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Pierre Kyria (Préfacier, etc.)
EAN : 9782724290363
633 pages
Éditeur : France loisirs (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.79/5 (sur 571 notes)
Résumé :
"Ces quatre-là et moi, nous formons cette année la pléiade enviée, désormais au-dessus des "grandes", qui aspirons au brevet élémentaire." Avec Claudine, quinze ans, intelligente, séduisante, très avertie, ses camarades, la flamboyante directrice de l'école et sa jolie adjointe, les deux instituteurs des garçons et quelques autres, nous allons vivre une année scolaire peu banale... Rempli de vie et de sensualité, Claudine à l'école, premier roman de Colette, réunit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  16 mai 2018
On peut dire que " Claudine à l'école" est une introduction, un avant-goût de l'oeuvre de Colette. De ce point de vue, c'est un livre intéressant. Mais il est aussi un livre de " commande" car c'est son mari, Willy, qui lui avait suggéré d'écrire ses souvenirs d'enfance. Quitte à supprimer quelques passages qu'il trouve peu attrayants et à lui en faire ajouter d'autres, plus croustillants...pour faire un peu scandale.
Mais on peut au moins le remercier d'avoir été à l'origine de l'apprentissage littéraire de Colette car sans lui, elle n'aurait peut-être jamais écrit ni surtout publié , elle a toujours trouvé difficile et contraignant l'acte d'écrire.
Si on laisse de côté l'aspect clinquant, volontairement amoral et propre à indigner la bourgeoisie de l'époque, comme par exemple la liaison entre institutrices, ce livre a du charme et annonce déjà les qualités futures de l'auteure: expressions concises et justes, observation piquante du microcosme d'un village et d'une école à la fin du 19ème siècle, célébration sensuelle et poétique de la nature, singularité du personnage principal. Car cette Claudine un brin provocante, vive, délurée mais aussi secrète et tendre , comme elle est attachante!
C'est une autofiction, puisque Claudine ne se confond pas avec Colette, cela lui permet de mêler mensonges et vérité à sa guise. Et de prendre des libertés et une certaine distanciation avec son passé.
Le succès, bien médiatisé par Willy ( il avait le sens publicitaire!) a été retentissant et a entraîné l'écriture des autres " Claudine". Une nécessaire chrysalide d'où écloreront ensuite de magnifiques papillons comme " La naissance du jour" ou " La maison de Claudine"...
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madameduberry
  25 novembre 2013
Le plus drôle, le plus impertinent, le plus vert, le plus sensuel, le plus innocent, le plus vrai, le plus original, le plus lyrique, le plus paysan, le plus poyaudin de la série des Claudine.
Le moins démodé, aussi, car l'enfance est au-dessus des modes.
Claudine à l'école a été lu par des générations de filles plus ou moins innocentes..
Beaucoup de parents ont cru que leur fille lisait une bluette moralisatrice. S'ils avaient su! Beaucoup de jeunes filles et de petites filles s'y sont trompées également, mais bien peu ont arrêté leur lecture, quitte à ne pas tout bien comprendre.
Ces mémoires d'écolière rustiques furent écrites par une Colette déjà bien aguerrie aux plaisirs et aux chagrins de la vie, et déjà désenchantée. Elle répondait ainsi à une commande de son mari, le très parisien Henry Gauthier-Villars, , séducteur fils de famille et tyran conjugal, qui commença par trouver sans intérêt ce roman sagement écrit sur cahier d'écolière, puis en tira finalement un bon bénéfice en le cosignant (quelle générosité).
Colette découvrait, après l'école de Montigny (Saint Sauveur en Puisaye), la non moins rude école de la vie. La série des Claudine se déclina encore en Claudine à Paris, Claudine en ménage (le plus raté de tous), Claudine s'en va,au titre trompeur puisque l'héroïne est un autre personnage féminin.
Enfin Colette se décida à porter le coup de grâce au romantique et falot personnage masculin de la série dans La retraite sentimentale, jetant par là même Claudine avec l'eau du bain. Elle s'était entre temps affranchie de son redoutable mari ,était devenue danseuse nue, et surtout entrait vraiment en littérature.
