AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Jacques Darras (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070319237
448 pages
Gallimard (22/11/2007)
4.33/5   29 notes
Résumé :
"Samuel Taylor Coleridge (1772-1834) est le plus romantique de tous les poètes romantiques. Mélange d'émotions et de réflexion, d'enthousiasme et de doutes, il est la contradiction faite homme. Il aime passionnément la Nature, dans sa version sauvage du Pays de Galles et des Lacs où il vit avec une parfaite sobriété écologique. Dans le même temps, cependant, il ne peut pas se passer de Londres, dont il aime fréquenter les cafés. Comme il a lu Rousseau et les philoso... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
dbacquet
  28 octobre 2012
Ce recueil débute avec « La Ballade du Vieux Marin », un étonnant récit de mer, sous forme de long poème, une parabole chrétienne, où il est question, comme c'est souvent le cas dans l'oeuvre de Coleridge, de péché, de châtiment et de remords, de rédemption. Un Marin, vieilli par l'expérience autant que par les ans, a survécu seul à un naufrage après une longue dérive en mer et, une fois revenu à terre, il interpelle le convive d'une noce et témoigne : après qu'il eut tué un albatros, oiseau pourtant de bonne augure, qui accompagnait, au milieu des brumes et des glaces, son bateau et son équipage, le mauvais sort s'abattit sur eux, les décimant de soif et le laissant, lui, au milieu des transes. Sauvé, il tient à raconter, en guise de pénitence, son crime et les dangers encourus.
Dans ce recueil on trouve d'autres poèmes célèbres de Coleridge tels que Kubla Khan et Christabel.
Kubla Khan est le fragment d'un poème apparu en rêve dont il ne put, à son réveil, fixer que quelques lignes, lequel évoque le grand empereur mongol et sa cité devenue mythique, Xanadu, dans laquelle celui-ci se fit construire un dôme extraordinaire. Ses remparts ceignaient des terres fertiles, des clairières et de très anciennes forêts, ainsi qu'un fleuve sacré, bouillonnant du fond de la terre.
Christabel est un autre poème fantomatique, aux rythmes répétés et lancinants, où le Mal et la Sensualité qui l'habitent sont plus suggérés que décrits, d'autant plus qu'il y est question d'un Amour « coupable » entre deux femmes. Christabel est aussi une sorte de poème nocturne dans un moyen-âge fantasmé : La très belle et jeune Christabel, fille d'un riche baron, est parti, au milieu de la nuit, prier pour son fiancé, dans la forêt qui entoure le château. Elle tombe sur Géraldine, Dame fascinante mais inquiétante, laissée là par des chevaliers qui l'avaient tourmentée. Christabel l'invite dans le château de son père et, pour ne pas réveiller celui-ci, à dormir dans sa chambre et à partager son lit. Christabel va-t-elle, troublée, être initiée au plaisir, et dans son innocence, s'en repentir ? Devient-elle jalouse quand son père à son tour s'éprend de la belle Dame qui répand autour d'elle une sorte de charme ? Celle-ci est- elle réellement une créature démoniaque, une femme sans pitié qui n'accorde aucun frein à ses désirs et qui use de mille subterfuges ? Le Fanu s'est inspiré de ce poème pour écrire « Carmilla » dans lequel Une femme Vampire s'éprend d'une jeune innocente dont la vie, peu à peu, s'amenuise
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Lutopie
  18 septembre 2020
"Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers ..."
Un marin commet la faute de tuer un albatros avec son arbalète. Alors que l'albatros était aimé et que l'albatros l'aimait.
Il attire sur lui la malédiction ...
La seule manière pour le vieux marin de s'en délivrer, de cette malédiction, c'est de narrer sa terrifiante histoire, jusqu'à ce que ses terreurs reviennent. Notre conteur jette pour cette fois son dévolu sur un jeune marié que la mariée attend le jour de ses noces. Il le harponne, il le retient, l'hypnotise de son oeil de mort et se saisit de sa volonté, retenant ainsi la vie de cet homme le temps de lui raconter comment il est mort, de son vivant.
Le marin a le poids de l'albatros sur la conscience, qui pèse comme du plomb et lui-même s'ancre au port alors même que son âme est restée dans l'eau.
Un chant de marin - un chant d'amour et de mort - qui a la profondeur de l'Océan parcouru jusqu'au Pôle : région de brouillard et de neige dont l'albatros est l'esprit tutélaire.
Un récit qui cristallise les terreurs maritimes. Un récit à la grâce de la glace à l'état pur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Onacona
  08 janvier 2022
"The Rime of The Ancient Mariner" est mon poème anglais favori. Tout y est : la lourdeur qui s'installe sur le pont brûlant du bateau immobilisé. La faim qui obsède les marins, l'innocent albatros convoité et le cauchemar omniprésent. le souvenir d'un acte atroce, inutile, les fantômes... Je ne vous en dis pas plus, sinon je risquerais de "spoiler" une pépite qui doit être découverte.
Commenter  J’apprécie          30
transat
  25 février 2017
Un flamboiement poétique. Les tableaux fantasmagoriques du "Dit du vieux marin", l'étrangeté de "Kubla Khan", l'ardeur inquiète de "Craintes dans la solitude", les tentations vénéneuses de "Christabel", l'élan lyrique de "Solitude"…
La traduction de Jacques Darras, proposée avec le texte anglais en regard, est inventive et stimulante, et assortie d'une introduction et de notices qui introduisent parfaitement bien à l'univers de Coleridge en n'éclairant ni trop ni trop peu la lecture des poèmes.
Commenter  J’apprécie          20
Sachupa
  08 février 2020
Malheureusement, en ce concerne La Ballade du vieux marin du moins, la traduction est très insuffisante, voire parfois erronée, et pire encore, le texte n'est pas le texte définitif de Coleridge. Vues ses incohérences, entre autres choses, il semble être une sorte de brouillon que le poète aurait par la suite amélioré. Quel dommage!
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   22 octobre 2020
Koubla Khan
Xanadu

