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ISBN : 2070371700
Éditeur : Gallimard (04/03/1980)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 231 notes)
Résumé :
Mangeclous, un des sommets de la littérature contemporaine. Mangeclous, livre plein d'une verve triomphale, livre d'une liberté extraordinaire (nous sommes à l'époque des livres contraints), livre riche (nous sommes à l'époque des livres pauvres), livre gras (nous sommes à l'époque des livres maigres), grand livre enfin. Mangeclous est pour moi l'exemple à peu près unique, dans la littérature contemporaine, d'une épopée comique, c'est-à-dire d'un comique grand. Une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  30 août 2014
Après avoir suivi les tristes premières amours de Solal, Albert Cohen nous ramène en Céphalonie pour suivre le quotidien de Mangeclous, Saltiel, Salomon, Mattathias et Michaël, ces cinq juifs de nationalité française aux caractères si particuliers. « Si je ne mentais pas, que me resterait-il ? » (p. 161) Au fil des pages, il sera question d'un chèque de trois cent mille drachmes, d'un message codé, de la possibilité d'un trésor, d'une lionne en liberté, d'un voyage vers Genève en passant par Marseille, d'un hideux marin se croyant bourreau des coeurs, d'un Juif emprisonné pour sa religion, de la Société des Nations et d'un gouvernement israélien. Avec les Valeureux, on parle d'amour comme on parle de pets, jugeant le premier à l'aune des seconds, la poésie des choses triviales n'ayant aucun secret pour ces cinq hommes aux manies étranges et ridicules.
« Dieu est grand, dit Mangeclous. Et moi aussi. » (p. 250) Tout à la fois grandiose et grotesque, Mangeclous est une caricature d'égocentrique, d'affamé et de radin. « Je suis victime du dévouement à ma cause personnelle et privée. » (p. 347) Lui et ses compères font montre d'un formidable orgueil et avancent dans le monde comme si chacun devait les connaître et les reconnaître. Sous couverts d'obscurs et lointains hauts faits, lesquels sont largement sujets à caution, les Valeureux portent le nom de Solal comme un oriflamme devant leur ouvrir toutes les portes. « Je suis un inconnu, moi ? Mais ne sais-tu pas qu'un livre tout entier appelé « Solal » a été écrit sur moi avec mon propre nom et que l'écrivain de ce livre est un Cohen dont le prénom étrange est Albert. » (p. 298) Pour faire valoir leurs prétendus droits et privilèges, ils usent et abusent de démonstrations et de récits logorrhéiques : ces avalanches de mots, ces cataclysmes verbaux se déploient dans un langage richement ampoulé et ridiculement fiorituré, l'invention lexicale n'étant pas la dernière des habitudes de nos cinq étonnants compères.
Agaçants, mais attachants, les Valeureux traînent avec eux une mélancolie identitaire et cultuelle : un bon juif est un juif triste, bourrelé de remords et de chagrin. Mais Mangeclous et sa clique savent effacer leur peine devant un buffet ou la promesse d'un profit. Puisque tout est toujours question d'argent ou de tractation, la générosité pourrait sembler impossible. Pourtant, les cinq cousins céphaloniens ont des trésors de bonté et d'abnégation dissimulés sous des dehors crasseux et retords. Et quand il est question de leur religion, même l'auteur y va de bon coeur dans la moquerie. « Allons, allons, c'est pas sérieux comme religion. Vous n'avez pas de Bonne Mère, pas de saints, rien du tout. Rien qu'un bon Dieu là, tout seul. C'est pas sérieux, voyons ! Et puis tu t'imagines que ça me fait plaisir que tu vas rôtir pour l'éternité. » (p. 229)
Sous la plume d'Albert Cohen, le portrait du juif est poussé à un tel extrême qu'il est impossible d'y croire, comme si, au moment de l'écriture, dans un contexte d'antisémitisme grandissant, l'auteur avait voulu tordre le nez aux clichés sur les juifs en les faisant s'écrouler sous leur propre incongruité. Et finalement, en lisant Mangeclous, on se dit que, non, ce n'est pas possible, les juifs ne sont pas comme ça et il ne faut pas les diaboliser. « Les Israélites de Céphalonie forment une espèce à part. Il serait injuste de généraliser. » (p. 102) Mangeclous est un monument comique, écrit avec une verve quasi épique et le texte est si truculent qu'il est à hurler de rire, sans se retenir, comme le ferait le héros éponyme, toute honte bue, gorge déployée et bravache, comme un immense pied de nez fait aux vilains pensants et étroits d'esprit.
