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EAN : 9782070365616
174 pages
Éditeur : Gallimard (25/04/1974)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 1214 notes)
Résumé :
Peu de livres ont connu un succès aussi constant que Le livre de ma mère.
Ce livre bouleversant est l'évocation d'une femme à la fois "quotidienne" et sublime, une mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils.
Ce livre d'un fils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra sa propre mère, sainte sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour.
Et tout fils pleurant sa mère disparue y retrou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (157) Voir plus Ajouter une critique
Lorraine47
  20 janvier 2013
Le livre de ma mère a quelque peu écorné dans mon esprit le mythe de la mère juive. Nous avons tous en tête Marthe Villalonga dans "Un éléphant ça trompe énormément" et sa relation avec Guy Bedos empreinte d'un amour phagocytant.
Par retour d'ascenseur, le fils adulé se révèle plus qu'ingrat face à cette mère quasi abusive.
Et bien là, le fils adoré nous écrit une ode à la mère disparue et regrettée. Ce livre est un poème en prose dédié à la Mère. Ce dernier pleure les jours perdus qui ne reviendront plus et exprime son ingratitude et son exubérante insouciante non sans refouler d'amers regrets. Ô temps suspends ton vol! Mais inexorablement il fait son deuil conservant en son coeur le sentiment d'un paradis perdu. Une plume admirable au service d'un amour sans bornes!
Tu t'souviens des jours anciens et tu pleures...
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Ladybirdy
  04 février 2019
C'est avec une plume très poétique que Albert Cohen vient à écrire sur sa mère...
Maman, un des plus beaux mots de notre langue car il distille les plus beaux parfums de l'amour.
Maman, pour celle que nous sommes et celle qui nous a mis au monde.
Maman, ce prénom te va si bien toi présente à tous les rendez vous.
Albert Cohen semble éperdu de douleurs dans ce témoignage, meurtri et endeuillé par la mort de sa chérie comme il l'appelle. Il semble aussi rongé par la culpabilité de ne pas l'avoir suffisamment aimée, de ne pas lui avoir écrit plus souvent, de ne pas l'avoir appelée et dit tout haut tout l'amour qu'il lui porte.
J'aurai voulu entendre un cri d'amour plutôt qu'un cri de douleurs, un cri d'espoir plutôt que de désespoir.
Mais de ces confidences ombragées par la mélancolie, je transpire de la beauté et de la quintessence qui s'évaporent de ces lignes. Il aurait voulu serrer la gorge à la mort, je préfère serrer ma tendre mère et si elle n'était plus de ce monde, ce sont nos souvenirs et son éternel sourire que je serrerai fort contre moi. La mort semble vous envelopper Monsieur Cohen, plus que la vie qui bat encore dans vos paupières et dans la lumière de vos moments avec votre tendre mère.
Bien sûr qu'il faut laisser nos coeurs ouverts pour nos mères. Je n'ai pas ressenti le message subliminal que vous avez peut-être tenté de véhiculer ici mais j'en retiens une magie dans vos mots, telle une couverture de chair qui a frémi sous mon âme endormie.
La mélancolie désabuse l'amour alors que la lumière l'amplifie. Pour toutes les mères, c'est cette lumière que j'allume ce soir pour elles, où qu'elles soient.
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carre
  20 mars 2013
« Le livre de ma mère » est considéré pour beaucoup comme un magnifique et poignant hommage à la génitrice adorée. Et bien, je m'incline devant plus fort et érudit que moi, car si le livre d'A. Cohen à de nombreuses qualités, certains passages m'ont pesé pour ne pas dire plus. On est parfois ému devant ce portrait porté par une adulation sans borne du fils pour sa maman, mais désolé certains passages me semble puérils, naïfs proche du ridicule. Et ces moments m'ont empêché d'être en complète empathie avec l'auteur. En tout cas, je l'ai ressenti comme cela. Et puis, pour affirmer encore plus ma mauvaise foi, je me souviens d'une émission de F.O. Giesbert demandant à N. Sarkozy son livre de chevet, devinez sa réponse. Au dessus de mes forces. J'assume.
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latina
  06 décembre 2014
Un chant d'amour infini doublé d'un immense sentiment de culpabilité, voilà ce que « le livre de ma mère », oeuvre célèbre d'Albert Cohen m'a inspiré.
Ce livre était dans ma bibliothèque depuis des années, et jamais je n'osais m'y aventurer, de peur de m'écrouler sous l'émotion.
Et puis, quand je l'ai ouvert, j'ai été happée par la houle du style, j'ai été submergée par ces phrases tumultueuses, j'ai été entrainée dans les flammes de la douleur et dans les explosions d'amour...
« Réprime les sanglots secs et, puisque tu veux oser le faire, parle de ta mère morte avec un faux coeur de bronze, parle calmement, feins d'être calme, qui sait, ce n'est peut-être qu'une habitude à prendre ? Raconte ta mère à leur calme manière, sifflote un peu pour croire que tout ne va pas si mal que ça, et surtout souris, n'oublie pas de sourire. Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre, souris dans ta glace et devant les gens, et même devant cette page. Souris avec ton deuil plus haletant qu'une peur. Souris pour croire que rien n'importe, souris pour te forcer à feindre de vivre, souris sous l'épée suspendue de la mort de ta mère, souris toute ta vie à en crever et jusqu'à ce que tu en crèves de ce permanent sourire. »
Tout au long des pages, il raconte sa mère. Il raconte comment elle le choyait, comment elle ne vivait que pour lui (et son père ??? Il n'en parle quasi pas. ) Il nous narre quelques épisodes de son enfance, lorsqu'ils sont arrivés de Corfou à Marseille, famille juive très isolée. Et ses études à Genève, lorsque sa maman le rejoignait pour un séjour de quelques semaines. Et il nous décrit surtout la puissance de l'amour. Il conseille à tous les fils d'aimer leur mère avant qu'elle ne meure pour ne pas regretter ensuite de l'avoir trop peu aimée.
Et puis...j'ai été indignée par ce sentiment continuel de culpabilité de l'auteur envers sa mère et par ce sentiment qu'il veut nous insuffler !
Oui, l'auteur regrette de n'avoir pas consacré plus de temps à sa mère, elle qui lui était entièrement dévouée. Il regrette d'avoir fréquenté des jeunes personnes au lieu de s'occuper de sa mère. Et ces jeunes personnes, il les dénigre. C'est sa mère qui est la seule digne d'être aimée, une « Sainte » puisqu'elle ne vivait que pour son fils.
Et cela, franchement, je ne peux pas accepter ! Qu'est-ce donc que cette conception culpabilisante qui empêche d'avancer ?
L'auteur élargit son propos, vers la fin, en une considération plus philosophique mais tout aussi désespérante : qu'est-ce que la vie, qu'est-ce que l'amour, puisque tout meurt ? A quoi sert de vivre ? « Quelle est cette farce d'ambitions, d'espoirs, d'amours, de joies destinées à disparaître pour toujours, cette face que Tu nous fais jouer ? Dis, Toi, là-haut, pourquoi ce traquenard ? »
En conclusion, je quitte ce livre que je n'osais ouvrir assez divisée : scandalisée par le message de culpabilité, mal à l'aise devant ce désespoir de vivre, mais admirative devant ce style somptueux qui fait passer si bien le sublime.
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charlottelit
  27 août 2012
Ode à la mère disparue que l'auteur n'a pas assez protégée ou aimée de son vivant.
Sorte de pied de nez de la vie qui fustige bon nombre d'entre nous :
nous ne faisons aucun cas des vivants et dès qu'ils sont morts, ils prennent tout à coup une importance hors du commun.
Morale de la fable :
s'occuper des parents, amis, lorsqu'ils sont vivants.
Leur ériger un piédestal lorsqu'ils sont partis est inepte et peut-être malhonnête.
Demeure dans ce texte une certaine sincérité : Cohen se fustige et s'enfonce douilletement dans son malheur égoïste.
Beaux passages d'amour filial quand même.
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Citations et extraits (225) Voir plus Ajouter une citation
enzo92320enzo92320   01 juin 2020
« Elle n'avait pas beaucoup de volonté. Elle ne savait pas suivre un régime et son embonpoint de cardiaque s'accentuait avec les années. Pourtant, à chacun de ses séjours, elle m'assurait qu'elle avait perdu plusieurs kilos depuis l'année dernière. Je ne la détrompais pas. La vérité, c'était que, quelques semaines avant son départ de Marseille, elle se condamnait à la famine pour maigrir et me plaire. Mais elle ne perdait jamais autant de poids qu'elle en avait gagné.

