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EAN : 9782246821779
240 pages
Éditeur : Grasset (14/10/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 14 notes)
Résumé :
« Enfant, je m’imaginais en garçon. J’ai depuis réalisé un rêve bien plus grand : je suis lesbienne. Faute de modèles auxquels m’identifier, il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Puis j’ai découvert une histoire, une culture que j’ai embrassées et dans lesquelles j’ai trouvé la force de bouleverser mon quotidien, et le monde. »

Journaliste dans un quotidien pendant plusieurs années, la parole d’Alice Coffin, féministe, lesbienne, milita... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
elodiedupuis
  21 octobre 2020
Je ne m'attendais pas à grand chose en lisant ce livre. Je connaissais déjà les positions de Mme Coffin, positions absolument honteuses pour une élue à la mairie de Paris.
En se revendiquant porte-parole du féminisme, des lesbiennes, des femmes en général, puis en écrivant ce livre, elle fait un doigt à ces communautés, à son sexe, après leur avoir craché à la figure.
Les féministes (du moins, pas les extrémistes) essayent depuis des années de montrer que leurs causes sont faites pour plus d'égalité dans la société, et qu'en aucun cas, elles ne détestent les hommes. A. Coffin écrit que le féminisme n'est bien que si on arrive à vivre sans les hommes, au point de refuser de consommer tout contenu culturel produit par un homme, qu'importe sa position politique (ce "régime" n'est que culturel, elle continue évidemment à profiter du confort de choses produites par des hommes). Elle veut qu' "ils paient". Elle parle d'eux comme Hitler aurait parlé des juifs. Elle trouve que l'hétérosexualité des femmes est un problème, et que les femmes lesbiennes sont plus exigeantes... parce qu'elles sont lesbiennes. C'est bien d'insulter 95% des femmes.
Les personnes LGBT ont essayé, pendant des années, de convaincre le reste de la population, qu'ils étaient parfaitement normaux, que leur seule différence résidait dans leur orientation sexuelle.
A. Coffin nous répète encore et encore dans son livre qu'être LGBT implique forcément un "activisme", une façon de penser, que cela "ne se limite pas à une attirance sexuelle". Elle n'arrive d'ailleurs pas à comprendre que des personnalités LGBT ne veuillent pas faire un "coming out" sur un plateau télé, en imitant les coming out à l'américaine, qui sont de véritables spectacles selon elle, ou qu'elles ne souhaitent pas être associée à un quelconque activisme (avec des activistes comme Coffin, est-ce surprenant?)
Elle n'a pas de problèmes à traiter ces gens souhaitant simplement vivre leur vie paisiblement qu'ils sont "égoïstes et ingrats". Parce qu'ils ne veulent pas rappeler qu'ils sont gays à chaque fois qu'on parle d'eux.
Ses descriptions des lesbiennes sont d'ailleurs risibles: les lesbiennes sont forcément dévouées à autrui, forcément activistes, le "condensé de la rage des femmes", "plus intelligentes", des "génies universalistes", forcément vertueuses selon sa logique. Est-ce qu'une lesbienne est vraiment lesbienne si elle en désaccord avec Coffin?
Et je conseille le plus sérieusement du monde à Mme Coffin d'aller voir un bon psychiatre, parce qu'avoir des idées pareilles en tête constamment doit être une torture au quotidien. Elle est très sérieusement paranoïaque, complexée, avec une vision du monde et de la place que devrait avoir son orientation sexuelle dans sa vie absolument délirante.
Non, il n'y a pas de conspiration mondiale des hommes contre les femmes. La majorité des hommes ne sont pas des ordures, des violeurs, des brutes, et encore moins des assassins. Ce n'est pas parce qu'il y a des mauvais pères et des mauvais maris que la figure du père et du mari est une invention du "méchant patriarcat", que la présence d'une figure paternelle est inutile pour le bon développement d'un enfant. Les gens ne s'opposent pas forcément à la PMA pour toutes parce qu'ils n'aiment pas les femmes qui font leur vie sans les hommes.
C'est encore pire si les hommes en question sont blancs. Alors que ce sont dans les pays des hommes blancs que les femmes et les LGBT sont les plus libres. Encore une fois, très logique de sa part.
Sans parler du fait que la plupart des exemples de "pouvoir masculin" qu'elle donne sont une ultra-minorité d'hommes qui emmerdent tout le reste de la population, hommes comme femmes? Les hommes au gouvernement ne sont absolument pas des cas généraux. Mais comme elle vit dans un entre soi bobo, où elle a vécu quasiment toute sa vie (elle est allée au lycée Condorcet, un lycée ultra-privilégié, un des meilleurs de France), elle ne s'en rend absolument pas compte.
