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ISBN : 2330038933
Éditeur : Actes Sud (07/01/2015)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 38 notes)
Résumé :
À bord d’un simple voilier de plaisance, deux jeunes en rupture de ban qui viennent de traverser la France et une adolescente rencontrée sur la côte bretonne tentent de rallier l’Angleterre au départ de Saint-Malo. Un huis clos inquiet, moite et impétueux sublimé par une poésie vénéneuse.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
TerrainsVagues
  30 août 2015
Dérive entre des rives, de rive à rive arrive poussive une lecture non addictive.
Avec Nord nord ouest de Sylvain Coher, je peux malheureusement dire que je n'ai pas perdu le nord et que j'ai trop souvent été à l'ouest.
J'attendais certainement beaucoup trop de ce livre, j'ai donc été déçu, comme souvent dans ces cas là. La mer n'est qu'un support, un prétexte presque un alibi à ce livre alors que je l'imaginais personnage principal… alors que je l'aurais voulu personnage principal.
L'éditeur promet "des métaphores saisissantes, une poésie vénéneuse "… à doses homéopathiques alors…
J'attendais trop de ce livre alors forcément je l'ai trouvé fade, trop statique (un comble pour l'histoire et la situation vécue), parfois presque de l'ennui tant l'évocation de détails inutiles (faits pour noircir les pages ?)casse le rythme quand il commence à monter en régime.
Déçu aussi car même si l'auteur s'est inspiré d'un fait divers, j'ai rarement pu entrer dans l'histoire, je n'ai pas réussi à y croire plus longtemps que quelques lignes.
Bon, la mer est là quand même et ce n'est pas qu'un effet de Manche.
J'avoue m'être laissé prendre un peu (vraiment très peu) au coeur de la tempête mais en pleine conscience, presque en me forçant comme pour trouver un tronc auquel me raccrocher dans le naufrage de ma lecture.
Ce livre est certainement bon et s'il a été un rendez vous manqué pour moi, ce n'est que par ma faute. Je voulais lire quelque chose, l'auteur en a écrit une autre.
*Penser à ne plus faire l'histoire avant d'avoir commencé un livre*

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rotko
  01 mai 2015

Sylvain Coher, Nord, Nord-Ouest, Actes Sud.
Un tour de force qui maintient l'attention à un bon niveau.
Deux petits voyous, accompagnés d'une fille ramassée en chemin, fuient l'Italie pour s'embarquer à Saint Malo ou Roscoff, sur un voilier, le « Slangevar », à destination de l'Angleterre. Fuite, appel du large, ivresse de liberté, chacun décidera.
le récit s'annonce comme dramatique et mouvementé, avec des indices rétroactifs sur un épisode italien antérieur dont on saura bien plus tard la teneur. Mais aussi de mauvais présages pour l'avenir : la « croisière » ne sera pas de tout repos !
L'inexpérience des navigateurs saute aux yeux, l'habileté de l'auteur consiste à bien expliciter techniquement la complexité de la navigation, hors de portée des petits « culs-terreux » intrépides et amateurs maladroits.
« . le voilier fit une embardée lorsqu'elle lâcha la barre. Les voiles se dégonflèrent brusquement et tous trois se retrouvèrent pêle-mêle sur le caillebotis. le bateau effectua une sorte de Z sur son erre, puis un tour gratuit sur lui-même. L'annexe vint cogner contre le franc-bord et la bôme manqua d'arracher les haubans, en sifflant deux fois comme un sabre au-dessus de leurs têtes. »
Sylvain Coher maîtrise bien toutes les situations, les effets délétères du sel, l'inquiétante survenue de la nuit, les appréhensions tacites des acteurs qui ruminent en silence leurs inquiétudes.
