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ISBN : 1145145396
Éditeur : Nabu Press (22/02/2010)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Publiée en 1836, Fleurs du midi est une œuvre poétique de Louise Colet.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   01 mai 2018
Portrait.


Extrait 2

Là, lorsqu'ils ont vidé Champagne et malvoisie,
En le proclamant tous roi de la poésie.
Ils ceignent de lauriers l'heureux amphitryon ;
Et lui, mauvais acteur, né pour être comparse,
Qui peint le sentiment comme on peindrait la farce,
Se croit aussi grand que Byron !

Je ne sais si les chants que son luth criard vibre,
Ont de son faible esprit dérangé l'équilibre ;
Mais lorsqu'il fit gémir la presse et l'éditeur,
Sans l'avoir demandé, j'ai reçu son ouvrage,
Avec ces mots écrits sur la première page :
« Offert par la main de l'auteur ! »

Puis, comme je cherchais au fond de ma province,
Un éloge à la fois poli, mais assez mince,
Pour cet enfant mort-né, sans vie et sans chaleur,
Pour ces vers secs et durs, qu'un âne semble braire,
J'ai reçu tout-à-coup de Lafont, son libraire,
Un mandat, dont je viens d'acquitter la valeur.
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LaliLali   20 décembre 2015
Réponse à un poète

Comme un astre luit sur la terre,
Sans que sa lumière s’altère
Aux feux obscurcis d’ici-bas;
Ou, comme ces vagues lointaines,
Qui, jamais n’ont baigné les plaines
Que l’homme foule sous ses pas :

Heureuse est ton âme, ô poète!
L’univers entier s’y reflète,
Ton regard plane dans les deux,
Et de ces sphères, qu’il explore,
Il n’a pas vu surgir encore
Les rayons d’un jour soucieux.

À ta voix, toujours ingénue,
L’hymne de deuil est inconnue;
Pour toi la vie est dans sa fleur;
Et sur ton front pur et candide,
On ne voit pas encore la ride
Que creuse, en passant, la douleur.

La muse que tu t’es choisie,
Source de toute poésie,
Inspira mes accords naissants;
À ses foyers, où tu t’embrases,
Au sein des plus pures extases,
Ma lyre enflammait ses accents.

J’évoquais, dans leur harmonie,
Dieu, la nature, le génie;
Ces trois déités que tu sers!
Le monde idéal de mes songes,
Était le même où tu te plonges
Pour créer tes chastes concerts.

Là, m’enivrant comme l’abeille,
Qui boit les parfums, puis sommeille
Dans les calices dépouillés;
J’errais de richesse en richesse,
Et par des larmes de tristesse
Mes yeux n’étaient jamais mouillés.

Mais, quittant sa céleste orbite,
Sur ce globe que l’homme habite
Mon étoile sembla pâlir :
Ici, plus d’ineffable joie;
Je n’ai pas trouvé sur ma voie
Une seule fleur à cueillir.

Voilà pourquoi mon âme est triste :
Hélas ! des banquets où j’assiste
Si je savoure la liqueur,
La coupe, où je cherche l’ivresse,
N’offre à ma lèvre qui la presse
Rien de ce qu’a rêvé mon cœur!

Dans ce monde, où j’ai voulu lire,
Ne va pas, enfant de la lyre,
Abattre ton vol radieux :
Ah ! sur cette terre inféconde,
Il n’est point d’écho qui réponde,
À nos accents mélodieux!
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LaliLali   20 décembre 2015
Rêve

Ô mes auteurs chéris, vous qui, lorsque je pleure,
Me consolez toujours, m’entourez à toute heure,
Vos écrits ont calmé mes pensers dévorants,
Et je vous aime tous, en amis, en parents!…

Dans mes rêves brillants, fils de la poésie,
Je vois s’ouvrir pour moi votre foule choisie;
Votre voix m’encourage, et je vous dis comment
Ma jeunesse a passé de tourment en tourment :
Comment, sans qu’un ami soit venu leur sourire,
Je fis mes premiers vers sans savoir les écrire;
On m’interdit l’étude, ainsi que l’on défend
Le jeu, qui le distrait, au paresseux enfant.
Et je cachais à tous, comme on cache des crimes,
Les désirs du poète et ses penchants sublimes!…

Alors, comme un tribut pour ce que j’ai souffert,
Le laurier triomphal par vos mains m’est offert.
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LaliLali   20 décembre 2015
L’inspiration

Ah! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports!…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden!

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons!

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés!
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés!

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant!
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand!
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LaliLali   20 décembre 2015


Avoir toujours gardé la candeur pour symbole,
Croire à tout sentiment noble et pur, et souffrir;
Mendier un espoir comme un pauvre une obole,
Le recevoir parfois, et longtemps s’en nourrir!

Puis, lorsqu’on y croyait, dans ce monde frivole
Ne pas trouver un cœur qui se laisse attendrir!
Sans fixer le bonheur voir le temps qui s’envole;
Voir la vie épuisée, et n’oser pas mourir!

Car mourir sans goûter une joie ineffable,
Sans que la vérité réalise la fable
De mes rêves d’amour, de mes vœux superflus,

Non! je ne le puis pas! non, mon cœur s’y refuse
Pourtant ne croyez pas, hélas ! que je m’abuse :
Je désire toujours… mais je n’espère plus!
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