se mesuraient à la course ou à un jeu d'adresse, ce garçon, qui lui est un vivant reproche, ne lui en est pas moins assujetti d'une manière qui lui cause une gêne si profonde qu'il est au supplice, il rentre la tête dans les épaules, et ne veut même plus le regarder, malgré sa beauté.
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alexSolealexSole   14 décembre 2017
Un jour, dans les premiers mois où il était à Worcester, un garçon de sa classe avait trouvé la porte de devant ouverte et était entré; il l'avait trouvé allongé sous une chaise. "Je réfléchis", avait-il répondu sans réfléchir: "J'aime bien réfléchir." En un rien de temps tout le monde était au courant dans sa classe: le nouveau était bizarre, il n'était pas normal. Cette erreur lui a appris à être prudent. Etre prudent c'est, pour une bonne part, en dire plutôt moins que plus.
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Videos de J. M. Coetzee (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J. M. Coetzee
L'acteur britannique de 59 ans ans, qui fut pendant dix ans le directeur artistique du Globe Theatre à Londres, est venu présenter à Deauville le film Waiting for the Barbarians de Ciro Guerra, adapté du roman de l'écrivain sud-africain J.M. Coetzee. Dans ce film, Mark Rylance incarne le personnage du Magistrat, qui assiste impuissant à la mécanique de destruction sadiquement mise en place sous ses yeux par le colonel Joll (Johnny Depp), face à une prétendue invasion barbare... Héros de la série Dans l'ombre des Tudors, nouveau chouchou de Steven Spielberg - qu'il a dirigé dans le Pont des espions, le Bon gros géant ou Ready Player One -, le comédien répond à notre questionnaire sur petits papiers colorés, en évoquant son rôle dans Dunkerque, de Christopher Nolan, ou sa collaboration avec Patrice Chéreau.
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