Un soupçon d'humour, une touche de fantastique, le récit est dans une mesure que devraient suivre les auteurs maritimes trop portés sur les péripéties. Ici, dans cet « océan-movie » original, tout sonne juste, sans excès, dans un huis clos agité, où les phrases courtes, parfois incomplètes, se succèdent au rythme de vagues imprévisibles, jouets de la houle et des roulis.
Un tour de force - car donner la sensation d'un présent instable, sans se répéter ou lasser le lecteur, c'est l'habileté d'un écrivain aguerri, Lui sait conduire sa barque, bien mieux que les barreurs improvisés…
Finalement le voilier «  Slangevar » gardera le mutisme sur ses errances, sauf à les partager avec le lecteur très secoué par cette aventure maritime insensée.
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claraetlesmots
  07 février 2015
Lucky tout juste majeur et le Petit encore adolescent sont arrivés à Saint-Malo. Ils se débrouillent grâce aux vols dans les supermarchés et aux distributeurs automatiques. Une fille s'est entichée de Lucky, le Petit n'aime pas ça car il est jaloux. Lucky et lui sont comme des frères après avoir fuir Marseille et un détour par l'Italie. Depuis, Lucky veille sur lui. Saint-Malo veut dire rejoindre l'Angleterre où ils imaginent la vie facile. Pas question d'aller à Calais pour monter à bord d'un Ferry en tant que clandestins. Trop dangereux, trop de contrôles. Lucky a une idée : traverser la mer à bord d'un bateau qu'ils voleront. La Fille veut les accompagner, le Petit espère que Lucky dira non mais ce dernier accepte. le Petit pense que Lucky frime et qu'il ne mettra pas son plan à exécution. Mais Lucky a repéré un voilier et ils les charge de courses pour la traversée qui ne sera pas longue. Un matin alors qu'il fait encore nuit, les voilà à bord d'un vieux voilier le Slangevar avec de la nourriture, de l'eau, des allumettes, de l'essence pour le moteur. Problème, le moteur ne démarre pas. Ce n'est pas grave, ils navigueront à la voile comme de vrais marins.
La Fille a des souvenirs d'Optimist qui leurs sont bien utiles. Sauf qu'ils n'avaient rien imaginé de la navigation de nuit avec le passage des cargos et l'utilité du matériel nécessaire. Ils n'ont pas de cartes marines mais juste l'Almanach du Marin Breton. le mauvais temps vient s'ajouter et les deux jours de traversées prévus initialement sont déjà loin. Ils sont au milieu de l'océan sans savoir exactement où, ils n'ont pratiquement plus rien à manger et plus d'eau potable. Lucky ne veut pas montrer qu'il est dépassé par les événements tandis que le Petit et la Fille doutent sérieusement. Tout nous laisse à croire qu'une catastrophe sera imminente et la mort également. Je me tais sur la suite..
L'intégralité de la chronique sur : http://claraetlesmots.blogspot.fr/2015/02/sylvain-coher-nord-nord-ouest.html
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nathaliebullat
  26 août 2015

Roman d'aventure exceptionnel, violent, puissant, troublant. Sylvain Coher doit être un fils de Conrad ,de Pierre Loti ou d'Hemingway ! Il rentre dans la cour des grands conteurs de voyages, de tempêtes, de naufrages. C'est écrit dans une belle langue directe, détaillée, concise. Il nous fait vivre une aventure prenante sur un voilier volé dans une mer sournoise qui caresse autant qu'elle frappe : le vent , le sel, la peur, la colère, la fuite sont au rendez vous
Deux jeunes hommes, des petits voyous, Lucky et « le Petit » sont en fuite depuis l' Italie où ils ont été mêlés à une sombre histoire.. de Marseille ils gagnent st Malo dans le but de rejoindre l'Angleterre. Ils s'inventent un avenir, il faut fuir loin, très loin du Sud ! Lucky s'éprend d'une jeune fille « la Fille » qui rejoint le groupe. il ne tient pas compte de la jalousie de son camarade. Nos trois antihéros volent un voilier, plutôt un vieux rafiot, une coquille de noix portant un nom gaélique « Slangevar » sans rien connaitre de la navigation, sans carte marine, sans matériel de secours ou si peu ! La « Fille » leur explique ce qu'elle connait du fonctionnement d'un compas, de la rose des vents et des points cardinaux.les garçons découvrent la bôme, le foc. Les voila partis, ils avancent, roulent, glissent tout d'abord sur une mer lisse mais la tempête les guette ,l'océan gronde et ce voyage qui devait durer deux jours s'éternise. le plus terrible ce sont les nuits sur une mer noire. le froid , l humidité s'infiltrent partout.!