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majero
  21 octobre 2017
Un mystérieux chèque et nos valeureux abandonnent la communauté juive de Céphalonie pour Genève, patrie de la Société des Nations où le beau sous-secrétaire Solal est amoureux des juifs et de la belle Ariane.
Comment mieux illustrer ce délicieux humour juif que par le verbiage de Mangeclous avec son haut de forme de quasi-avocat non diplômé, son pragmatisme cupide, perfide et mensonger, expoitant sans vergogne ses amis et cousins, Salomon jeune crédule, l'obséquieux oncle Saltiel, le martial janissaire Michaël et Mattathias.
Avec du recul j'essaye de comprendre ce que cache cet auteur désabusé qu'est Albert Cohen, le pourquoi de tous ces sarcasmes, sur les juifs sur la société des nations.
Fallait oser la réécriture, un brin scatologique (j'ai trop rigolé, honte à moi!), des amours d'Anna et du prince Wronsky concluant par l'éloge du mariage.
'L'amour c'est l'habitude et non jeux de théâtre. Les amours poétiques païennes genre Anna Karénine ce sont des mensonges où il faut parader, ne pas faire certaines choses, se cacher, jouer un rôle, lutter contre l'habitude. le saint amour, c'est le mariage, c'est de rentrer à la maison et tu la vois. Et si tu as un souci, elle te prend la main et te parle et te donne du courage.'
Un beau passage également, l'émerveillement de Mangeclous redescendant des montagnes.
'Et soudain, dans une foudroyante illumination, tournoyante et craquante, Mangeclous comprit que Dieu aimait chaque être en particulier et d'un amour absolu, qu'il aimait spécialement cet oiseau et spécialement le ridicule homme de rien nommé Mangeclous et son plus infime insecte et chaque reptile et même cette petite pierre pointue. Il ôta son chapeau haut de forme.
— Gloire à Dieu, dit-il gravement.'
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lafilledepassage
  07 décembre 2015
Voici un roman foisonnant, généreux, truculent, à conseiller à tout amoureux de la lecture. Car on prend beaucoup de plaisir à suivre les pérégrinations des Valeureux, une bande d'amis de Céphalonie partis en voyage dans Genève la bien-pensante. C'est drôle, c'est chaleureux, c'est surprenant. On est bien loin de tous les romans actuels, lisses et plats, qui se lisent rapidement et sont aussitôt oubliés.
Reste la fin qui m'a laissée perplexe. L'auteur abandonne les Valeureux, pour passer à des petits bourgeois suisses. On y retrouve subrepticement Solal, mais sans réel continuité avec le début du roman … Je me suis même demandé si l'exemplaire que j'avais emprunté à la bibliothèque n'avait pas été mal assemblé, et les cent dernières pages auraient été échangées avec les cent derniers pages d'un autre roman d'Albert Cohen. Apparemment, non, c'est la bonne fin … En dépit de cela, j'ai hâte de découvrir « Belle du Seigneur » …
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Isalire
  19 septembre 2017
Oui ce livre est admirable. D'abord il l'est pour sa verve immense, le comique et la dérision sont portés à des sommets. La référence à Rabelais n'est pas galvaudée. Ensuite, cette truculence est mise au service d'une connaissance de l'humanité fine et plein de nuances. La caricature atteint des sommets, la poésie est là, l'amour de la Méditerranée, des mots, des langues... Les Valeureux sont souvent agaçants mais on donnerait beaucoup pour passer un moment avec eux. Les pauvres membres de la famille Deume et consorts endossent le rôle de symboles de l'étroitesse. Les scènes se déroulant à la Société des Nations sont des anthologies de ce que le fonctionnariat peut infliger et provoquer à tout être humain s'y frottant (je le sais je suis fonctionnaire...).
J'ai pourtant parfois eu des pincements au coeur car la limite entre cette joyeuse irrévérence et une misanthropie assortie de misogynie affleure comme une ombre occultée par le panache de la plume de l'auteur.
C'est en résumé un grand livre, à lire, de mon point de vue, avec le filtre de l'indulgence pour les femmes et les faibles que n'a pas utilisé Mr Cohen.