Aussi, dans son livre, Coffin se confesse, nous montrant des pensées parfois très intimes ... qui montrent encore plus son besoin d'accompagnement psychiatrique. Par exemple:
-lorsqu'elle était encore en couple hétérosexuel, elle se sentait mal parce qu'elle en ressentait du "contentement", qu'elle avait l'impression que tous les regards sur elle étaient forcément des "regards de validation", et qu'elle "offrai(t) du bonheur" aux autres en étant en couple hétérosexuel. Comme si tous les gens qu'elle croisait étaient obsédés par sa vie personnelle, se réjouissaient simplement parce qu'elle rentrait dans "le cadre".

-elle est incapable, tout le long du livre, de comprendre que quelqu'un puisse avoir un avis différent du sien sans être un être diabolique ou sous l'emprise de quelqu'un.
-ses complexes et problèmes sont toujours la faute de quelqu'un d'autre. Elle est complexée par les actrices au cinéma (parce qu'elle n'arrive pas à les imiter)? Elle en veut au cinéma. Elle n'a pas eu de modèle lesbien à la télé, ce qui fait qu'elle ne pourra jamais être une "lycéenne lesbienne"? On lui a volé dix ans de sa vie (pas de précision sur le "on"). Lorsqu'elle parle de son alcoolisme, elle mentionne un programme de désintoxication en plusieurs étapes, et elle ne comprend pas qu'il y ait une étape où il faut faire des excuses à son entourage (l'alcoolisme fait souvent des ravages dans l'entourage, ce qu'elle omet complètement). Selon elle, c'est inutile, non, il faut plutôt qu'elle aille demander des explications à ceux qui ont "tiré profit de (s)on alcoolisme". Qui a profité de son alcoolisme, alors qu'elle dit avoir bu en cachette?
-Et, elle est très modeste . Dans le premier chapitre, au tout début du livre, pour prévenir les reproches, elle compare son livre à une oeuvre incomprise, qui finit par révéler sa beauté malgré toutes les critiques, parce que les gens qui détestent, n'ont tout simplement pas compris, n'est-ce pas?
Pour ne citer que ça.
Et l'apologie du journalisme biaisé aussi. Comme si ce n'était pas déjà suffisamment un problème. A vrai dire, c'était le seul moment drôle du livre, parler du Monde, du Libération et de 20 Minutes comme d'affreux journaux intolérants (alors qu'ils sont déjà bien à gauche)
Bref, je ne conseille pas ce livre si vous n'aimez pas le manque de logique, l'intolérance, la bêtise, et les leçons de morale de la part de petites bobos parisiennes privilégiées. Parce que oui, Coffin est mille fois plus privilégié qu'au moins 95% des hommes de ce pays, qu'importe leur couleur de peau.
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MaellaPriour
  18 octobre 2020
Dans son essai "Le génie lesbien", Alice Coffin évoque ce qu'implique l'homosexualité féminine au XXIe siècle en France ainsi que son activisme au sein du groupe féministe La Barbe qui tend à dénoncer le monopole du pouvoir par quelques hommes blancs. Elle aborde également l'extension de la procréation médicale assistée pour toutes et la libération de la parole des femmes après #Metoo
Alice Coffin exorte les femmes à faire entendre leur voix dans la sphère publique car la parole des femmes est pratiquement absente dans cette société dominée par les hommes. La vision sociétale actuelle de la femme est en fait celle des hommes; en aucun cas celle des femmes. Il existe une oppression spécifique des femmes au bénéfice des hommes, résultant avant tout du patriarcat. Elle fait l'éloge de l'indispensable sororité et montre que l'oppression des femmes est socialement construite.
Mais Alice Coffin tient aussi des propos très radicaux : «Concentrons, en public, nos attaques contre les hommes [...] Soyez exigeantes, devenez lesbiennes [...] Il ne suffit pas de nous entraider, il faut, à notre tour, les éliminer ( les hommes ). Les éliminer de nos esprits, de nos images, de nos représentations. Je ne lis plus de livres des hommes, je ne regarde plus leurs films, je n'écoute plus leurs musiques. [...] Les productions des hommes sont le prolongement d'un système de domination. »
Alors que dire de plus, tout est aussi extrême. Son discours est sectaire, manichéen et excluant.