» le sel les ronge comme le fer » Ils affrontent la houle, les vagues « vénéneuses » les cargos qui croisent sans les voir…ils dérivent sur l' Atlantique Nord sans le savoir..je vous laisse découvrir ce qu'il adviendra de ces trois jeunes gens à peinte sortis de l'enfance. En voulant échapper à l'enfer ils se jettent dans un autre enfer ,encerclés par une mer cruelle, » une prison sans murs » ,ils semblent entrer dans le néant .
« un cauchemar ne s'efface que si un second prend sa place » nous dit l'auteur et nous rappelle » Qu'il faut avoir navigué pour savoir prier » On ne sort pas indemne de cette aventure maritime !!
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EviaChupin
  21 mars 2016
Critique littéraire Nord Nord Ouest Sylvain Coher
Sylvain Coher est un écrivain français né en 1971 et qui vit à Paris et à Nantes. C'est un auteur de plusieurs romans dont Les Effacés, Hors Saison, Carénage et plus récemment Nord Nord Ouest sorti en 2015 par actes sud. Il écrit également pour le théâtre et l'opéra. Il s'inspire de son expérience et de la vie des autres pour créer un univers réel mais poétique.
Dans Nord-nord-ouest, Lucky et le Petit ont traversé la France pour atteindre la frontière de l'Angleterre. Durant leur périple de délinquants, ils rencontrent la Fille qui s'engage avec eux dans un voyage difficile sur la mer avec un bateau volé pour atteindre l'Eldorado. Leurs comportements vont alors s'inverser et dévoiler de nouvelles personnalités.
L'image de couverture représente le slangevar, le bateau qu'utilise les jeunes pour le voyage.
L'intrigue est inspirée de faits divers; un bateau de Saint Malo a été retrouvé en Irlande abandonné par de mystérieux voleurs raconte Sylvain Coher durant la rencontre pour le prix littéraire.
Pendant notre lecture nous avons remarqué que l'onomastique est particulière car Sylvain Coher a choisi des adjectifs qualificatifs comme “Le Petit” et “La Fille” ; sauf pour un de ses personnages nommé “Lucky” qui, au départ, devait s'appeler “Le Grand”. Les personnages sont “vides” pour ne pas influencer le lecteur et lui donner une image précise. Ils ne sont pas seulement enfermé dans un bateau, mais enfermés en eux-mêmes. Les deux garçons ne s'expriment qu'en insulte et mauvaise humeur, ne communiquant pas, et seule la fille réussira à maintenir un lien entre eux et à les mener loin grâce à son courage mais aussi sa désespérance. Nous avons également observées l'utilisation importante de métaphores et de descriptions. de plus, les guillemets, qui introduisent normalement le dialogue, sont absents pour laisser le lecteur autonome et attentif. Pendant notre lecture, nous ressentons une empathie pour ces trois antihéros qui semblent vivre ensemble, mais aussi séparément. A la fin, on oublie les personnages pour se concentrer sur le bateau qui devient le vrai héros de ce voyage, mais qui est abandonné sans reconnaissance. La précision des termes techniques de la navigation et les dialogues familiers nous plonge dans le réel, mais la beauté des images et la fluidité des mots donne une dimension symbolique et philosophique à ce voyage.