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cezard
  24 mai 2014
"Mangeclous" d'Albert Cohen est la suite de de Solal, deuxième livre de la tétralogie, génial auteur, grand livre, Mangeclous, personnage unique digne successeur de Gargantua ( ne pas confondre avec Godzilla (oui, je sais, je suis mauvais, mais je n'ai pas pu résister au plaisir de... , (m'enfin, quoi!)! )), énorme dans le n'importe quoi, juif, clown, grand menteur, original, grand amateur d'argent, gros mangeur, gaffeur, et annonçant son cousin germain et successeur Bèrurier (dit Bèru dit le Gros et de San-Antonio dit Sana dit etc...(personnages délirants de Frédéric Dard (né avec un bras atrophié), auteur prolixe de polars de l'après-guerre, hautement et chaudement recommandé d'en lire quelques-uns, voir l'intégrale( une centaine une paille!)), se déplaçant avec la tribu des Valeureux qui ne passent jamais inaperçus eux aussi, bref, éclats de rire garantis, il suffit de lire le passage où Mangeclous résume en quatre pages les six cents pages d'Anna Karénine de Tolstoï, ça décoiffe. Grands moments de drôlerie également quand Mangeclous s'occupe de nourrir sa progéniture, quand les Valeureux sont attablés dans un grand restaurant, ou lorsque l'équipe campent dans les montagnes Suisse. A la fin du livre Solal réapparait préparant ainsi "Belle du Seigneur", gros pavé, grand livre de la littérature, à lire lui-aussi, dans la foulée. Recommandé.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
ForrestForrest   22 août 2010
Page 404 : L'hymen fut célébré quelques semaines plus tard et le petit père Deume fut désormais pourvu d'un souriant tyran femelle qui s'évanouissait ou pleurait ou avait mal à la tête lorsqu'il ne filait pas droit, ce que la nouvelle Mme Deume appelait être indulgent avec elle. Les premières semaines, il avait bien essayé de réagir. Le trentième jour du mariage, il alla jusqu'à dire "z'exize". Mais la nouvelle épouse ayant pleuré, boudé et prié à haute voix pendant plusieurs jours, M.Deume n'alla pas plus loin et abdiqua. Il devint ce que ces dames appellent un mari charmant, c'est-à-dire un esclave constamment approbateur. Telle est la puissance des scènes féminines, que ces dames baptisent de noms plus doux, tels que tristesse, désespoir ou affolement. Pauvres de nous, mes frères.
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cezardcezard   24 mai 2014
"Mangeclous" d'Albert Cohen est la suite de de Solal, deuxième livre de la tétralogie, génial auteur, grand livre, Mangeclous, personnage unique digne successeur de Gargantua ( ne pas confondre avec Godzilla (oui, je sais, je suis mauvais, mais je n'ai pas pu résister au plaisir de... , (m'enfin, quoi!)! )), énorme dans le n'importe quoi, juif, clown, grand menteur, original, grand amateur d'argent, gros mangeur, bouffeur, et annonçant son cousin germain Bèrurier (dit Bèru dit le Gros et de San-Antonio dit Sana dit etc...(personnages délirants de Frédéric Dard (né avec un bras atrophié), auteur prolixe de polar de l'après-guerre, hautement et chaudement recommandé dans lire quelques-uns, voir l'intégrale( une centaine une paille!)), se déplaçant avec la tribu des Valeureux qui ne passent jamais inaperçus eux aussi, bref, éclats de rire garantis, il suffit de lire le passage où Mangeclous résume en quatre pages les six pages d'Anna Karénine de Tolstoï, ça décoiffe. Grands moments de drôlerie également quand Mangeclous s'occupe de nourrir sa progéniture, quand les Valeureux sont attablés dans un grand restaurant, ou lorsque l'équipe campent dans la montagne Suisse. A la fin du livre Solal réapparait préparant "Belle du Seigneur", gros pavé, grand livre de la littérature, à lire lui-aussi, dans la foulée.
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ForrestForrest   22 août 2010
Page 27 : Il ne faut jamais retenir un vent, répliqua Mangeclous. C'est impoli vis-à-vis de ton corps. J'ai entendu parler d'une grande actrice qui était si distinguée qu'elle les retenait tous. Ils se mouvementèrent tant en son intérieur qu'elle explosa et mourut. Aussi ne crains-je point d'émettre quelques vents et je tire santé et gloire de leur violence qui ferait blanchir de frayeur les cheveux d'un régiment. Et je suis fier aussi de leur ampleur telle qu'on pourrait avec trois ou quatre d'entre eux gonfler les voiles d'un galion de haute mer.
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PigranellePigranelle   13 juin 2013
- Les hommes naissent mauvais, dit Mangeclous. Et la société les rend pires.
- Oui, mais pourquoi Dieu n'intervient-Il pas un peu? demanda Michaël.
- Il est paresseux, dit Mangeclous.
- Il faut prier, dit Salomon.
Mangeclous ricana.
- Alors il faut que nous Le tenions au courant? Ne sait-Il pas tout? Ou bien est-Il comme un vieux domestique qu'il faut appeler en tirant la sonnette de la prière? Il ne me plaît pas. Je ne Lui pardonnerai jamais de ne pas exister.
