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ISBN : 2070385760
Éditeur : Gallimard (13/01/1993)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 31 notes)
Résumé :

Ce journal va du 3 janvier au 2 septembre 1978. Albert Cohen a quatre-vingt-trois ans. Sa fin, dont il sent l'imminence, l'oblige soudain à ramasser par fragments incantatoires ses méditations obsessionnelles : l'enfant Albert Cohen fou d'amour pour sa mère, le lycéen de Marseille fou d'amitié pour son condisciple Marcel Pagnol, le jeune homme fou des femmes qu'il nomme ses " merveilles ", enfin le vieil homme fou du peuple d'Isra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
BillDOE
  18 juillet 2017
Je ne trouve aucune critique à faire, la lecture finie de ces carnets, car ils n'appellent à aucun commentaire. Que dire de plus ? Sinon qu'ils invitent à une réflexion sourde, silencieuse et individuelle sur nos fantômes du passé, sur notre posture lorsque nous serons seuls face à l'inéluctable échéance, celle de notre mort. Est-ce que nous allons nous réfugier sous l'aile protectrice et rassurante de la religion qui nous garantit un « après » ? Ou, comme nous le confie Albert Cohen, allons-nous l'ignorer, lui, le divin créateur source de toute vie, afin de provoquer sa manifestation, qu'il nous prouve qu'il existe, courroucé par notre ignorance ?
Albert Cohen se débat, se tournant tour à tour vers ces êtres qui lui sont chers, la mère, l'ami, l'amante, soulignant combien leur absence en cet instant de grand désarroi le laisse faiblissant, meurtri, impuissant. Alors il lève la tête et regarde Dieu, il l'interpelle, le somme de se manifester.
En désespoir, devant ce grand silence, il ressasse toutes ces choses qui l'ont meurtri, ces gens qui lui ont nui et leur offre son pardon car eux aussi souffriront les mêmes douleurs angoissantes de la grande faucheuse.
Les carnets d'Albert Cohen sont à lire, puis à ranger pour les redécouvrir le moment venu.
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Marpesse
  15 juillet 2013

Albert Cohen écrit son dernier texte trois ans avant de mourir : ce sont les Carnets 1978 dans lesquels il s'adresse à ses chers morts. Parmi eux, sa mère tant aimée, son ami Marcel Pagnol, Diane, son grand-père... A travers eux, il parle de sa mort prochaine, il sait qu'il mourra bientôt. Aux trois-quarts du livre, son désespoir augmente : il invoque Dieu auquel il ne croit pas, il le supplie de se révéler à lui qui n'a pas démérité, alors que d'autres croyants ont la foi sans rien faire.
C'est le texte d'un homme de plus de quatre-vingts ans, conscient de la vanité de toutes choses et de sa mort.
Comme il le dit lui même, "ressasseur je suis, ressasseur je demeure" : en grand écrivain qu'il est, il redit ce qu'il a dit dans d'autres livres, dans son style noble et sublime.
Il parle des vaines passions aussi, et de ses petites dents blanches, morceaux de squelette, dont il est tant question dans Solal et Belle du Seigneur.
A la fin, il décide de révéler un secret au lecteur : l'amour du prochain n'existe pas, seul existe ce qu'il nomme une "tendresse de pitié" qu'on peut éprouver même pour son ennemi, même pour Laval, le collaborateur, en prison. On sait que ce prochain qu'on ne connaît pas va mourir, et une pitié naît en nous, un sourire face à ce rival ou cet inconnu qui s'agite ou qui passe.
Pas de vie après la mort, son texte y revient sans cesse : le corps pourrit seul sous terre, parallèle aux autres.

Lien : http://edencash.forumactif.o..
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anita63
  30 juin 2016
De ce livre lu il y a déjà quelques années, je retiens des pages poignantes sur la perte irréparable de celles et ceux qu'on a aimés : pour Albert Cohen, sa mère et son ami d'enfance Marcel Pagnol. C'est vrai qu'il ressasse, mais c'est une complainte douloureuse avec des refrains, une longue prière et un splendide "tombeau" pour les êtres disparus.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   16 septembre 2015
On me conseille aussi de prier, c'est à dire de me suggérer à moi-même que Tu es. Je veux que Tu sois par Toi et non par moi. Je veux une foudre de vérité lancée sur moi par Ton amour. Et d'ailleurs, qu'est-ce que cette fantaisie de vouloir être prié, fantaisie de roi nègre qui veut qu'on le supplie? Si tu es Dieu, Tu sais que je suis malheureux sans Toi et que je T'attends. N'est-ce pas assez, et pourquoi des prières?
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MarpesseMarpesse   13 juillet 2013
Ce que je crois aussi, c’est que dans le génie, il y a un mariage miraculeux des contraires. Le génie, c’est (…) un fou de la sensibilité, qui sent trop, qui sent follement, qui est constamment prêt à la douleur absolue pour tout, à la joie absolue pour tout, qui souffre presque autant de ne pas retrouver ses clefs que d’avoir perdu sa femme, qui éprouve autant de joie paradisiaque à retrouver son stylo qu’à voir revenir à lui la bien-aimée qui l’avait abandonné.
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MarpesseMarpesse   13 juillet 2013
Ô toujours les mêmes reproches, ô lamentable passe-temps dans le désert de conjugalité. Ô cette faiblesse de l’époux qui le faisait récriminer sans cesse, et ce désespoir en lui de savoir que plus il revendiquait et réclamait l’amour disparu, et moins il était important à sa femme, moins il lui était vivant, moins il lui était réel et prestigieux. Mais il ne pouvait s’empêcher de dire et redire sa douleur de n’être plus l’aimé d’autrefois, douleur toujours moins efficace et moins perçue par elle.
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MarpesseMarpesse   14 juillet 2013
Tu oublies sans cesse, nous oublions sans cesse, nous ne savons jamais, nous, ces fous de la terre, que notre place de terre nous attend quelque part, que le bois de notre cercueil existe déjà dans une scierie ou dans une forêt et que ce bois de notre cercueil attend tranquillement son heure qui viendra.
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MarpesseMarpesse   15 juillet 2013
Au long des années, j’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu les causes misérables de la naissance d’une amoureuse passion. J’ai vu comment, toujours, la plus ardente passion s’étiole. J’ai vu ce qui attend les nobles amants s’ils se condamnent à vivre délicieusement seuls, hors du compagnonnage humain. J’ai vu que dans la solitude, sans les vitamines du social et privée des fortifiants obstacles, la passion la plus ardente agonise vite dans le désert des délices. Moribonde, elle revit un temps, la pauvre, par la lugubre luxure ou par la bestiale jalousie, et ensuite elle meurt.
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Videos de Albert Cohen (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de l?expérience de voir son image dans un miroir?
« Clarissa (se dirigeant vers la table de toilette) plongea au c?ur même de l?instant, le cloua sur place, l?instant de ce matin de juin sur lequel s?exerçait la pression de tous les autres matins, voyant comme pour la première fois le miroir, la table de toilette, et tous les flacons, se rassemblant toute entière en un point (en se regardant dans le miroir), regardant le visage rose, délicat? de Clarissa Dalloway ; d?elle-même. Elle l?avait vu des milliers de fois, son visage, et toujours avec cette même imperceptible contradiction? Oui, c?était bien elle? » Virginia Woolf, Mrs Dalloway.
Le miroir n?a pas toujours existé sous sa forme actuelle : il fut longtemps un objet rudimentaire, en métal poli, n?incitant guère à la contemplation de soi. Il ne s?est popularisé dans les foyers qu?à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, les miroirs et leurs avatars (photos et réseaux sociaux) sont omniprésents dans nos vies, et nous permettent de nous assurer de notre bonne apparence.
Mais se regarder dans un miroir peut être aussi l?objet d?expériences existentielles plus intéressantes que la simple vérification de son image. L?occasion d?une rencontre avec soi, d?une exploration des liens éventuels entre essence et apparence, avec ce goût particulier que procurent les expériences de sortie de son corps. Car se regarder dans un miroir, c?est se voir comme les autres nous voient, c?est observer un corps vivant, mobile, réactif, changeant? Et dont la contemplation prolongée va activer notre vie intérieure, bien davantage que ne le font les considérations esthétiques, qui sont l?usage habituel des miroirs?
Face à son miroir, sans autre but que mener une expérience de psychologie, on peut donc s?arrêter, et prendre son temps. Il va d?abord falloir laisser s?épuiser les automatismes mentaux, qui se déclenchent tout seuls face à notre image : on vérifie son apparence, on se dit qu?on a pris un coup de vieux, ou au contraire qu?on est resté jeune d?allure, on fait ses petites grimaces sociales (sourire, incliner la tête, froncer les sourcils, mimer différentes émotions?). Une fois passées ces babouineries, comme dit Albert Cohen dans Belle du Seigneur, on passe aux choses sérieuses?
On se regarde longtemps, en se répétant « c?est moi, c?est moi? » Au bout d?un moment, on ressent une impression aussi étrange que lorsqu?on se répète un même mot en boucle : « chocolat, chocolat, chocolat? » Après quelques minutes, survient un phénomène de dissociation entre le mot et l?objet qu?il désigne. Et des interrogations : pourquoi ce mot, et pas un autre, pour désigner cette chose ? de même, face au miroir, surviennent peu à peu des interrogations et sentiments troublés, devant notre reflet : pourquoi suis-je doté de ce corps, de ce visage, et pas d?autres ? Pourquoi ces traits sont-ils associés à mon identité ? Pourquoi cette « partie antérieure de ma tête », comme la définit le dictionnaire, a-t-elle tant d?importance à mes yeux, et à ceux des humains qui me croisent ? Que peut-on penser de moi d?après mes traits ? Mon visage reflète-t-il ce que je suis ?
Et puis, finalement, est-ce que tout ceci est si important ?
Vous vous souvenez du mythe de Narcisse : ce jeune homme était si captivé par sa beauté qu?il finit par mourir d?inanition, en contemplant son reflet à la surface d?une eau limpide. Comment faire pour que notre statut d?animal social, soucieux d?être aimé et accepté par les autres, ne nous conduise pas à être un animal narcissique, pensant que c?est notre image qui compte le plus pour être aimé ? Regardez un peu mieux le miroir : autour de votre visage, il y a le commencement du reste du monde. Il est temps d?y revenir et de le parcourir?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Plus d'info sur La Vie Intérieure https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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