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EAN : 9782889441518
Éditeur : Slatkine et Cie (06/02/2020)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Dans ce petit port de la côte Atlantique, au tournant des années 1960, la vie est simple, rythmée depuis toujours par la mer et la pêche. Chacun y tient sa place, dans un ordre immémorial. Il y a le tenancier du bar du port, le garagiste “Courapied”, la librairie-bazar “T’y trouves tout”… Et Joseph, notre narrateur. Joseph est fils unique, il grandit choyé par sa mère et dans l’adoration de son père, marin-pêcheur. La vie semble toute tracée. Jusqu’à ce qu’un drame ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  23 février 2020
Années 1960, un petit port de pêche sur la côte Atlantique.
La maison est modeste mais Joseph s'y sent bien entouré par La Mère et le Grand Jules le Père marin pêcheur. Un trio comme il y en avait beaucoup , des taiseux qui aimaient et
s'aimaient , un petit port où chacun avait son rôle à jouer dans l'orchestre de la vie..
Et puis les choses ont changé, les anciens sont partis, les jeunes loups ont montré les dents et croqué dans le gâteau. Les années ont passé ..
Un roman sur une époque aujourd'hui disparue. Alors oui j'ai aimé me joindre à Joseph, oui j'ai ressenti beaucoup d'émotion à la lecture de certains passages. Les voix, leur tonalité sont remontées du fin fond de ma mémoire...
Seul petit bémol la pirouette finale ne m'a pas vraiment convaincue, peut-être aurais-je préféré simplement voir le canot s'éloigner et passer le Cap du bonheur ...
Un très grand merci aux éditions Slatkine &Cie et à Delphine pour ce partage.
Commenter  J’apprécie          210
Juin
  25 janvier 2020
Vingt courts chapitres pour raconter une époque disparue. Joseph au fil de ses souvenirs nous raconte une vie simple dans une famille aimante et taiseuse.
Il va grandir, suivre les traces de son père jusqu'à ce que sa vie explose mais finalement continue sur le même rythme. Joseph est un sage comme son père. Les personnages qui l'entourent sont décrits avec empathie et une certaine tendresse.
Ce livre nous relate un tournant dans le vie des gens, comment peu à peu certains ont voulu plus et ont commencé à détruire ce monde pas si ancien. Après, tout s'est accéléré. Que ce soit la pêche ou l'agriculture les banques ont fait du mal...
Je ne sais quel âge à l'auteur, il a su nous mettre dans l'ambiance de ces années 60 et j'ai été plus d'une fois touchée par ses mots. En lisant ce livre j'ai pensé à la ZAD de Brétignolles ( 85) où les gens se battent pour que la dune et la côte ne soient pas détruites pour le tourisme et le projet d'un port de plaisance derrière le codon dunaire.
Un livre touchant à l'écriture simple qui nous trace de beaux portraits et que j'ai lu avec une certaine émotion.
Un premier roman intéressant mais j'ai trouvé la fin un peu rapide.
Merci à masse critique et à Slatkine pour cet envoi.



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Commenter  J’apprécie          131
Leraut
  22 mars 2020
Chatoyant, « Le naufragé » est olympien. L'incipit laisse le temps filer entre ses doigts « du jour où « La mère » a remplacé « Maman » j'ai appartenu à ce monde. » La trame est un papier de soie. A l'instar d'une dictée dont retient le gracile des courbes et la grammaticale générosité. Dans le jeu des 7 familles je demande le père « Jules », la mère, « La mère », et le fils (le narrateur) « Joseph ». L'histoire est du pain croustillant dont la saveur est un escompte hyperbolique du futur. Joseph conte l'habitus d'un temps qui se fissure. En bord de mer, dans cette orée de ballets de bateaux de pêche, carte postale qui prend vie et dont on aime ce qui se fige en nos mémoires. « Je revois ces instants comme s'ils venaient d'être vécus. Tout s'anime, et sent et bruisse. Je suis au-delà de la mémoire, debout, agrippé aux rebords du parc, la tête posée entre les deux mains. Je regarde. Je regarde sans rien penser. Je regarde le mouvement. » On se love dans les confidences, la lumière se lève peu à peu. On retient les gestes qui se posent et dont on ignorait les signaux avant de lire « Le naufragé ». Combien ils étaient grands parce que constants. Les sociologiques attitudes, le progrès qui s'immisce sur le seuil des portes subrepticement. Le père, Jules est un pêcheur. Un vrai. Celui qui part en pleine mer sans même savoir nager. « le père sur son canot, je ne l'ai longtemps vu que sortant du port, ou rentrant, toujours la même posture, la barre entre les jambes, le regard droit devant, immobile sauf le menton qui montait. » On aime son front haut, sa solidité et son altérité. Ce qui ne se dit pas, mais se devine dans cette ténacité à défier les difficultés d'une vie laborieuse et intense. La mère est un modèle d'attentions pour Jules. Soumise au roulement du foyer, donnant le torchon au père pour qu'il s'essuie les mains dans chacun des retours des glorieuses pêches. Un geste d'amour comme une caresse furtive et pudique. Un rituel qui murmure cette collaboration des instants qui se relient délicatement. Joseph va grandir. « Derrière la Mère, la soupe fumait sur le feu, les fenêtres sur la vie étaient ouvertes. A la fin de l'été, je serais ce que le Père était. » Jules va affronter les vents et les contre-courants. Changer son bateau, suivre les entrelacs de la modernité. Il va partir plusieurs jours en pleine mer, jusqu'au souffle d'une tempête assassine. Qu'elle sera-t-elle ? Joseph va vivre l'initiation et ses épreuves. Faire un pas de côté salvateur. Faire du noir et blanc, une source de couleur en devenir. Se fondre dans la contemporanéité. « Je découvris un autre monde. « C'est le monde » disait-il en guise de transition. » Ce roman est superbe. Solaire, magnétique, il déploie les habitus dont on veut le modèle pour soi-même. « Comment être nulle part quand la vie nous entoure ? Je suis ailleurs, et cet ailleurs me plaît. » Cristallin, on n'oublie pas l'échappée qui s'annonce. La transmutation d'un siècle en preuve existentialiste. L'emblème d'un Carpe Diem empreint d'essences. François Colcanap achève son roman en actant la certitude de l'authenticité. Un premier roman fois mille. Publié par les majeures Editions Slatkine & Cie.
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Valmyvoyou_lit
  16 février 2020
Dans le foyer de Joseph, il y a la mère, le père et lui. Ils ne parlent pas beaucoup, mais ils s'aiment. La mère s'occupe de ses hommes, avec amour, pour qu'ils ne manquent de rien. le fils admire son père, pêcheur, et l'adoration semble être réciproque. Même si les mots ne le disent pas, les attitudes et les actes l'expriment.

Un jour, un drame se produit et Joseph doit se construire seul. Il est déjà grand et ses choix sont influencés par sa vie d'avant et l'envie de marcher dans les traces de son père. Même lorsqu'il décide de suivre une autre voie, grâce à une merveilleuse rencontre, la marque de ses parents est là : il est guidé par leurs valeurs humaines.

Le récit se déroule dans une petite ville portuaire, dans les années 60. La vie, qui semble immuable, avec la boutique de Madame « T'y trouves tout », le garagiste « Courapied », est menacée par l'urbanisation et la robotisation. Joseph accepte mal ce changement, lui qui prône l'humain avant la richesse financière. Cette tranche de vie décrit la vie d'un jeune homme, entre deux mondes : celui qu'il a toujours connu et celui en pleine mutation économique. Malgré la perte de repères, il veut rester celui qu'il a toujours été. Il pose un regard sans concession sur le monde de l'argent, mais il s'en amuse. Et si le bonheur n'était qu'une succession de petits plaisirs, de partage et de simplicité ?

