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ISBN : 2070643891
Éditeur : Gallimard (15/05/2012)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 1011 notes)
Résumé :
"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (306) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  10 juillet 2013
Ouawh ! Une lecture qui ne vous laissera pas indemne, je vous le garantis ! Et pourtant, cela s'est réellement passé, il faut bien se le dire. Même si cet ouvrage est avant tout un roman, destiné à la jeunesse (qu'on se le dise), il n'en est pas moins qu'il s'inspire de nombreux faits réels...et pas des plus gais que l'on puisse trouver puisqu'il s'agit à mon avis, des pires événements qu'a connu notre XXe siècle.
Max, ou devrais-je plutôt dire Konrad von Kebnersel, est né le 20 avril 1936, le jour anniversaire d'Adolf Hitler, à minuit une. Il est le premier représentant de la race aryenne, telle que l'a imaginée le Führer. Né sans amour puisque sorti du ventre d'une Frau sélectionnée pour les critères répondant à ceux qu'Hitler a déterminé répondant comme ceux de la race aryenne et d'un officier SS, sélectionné sur les mêmes critères, Konrad (ou Max comme sa mère biologique se plait à l'appeler) n'est que le fruit d'une organisation machiavélique : le programme "Lebensborn". Après sa naissance, Konrad a été examiné sous toutes les coutures ( taille, poids - jusque là, rien de choquant - mais aussi espacement entre les deux sourcils, taille de la bouche, esoacement entre le cou et le menton...bref toutes sortes de mesures inimaginables et qui font de Konrad le prototype parfait, pur représentant de la race aryenne.
Après que Konrad ait été "Baptisé Par le Führer En Personne (ce qui lui vaudra plus tard son surrnom de "BPFP"), celle-ci sera rapidement et que sa mère biologique l'ait allaité quelques temps, cette dernière sera rapidement "remerciée" et l'enfant confié aux plus hautes institutions sensées faire de lui le Parfait Allemand Nazi, véritable machine à tuer, antisémite et ne jurant que par le Führer.
Il sera par la suite envoyé dans des écoles d'élite (car il faut vous dire qu'il est également extrêmement intelligent) telles que celle de Kalish et la Napola qui feront de lui ce qu'il est sensé devenir. C'est dans celles-ci qu'il fera la connaissance de Lukas (bien entendu, ce n'est pas son vrai prénom, vous comprendrez plus tard en lisant la suite de mon récit) qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau et que le "Herr Doktor Ebner", celui qui l'a mis au monde, acceptera de lui octroyer comme frère. Cependant, et voici le basculement de l'histoire, Lukas est polonais et qui plus est, juif !

Etant donné que de nombreuses critiques ont été faites sur cet ouvrage, je vais m'arrêter là pour ce qui est de l'intrigue mais sachez que j'ai vraiment été bouleversée en lisant cet ouvrage tant il est émouvant (même si il est très dur), que l'ai trouvé vraiment très bien écrit, très documenté et que je le recommande vraiment à tous - même si je n'aurais pas eu tendance à classifier cet ouvrage dans les livres Jeunesse -. A découvrir !
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argali
  22 janvier 2013
Quelle douche froide ! En entrant dans ce livre, on s'en prend plein la figure du début à la fin. Je connaissais les Lebensborn, ces « fontaines de vie » cachant l'innommable, c'est-à-dire la sélection des meilleurs petits aryens et leur reproduction pratiquées par les nazis… Mais l'entendre « raconter » par un enfant qui le vit c'est parfois insurmontable et glaçant. Belle idée de l'auteure d'avoir imaginé comme narrateur un foetus d'abord puis un bébé et un enfant que l'on suit jusqu'à ses douze ans. Malgré une réflexion d'adulte endoctriné et un vocabulaire soigné, ce narrateur garde la naïveté de l'enfance et cela rend le récit encore plus bouleversant.
J'ai dévoré ces 469 pages en deux soirées tant l'histoire est accrocheuse et ce, malgré les horreurs décrites. Sarah Cohen-Scali nous offre un récit richement documenté qui nous plonge au coeur d'un processus aussi abominable que le furent les camps. Que sont devenus tous ces enfants à la fin de la guerre ? Ces orphelins nazifiés ? Qui s'en est soucié ? Voilà une question qui me taraude depuis que je sais que l'eugénisme a existé à grande échelle en Allemagne et dans les pays conquis. Quel avenir a-t-on donné à ces enfants sacrifiés sur l'autel de la folie humaine ?