En Xanadu donc Koubla Khan
Se fit édifier un fastueux palais:
Là où le fleuve Alphée, aux eaux sacrées, allait,
Par de sombres abîmes à l’homme insondables,
Se précipiter dans une mer sans soleil.
Plus de vingt mille hectares de fertiles terres
Furent ainsi de tours et de hauts murs enclos:
Et c’étaient, irisés de sinueux ruisseaux,
Des jardins où croissait l’arbre porteur d’encens;
Et c’étaient des forêts de l’âge des collines,
De verdure encerclant les taches du soleil.

Voyez ! ce romantique et profond gouffre, ouvert
Au flanc du vert coteau, sous l’ombrage des cèdres!
Lieu sauvage ! le plus riche en enchantements
Qui jamais sous la lune en déclin fut hanté
Par femme lamentant pour le démon qu’elle aime!
Et de ce gouffre, avec un bouillonnant tumulte,
Comme si, lourdement, la terre haletait,
Par instants jaillissait, puissante, une fontaine :
Et, dans l’explosion du flot intermittent,
D’énormes rocs sautaient, rebondissante grêle,
Tel le grain sous les coups du fléau du batteur;
Et, parmi l’incessant fracas des rocs dansants,
Par instants jaillissait la rivière sacrée.
Sur cinq miles traçant de fantasques méandres
À travers bois et val se lançait l’eau sacrée
Qui, gagnant les abîmes à l’homme insondables,
En tumulte sombrait vers un océan mort;
Et Koubla entendit, au loin, dans ce tumulte,
De ses aïeux les voix prophétisant la guerre!
Du palais de plaisance l’ombre
Au milieu du courant sur les vagues flottait;
Là où l’on entendait les rumeurs confondues
De la fontaine et des abîmes.
Oui, c’était un miracle d’un rare dessein,
Ce palais au soleil sur l’abîme glacé!

La Demoiselle au Tympanon,
En songe, une fois, m’apparut:
C’était une vierge abyssine
Qui de son tympanon jouait
En chantant le Mont Abora.
Si, en moi, je pouvais revivre
Sa symphonie et sa chanson,
Je serais ravi en délices si profonds
Qu’avec musique grave et longue,
Certes, je bâtirais, dans les airs de ce palais:
Ce palais au soleil! ces abîmes de glace!
Alors tous ceux qui entendraient là les verraient,
Et tous de s’écrier: Arrière! arrière! arrière!
Ses yeux étincelants, ses longs cheveux flottants!
Trois fois, tissez un cercle autour de celui-ci,
Fermez les yeux, frappés d’une terreur sacrée:
Car il s’est nourri de miellée,
Et il a bu le lait, le lait de Paradis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
dbacquetdbacquet   28 octobre 2012
Dans une solitude extrême,
Sur l'Océan seul je restai,
Sans que Jésus prît en pitié
Le fond de mon âme déchirée.
Commenter  J’apprécie          280
dbacquetdbacquet   28 octobre 2012
La Glace ici, la Glace par là,
Partout autour de nous la Glace :
Qui se fendait, grondait, hurlait -
Comme rugissements hallucinés.
Commenter  J’apprécie          160
dbacquetdbacquet   28 octobre 2012
Tombé le vent, tombées les voiles,
Une infinie tristesse s'étend,
Nos bouches seules brisent en parlant
Le grand silence de l'Océan.
Commenter  J’apprécie          150
dbacquetdbacquet   28 octobre 2012
Ecoute, écoute, toi l'étranger,
Tempêtes de Vent, de Vents puissants !
Pendant des jours nous jouèrent des tours -
Et nous comme Balles de grain filant.
Commenter  J’apprécie          110

Videos de Samuel Taylor Coleridge (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samuel Taylor Coleridge
Rencontres de Chaminadour 2021 : « Lydie Salvayre sur les grands chemins de Georges Bernanos ».
Jean-Basptiste Sastre et comédien et metteur en scène. Après des études au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris, il signe en 1995 sa première mise en scène, Histoire vécue du roi Toto, d'après l'oeuvre d'Antonin Artaud. Il montera par la suite des textes de Genet, Duras, Marlowe, Büchner, Marivaux, Labiche ou Coleridge. Son travail de metteur en scène ne consiste pas seulement à assurer la direction d'acteurs, mais aussi à créer avec ceux qui l'accompagnent, et plus particulièrement les poètes et les plasticiens dont il s'entoure, une esthétique propre à chaque spectacle. À partir de 2005, Jean-Baptiste Sastre, alors lauréat de la Villa Médicis hors les murs à Londres, débute un travail sur le théâtre élisabéthain et tout particulièrement sur La Tragédie du roi Richard II. En 2018, il présente au Festival d'Avignon La France contre les robots de Georges Bernanos, co-adapté avec Gilles Bernanos.
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Poésie anglaiseVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature anglaise et anglo-saxonne>Poésie anglaise (101)
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
985 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre