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EAN : 9782368462584
Éditeur : Steinkis Editions (26/03/2020)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Annick Cojean est grand reporter au Monde. Au fil de sa carrière, elle a croisé Simone Veil à plusieurs reprises. D’une rencontre à l’autre, une relation singulière s’est installée entre Simone Veil et la journaliste.

Une relation de femmes au-delà des fonctions.
Un portrait subjectif, délicat et parfois surprenant de la femme au-delà de l’héroïne.
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  30 mai 2020
La journaliste Annick Cojean, grand reporter au journal le Monde est sans doute une des personnes les mieux placées pour parler de Simone Veil. Elle a eu le privilège rare de la rencontrer à plusieurs reprises et surtout de nouer avec elle une relation de confiance au-delà de la simple relation journaliste. Elle l'a notamment accompagnée à Auschwitz en 1995 pour le 50ème anniversaire de la libération du camp.
Il en faut pas chercher de scoop dans ce roman graphique, ceux qui connaissent bien la vie de Simone Veil n'apprendront rien de nouveau du point de plus factuel. Pour ma part, la seule réelle révélation fut de découvrir que lorsqu'elle dirigeait l'administration pénitentiaire auprès du ministère de la justice, elle fit transférer en pleine guerre d'Algérie des militants du FLN comme Djamila Boupacha en métropole pour éviter leur lynchage. de quoi renforcer encore plus mon admiration pour cette grande dame.
Tous les moments forts de la vie de Simone Veil sont bien évidemment évoqués avec fluidité et clarté, sans être approfondis : son enfance, sa déportation à Auschwitz, la mort de sa mère et de sa soeur Milou, sa loi sur l'IVG, sa présidence à la tête du Parlement européen, son retour en temps que ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville en 1993 dans le gouvernement Balladur. Autant dire que c'est une lecture idéale pour un adolescent pour lui faire découvrir cette extraordinaire héroïne du XXème, tous les CDI de collège et lycée devraient l'avoir dans leurs rayons.
Le dessin d'Etienne Oburie apporte beaucoup de douceur et renforce l'émotion, très palpable du récit d'Annick Cojean qui dévoile les coulisses de ses rencontres avec Simone Veil, sans cacher son immense admiration. L'alternance de pastels ( jaune pour le temps présent, bleu-gris pour le temps des souvenirs, marron-rose pour le temps des entretiens – rencontres ) permet de suivre le récit qui n'est pas forcément chronologique. Ces pastels sont cependant un peu tristounets, j'aurais préféré un peu plus de couleurs, de peps, Simone Veil n'étant pas une personnalité « sage » comme elle le dit à la journaliste, souvent indignée et toujours en lutte contre les injustices.
Ce que je retiens de ce roman graphique que j'ai pris beaucoup de plaisir à feuilleter, c'est le portrait lumineux de la mère de Simone Veil dont on sent à quel point elle a compté dans la construction de sa personnalité ; c'est sa ténacité à reprendre ses études et à travailler après trois grossesses, se rappelant avec colère les séances humiliantes où son père épluchaient les comptes tenues par sa mère en demandant une explication au sou près ; c'est son appel à la sororité qui résonne dans de très nombreuses pages, appel Ô combien toujours d'actualité. Bref sa modernité.
Lu dans le cadre d'une masse critique privilégiée Babelio
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Fandol
  28 mai 2020
Quelle belle idée de conter la vie de Simone Veil en bande dessinée avec Annick Cojean et Xavier Bétaucourt au scénario, Étienne Oburie assurant un dessin tout en douceur et en finesse ! Grâce à Babelio (Masse critique) et aux éditions Steinkis/Plon que je remercie, je viens de passer un excellent moment de lecture.
Annick Cojean, la célèbre journaliste du Monde dont j'appréciais beaucoup la série de biographies intitulée Duels, sur France 5, était évidemment la plus qualifiée pour raconter. Grâce à ses rencontres, ses articles, un livre déjà, elle était très bien placée pour nous rappeler qui était cette femme au courage et à la volonté extraordinaires. Si elle est au Panthéon aujourd'hui, avec son mari, Antoine Veil, ce n'est que justice.
Dans la foulée ou plutôt dans la roue du scooter d'Annick Cojean, j'ai été emporté dans les phases essentielles de la vie de Simone Veil. de sa première rencontre à la sortie d'un Conseil des Ministres, en 1979, alors qu'elle est stagiaire à Europe 1, jusqu'à cette longue conversation de juin 2004 pour un livre que l'éditeur Jean-Marc Roberts veut publier avec l'intégralité du discours de Simone Veil défendant sa loi pour l'interruption volontaire de grossesse, les deux femmes qui ont en commun un amour profond pour leur mère, se confieront l'une à l'autre.
Simone Veil parle de son enfance heureuse à Nice, de la guerre, de l'occupation et de la déportation à Auschwitz avec sa mère et Milou, sa soeur aînée, de Birkenau où, à 16 ans, elle sympathise avec Marceline Loridan qui a un an de moins, puis Bergen-Belsen et la marche de la mort. Ses épreuves terribles, inimaginables sont contées avec pudeur et précision. Son féminisme, son combat pour les femmes prend racine.
Son père et son frère ont disparu en Lituanie. Sa mère a succombé au typhus un mois avant leur libération et Simone Jacob a dû réapprendre à vivre. Elle épouse Antoine Veil et ne cesse de se battre pour l'indépendance des femmes, pour qu'elles aient d'abord un métier.
Elle a eu trois fils et confie avec humour qu'avec son mari, cela fait quatre machos… Elle les aime mais ne cède rien. Entrée dans la magistrature, elle lutte pour améliorer les conditions de vie des personnes détenues. Avec Gisèle Halimi, elle obtient le transfert depuis l'Algérie, de Djamila Boupacha, militante FLN, torturée et violée.
Je ne peux citer que quelques éléments mais il faut lire cette BD dessinée avec tendresse, les couleurs sépia variant avec la période contée. Vous rencontrerez aussi quelques personnages importants de la Ve République et un florilège consternant de quelques interventions de députés de droite, le camp de Simone Veil, pour contrer son projet de loi en faveur des femmes.
Simone Veil ou la force d'une femme est un bel album qui se termine avec la publication du magnifique article signé Annick Cojean, publié dans le Monde daté des 2 et 3 juillet 2017 alors que cette grande dame qui fut Membre du Conseil Constitutionnel, Ministre de la Santé, Ministre d'État, Présidente du Parlement européen et membre de l'Académie française, venait de mourir. Ce texte débute ainsi : « C'est de ses yeux d'un vert transparent et liquide qu'on se souvient d'abord. de ses yeux si clairs, si vifs, qu'elle plantait dans les vôtres et qui semblaient exclure qu'on puisse se dérober, esquiver, mentir ou faire semblant. »

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Jmlyr
  19 avril 2020
Je remercie avant tout le site de BABÉLIO pour cette proposition de Masse Critique privilégiée, ainsi que les éditions STEINKIS/PLON pour cette excellente BD. Non seulement le scénario d'Annick Cojean et de Xavier Bétaucourt, mais aussi les dessins d'Étienne Oburie, en font une oeuvre complète et émouvante.
On découvre la genèse d'un article du journal le Monde commandé à Annick Cojean suite au décès de Simone Veil. L'ensemble sert de prétexte à retracer sa vie de manière la plus juste possible, et l'hommage qui lui est rendu me semble à la hauteur de cette femme exceptionnelle pour cette catégorie d'ouvrage.
Voilà un livre rendu accessible au plus grand nombre, avec des textes qui font mouche et un graphisme que j'ai trouvé à la fois précis, riche et classe, comme cette grande dame. La mise en couleur, monochrome, différente selon les pages, en sépia le plus souvent, et parfaitement étudiée donne à l'ensemble un aspect sérieux et plaisant à la fois. Les détails foisonnent, les décors sont riches, les vues toutes différentes, en plongée, en contre-plongée, ou autres, et certains dessins rendent pleinement l'émotion exprimée.
Je recommande vivement ce livre, lu rapidement, pour ne jamais oublier.


Lien : https://motsdiresanshaine.bl..
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montmartin
  23 mai 2020
Je remercie Babelio et les éditions Plon de m'avoir fait découvrir un genre littéraire que je ne connaissais pas : la biographie en bande dessinée.
Annick Cojean est journaliste au Monde, en 2017 son journal lui demande de rédiger un article pour saluer la mémoire de Simone Veil qui vient de mourir. Les deux femmes se sont rencontrées à de multiples reprises et ces différentes rencontres ont tissé entre elles un lien particulier.
Les dessins d'Étienne Oburie sont simples, en noir et blanc, car ici l'important c'est le texte qui retrace la vie de cette femme admirable. Simone n'a jamais toléré aucune incartade en matière de droits de l'homme, dans les différents postes qu'elle va occuper elle va secouer la société pour améliorer la condition des exclus, des oubliés, des humiliés et en premier lieu les femmes.
« La dépendance économique vous menotte, vous bouche l'horizon, vous expose à toutes les humiliations y compris d'ailleurs aux violences conjugales. »
L'histoire retiendra avant tout son passage au ministère de la Santé et le débat houleux sur la libéralisation de l'avortement à l'Assemblée nationale composée presque exclusivement d'hommes.