Ce qui fait la force de Nord-nord-ouest, c'est d'abord la beauté et l'efficacité de l'écriture de Sylvain Coher qui réussit à embarquer le lecteur dans un univers maritime ne lui étant pas forcément familier. Nous avons apprécié la lecture de ce bouquin car plusieurs sentiments sont ressortis au fur et à mesure que l'on avançait dans notre lecture. Nous avons éprouvé de la compassion envers les personnages mais aussi une certaine tension entre les trois personnages, comme un malaise. Nord Nord Ouest est un roman d'aventure exceptionnel, violent, puissant et troublant. On en ressort pas indemne.

Lien : http://www.babelio.com/livre..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   23 août 2015
Dogwatch, c'est ce quart de nuit où le corps flanche et réclame le sommeil. Il gagne à l'usure, libère un flot d'endorphines suffisant pour assommer un cheval. Le froid paralyse les muscles, les pensées décousues deviennent des rêves et débordent la réalité pour paître un peu plus loin. Le seul bruit audible est celui de la mer, il recouvre tous les autres. La cinquième ou la sixième vague vous réveille presque aussi vite que les précédentes vous avaient endormi. Dogwatch, La veille du chien est entrecoupée par les soubresauts nerveux du chanfrein, les oreilles restent en alerte pour décoder en permanence le morse complexe venu de l'univers en mouvement. Des ondes et rien de plus. L'eau profonde, le compas titubant dans sa bulle et les voiles assombries par le renflement des cernes.
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Charybde2Charybde2   14 novembre 2014
Au début, on allait à Calais. C’était Calais et juste après, l’Angleterre des Anglais. Sur la carte, on aurait pu y aller à pied, dit le Petit. Juste avant de lancer la pierre qu’il tenait dans sa main. Demande-lui, toi, pourquoi qu’on est là ! Saint-Malo, c’était pas prévu au départ. Ma parole, Saint-Malo, on savait même pas où c’était !
Je vais pas où tout le monde va, dit Lucky.
Et tu vas où ?
Où je vais, c’est jamais trop loin.
À Calais, les mecs sont cachés dans la forêt.
Ferme ta bouche.
Pour passer, faut de la maille.
Ferme-la, j’te dis.
Y a les ferries, dit la Fille. En montrant l’eau devant eux, comme si un monstre blanc allait surgir et leur tendre une passerelle. De Saint-Malo à Portsmouth, faut compter une dizaine d’heures. Je l’ai fait avec mes parents. En partant le soir, on arrive le matin.
Non mais quelle conne !
La pierre frôla l’aile du goéland. Celui-ci fit mine de vouloir décoller et finalement se ravisa, en leur tournant le dos. Les deux pattes profondément enfoncées dans le ventre.
Lâche l’affaire, c’est mort. Les ferries. Le comité d’accueil au départ et à l’arrivée. Procédure Dublin, tu vois. Le flashage des empreintes digitales, tout ça.
Je sais pas si y a du monde qui cherche à embarquer, commenta la Fille. Les joues roses et les yeux brillants. Ici c’est tranquille, ajouta-t-elle. C’est que des vieux et des touristes.
Alors c’est pire.
On tient parce qu’on est invisibles.
On a bébar la cape à Harry Potter, ajouta le Petit.
Il leur tendit le paquet de cookies entamé. Lucky se leva et vint se rasseoir contre la Fille. Passa ses bras sur ses épaules, prit une voix rauque en regardant la mer. La Fille semblait lointaine. Perdue dans le retranchement d’une grotte ou d’un bunker, à travers les parois duquel les bruits du monde lui parvenaient assourdis. Lucky la chatouilla, souffla doucement dans son oreille. Respira ses cheveux. Murmura qu’avec l’anglais tout serait plus simple. L’anglais, c’était un uniforme. Comme à l’école.
On apprendra.