Avant de rédiger cette histoire, l'auteur a beaucoup lu sur le sujet et notamment « La chute de Berlin » d'Anthony Beevor. Un ouvrage qui fait référence si j'en crois les nombreux auteurs que j'ai lus et qui s'en sont inspirés. Il faudra que je le lise à mon tour.

Ce roman jeunesse destiné aux 15-16 ans devra faire l'objet d'un accompagnement dans les classes. Introduire le récit d'abord, pour mettre en garde les âmes sensibles sur l'implacable relation des faits et permettre aux élèves de s'exprimer ensuite sur leur lecture. S'il est bon que les jeunes sachent ce qui s'est réellement passé durant la Seconde Guerre mondiale, notre rôle d'adulte est de les accompagner dans leurs découvertes de l'indicible horreur qu'elle a engendrée.

Lien : http://argali.eklablog.fr
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Nastie92
  24 janvier 2019
Dès que l'on parle de la seconde guerre mondiale, on pense évidemment à l'abomination des camps.
Mais ce n'est, hélas, pas la seule horreur de cette période.
Il y a aussi le Lebensborn, cette association créée dans les années trente à l'initiative d'Heinrich Himmler, dans le but de faire naître plein de beaux enfants "aryens", pour faire de l'Allemagne un pays à la population la plus pure possible.
Et pour cela, tous les moyens sont bons. Enfin, "bons", c'est une façon de parler...
Des jeunes femmes considérées comme "aryennes" étaient poussées à concevoir des enfants avec des SS qu'elles ne connaissaient pas et qu'elles ne voyaient que pour la reproduction. Les enfants étaient abandonnés à la naissance, élevés dans des établissements spécialement créés, puis donné en adoption à des familles triées sur le volet. On motivait les femmes en leur disant qu'elles faisaient ainsi un cadeau à leur pays, ou, encore mieux : au Führer lui-même !
Et comme cela ne suffit pas, comme il faut le plus possible d'enfants, eh bien, on va tout simplement en voler.
Oui, vous avez bien lu. Voler des enfants. En Pologne principalement.
Des religieuses-infirmières spécialement formées sont chargées de repérer des bébés ou des enfants blonds aux yeux bleus, présentant tous les "bons" critères physiques ; des enfants que l'on qualifie de "germanisables". Ceux-ci sont kidnappés dans la rue ou chez eux, arrachés à leur famille puis regroupés dans des foyers dans lesquels on leur fait commencer une nouvelle vie. Abandon de leur langue, et apprentissage forcé de l'allemand. En fait, abandon complet de leur identité : un nouveau nom leur est donné, ainsi que de nouveaux papiers. Toute trace de leur vie antérieure est détruite et extirpée de leur mémoire, à coups de dressage et de punitions sévères pour ceux qui se rebellent.
Entre 200 000 et 300 000 enfants polonais ont subi ce sort, et l'immense majorité d'entre eux n'ont pas retrouvé leur famille après la guerre.
Penser que l'on ait pu imaginer et mettre en place un tel programme, à si grande échelle, ça fait froid dans le dos, non ?
Sarah Cohen-Scali a bâti son roman sur ce thème nauséabond. Elle a mis ses mains dans la fange pour, sous couvert de fiction, dénoncer et faire réfléchir.
Et elle a terriblement bien fait.
J'avais eu la chance, grâce à Babelio, de la rencontrer pour son livre Orphelins 88. J'avais été impressionnée par la quantité et la qualité des recherches qu'elle avait effectuées pour composer ses personnages et écrire cet ouvrage.
Max a bénéficié du même traitement, sa lecture n'en est que plus glaçante.
C'est une fiction, certes, mais fondée sur tellement de faits réels !
Sarah Cohen-Scali va loin, très loin dans l'horreur, mais ce n'est absolument pas pour un plaisir malsain. Si cela avait été le cas, j'aurais refermé ce livre très rapidement.
Il faut cette dose d'horreurs pour suffisamment bousculer le lecteur, pour qu'il accepte que l'inacceptable est bel et bien vrai, pour qu'il prenne conscience du degré d'abomination de ce programme "Lebensborn".
Lebensborn, un nom bien trompeur ! Formé des mots allemands "Leben" qui signifie "vie" et "Born" qui voulait dire fontaine en langue ancienne.
Fontaine de vie ! Quelle ironie dans ce nom, alors que je ne vois dans ce programme que la négation de la vie. La négation de la diversité de l'espèce humaine. La négation de la cohabitation de différentes cultures.
Fontaine de vie ! Quand on apprend que les enfants nés de ce programme qui ne présentaient pas les bons critères physiques (les "produits défectueux") étaient purement et simplement exterminés.