Conclusion

Le naufragé est un roman doux sur un homme qui veut rester fidèle à lui-même et à ce que ses parents lui ont transmis, dans un monde qui évolue. C'est, également, une tranche de vie sur l'apprentissage de la vie, sans les êtres chers, et avec la perte de repères. J'ai trouvé la fin un peu abrupte, cependant, je trouve son message magnifique. J'aurais, simplement aimé, quitter Joseph, sur la pointe des pieds, en douceur.

Je remercie sincèrement Marion des Éditions Slatkine & Cie pour ce service presse.
Lien : https://valmyvoyoulit.com/
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Lexx54000
  13 mars 2020
"Le naufragé" est le premier roman de François Colcanap, un roman court, aux chapitres rapides racontés par Joseph, fils unique de pêcheur dans un petit port de la côte Atlantique.
Joseph conte une époque disparue à jamais, tombé dans l'oubli. Au fil des chapitres, les souvenirs sont présents, gravés sur du papier. Joseph a une vie toute tracée, dans les pas de son père. Mais, un jour, le drame se produit, suivit d'un deuxième, et Joseph doit se construire seul.
Les personnages sont attachants et touchants en passant par Joseph, Madame "T'y trouves tout", le garagiste "Courapied". Ce monde cher au coeur de Joseph disparait dans les méandres de l'urbanisation, du capitalisme et de la course au tourisme de masse.
Malgré les pertes de ses propres repères, Joseph veut rester lui-même dans un monde en pleine évolution. A travers une écriture simple, fluide et pleine de subtilité, François Colcanap arrive à nous embarquer dans son histoire, dans notre histoire, où la question de la place de chaque être humain dans un monde en mutation permanente se pose forcément.
Le naufragé est la chronique d'un jeune homme cherchant à se construire avec émotion, simplicité, ou la vie était réellement plus simple avant. Un très beau premier roman !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JuinJuin   25 janvier 2020
Mon père aimait voir le monde heureux. C'était les seules fois où La Mère venait à bord.
" Avec toutes les pépés, faut qu'j'aie l’œil. "
Elle disait cela en riant mais, au fond, je crois qu'elle le pensait sérieusement. Le Père n'était pas un coureur, et La Mère le savait bien, mais le dire et être là, ça enlevait les mauvaises pensées !
( p 87)
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EtsionbouquinaitEtsionbouquinait   23 février 2020
Le Père, dans la cour, c’était l’attente de ma journée. Je rangeais mes affaires, j’attendais que la porte s’ouvre. Voir Le Père, l’entendre me remplissait de ce qui peut s’appeler la joie. (…) Très tôt, j’ai eu l’ambition de ressembler au Père, de faire la pêche comme lui. Je ne dirais pas que j’étais heureux, ces mots ne voulaient rien dire. J’étais Joseph, le fils du Grand Jules, le fils de Maman, Maman que j’appellerais bientôt La Mère, et dont je n’ai su le vrai prénom qu’après sa mort. (…) Jamais de grandes phrases, mais une telle présence.
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antigoneCHantigoneCH   08 février 2020
J’aurais dû comprendre que vivre le présent, ce n’est pas sans cesse se souvenir, espérer un lendemain différent de l’instant qu’on vit. Vivre, c’est être où l’on est, pleinement, être qui ont est, sans tricherie. Mais Le Père ne pensait pas à tout ça. Le Père, c’était Le Père, le Grand Jules, le seul à avoir vu le canot d’Eugène qui allait se faire éperonner.
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bisoumandarinebisoumandarine   01 février 2020
C’était, comme on dit, un homme dans la force de l’âge. Moi, j’avais l’âge d’un homme. En avais-je la force ? — (p.90)
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Calimero29Calimero29   23 avril 2020
Il faut le manque pour apprécier le besoin.
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