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Charybde2Charybde2   14 novembre 2014
Bien sûr, il avait la mer devant lui. La mer pour l’occuper. Une mer de copeaux de bois, de bavures métalliques venant claquer trois mètres plus bas contre les gros moellons du parapet. Les joues creuses, le nez taillé au cutter. La mer l’inquiétait sans que rien ne transparaisse sur son visage buté. Cette mer tout particulièrement, parce qu’elle bougeait tout le temps. Brassait la boue scintillante et filandreuse prélevée sur l’estran. Sur la carte, la Manche c’était un bras d’écolier qui faisait barrage entre entre la France et l’Angleterre. Rien à voir avec la mer telle qu’il la connaissait plus au sud, là où ses pieds ne s’étaient jamais véritablement défaits du sable sec. Depuis qu’il était né, partout la mer avait été douce et bleue. Même à l’automne, on pouvait s’y risquer et s’asseoir au bord pour un bain chauffé par le soleil. À n’importe quelle heure de la nuit ou de la journée. Relax, les bras croisés sur la peau tiède et les yeux perdus dans le tumulte des vagues. Jamais on ne lui avait appris à nager, mais s’il le fallait il se débrouillait comme un animal paniqué. En battant l’eau furieusement.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   25 août 2015
Du soleil, il ne resta bientôt qu'un nimbe plus clair se superposant aux gris du ciel. Rien de cuivré, rien de flamboyant. Une brume très fine montait de l'eau et restait suspendue quelques mètres au dessus du voilier, comme une vapeur de cuisson. Slangevar frayait sa route dans l'intervalle, en déchirant le voile brumeux de la pointe du mât.


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Charybde2Charybde2   14 novembre 2014
Ils firent quelques mètres sinueux avant de rencontrer leur premier obstacle. Une forme massive qu’ils distinguèrent brusquement, pendue au bout d’une longue chaîne. Un cotre en acier dodelinait devant eux, avec un hublot gros comme un œil ouvert. La Fille tenta de corriger sa trajectoire en remontant vers le vent. Mais les voiles faseyèrent et elle dut reprendre son cap initial. A présent, ils fonçaient sur le bateau gris. Elle allait abattre et passer derrière l’étrave, lorsqu’ils virent les rochers noirs de la côte affleurer dans le maigre d’eau. Lucky lui hurla de tourner. Elle vira si sèchement qu’elle fit tomber les deux garçons l’un sur l’autre. La bôme siffla. C’est à peine si le bateau hésita avant que les voiles ne se regonflent sur l’autre bord.
L’inertie drossa Slangevar contre le cotre gris, sans qu’ils ne puissent rien y faire. Les haubans de l’un raclèrent contre ceux de l’autre avec une vibration de contrebasse. Malgré les grincements du bois glissant contre l’acier, ce fut comme si le gros voilier les envoyait au diable. Slangevar ripa contre la lisse et reprit de l’erre, comme si de rien n’était. Leur évasion devenait la sienne. Le Petit avait reçu le genou de Lucky dans le ventre. Il se tordait de douleur, plié en deux sur le caillebotis.
Les cordes, putain !
Lesquelles ?
Bouge-toi.
Tu fais chier !
Lucky se releva pour libérer le génois d’un côté et le reprendre de l’autre, ainsi que la Fille le lui commanda. Ce coup-ci, il le borda de toutes ses forces. En s’aidant d’un tour mort sur le winch, qui cliqueta comme le barillet d’un revolver. Slangevar se mit à pencher plus nettement mais il gagna en cap sur le grand phare de la sortie. L’annexe les suivait docilement. Le Petit se releva, en frottant son ventre et ses manches. Il regarda les dernières manœuvres s’accomplir avec le détachement sournois d’un oiseau de mer. Son jean blanc ne serait plus jamais récupérable.
Bouge-toi, ordonna Lucky.
Pour quoi faire ?
En mer, on a besoin de tous les bras.
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