À travers ce roman glaçant, l'auteur jette un pont entre le passé et le futur.
Elle rend hommage aux victimes de cette barbarie, et secoue le lecteur, déclenchant forcément une prise de conscience. Pour que cela ne se reproduise plus.
Elle a créé le personnage de Max, un bébé du Lebensborn. C'est lui qui raconte, et à travers son histoire, c'est l'histoire de tous ces enfants qui nous est révélée.
Le procédé est très habile et donne une énorme force au récit.
Sarah Cohen-Scali expose à merveille l'embrigadement dont les jeunes enfants peuvent être victimes, l'endoctrinement qui peut s'exercer sur de jeunes cerveaux et le Mal absolu qui peut résulter d'une enfance volée, sacrifiée au nom d'une idéologie.
De l'histoire, je ne vous raconterai rien. Ce n'est pas le lieu, une "critique" n'est pas faite pour ça.
Lisez Max, et faites lire Max autour de vous ! Il est édité en collection "jeunesse", mais attention, le lecteur doit avoir une certaine maturité pour affronter ce texte, et être accompagné dans sa lecture qui ne manquera pas de générer des tas de questions.
Pour finir, je reprends ce que j'ai déjà écrit à plusieurs reprises.
C'est un fait maintenant bien connu : la lecture de romans, mettant en scène des situations et des personnages variés, permet au jeune enfant de développer de l'empathie. En se mettant dans la peau du héros, de la victime, du peureux, du lâche, du solitaire, du riche, du pauvre, du timide, etc. le jeune lecteur vit plusieurs vies, est confronté à des expériences diverses et en arrive à comprendre ce que ressentent les autres. Il comprend que les êtres humains sont variés, et il arrive à se mettre à leur place.
Bref, il développe cette empathie si précieuse et qui fait de plus en plus cruellement défaut dans notre société.
Cette empathie qui me rend totalement incapable d'aller égorger mon voisin même si je ne l'apprécie pas du tout !
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Ziliz
  29 juillet 2012
Allemagne, 1936. Programme Lebensborn ou l'eugénisme nazi en action : on sélectionne deux géniteurs impeccablement blonds, grands et solides, au teint et aux yeux clairs, dont les ancêtres sont "irréprochables" depuis au moins 200 ans. Et on les fait s'accoupler un minimum de fois, dans le noir, sans amour, sans tendresse, pour concevoir des bébés 'parfaits', dont les jeunes mamans feront don à la patrie.

Pour augmenter l'effectif des futures troupes, on prend également des bambins dont la morphologie répond aux critères définis (selon des mesures anthropométriques très précises correspondant à l'Aryen idéal), en Allemagne, d'abord, puis dans d'autres pays - où les enfants sont littéralement arrachés à leurs parents. Adoptés pour la plupart, dans un premier temps, ces jeunes sont ensuite envoyés dès six ans dans des établissements éducatifs très stricts, où ils sont abreuvés de propagande.

Cette fable historique s'attache au parcours de Max/Konrad, le narrateur. Si cet enfant, tout premier-né du programme Lebensborn, est fictif, le programme fut hélas bien réel, lui... Max s'exprime dès sa naissance avec un langage d'adulte et possède une maturité époustouflante. Mais cette forme de récit est particulièrement bien adaptée aux propos du récit. On suit ce symbole nazi du milieu des années 1930 à la prise en charge par les alliés de toutes ces jeunes victimes.

Un roman bouleversant qui se dévore, grâce auquel j'ai encore beaucoup appris sur le nazisme, ses théories, ses pratiques. Je ressors à chaque fois de ce type de fictions documentées plus abasourdie, écoeurée, révoltée par des épisodes dont j'ignorais beaucoup.

Edition jeunesse, dès 15-16 ans.
(PS : Encore dans les années 1970, ces maternités étaient considérées comme une simple rumeur, donnant lieu à une grande puissance fantasmatique (...) jusqu'à ce que Georg Lilienthal, un jeune historien spécialiste de la médecine SS, y consacre sa thèse en 1985. - source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lebensborn)
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claireo
  23 octobre 2016
Voici un excellent roman jeunesse. Il est écrit à la première personne par le narrateur, un jeune garçon né dans un lebensborn, et endoctriné par le régime nazi. Le sujet n'est pas facile, mais comme toujours l'auteur s'en sort à merveille. J'ai beaucoup aimé le ton employé. C'est précis sans être ennuyeux, et surtout glaçant.
Un excellent roman jeunesse sur un chapitre tragique et peu connu de l'histoire.
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critiques presse (2)
Actualitte   03 août 2012
Ce livre est assez effrayant, dérange et repousse par moments mais retient la plupart du temps et mène le lecteur, sans ménagement, jusqu'aux confins de l'horreur. Une histoire qui interpelle, secoue, interroge et ne laisse pas indifférent, qu'on soit ado ou parent.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Ricochet   26 juillet 2012
Le narrateur, au lieu de provoquer l’adhésion du lecteur, le choque, le provoque et finalement l'intrigue (tout comme d'ailleurs la couverture de ce roman), l'incitant à chercher une faille dans ce monstre enfanté par le IIIème Reich.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   03 mars 2019
Nos futurs parents adoptifs, des couples formés par des officiers SS et leurs épouses, ont des exigences bien précises : certains veulent un nouveau-né fraîchement débarqué, d'autres un bébé de trois à six mois, qu'il n'est plus nécessaire de nourrir au sein, ceux-ci veulent un garçon, ceux-là une fille. (Heureusement que nous sommes tous grands et blonds aux yeux bleus, cela réduit un peu le champ des critères de choix.) Les secrétaires, avant de répondre aux diverses demandes, doivent prendre en compte les grades des pères postulants. Plus le grade est haut, plus beau sera le bébé attribué. Par exemple, un Oberscharführer, simple sergent-chef, ne peut pas prétendre à un bébé aussi parfait qu'un Obersturmbannführer, lieutenant colonel, lequel sera moins bien servi qu'un Obergruppenführer, un général de corps d'armée. Quant à la demande d'un soldat 1ère classe, Sturmmann, elle n'est même pas étudiée, sa requête va soit à la poubelle, soit sur la pile des dossiers en attente. Lorsqu'il y aura un excédent de bébés, ce qui n'est pas le cas pour l'instant, on pourra peut-être lui répondre. La tâche des secrétaires est donc délicate : interdiction formelle de se mélanger les pinceaux dans les grades, sans quoi il faudra assurer un service de retour ou d'échange qui risque d'être fort difficile à gérer. Pour traiter chaque demande, elles doivent étudier les fiches raciologiques des bébés, faire des estimations de compatibilité, elles tracent des courbes, des graphiques, se réfèrent à des statistiques savantes. C'est beaucoup de travail, je veux bien le croire.
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Nastie92Nastie92   25 avril 2019
Je suis en train d'assister à l'un des enlèvements d'enfants polonais orchestrés par la Gestapo et les "Braune Schwester". [...]
Les deux soldats SS se précipitent dehors, tenant chacun un garçon par la main, tandis que la Schwester, elle, porte une petite fille dans ses bras. Elle l'a calée sur sa hanche comme un paquet, si bien que la fillette se trouve en position horizontale, la tête plus bas que les pieds. La mère, qui ne cesse de hurler, se rue dehors à son tour, elle court d'un côté puis de l'autre, essayant de récupérer un de ses enfants. Elle accroche la main de l'un, les cheveux de l'autre, mais à peine les effleure-t-elle qu'ils lui échappent, elle ne peut lutter contre la force des soldats qui la repoussent avec brutalité. Elle tente alors de sauver sa petite fille qui lui tend les bras en pleurant. Elle parvient à rattraper la Schwester, dont la course est moins rapide que celle des soldats, néanmoins, celle-ci se débarrasse d'elle en la giflant violemment. La femme s'écroule à terre.
Les soldats, arrivés à la fourgonnette, soulèvent la bâche et hissent les garçons à côté de moi − je veille à me cacher au fond pour qu'ils ne me voient pas. La Schwester, elle, garde la petite dans ses bras, lui plaquant la main sur la bouche pour atténuer ses hurlements. Dans la précipitation, personne ne remarque ma présence. Il s'en est fallu de peu. C'est grâce à la mère des enfants. Elle s'est relevée et, bien que groggy par la gifle de la Schwester, elle a réussi à se traîner jusqu'à la fourgonnette, dont elle agrippe le rebord de la main. L'un des soldats frappe alors sa main avec la crosse de son fusil pour qu'elle lâche prise. Elle ne cède pas, bien que sa main soit rapidement en sang. Il continue de frapper, frapper jusqu'à lui briser les os. L'autre soldat, lui, est occupé à repousser les enfants qui veulent aider leur mère à monter dans la fourgonnette, au risque de se prendre un coup de crosse.
La mère s'écroule à terre pour la seconde fois.
La bâche se rabat sur nous. La fourgonnette démarre.
La mère continue de hurler. Hurler. Quand on est suffisamment loin, on ne l'entend plus.