Je n'ai pas supporté cette violence anti-hommes, le féminisme est un combat contre les structures patriarcales et non pas contre les hommes en tant qu'individus, le combat c'est l'égalité femmes-hommes et la fin du patriarcat. L'émancipation des femmes n'est pas un enjeu secondaire mais la misandrie tout comme la misogynie sont totalement à proscrire. Je n'ai donc pas fini ce bouquin trop radical et excluant.
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Ppays
  25 octobre 2020
Ma bibliothèque a mis en avant l'essai d'Alice Coffin et je l'ai pris par curiosité pour voir si les polémiques qu'elle a suscitées, étaient justifiées ou juste une exagération des médias.
Il faut bien reconnaître qu'Alice Coffin n'y va pas avec le dos de la cuillère mais elle dit des choses très justes aussi. Elle parle de l'invisibilisation des lesbiennes dans les arts et les médias, mais malgré ça, les lesbiennes sont présentes et mènent des combats qui ne les concernent pas directement : elles ont été en première ligne des combats pour le droit à l'avortement et à la contraception, elles ont activement participé à la lutte contre le sida.
Elle parle de prioriser les femmes et revendique un féminisme radical.
Ce n'est pas ma conception du féminisme et la lecture en diagonale que j'ai faite de cet essai ( beaucoup trop d 'excès, qui desservent le féminisme ) ne m'a pas convaincu .
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lavoisine
  24 octobre 2020
Le livre de madame Coffin est une bouffée d'air frais dans ce monde patriarcal blanc tellement habitué à se considérer comme la norme qu'il en oublie toutes les autres réalités. Aveugle à la différence sous couvert d'universalisme. Des médias avec bien peu de recul critique, des pans culturels entiers qui s'entretiennent dans un entre soi misogyne et délétère. Toute une partie de l'humanité que l'on muselle. La résistance nécessaire et vitale.
Je ne suis pas surprise que les notes soient, pour le moment, majoritairement faibles sur ce site où les autrices sont classées "auteur féminin" dans les mots clés. le progrès ça dérange. le progrès c'est inconcevable pour certain·e·s car ça chamboule tout dans leur petit monde, et la peur du château de cartes face au vent prend le dessus.
Pourtant Alice Coffin signe un livre d'une intelligence et une honnêteté intellectuelle qui sont bien rare de nos jours, et l'accueil qu'il a reçu dans les médias est exactement tout ce qu'elle dénonce à l'intérieur. CQFD.
Voir des femmes comme elle m'inspire quotidiennement, la lecture de ce livre est enthousiasmante et revigorante.
Il y a pour sur un génie lesbien et madame Coffin en fait partie.
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HannahK
  08 octobre 2020
Alice in W'ander'Land !
Chaque période de rupture est, à l'instar de celle que nous traversons, marquée par l'émergence de figures singulières, au discours dissonant. Alice Coffin est clairement de celles-là ; les réactions hystérisées qui accompagnent les citations tronquées de cet ouvrage le disent assez. L'idée n'étant pas d'être d'accord ou pas, mais d'accepter l'espace d'un livre de regarder notre société avec ses yeux à elle - qui ne se ménage pas non plus au passage, mais nous propose généreusement (oui, généreusement) une expérience inestimable : celle du doute. Merci.
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critiques presse (1)
MadmoizellePresse   12 octobre 2020
Alice Coffin, dans Le Génie lesbien, porte un discours qui bouscule volontairement les pensées tétanisées, secoue les idées recroquevillées derrière un universalisme de façade.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lavoisinelavoisine   24 octobre 2020
Que les hommes de la ligue du LOL ou d'ailleurs racontent que leurs pratiquent étaient alors la norme est un énième signe de la propension à ériger l'expérience masculine blanche en règle universelle.
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MdameLaProfDocMdameLaProfDoc   15 octobre 2020
L'actualité n'existe pas en soi. Elle est la somme de ce que les journalistes valident. Labellisent. « Toi t'es une info, toi t'es pas une info. » Ne pas enquêter sur la façon dont ils créent cette information, c'est passer à côté de l'actualité elle-même.
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MdameLaProfDocMdameLaProfDoc   15 octobre 2020
Ceci est le livre de combat d'une femme qui a été aimée, respectée, valorisée par des hommes depuis sa petite enfance. Je n'ai d'autres traumatismes à livrer que celui induit par le spectacle quotidien du comportement des hommes.
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Videos de Alice Coffin (2) Voir plusAjouter une vidéo
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