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PiertyM
  25 juillet 2020
Un premier livre très révélateur de la plume prometteuse de Colette! Je me suis allègrement incrustée dans l'univers de Claudine dans cet opus que dans le deuxième Claudine à Paris , livre qui fait suite à ce magnifique livre! Alors là, la Claudine...la fameuse Claudine! Quelle adolescente! Une intrigante jeune fille! Aussi odieuse que altruiste, aussi intrépide que consciencieuse, aussi chaleureuse que froide, aussi effrontée que pertinente, aussi obstinée que meilleure ! Elle est à la fois fascinante, repoussante, adorable, attirante, détestable...elle est simplement précoce face à certaines connaissances pour son âge! Elle tient un journal et nous partage sa dernière année d'étude à l'école des grandes filles à Montigny. On éprouve du plaisir à lire ce journal, l'atmosphère obéit à l'humeur de notre narratrice! A côté de ce personnage de Claudine en qui on voit la nature franche et libérale de l'auteure, on découvre d'autres personnages Mademoiselle Sergent, la directrice dominatrice, Aimée, une belle enseignante assujettie à sa supérieure, puis les trois amies de Claudine Anais, la grande mangeuse de gomme, de papier, Luce, la soumise, Marie la candide... on côtoie la psychologie de ces personnages avec tout le naturel possible, sans oublier la part intéressante de la nature...
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Ladybug
  19 octobre 2011
Claudine à l'école retrace la vie dans une école de filles à la campagne en 1899, 1900. On suit Claudine, l'année de ses 15 ans, année du brevet. On nous présente ses camarades de classes, ses professeurs, les amours de ses dernières, les petits secrets, les chahuts, les rumeurs... Beaucoup de mesquinerie dans les relations entre filles et pas trop d'amitié ! On se réjouit plutôt des petits malheurs ou des échecs de ses copines. J'ai trouvé amusant de lire ces filles qui parlent de mode, de connaître certains cours dispensés comme la broderie, la calligraphie, et de découvrir que les tricheries à l'examen étaient si faciles...
La liberté dans les moeurs m'a étonnée. S'il y a des chuchotements, des gloussements lorsque les éleves surprennent les relations amoureuses des deux institutrices, ce n'est pas dû à l'homosexualité, les élèves n'en sont même ni étonnées ni choquées. Les amours qu'elles soient homosexuelles ou hétérosexuelles provoquent le même genre de réaction.
Claudine, est un personnage principal consistant, c'est un tempérament ! Elle est intelligente, spontanée, impertinente, sure d'elle, c'est épatant.. mais elle est également arrogante et perverse, elle aime bien tourmenter une camarade un peu faible, puis de temps en temps la défendre. Elle a un jugement dur sur les autres, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est issue d'un milieu social supérieur à tous ceux qui l'entourent, et méprise les gens plus modestes, son arrogance m'a bien exaspérée ! Mais c'est aussi ce qui la rend intéressante, elle est d'une franchise très abrupte.
J'ai beaucoup aimé parce c'est une jolie promenade dans une époque et un milieu, il y a abondance d'informations sur cette école rurale, la vie y est racontée dans un style captivant et énergique.
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Lune
  09 février 2011
En 1900, paraît "Claudine à l'école" écrit quelques mois auparavant, à l'instigation de Willy, son premier mari, dont elle deviendra un nègre parmi d'autres (Curnonsky, Debussy, Vincent d'Indy,Vuillermoz, Carco...).
Le premier "Claudine/Colette (fiction/réalité) décrit les aventures d'une adolescente sauvageonne, impertinente, au milieu d'autres adolescentes face à un corps professoral quelque peu inhabituel. L'histoire se passe sur fond de village resserré sur lui-même, d'une nature omniprésente. La jeune Claudine vit entre Fanchette la chatte, Mélie la vieille servante et un père original, inexistant, permissif qui lui octroie une liberté peu coutumière. Claudine mène à la baguette tout ce petit monde où elle n'aurait pas dû se trouver. Quelques relations sulfureuses, des adolescentes un tantinet perverses, certains portraits et des descriptions qui ont tant choqué et blessé le Saint-Sauveur- en Puisaye de l'époque, non, Claudine à l'école n'est pas Martine à l'école. Dès ce premier livre, le style incomparable de cet écrivain est présent. Bien sûr le ton y est primesautier mais de nombreux passages sont déjà des pages d'anthologie; les portraits y sont vifs, percutants, pittoresques. Dans l'entourage du couple, nul n'est dupe de la véritable identité de l'auteur et c'est ainsi que Catulle Mendès déclara à Colette :"C'est vous, n'est-ce pas l'auteur des Claudine... Mais non, mais non, je ne vous pose pas de question, n'exagérez pas votre embarras... Dans... je ne sais pas, moi... dans vingt ans, trente ans, cela se saura. Alors vous verrez ce que c'est que d'avoir, en littérature, créé un type."