Ainsi, grossissant sans cesse, elle s'imaginait poétiquement maigrir sans cesse.

Elle arrivait chez moi, fermement résolue à ne pas s'écarter désormais de son régime, Mais ce régime, elle l'enfreignait constamment sans s'en douter, les infractions étant toutes exceptionnelles quoique quotidiennes. « Je veux seulement voir si ce feuilleté est réussi. » « Cette pâte d'amandes, ce n'est rien, mon fils, juste une bouchée de fourmi, ça ne va pas plus loin que la gorge, juste un peu pour me passer l'envie. Ne sais-tu pas qu'une envie non contentée fait grossir? » Et si je l'engageais à prendre du café sans sucre, elle m'affirmait que le sucre n'engraisse pas.

« Mets-en dans l'eau et tu verras qu'il disparaît. » Si une balance de pharmacien dénotait une augmentation de poids, c'était une erreur de la balance ou c'était parce qu'elle avait trop bougé sur la balance ou parce qu'elle avait gardé son chapeau. Pour les plantureux repas, il y avait toujours de bonnes raisons. Un jour, c'était parce qu'elle venait d'arriver à Genève et qu'il fallait bien fêter ce jour de merveille. Un autre jour, parce qu'elle se sentait un peu fatiguée et que les beignets au miel fortifient. Un autre jour, parce qu'elle avait reçu une gentille lettre de mon père. Quelques jours plus tard, parce qu'elle n'avait pas reçu de lettre. Une autre fois, parce que dans quelques jours elle partirait. Ou encore parce qu'elle ne voulait pas me tenir triste compagnie en me faisant assister à son repas de régime. Elle serrerait un peu plus son corset, et voilà tout. « Et puis quoi, je ne suis pas une jeune fille à marier. » Mais si je la grondais, elle obéissait, pleine de foi, immédiatement atterrée par les perspectives de maladie, me croyant si je lui disais qu'en six mois de régime sérieux elle aurait une tournure de mannequin. Elle restait alors toute la journée scrupuleusement sans manger, se forgeant tristement mille félicités de sveltesse. Si, pris soudain de pitié et sentant que tout cela ne servirait à rien, je lui disais qu'en somme ces régimes ce n'était pas très utile, elle approuvait avec enthousiasme. « Vois-tu, mon fils, je crois que tous ces régimes pour maigrir, ça déprime et ça fait grossir. » Je lui proposais alors de dîner dans un très bon restaurant. « Eh oui, mon fils, divertissons-nous un peu avant de mourir ! » Et dans sa plus belle robe, linotte et petite fille, elle mangeait de bon cœur et sans remords puisqu'elle était approuvée par moi. Je la regardais et je pensais qu'elle n'était pas faite pour vivre longtemps et qu'il était juste qu'elle eût quelques petits plaisirs. »
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jack56jack56   02 juin 2020
Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais il ne me rendrons pas ma mère.

page 10
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ClairocheClairoche   25 mai 2020
Les poètes qui ont chanté la noble et enrichissante douleur ne l’ont jamais connue, âmes tièdes et petits cœurs, ne l’ont jamais connue, malgré qu’ils aillent à la ligne et qu’ils créent génialement des blancs saupoudrés de mots, petits feignants, impuissants qui font de nécessité vertu. Ils ont des sentiments courts et c’est pour ça qu’ils vont à la ligne. Faiseurs de chichis, prétentieux nains juchés sur de hauts talons et agitant le hochet de leurs rimes, si embêtants, faisant un sort à chaque mot excrété, si fiers d’avoir des tourments d’adjectifs, tout ravis dès qu’ils ont écrit quatorze lignes, vomissant devant leur table quelques mots où ils voient mille merveilles et qu’ils suçotent et vous forcent à suçoter avec eux, avisant les populations de leurs rares mots sortis, rembourrant de culot leurs maigres épaules, rusés managers de leur génie constipé, tout persuadés de l’importance de leur pouahsie. La douleur qui rabâche et qui transpire, la bouche entrouverte, ils n’en chanteraient pas la beauté s’ils l’avaient connue, et ils ne nous diraient pas que rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur, ces petits bourgeois qui n’ont jamais rien acheté à prix de sang. Je la connais, la douleur, et je sais qu’elle n’est ni noble ni enrichissante mais qu’elle te ratatine et réduit comme tête bouillie et rapetissée de guerrier péruvien, et je sais que les poètes qui souffrent tout en cherchant des rimes et qui chantent l’honneur de souffrir, distingués nabots sur leurs échasses, n’ont jamais connu la douleur qui fait de toi un homme qui fut.