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LagardiereLagardiere   29 janvier 2017
Le premier matin d'avril, de l'an mil neuf cent trente-six, lançait ses souffles fleuris sur l'île grecque de Céphalonie. Des linges jaunes, blancs, verts. rouges, dansaient sur les ficelles tendues d'une maison à l'autre dans l'étroite ruelle d'Or, parfumée de chèvrefeuille et de brise marine.
Sur le petit balcon filigrané d'une petite maison jaune et rouge, Salomon Solal, cireur de souliers en toutes saisons, vendeur d'eau d'abricot en été et de beignets chauds apprenait à nager...Cet Israëlite dodu et minuscule...avait pensé qu'il serait plus rationnel et plus économique de faire de la natation à domicile et à sec...
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Videos de Albert Cohen (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de l?expérience de voir son image dans un miroir?
« Clarissa (se dirigeant vers la table de toilette) plongea au c?ur même de l?instant, le cloua sur place, l?instant de ce matin de juin sur lequel s?exerçait la pression de tous les autres matins, voyant comme pour la première fois le miroir, la table de toilette, et tous les flacons, se rassemblant toute entière en un point (en se regardant dans le miroir), regardant le visage rose, délicat? de Clarissa Dalloway ; d?elle-même. Elle l?avait vu des milliers de fois, son visage, et toujours avec cette même imperceptible contradiction? Oui, c?était bien elle? » Virginia Woolf, Mrs Dalloway.
Le miroir n?a pas toujours existé sous sa forme actuelle : il fut longtemps un objet rudimentaire, en métal poli, n?incitant guère à la contemplation de soi. Il ne s?est popularisé dans les foyers qu?à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, les miroirs et leurs avatars (photos et réseaux sociaux) sont omniprésents dans nos vies, et nous permettent de nous assurer de notre bonne apparence.
Mais se regarder dans un miroir peut être aussi l?objet d?expériences existentielles plus intéressantes que la simple vérification de son image. L?occasion d?une rencontre avec soi, d?une exploration des liens éventuels entre essence et apparence, avec ce goût particulier que procurent les expériences de sortie de son corps. Car se regarder dans un miroir, c?est se voir comme les autres nous voient, c?est observer un corps vivant, mobile, réactif, changeant? Et dont la contemplation prolongée va activer notre vie intérieure, bien davantage que ne le font les considérations esthétiques, qui sont l?usage habituel des miroirs?
Face à son miroir, sans autre but que mener une expérience de psychologie, on peut donc s?arrêter, et prendre son temps. Il va d?abord falloir laisser s?épuiser les automatismes mentaux, qui se déclenchent tout seuls face à notre image : on vérifie son apparence, on se dit qu?on a pris un coup de vieux, ou au contraire qu?on est resté jeune d?allure, on fait ses petites grimaces sociales (sourire, incliner la tête, froncer les sourcils, mimer différentes émotions?). Une fois passées ces babouineries, comme dit Albert Cohen dans Belle du Seigneur, on passe aux choses sérieuses?
On se regarde longtemps, en se répétant « c?est moi, c?est moi? » Au bout d?un moment, on ressent une impression aussi étrange que lorsqu?on se répète un même mot en boucle : « chocolat, chocolat, chocolat? » Après quelques minutes, survient un phénomène de dissociation entre le mot et l?objet qu?il désigne. Et des interrogations : pourquoi ce mot, et pas un autre, pour désigner cette chose ? de même, face au miroir, surviennent peu à peu des interrogations et sentiments troublés, devant notre reflet : pourquoi suis-je doté de ce corps, de ce visage, et pas d?autres ? Pourquoi ces traits sont-ils associés à mon identité ? Pourquoi cette « partie antérieure de ma tête », comme la définit le dictionnaire, a-t-elle tant d?importance à mes yeux, et à ceux des humains qui me croisent ? Que peut-on penser de moi d?après mes traits ? Mon visage reflète-t-il ce que je suis ?
Et puis, finalement, est-ce que tout ceci est si important ?
Vous vous souvenez du mythe de Narcisse : ce jeune homme était si captivé par sa beauté qu?il finit par mourir d?inanition, en contemplant son reflet à la surface d?une eau limpide. Comment faire pour que notre statut d?animal social, soucieux d?être aimé et accepté par les autres, ne nous conduise pas à être un animal narcissique, pensant que c?est notre image qui compte le plus pour être aimé ? Regardez un peu mieux le miroir : autour de votre visage, il y a le commencement du reste du monde. Il est temps d?y revenir et de le parcourir?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Plus d'info sur La Vie Intérieure https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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