Tout ça s'est déroulé en quelques minutes à peine.
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MyDiogeneClubMyDiogeneClub   16 juin 2013
'Mort miséricordieuse': Cela signifie que les bebes, une fois arrives au pavillon 15, sont tués. 'La mort misericordieuse' n'est pas exactement synonyme de 'désinfection' ou 'reinstallation', c'est différent, plus subtil, c'est 'donner la mort suite a une maladie declaree'. Parce que voila, les medecins des Heime se sont rendus compte que, meme si nous autres, enfants de pure race aryenne, avons ete programmés avec le plus grand soin, la plus grande rigueur, meme si nous sommes le fruit d'un accouplement irreprochable, une fois nes, nous ne sommes pas a l'abri d'une maladie qui se declare avec la croissance. Triste constat. Enorme déception. Klaus, par exemple, était affligé d'un bec-de-lievre, Edith etait atteinte de surdité, et Markus souffrait d'asthme. D'autres defauts encore avaient ete decouverts chez tel ou tel bebe, ailleurs qu'a Steinhoring. Ces tares etaient inadmissibles pour la nouvelle generation des seigneurs et maitres que nous etions censes representer.
Pourquoi? s'interrogeaient les medecins. Quelle pouvait-etre la cause, l'origine precise de ces maladies de croissance? Comment vaincre les anomalies congenitales? Pour remedier au probleme, il fallait chercher. Faire des experiences. Des tests.
Sur les bebes malades amenés au pavillon 15.
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Pays_des_contesPays_des_contes   05 août 2012
Je crois que maman a eu mal, lorsqu'elle s'est unie à mon père.
Je crois qu'elle ne connaissait pas la signification du mot codé schwester.
Je crois qu'elle a failli renoncer et s'enfuir, elle aussi. Mais mon futur père et moi, nous avons encouragé. Mon père, en lui faisant boire une bonne rasade de schnaps, pour la réchauffer, pour qu'elle se détendre et se prête à son devoir. Quant à moi, moi qui n'étais alors qu'une vague idée dans l'esprit de maman, juste une voix intérieure, je n'ai cessé aussi de la stimuler en lui répétant : « Il faut le faire, maman ! Il le faut ! Pour le mouvement national-socialiste ! Pour le Reich ! Pour ses mille ans de règne ! Pour le futur ! » Alors elle a gardé les yeux rivés sur le portrait du Führer, accroché au mur dans la chambre claire et froide. Elle a serré les dents et elle a tenu bon.
Elle l'a fait.
Et je suis là.
Et maintenant il est minuit passé, j'y vais.
Je sors !
Vite ! le plus vite possible ! Je veux être le premier de notre Heim à naître le 20 avril. Dans les salles d'accouchement, j'ai déjà plusieurs rivaux potentiels. Il me faut les devancer, ne serait-ce que d'une seconde.
Encouragez-moi !
Pensez à ce que je vous ai dit : je DOIS être blond. Je DOIS avoir les yeux bleus. Je DOIS être vif.
Élancé.
Dur.
Coriace.
De l'acier de Krupp.
Je suis l'enfant du futur. L'enfant conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage.
Heil Hitler !
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4e3_clauzades20144e3_clauzades2014   16 avril 2015
C'est un livre qui sort de l'ordinaire, je dois le dire.
C'est une histoire tragique.
Vous aurez tendance à me dire qu'il y en a d'autres que ce n'est pas la seule, mais cette histoire, c'est notre histoire, notre passé ! L'histoire a tout de même été inventé mais elle a sa part de réalité.
Max, qui est sensé être le héros n'en est pas un pour moi. Il est le premier-né de la race aryenne créée par Hitler. Il raconte son histoire, du moment où il était dans le ventre de sa mère jusqu'à ses 9 ans et demi, la vie des enfants de la "race suprême". Ce récit est très dur dans tous les sens du terme, mais surtout dans les sens où cela s'est vraiment passé. A chaque page nous découvrons une partie d'horreur, de violence mais aussi d'amitié et d'amour.
Dans ce livre nous comprenons bien que ces enfants n'ont pas eu d'enfance ils ont été rapidement livrés à eux même et à l'idéologie nazie. C'est un récit historique dérangeant, mais qui malgré cela est difficile de lâcher. C'est une lecture bouleversante dont on ne sort pas indemne. J'aime bien la façon d'écrire de l'auteur, d'habitude on peut s'identifier au héros mais là non. Et pourtant l'auteur a réussi à détourner cela ce qui permet d'apprécier l'histoire et la lecture.
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