Mais c'est toute sa vie qui défile au détour des pages de cet album ; une enfance heureuse à Nice, un père rigoureux et sévère, une mère qui a guidé sa vie dans tous les domaines ; l'enfer des camps bien entendu et sa rencontre avec Marcelline Loridan, tellement différente et tellement complice ; son amitié pour Gisèle Halimi, la même passion pour la défense des femmes ; ses deuils : « La mort ne pouvait s'empêcher de roder autour de moi » ; sa fascination pour les musées, Antoine son mari, le déjeuner hebdomadaire réunissant toute la famille ; son élection à l'Académie française et le transfert des cercueils de Simone et Antoine au Panthéon « Une décision de tous les français ».
Cet album émouvant qui retrace bien la force, le courage et les engagements de cette femme exceptionnelle se termine par la copie de l'article rédigé par Annick et publié le 2 juillet 2017 dans « le Monde ».
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denis76
  23 mai 2020
BD.
Ils étaient quatre enfants, élevés dans une certaine éthique.
Son père était un homme bon, mais ce qui révoltait Simone, c'est qu'il refusait que sa femme travaille.
Simone Veil ( 1927-2017 ) a été déportée a Birkenau avec sa mère et sa soeur. Sauvée par une prisonnière qui lui a confié :
"Dis-leur que tu as 18 ans."
Simone a su par la suite que les enfants et les adolescents étaient directement envoyés au four crématoire.
Sa mère, avec laquelle Simone était fusionnelle, a été emportée par le typhus dans le camp nazi, un mois avant la libération.
.
Annick Cojean a interviewé plusieurs fois Simone Veil. Elle est même devenue amie avec elle. Peut-être fut-elle un peu la fille qu'elle n'a pas eu ?
Deux choses m'ont un peu gêné dans cette belle biographie : une chronologie malmenée, et un peu trop d'Annick.
.
Pour moi, Simone fait partie des Anges, ces êtres qui peuvent être terrestres, mais qui ont pour mission de sauver les humains :
- grâce aux améliorations qu'elle a fait dans les prisons ;
- grâce à la loi (1974 ) sur l'avortement, combattue à l'Assemblée par les machistes, mais qui a libéré la Femme, et surtout empêché la mort de 300 femmes par an, et la mutilation de centaines d'autres ;
- grâce à son manifeste ( 1995 ) pour la parité hommes / femmes chez les candidats députés, le pourcentage de députées qui était de 6% s'est élevé, et a ainsi permis que la parole féminine puisse mieux s'exprimer.
.
Même si toutes les femmes ne sont pas des Anges ( et certaines en sont loin, comme pour nous ), comme Madame Veil, je suis épaté par la phrase de Desmond Tutu qui souhaite que les femmes prennent les choses en main :
"Les hommes, dégagez du chemin !"
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   30 mai 2020
Est-ce la certitude de partager une autre échelle de valeurs que celles des hommes ? Les femmes, je le crois, sont spontanément solidaires.
Alors, il faut qu’elles s’unissent pour faire progresser leurs droits, leur liberté, leur visibilité. Il faut qu’elles s’épaulent, s’encouragent, se mobilisent. Qu’elles enfoncent les portes et prennent des responsabilités. Elles peuvent changer le monde. Mais il faut se battre car les hommes défendront toujours leur boys club !
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FandolFandol   03 juin 2020
Et j’ai souri devant son idée (à Desmond Tutu) de lancer un mouvement de femmes qui diraient : Les hommes, dégagez du chemin ! On vous a laissé du temps, et regardez le bordel que vous avez créé ! À nous maintenant ! Il est si convaincu que cela ferait une sacrée différence. À condition, insiste-t-il, qu’elles refusent de se comporter en hommes comme l’ont fait Margaret Thatcher, Indira Ghandi ou Golda Meir.
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FandolFandol   06 juin 2020
Sa mort sonne comme une injonction. À se souvenir. Se montrer vigilant. Poursuivre ses combats. Et ne jamais rien lâcher. L’espérance européenne, l’émancipation des femmes, l’aide aux persécutés… Jusqu’au bout, elle a fait tout ce qu’elle a pu pour témoigner, tisser des ponts, prôner des solidarités. Son histoire nous oblige. Son courage interpelle. Cette Européenne debout, au regard si clair, a besoin de relais.
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FandolFandol   05 juin 2020
Elle était magnifique et elle était complexe. Elle était combative, constamment indignée, et les conversations avec elle pouvaient être heureuses et déstabilisantes. Car elle ne cédait rien. Elle portait haut une exigence de morale et d’éthique héritée de ses parents. Et exécrait toute idée de renoncement, de capitulation et de démagogie. Elle revenait de si loin…
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FandolFandol   29 mai 2020
C’est de ses yeux d’un vert transparent et liquide qu’on se souvient d’abord. De ses yeux si clairs, si vifs, qu’elle plantait dans les vôtres et qui semblaient exclure qu’on puisse se dérober, esquiver, mentir ou faire semblant.
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