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ClairocheClairoche   25 mai 2020
Parfois, la nuit, après avoir une fois de plus vérifié la chère fermeture de la porte, je m’assieds, les mains à plat sur les genoux et, la lampe éteinte, je regarde dans la glace. Entouré de certains minotaures de mélancolie, j’attends devant la glace, tandis que filent sur le plancher, comme des rats, des ombres qui furent les méchants de ma vie parmi les hommes, tandis que luisent aussi des regards subits, nobles regards qui furent ceux de l’autre aimée, Yvonne, j’attends devant la glace, assis et les mains pharaoniques à plat, j’attends que ma mère, sous la lune qui est son message, apparaisse peut-être. Mais seuls les souvenirs arrivent. Les souvenirs, cette terrible vie qui n’est pas de la vie et qui fait mal.
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ClairocheClairoche   25 mai 2020
Péché de vie partout. Si la sœur de l’épouse tuberculeuse est saine et jeune, que Dieu ait pitié du beau-frère et de la belle-sœur qui ensemble soignent la malade sincèrement chérie. Ils sont vivants et sains, et lorsque la tuberculeuse dort, sous la morphine et avec un râle souriant, ils vont se promener ensemble dans le jardin nocturne. Ils sont tristes mais ils savourent la douceur du jardin odorant, la douceur d’être ensemble, et c’est presque un adultère. Cette veuve, sincère en sa douleur, a mis cependant des bas de soie pour aller à l’enterrement et elle s’est poudrée. Péché de vie. Demain, elle revêtira une robe qu’elle n’aura pas exigée disgracieuse et qui rehaussera sa beauté. Péché de vie. Et cet amant désespéré qui sanglote devant la tombe, sous sa douleur il y a peut-être une affreuse involontaire joie, une pécheresse joie à vivre encore, lui, une inconsciente joie, une organique joie dont il n’est pas le maître, une involontaire joie de contraste entre cette morte et ce vivant qui dit sa douleur pourtant vraie. Avoir de la douleur, c’est vivre, c’est en être, c’est y être encore.
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Videos de Albert Cohen (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Dans cet épisode de Réelles fictions, le professeur de littérature Pierre-Louis Fort parle d'Avant que j'oublie, un roman d'Anne Pauly. Il aborde l'écriture du deuil, le style particulier de l'autrice et le roman familial.
Réelles fictions est une série de podcasts qui présentent les cinq romans sélectionnés pour le prix Effractions. Ce prix récompense un roman qui entretient un lien fort avec le réel ; il est remis par la Bibliothèque publique d'information et la Société des Gens de Lettres pendant le festival littéraire « Effractions » en mars 2020.
Références citées dans le podcast : Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964. Jacques-Bénigne Bossuet, Sermon sur la mort : et autres sermons, Flammarion, 1996. Jacques-Bénigne Bossuet, Oraisons funèbres, Garnier, 1988. Albert Cohen, le Livre de ma mère, Gallimard, 1954. Annie Ernaux, La Place, Gallimard, 1984. Annie Ernaux, Une femme, Gallimard, 1988. Annie Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit, Gallimard, 1997. Philippe Forest, L'Enfant éternel, Gallimard, 1997. Stéphane Mallarmé, Pour un tombeau d'Anatole, Gallimard, 1961. Yaël Pachet, le Peuple de mon père, Fayard, 2019. Extrait lu : Anne Pauly, Avant que j'oublie, page 16 © Verdier, 2019.
Cet épisode a été préparé par François Patriarche. Lecture : Denis Cordazzo. Réalisation : Camille Delon et Renaud Ghys. Musique : Thomas Boulard. Merci aux éditions Verdier, à Inès Carme et à Blandine Fauré. Ce podcast a été enregistré dans les studios du Centre Pompidou.
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