C'est ainsi que pour beaucoup, le nom de Colette est associé à celui de Claudine sur qui elle portera d'ailleurs, un jugement sévère.
"Je ne trouvai pas mon premier livre très bon, ni les trois suivants. Avec le temps, je n'ai guère changé d'avis, et je juge assez sévèrement toutes les Claudine. Elles font l'enfant et la follette sans discrétion... Et je m'en veux que par allusions, ces Claudine révèlent l'insouciance de nuire." (Mes Apprentissages).
Sorte de journal intime qui se poursuivra en passant par Claudine à Paris (parution en 1901), Claudine en ménage (parution en 1902) pour aboutir à la parution en 1903 de
Claudine/Colette s'en va.
De chrysalide, Colette devient ce beau papillon qui butinera un suc de plus en plus puissant, honorant à jamais les lettres françaises.
Rien n'oblige à lire les Claudine pour découvrir l'oeuvre de Colette mais elles font partie de son histoire et de son évolution, et ma foi, j'y ai pris du plaisir!
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
annieannie   01 avril 2009
"C'était une pauvre vieille école, délabrée, malsaine, mais si amusante!...Le rez-de chaussée, nos deux classes l'occupaient, la grande et la petite, deux salles incroyables de laideur et de saleté, avec des tables comme je n'en vis jamais, diminuées de moitié par l'usure, et sur lesquelles nous aurions dû, raisonnablement devenir bossues au bout de six mois.

L'odeur de ces classes, après trois heures d'études du matin et de l'après-midi, était littéralement à renverser."
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sabine59sabine59   16 mai 2018

Et puis il y a mes préférés, les grands bois qui ont seize et vingt ans, ça me saigne le coeur d'en voir couper un;(...) Dieu, que je les aime! Je m'y sens tellement seule, les yeux perdus loin entre les arbres, dans le jour vert et mystérieux, à la fois délicieusement tranquille et un peu anxieuse, à cause de la solitude et de l'obscurité vague...
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olivberneolivberne   20 décembre 2013
- Mademoiselle Claudine, dit sévèrement la Directrice, je vous engage à vous contenir. Si vous recommencez à battre vos compagnes, je me verrai forcée de ne plus vous recevoir à l'école.
Elle tombe mal, je suis lancée; je lui souris avec tant d'insolence qu'elle s'emballe tout de suite :
- Claudine, baissez les yeux !
Je ne baisse rien du tout.
- Claudine, sortez !
- Avec plaisir, Mademoiselle !
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CyranoGirlCyranoGirl   26 avril 2017
Je ne me repose bien, le soir, qu'au sommet du gros noyer, sur une longue branche que le vent berce... le vent, la nuit, les feuilles... Fanchette vient me retrouver là-haut ; j'entends chaque fois ses griffes solides qui grimpent, avec quelle sûreté ! Elle miaule avec étonnement : "Qu'est-ce que tu peux bien chercher dans cet arbre ? Moi, je suis faite pour être là, mais toi, ça me choque toujours un peu !" Puis elle vagabonde dans les petites branches, toute blanche dans la nuit, et parle aux oiseaux endormis, avec simplicité, dans l'espoir qu'ils vont venir se faire manger complaisamment ; mais comment donc !
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torezutorezu   15 avril 2011
Et le nombre d’aiguilles qu’une couturière use en 25 ans quand elle se sert d’aguilles à O,50 F le paquet pendant 11 ans, et d’aiguilles à 0,75 F pendant le reste du temps, mais que celles de 0,75F sont… etc.. etc.. Et les locomotives qui compliquent diaboliquement leurs vitesses, leurs heures de départ et l’état de santé des chauffeurs! Odieuses suppositions, hypothèses invraisemblables, qui m’ont rendu réfractaire à l’arithmétique pour toute ma vie!
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