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EAN : 9782070385768
187 pages
Éditeur : Gallimard (13/01/1993)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 35 notes)
Résumé :

Ce journal va du 3 janvier au 2 septembre 1978. Albert Cohen a quatre-vingt-trois ans. Sa fin, dont il sent l'imminence, l'oblige soudain à ramasser par fragments incantatoires ses méditations obsessionnelles : l'enfant Albert Cohen fou d'amour pour sa mère, le lycéen de Marseille fou d'amitié pour son condisciple Marcel Pagnol, le jeune homme fou des femmes qu'il nomme ses " merveilles ", enfin le vieil homme fou du peuple d'Isra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
BillDOE
  18 juillet 2017
Je ne trouve aucune critique à faire, la lecture finie de ces carnets, car ils n'appellent à aucun commentaire. Que dire de plus ? Sinon qu'ils invitent à une réflexion sourde, silencieuse et individuelle sur nos fantômes du passé, sur notre posture lorsque nous serons seuls face à l'inéluctable échéance, celle de notre mort. Est-ce que nous allons nous réfugier sous l'aile protectrice et rassurante de la religion qui nous garantit un « après » ? Ou, comme nous le confie Albert Cohen, allons-nous l'ignorer, lui, le divin créateur source de toute vie, afin de provoquer sa manifestation, qu'il nous prouve qu'il existe, courroucé par notre ignorance ?
Albert Cohen se débat, se tournant tour à tour vers ces êtres qui lui sont chers, la mère, l'ami, l'amante, soulignant combien leur absence en cet instant de grand désarroi le laisse faiblissant, meurtri, impuissant. Alors il lève la tête et regarde Dieu, il l'interpelle, le somme de se manifester.
En désespoir, devant ce grand silence, il ressasse toutes ces choses qui l'ont meurtri, ces gens qui lui ont nui et leur offre son pardon car eux aussi souffriront les mêmes douleurs angoissantes de la grande faucheuse.
Les carnets d'Albert Cohen sont à lire, puis à ranger pour les redécouvrir le moment venu.
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Marpesse
  15 juillet 2013

Albert Cohen écrit son dernier texte trois ans avant de mourir : ce sont les Carnets 1978 dans lesquels il s'adresse à ses chers morts. Parmi eux, sa mère tant aimée, son ami Marcel Pagnol, Diane, son grand-père... A travers eux, il parle de sa mort prochaine, il sait qu'il mourra bientôt. Aux trois-quarts du livre, son désespoir augmente : il invoque Dieu auquel il ne croit pas, il le supplie de se révéler à lui qui n'a pas démérité, alors que d'autres croyants ont la foi sans rien faire.
C'est le texte d'un homme de plus de quatre-vingts ans, conscient de la vanité de toutes choses et de sa mort.
Comme il le dit lui même, "ressasseur je suis, ressasseur je demeure" : en grand écrivain qu'il est, il redit ce qu'il a dit dans d'autres livres, dans son style noble et sublime.
Il parle des vaines passions aussi, et de ses petites dents blanches, morceaux de squelette, dont il est tant question dans Solal et Belle du Seigneur.
A la fin, il décide de révéler un secret au lecteur : l'amour du prochain n'existe pas, seul existe ce qu'il nomme une "tendresse de pitié" qu'on peut éprouver même pour son ennemi, même pour Laval, le collaborateur, en prison. On sait que ce prochain qu'on ne connaît pas va mourir, et une pitié naît en nous, un sourire face à ce rival ou cet inconnu qui s'agite ou qui passe.
Pas de vie après la mort, son texte y revient sans cesse : le corps pourrit seul sous terre, parallèle aux autres.

Lien : http://edencash.forumactif.o..
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anita63
  30 juin 2016
De ce livre lu il y a déjà quelques années, je retiens des pages poignantes sur la perte irréparable de celles et ceux qu'on a aimés : pour Albert Cohen, sa mère et son ami d'enfance Marcel Pagnol. C'est vrai qu'il ressasse, mais c'est une complainte douloureuse avec des refrains, une longue prière et un splendide "tombeau" pour les êtres disparus.
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Speedstar
  30 janvier 2020
Lisez-le. Tout simplement.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MarpesseMarpesse   13 juillet 2013
Ce que je crois aussi, c’est que dans le génie, il y a un mariage miraculeux des contraires. Le génie, c’est (…) un fou de la sensibilité, qui sent trop, qui sent follement, qui est constamment prêt à la douleur absolue pour tout, à la joie absolue pour tout, qui souffre presque autant de ne pas retrouver ses clefs que d’avoir perdu sa femme, qui éprouve autant de joie paradisiaque à retrouver son stylo qu’à voir revenir à lui la bien-aimée qui l’avait abandonné.
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GeraldineBGeraldineB   16 septembre 2015
On me conseille aussi de prier, c'est à dire de me suggérer à moi-même que Tu es. Je veux que Tu sois par Toi et non par moi. Je veux une foudre de vérité lancée sur moi par Ton amour. Et d'ailleurs, qu'est-ce que cette fantaisie de vouloir être prié, fantaisie de roi nègre qui veut qu'on le supplie? Si tu es Dieu, Tu sais que je suis malheureux sans Toi et que je T'attends. N'est-ce pas assez, et pourquoi des prières?
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MarpesseMarpesse   15 juillet 2013
Au long des années, j’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu les causes misérables de la naissance d’une amoureuse passion. J’ai vu comment, toujours, la plus ardente passion s’étiole. J’ai vu ce qui attend les nobles amants s’ils se condamnent à vivre délicieusement seuls, hors du compagnonnage humain. J’ai vu que dans la solitude, sans les vitamines du social et privée des fortifiants obstacles, la passion la plus ardente agonise vite dans le désert des délices. Moribonde, elle revit un temps, la pauvre, par la lugubre luxure ou par la bestiale jalousie, et ensuite elle meurt.
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MarpesseMarpesse   13 juillet 2013
Ô toujours les mêmes reproches, ô lamentable passe-temps dans le désert de conjugalité. Ô cette faiblesse de l’époux qui le faisait récriminer sans cesse, et ce désespoir en lui de savoir que plus il revendiquait et réclamait l’amour disparu, et moins il était important à sa femme, moins il lui était vivant, moins il lui était réel et prestigieux. Mais il ne pouvait s’empêcher de dire et redire sa douleur de n’être plus l’aimé d’autrefois, douleur toujours moins efficace et moins perçue par elle.
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MarpesseMarpesse   14 juillet 2013
Tu oublies sans cesse, nous oublions sans cesse, nous ne savons jamais, nous, ces fous de la terre, que notre place de terre nous attend quelque part, que le bois de notre cercueil existe déjà dans une scierie ou dans une forêt et que ce bois de notre cercueil attend tranquillement son heure qui viendra.
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Videos de Albert Cohen (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Dans cet épisode de Réelles fictions, le professeur de littérature Pierre-Louis Fort parle d'Avant que j'oublie, un roman d'Anne Pauly. Il aborde l'écriture du deuil, le style particulier de l'autrice et le roman familial.
Réelles fictions est une série de podcasts qui présentent les cinq romans sélectionnés pour le prix Effractions. Ce prix récompense un roman qui entretient un lien fort avec le réel ; il est remis par la Bibliothèque publique d'information et la Société des Gens de Lettres pendant le festival littéraire « Effractions » en mars 2020.
Références citées dans le podcast : Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964. Jacques-Bénigne Bossuet, Sermon sur la mort : et autres sermons, Flammarion, 1996. Jacques-Bénigne Bossuet, Oraisons funèbres, Garnier, 1988. Albert Cohen, le Livre de ma mère, Gallimard, 1954. Annie Ernaux, La Place, Gallimard, 1984. Annie Ernaux, Une femme, Gallimard, 1988. Annie Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit, Gallimard, 1997. Philippe Forest, L'Enfant éternel, Gallimard, 1997. Stéphane Mallarmé, Pour un tombeau d'Anatole, Gallimard, 1961. Yaël Pachet, le Peuple de mon père, Fayard, 2019. Extrait lu : Anne Pauly, Avant que j'oublie, page 16 © Verdier, 2019.
Cet épisode a été préparé par François Patriarche. Lecture : Denis Cordazzo. Réalisation : Camille Delon et Renaud Ghys. Musique : Thomas Boulard. Merci aux éditions Verdier, à Inès Carme et à Blandine Fauré. Ce podcast a été enregistré dans les studios du Centre Pompidou.
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